Déclaration de l'auteure : Voilà, vous l'avez attendue, la voilà ! Kaoru est au courant... Que va-t-il arriver à Die et Toshiya ? Sinon, j'me suis encore achetée des bouquins de Murakami ! Bleu presque transparent et La guerre commence au-delà de la mer ! Je vous les conseille vivement, ainsi que Lignes, qui est excellent ! Sur ce, bonne lecture !

Ecstasy

Vengeance

- C'est fini, mon amour...

Les larmes demandèrent immédiatement la permission de sortir au froid destinataire de ces dures paroles. L'accès au monde extérieur leur fut injustement refusé.

Quelques demandes futiles d'explication flottèrent un instant dans l'air avant que Kyô ne quitte définitivement cet appartement où l'odeur de leur amour régnait encore, laissant Shinya dont les jambes ne tenaient plus murmurer un dernier :

- Pourquoi ?

Le chanteur marchait dans les alentours en laissant ses joues humides s'imprégner de froid. En aucun cas il ne regrettait sa décision, elle était mûrement réfléchie. La question n'était pas de remettre en cause leur amour, mais plutôt leur façon de le vivre.

Le batteur paraissait calme et une vie normale d'amoureux transits semblait tellement lui convenir. Kyô, lui, voulait un quotidien plus palpitant, plus prenant. Peut-être qu'au fond de lui, il espérait que Shinya revienne en larmes, en cris, après s'être taillé quelques veines, en le suppliant de reconsidérer la chose, en lui jurant qu'il ferait tout et n'importe quoi pour cet ange déchu.

C'était ainsi que prenait fin leur conte de fée personnel, en apparence, du moins. Kyô retourna dans son appartement et savoura un long instant la douce odeur d'abandon qui régnait. Il savait qu'ils souffriraient un moment, et que pendant ce laps de temps, une petite voix lui soufflerait constamment de ravaler sa fierté et de retourner aux pieds de la personne qu'il aimait. Mais le chanteur ne reviendrait pas sur sa façon de voir les choses, quitte à en souffrir, ou pire, à faire souffrir sa providence.

Shinya, lui, demeurait immobile dans ce lieu où l'image de son ancien amant riait encore, pleurait parfois, vivait, tout simplement. La journée se déroula normalement, à l'exception près que le chanteur n'était plus qu'un souvenir dont la netteté se troublait lentement.

OooO

- C'est fini, mon amour...

Kaoru expliqua calmement à son homologue qu'il connaissait le traitement spécial de Toshiya depuis peu. Die ne réagit pas, trop occupé à choisir le châtiment futur du traître.

Dans l'esprit du leader, plusieurs pensées se disputaient son attention en silence. Savoir les motivations de son amant le démangeait, cependant, briser ce lourd silence pouvait s'avérer dangereux, et il en était conscient.

Son regard devint volontairement froid et distant pour camoufler ses divers sentiments en cet instant, comme il savait si bien le faire.

Sans plus de cérémonie ou d'échange de mots aussi futiles les uns que les autres, le guitariste blond fuit les yeux insistants de Kaoru et le quitta, il le savait, définitivement. Le délaissé observa un long moment le chemin emprunté, animant au fond de lui une flamme d'espoir : celui qu'il reviendrait en s'excusant, qu'il se réveillerait de ce cauchemar, qu'il n'ait jamais existé, peut-être.

La pièce ne résonnait désormais plus au rire enfantin de Die, mais à celui du vent, traversant les fenêtres pour venir s'esclaffer aux oreilles du guitariste, lui rappeler que dorénavant, le seul éclat de gaieté qu'il entendrait serait celui du silence se moquant de sa solitude nouvelle.

La première chose que fit le leader après le départ de l'ancien occupant des lieux fut de rassembler ses affaires en un coin de l'appartement et de les admirer inlassablement, pendant que des larmes s'échappaient de lui et mouraient seules, à l'image de son amour.

Dans la rue, le Soleil manquait à l'appel, contrairement à la foule dans laquelle se fondait le guitariste blond. Son regard se perdait dans l'agitation régnant inutilement alors que ses pensées étaient toutes rassemblées au même point ; non pas la personne qu'il venait de quitter, mais celle qu'il avait l'intention de rejoindre.

Et durant tout le chemin le menant à son but, il ne s'autorisa pas à réfléchir à autre chose qu'à la punition qu'il lui ferait subir, s'arrêtant parfois pour acheter ce dont il aurait besoin, tel un humain de base vulgairement dissimulé dans la masse.

OooO

Encore une journée passée dans l'oubli choisi, contrastant avec sa maudite célébrité qui l'enchaînait dans le silence malgré lui. Depuis qu'il avait enfin brisé ses chaînes, il vivait dans la peur des représailles qu'il savait proches et redoutait plus que tout. Le pire avait déjà été imaginé, mais qu'étaient de simples rêveries par rapport à des souffrances réelles, des coupures, des brûlures et même des agressions morales, car, et ça lui faisait mal de le reconnaître encore, son cœur appartenait à Die, et il le récupérerait sûrement en piteux état.

Le bassiste commençait sérieusement à se demander s'il avait bien fait de se confier au chanteur, si continuer à vivre dans l'opprobre n'aurait pas été plus raisonnable.

Un regard vers les souvenirs heureux de son passé, une oreille attentive aux éclats de rire provenant de l'extérieur de son abri, et tous ses doutes disparurent, chassés par sa détermination. Cette situation ne pouvait plus durer, les choses ne pouvaient plus qu'évoluer à présent ; qu'elles s'améliorent ou s'empirent.

Des jours entiers à réfléchir pour enfin se décider à parler au chanteur, toujours présent pour lui. Toshiya aimait le guitariste, c'était un fait ; au commencement de ce petit jeu, il se contentait de savourer sa chance que la personne désirée ne s'intéresse à lui. Tout allait donc pour le mieux avant les blessures de trop : ces blessures qui l'avaient empêché de jouer de la basse durant quelques jours, ces blessures qui lui avaient coupé le souffle durant quelques jours, ces blessures qui l'avaient tué pour toujours.

Jamais une telle souffrance n'avait été expérimentée, mais c'est cela qui lui donna le courage de tout avouer, d'appuyer sur le bouton qui ferait tourner le manège de nouveau. Alors en attendant la sentence, son lit l'accueillait gentiment, sans râler, recevant de douces et innocentes larmes, écoutant divers gémissements de douleur, morale ou physique.

Toshiya se surprit à penser que sa situation était comparable à une tragédie, ou même une comédie, selon le point de vue. En effet sa chambre, réceptionnant les angoisses, appréhensions et autres sentiments du bassiste, se transformait le temps d'une représentation en loges personnelles dans lesquelles il attendait d'entrer en scène, redoutant ce moment pourtant inévitable.

- Toshiya ! Je sais que tu te terres lamentablement ici ! Ouvre !

Ces mots anodins annonçaient l'entrée en scène des figurants. Le bassiste se cachait un peu plus sous ses couvertures pendant que les notes d'une porte que l'on défonçait venaient s'ajouter à la partition d'une douce mélodie accompagnant la scène presque dramatique du spectacle.

La personne qui rendait une visite plus morbide qu'amicale, certes, ne mit pas longtemps à découvrir la brebis égarée, mais elle préféra préparer son matériel dans un premier temps. Tout devait être parfait, sans traces, sans preuves, sans vengeance. Doucement, tel un félin à la chasse, il s'approcha de sa proie qui ne cherchait aucun moyen de sauver sa peau.

Le guitariste répéta le même rituel qu'à l'accoutumée, tendant une pilule bleue s'accordant avec les cheveux du bassiste, accompagnée d'un verre d'eau pour la faire passer. En attendant les effets de la drogue, les vêtements de la poupée vivante la quittèrent alors que chacun de ses membres rejoignit les bords du lit, solidement attachés par les soins de son hôte, son beau corps face au matelas.

Quelques instants plus tard, le bassiste se retrouvait dans cet état qu'il commençait à connaître : un filet de bave coulait de sa bouche pour venir s'écraser sur les oreillers sans connaître la sensation d'être libre, pendant que son érection naissante sous les mains agiles de Die s'enfonçait dans le matelas. Et c'était dans cette euphorie totale que l'interrogatoire commença, lancé par la douce voix du guitariste :

- Pourquoi as-tu brisé notre bonheur, Toshiya ?

- J'en peux plus, Die..., répondit-il.

- Tu vas le regretter...

La victime commença à paniquer en sentant le blond rechercher un objet qui contribuerait certainement à son malheur. Il sentit un objet pénétrer son corps, ce n'était pas celui auquel il était habitué, celui-ci était vraiment désagréable.

- Toshiya, tu vas souffrir comme jamais tu n'as souffert, annonça Die d'un ton neutre.

- Regarde mes mains... C'est trop tard, Die, pour toi comme pour moi, argumenta le bassiste dont le cœur se fissurait en prononçant ces mots à l'homme qu'il aimait encore.

- Peut-être, mais je vais faire en sorte que plus personne ne puisse te passer dessus après ce soir !, affirma fermement le guitariste.

Les sens exacerbés par l'ecstasy du bassiste contribuèrent à lui faire ressentir plus tôt que prévu la présence s'imposant de plus en plus dans son corps. Il quémanda, ou plutôt supplia des explications à son invité assigné qui restait de marbre face aux implorations du sujet qui se rendait enfin compte du danger de sa situation, malgré ses facultés mentales atteintes.

L'objet en lui... la boule... il la sentait grossir alors que les mots du responsable lui revenaient en tête. Il avait mal. Il pleurait. Il criait. Il souffrait. Et Die l'admirait, un sourire sadique au coin des lèvres. C'était facile pour lui, il lui suffisait d'attendre que le volume de cette boule augmente encore, attendre que l'anneau de chair de son pantin s'étende dans les cris de la chambre, attendre qu'il se déchire avec son propriétaire, attendre sa vengeance, tout simplement.

Alors que le bassiste ne prononçait pas un mot, acceptant son sort silencieusement, une nouvelle goutte de sang quitta son corps pour rejoindre les autres, s'étendant en une belle tâche rouge sur les draps.

Quant à l'autre protagoniste, lassé du misérable spectacle qui s'offrait à lui, il voulut intervenir, il ôta la source de douleur pour la remplacer par son sexe nouvellement dévoilé et entama de rapides va-et-vient. L'oreiller mordu par Toshiya ne suffit pas à l'empêcher de crier toute sa douleur causée par les frottements de l'érection de Die sur ses déchirures d'où le sang coulait désormais à flots.

Après plusieurs minutes, de souffrance pour l'un, de plaisir pour l'autre, le guitariste se déversa en Toshiya, leur voix se mêlant une dernière fois dans un accord parfait. Le blond se retira de son « amant » après un dernier coup de butoir donné pour l'achever, se rhabilla et annonça :

- C'était ta punition... Je te souhaite de trouver quelqu'un qui se passera de ton petit cul... car il ne pourra plus servir avant un bout de temps !

Et l'acteur quitta la scène, laissant des spectateurs subjugués par son interprétation, il retournait continuer sa vie, ou essayer de l'améliorer, peut-être, ça le regardait. Toshiya ne pouvait faire autrement que de laisser ses larmes couler en attendant que quelqu'un ne vienne le libérer de sa cage d'où il ne pouvait bouger, et admirer sa position humiliante, détruite, car quand un comédien s'en va, il ne s'occupe pas du décor...

Fin du chapitre cinq

Voilà, encore désolée pour ce retard monumental, la prochaine fois, rappelez-moi de finir une fic avant de la poster.

Et aussi, je m'excuse pour la longueur de mes chapitres, mais j'ai vraiment trop d'mal pour cette fic, déjà avec cette longueur, j'mets trois ans à les écrire, alors plus long... j'vous laisse imaginer...

En tout cas, merci pour vos commentaires et votre soutien, ça m'encourage réellement !

Je suis sûre que certain(e)s d'entre vous vont... adorer le prochain chapitre... Mais je n'en dis pas plus, alors, en attendant, merci de commenter celui-là, dîtes-moi ce que vous en pensez, que ça soit constructif ou pas !

Et la fin approche… En espérant qu'elle ne vous déçoive pas, et que ça chapitre non plus !

Ryû, qui se fait harceler, et qui comprend même pas pourquoi