Déclaration de l'auteure : Je suis désolée pour le retard, je suis désolée pour ce que j'ai écrit… Mon ordinateur a quelques petits problèmes et le site ne marchait plus, alors j'ai plus de temps pour écrire, la suite arrivera donc peut-être plus rapidement. Et aussi, désolée pour la taille de ce chapitre, ce que j'avais prévu était beaucoup trop long, alors j'ai coupé le chapitre en deux pour pas trop tarder… Ah et aussi, pour le titre du chapitre, c'est une dérivée de Bleu presque transparent, de Murakami, remanié à ma sauce et qui convient bien au chapitre ! Voilà, bonne lecture !

Ecstasy

Chaud presque brûlant

Depuis combien de temps était-il perdu dans ses pensées ? La tête du fier leader, résonnant habituellement au rythme de ses mélodies, se remplissait d'images, signes de souvenirs qu'il partageait avec son ancien amant. Son appartement ne fut pas laissé seul un instant, les réserves en nourriture ne changeant pas de volume étant donné qu'il ne les grossissait pas, mais ne les vidait pas non plus. Ses joues creusées par de tristes larmes nées dans ses yeux qui n'avaient plus rien d'arrogant faisaient peine à voir, leur propriétaire n'affichait plus son air vaniteux, l'ayant tronqué contre un plus soumis.

Seul dans son appartement depuis trop longtemps, Kaoru n'entendit pas la porte s'ouvrir, tassé dans un coin de sa chambre. Il ne vit pas non plus la masse humaine tournoyer dans les quelques salles vides, à la recherche de l'habitant des lieux, bientôt contraint à partager l'air de sa chambre avec le nouvel habitant.

- Kaoru, je voulais te parler.

L'interpellé frissonna lorsqu'il reconnut la voix, mais n'esquissa pas un geste, attendant l'explication de son visiteur. Il avait peur, peur d'être déçu de nouveau, peur d'être brisé encore une fois, mais surtout peur de se faire humilier.

Il commença à paniquer en sentant une main se poser sur ses bras tremblants, les joues inondées de larmes, le regard dur, il s'éloigna vivement dans un reflexe avant de s'écrier :

- Je n'ai pas besoin de ta pitié, Die... Je n'ai plus besoin de toi !

Le regard du dénommé Die passa de la tristesse à l'indifférence, en traversant la colère en quelques instants pendant lesquels Kaoru essayait de mettre un maximum de distance entre leurs deux corps.

Le blond se leva et quitta la chambre de Kaoru qui restait interdit, voire interloqué, espérant au fond de lui qu'il revienne, qu'il s'excuse, qu'il l'aime à nouveau, alors qu'une partie de son esprit haïssait encore Die. La pièce sombre remuait au rythme des ombres de la lune brillante sur les rideaux, créant une ambiance parfois rassurante, d'autres fois effrayante. C'était le reflet parfait des sentiments de Kaoru pour Die en cet instant.

Le leader s'en voulait. Ce que son amant avait fait subir à Toshiya lui importait peu finalement. Ce qui le blessait réellement, c'était le fait qu'il ne satisfasse pas Die, que ce dernier soit allé voir ailleurs, sa fierté bafouée l'avait fait quitter le blond pour aller ruminer dans son antre obscur. Il se trouvait odieux de penser ainsi, il s'en voulait, mais ne pouvait lutter contre ses sentiments pourtant refoulés.

Un bruit provenant de sa propre cuisine lui rappela que l'occupant de ses pensées se trouvait à quelques mètres. A peine le temps de se demander s'il pouvait lui pardonner, une tête blonde se pointa, apportant deux verres, dont un qu'il tendit à Kaoru.

- Tiens, bois ça, ça ira mieux. Parlons calmement.

Kaoru accepta l'offre et but naïvement le contenu du cylindre, ne se doutant pas un instant de la véritable composition de ce qu'il venait d'avaler. Die l'observa un instant d'un regard perçant qui se faisait de plus en plus joyeux alors que le corps de Kaoru s'engourdissait. Le blond attrapa le poignet de leader pour l'attacher au lit à son tour. Une fois ceci fait, il admira son œuvre avant de murmurer un :

- Ca fait bizarre... J'ai pris l'habitude de voir Toshiya à ta place.

- Désolé de ne pas assouvir tes fantasmes, parvint à murmurer Kaoru.

Die s'approcha du brun et lui souffla ces mots à l'oreille, avant de découper ses vêtements à l'aide de ciseaux préalablement déposés sur la table de chevet :

- Alors là, tu te trompes, Kao... Ca va être plus jouissif que jamais...

Un frisson parcourut le corps nu du leader, dont la peau s'était faite plus sensible, au contact du métal froid en chassant la lueur de frayeur qui y était apparue. Il ne reconnaissait plus Die, celui qui avait été son amant, celui qui lui avait dit l'aimer, celui en qui il avait aveuglément confiance.

Des gémissements lui échappèrent en sentant la langue de son ancien amant parcourir à nouveau son corps, ses sens étant exacerbés par cette drogue qu'il ne connaissait pas. Puis le vide complet, autant dans la pièce que dans son esprit.

Kaoru ne comprit pas tout de suite que Die l'avait encore abandonné, il commença à crier son nom, qu'il l'aimait, qu'il voulait être libéré pour pouvoir jouir du corps du guitariste. L'amour ne rend pas seulement aveugle, il abrutit également. Ou peut-être était-ce la drogue ? Ou les deux ?

Le leader désirait mourir en cet instant, ne supportant pas d'être ainsi soumis à son amant, mais même cela, il ne le pouvait pas. Et malgré tout ça, malgré son honneur, sa fierté passés aux oubliettes, malgré son mauvais pressentiment, il bandait.

Une masse floue s'approchait de lui, après avoir disposé quelque chose dont il ne distingua pas la forme sur le sol. Un corps nu le surmonta et le baisa. Il avait mal, ses yeux crispés, ses mains toujours fatalement attachées ne pouvant intervenir. Et Die bougeait rapidement en lui, il le narguait presque de sa mobilité, il jouissait de l'entendre crier, l'embrassant parfois sans douceur.

Leurs regards se croisèrent, le blond le soutint, attendant d'apercevoir une larme, la seule que la conscience encore présente de Kaoru ne put retenir. Il se relâcha en sa poupée adorée avant de s'abaisser pour prêter sa bouche à la virilité de son ainé, dans un geste qui aurait pu être compatissant s'il n'avait pas laissé l'air frais de la chambre recouvrir de nouveau le sexe tendu.

Die récupéra les objets déposés près du lit afin de s'en servir. La douleur que Kaoru avait ressentie juste avant perdit de son impact en comparaison à celle qu'il éprouvait maintenant. De la fumée s'échappait du bas de son ventre, sur lequel Die renversait de la cire brûlante, une lueur de démence au fond de ses yeux sombres.

Un démon qui punissait un disciple de lui avoir manqué de respect, voilà ce qu'il était.

- Tu es à moi, Kaoru… Je t'aime tellement, je ne veux pas que tu en aimes un autre. J'ai enfin compris… que je t'ai perdu à jamais… Mais… Kao… Excuse-moi d'agir ainsi, c'est parce que j't'aime, merde ! Je t'aime si égoïstement, je t'aime à en crever… à en crever…, se justifia le guitariste blond.

Pendant cette déclaration qui paraissait sincère, Kaoru ne quitta pas son bourreau du regard un court instant. Il avait vu sa main qui tremblait en versant le liquide chaud sur la peau de son gland maintenant détruite. Il avait vu des larmes dévaler ses jours comme pour venir le soulager. Mais par-dessus tout, il avait vu son regard derrière les quelques mèches teintes qui tombaient sur son visage. Ce regard lui faisait peur, pénétrant, presqu'insensible s'il n'était pas… sadique.

Pendant quelques secondes, le leader oublia qu'une partie de son corps se liquéfiait à cause de cet homme pour se perdre dans ces yeux. Mais la réalité physique le rattrapa bien trop vite. Combien de temps cette torture dura ? Il aurait pu le savoir s'il ne s'était pas évanoui sous l'insoutenable douleur.

Lorsqu'il reprit connaissance, de nouveau seul dans cette pièce brisée, à l'image de sa personne, les yeux du guitariste laissèrent passer toutes les larmes qui s'y présentaient ; son corps était de nouveau libre de toute attache, mais ne pouvait esquisser aucun geste, trop faible. Un mal de crâne dû à la descente de la drogue venait s'ajouter aux malheurs du nouvel endormi.

Fin du chapitre six

Voilà, je sais, c'est court ! Je sais, c'est horrible ! Je sais, je me suis fait attendre pour… ça… Alors vraiment désolée !!

Si jamais l'envie vous prend de laisser un p'tit commentaire d'encouragement ? (Ou pas, d'ailleurs, ça peut être méchant)

Et sur ce, moi j'vais camper devant ma boîte à lettres, j'attends une lettre de ma corres' jap' ! On s'en fout, je sais, mais j'vous l'dis quand même.

Ryû, qui va se pendre de désespoir