Déclaration de l'auteure : Voilà, mon ordinateur ne remarche toujours pas, mais ça ne m'empêche pas d'écrire pour votre plus grand bonheur/malheur ! Dans ce chapitre, j'ai incéré deux phrases provenant de Cage. Je suis dans mon trip, je mets des extraits de chanson ou de bouquins partout !

Sur ce, bonne lecture !

Ecstasy

Il le savait

Une pilule, c'est petit, ça peut se glisser facilement dans un verre ou de la nourriture. Ca n'a pas spécialement de goût, on peut en faire prendre à quelqu'un sans qu'il ne s'en aperçoive, à condition de bien s'y prendre. Les effets tardent à se faire sentir, mais sont efficaces. En plus, ils peuvent provoquer une dépendance, c'est parfait pour piéger une personne. C'est parfait pour se piéger… Et Die était piégé, voilà ce qu'il avait appris à ses dépends.

Il était chez lui, dans son appartement vide de tout souvenir. On pourrait croire que personne n'y vivait, et c'était le cas, Die se contentait d'y survivre, d'y habiter quelquefois, mais rien de plus dans ce lieu impersonnel.

Encore une…

Ses pupilles se dilataient, mais il souriait. Ce bien-être s'emparant de son corps engourdi, cette sensation de paix intérieure lui plaisait. On aurait pu croire à un moine zen qui, après une séance de zazen pendant laquelle il avait gardé la position assise pendant plusieurs heures sans ciller, pouvait enfin s'offrir le luxe de se lever pour se dégourdir légèrement les jambes.

Encore une…

Ses sens de nouveau exacerbés le faisaient tressaillir à la moindre petite bise se faufilant par la fenêtre entr'ouverte, nullement stoppée par des rideaux qui auraient rendu la chambre trop soumise à son propriétaire. Allongé dans un lit, il s'amusait à imaginer comment il aurait pu décorer cette chambre, ou encore le spectacle que les ombres des rideaux auraient pu créer.

Encore une…

Un monstre aplati sur le plafond se battait avec un petit animal qui ne tarda pas à devenir plus effrayant grâce à un coup de vent et à se débarrasser de son oppresseur. Die riait en inventant cette scène, d'un rire sans joie, sans gaieté, sans humanisme peut-être. Il s'immobilisa en se rendant compte du pathétique de sa situation.

Encore une…

Il se surprit à regretter ce qu'il avait fait à Kaoru, mais se reprit bien vite. Après tout, il voulait être le seul pour lui et pour toujours. Il savait pertinemment que le leader pourrait en aimer d'autres, mais la pensée qu'il ne pourrait plus faire l'amour le rassurait. Egoïste, lui ? Parfaitement… mais l'avait-il déjà nié ? C'était à ses risques et périls.

Encore une…

Et si tout était de sa faute ? Peut-être n'aurait-il pas dû jouer ainsi avec les gens ? Peut-être n'aurait-il pas dû tromper Kaoru ? Non, il ne l'avait pas trompé. Il aimait Kaoru, il avait assouvi les désirs de Toshiya – peut-être trop brutalement, mais il n'était pas responsable, il pouvait partir tranquille.

Encore une…

Et Kyô ?

Trop tard, c'était fini…

OooO

L'appartement vide et inquiétant résonnait au son des gouttes d'eau qui s'écrasaient dans un bruit répétitif. Shinya examina les lieux ; des objets fracassés jonchaient le sol décoré de quelques traces de sang d'un rouge vif. Il les suivit, comme dans un vieux jeu d'enquête, pour se retrouver devant la porte de la salle de bain.

Il y entra, une boule amenée par une inquiétude justifiée dans le ventre. Le spectacle morbide qui s'offrait à lui, semblable à un tableau ayant pris la vie du modèle, le paralysa quelques instants par sa beauté.

Le corps du chanteur, à demi nu, jonchait royalement le sol inondé, le faible rayonnement de la salle se reflétant sur sa peau claire et mouillée. Le batteur brisa la douce et sereine atmosphère, il s'approcha calmement, sans se laisser envahir par la multitude de sentiments qui le traversait.

De la surprise. Qui aurait pu se douter qu'il trouverait le chanteur dans cet état en venant le voir ? Les salles silencieuses avaient créé une sorte de suspens dans son esprit, qui s'était révélé comblé par la découverte de cette œuvre d'art. Il se sentait comme un amateur qui recherchait de nouvelles manières de se distraire, il se sentait ridicule…

De la tristesse. Un pincement au cœur le faisait souffrir depuis un instant, il ne voulait pas qu'il arrive quelque chose au chanteur, même s'il refusait de se l'admettre. La flaque d'eau dans laquelle le petit blond flottait à moitié s'agrandit des larmes invisibles que le visiteur laissait couler, à l'image de sa fierté qu'il avait décidé d'abandonner pour d'autres raisons…

Du regret. Shinya aimait Kyô et se retrouvait à présent étouffé par les possibilités qui s'étaient offertes à lui sans qu'il n'ait su les saisir. Il regrettait de ne pas avoir écouté le chanteur, de ne pas l'avoir compris. Il regrettait d'être emprisonné par cette cellule d'orgueil qu'il haïssait. Il regrettait de ne s'en rendre compte que maintenant… trop tard…

OooO

Flash-back :

Une douce mélodie résonnait contre les murs, bientôt rejointe par un fin coulis d'eau, puis des suffocations. Kyô croyait que sa dernière heure s'emparait fatalement de lui, malgré les mots rassurants que lui susurrait son bourreau. Le regard voilé par un bout de tissu, l'eau rentrait dans son corps, amenant toute cette panique avec elle.

Il avait peur et honte. Die, lui, riait comme à son habitude. Lui, il savait. Il savait que sa victime ne risquait rien. Il savait que tant qu'il lui maintenait la tête en-dessous des poumons, le liquide ne pourrait jamais l'étouffer.

Et c'était d'ailleurs pour cela qu'il restait calme, il n'avait jamais eu l'intention de tuer quelqu'un. Le guitariste voulait juste se venger sur tous les responsables de son malheur : Toshiya, Kaoru, Kyô… et lui-même.

Die chantonnait des paroles écrites par Kyô même :

« Je perds patience, attirant le sang du masochiste, je t'attends, le sadique. »

Il le narguait ; il savait pertinemment que le chanteur l'entendait, mais qu'il ne pouvait pas parler et ça le satisfaisait encore plus. Car y a-t-il un meilleur compagnon de jeu que le silence ? Celui qui dicte ses règles, impose ses lois et domine les pions sans un mot.

« Même si les aiguilles de l'horloge tournent vers la gauche, les pêchers commis ne peuvent être changés. »

Il ne voulait pas laisser ce silence s'installer… pas encore. Le chanteur perdit connaissance, Die stoppa le robinet et, comme pris de panique, il hurla, rit de démence. Il quitta les lieux pour retourner rejoindre le tumulte habituel des rues tokyoïtes qui le rassuraient. Bientôt, il perdrait… il le savait, il était temps.

Fin du flash-back.

Il se sentait de nouveau sec, bien au chaud dans un habituel réconfort qu'il avait oublié à apprécier. Une agitation presque sourde en guise de réveil l'aidait à émerger de son désert inaudible. L'odeur qui semblait provenir d'un doux foyer pénétrait dans ses narines pour raviver son cerveau. Enfin, il leva ses paupières pour apercevoir qu'il était allongé dans sa chambre et qu'il veillait sur lui…

- Shinya…

Il avait récupéré quatre sens… Il lui en manquait juste un, mais peu lui importait s'il ne pouvait plus goûter à la tendre langue de son amant, sentir le fin ballet de leur organe se chamaillant agréablement, lui dire silencieusement tout son amour.

Il suffisait de demander…

Fin du chapitre sept

J'suis sûre que personne n'a compris ce chapitre…

Demandez-moi si vous voulez une précision !

Commentaire ?

Ah et j'aime pas du tout ce chapitre !

Ryû, encore à la bourre en cours !