Pendant ce temps-là, les villageois s'affairaient pour les préparatifs de la fameuse cérémonie. Ils installaient le nécessaire pour un grand feu, ainsi qu'une longue "table" à laquelle étaient installées des chaînes.
Toute l'équipe s'interrogea que le but exact de cette cérémonie, quand Malla apparut et vit tous nos amis réveillés et debout, en train d'observer les préparatifs.
- Bien dormi ?
- Pourquoi sommes-nous là ? demanda Sheppard.
- Vous ne devinez pas ? dit-il en regardant Teyla.
- Teyla ? demanda Ford.
- Exactement, ce sera notre monnaie d'échange. Mais ne vous inquiétez pas, vous serez aussi de la partie messieurs.
- Trop aimable. Mais pourquoi ? Je voudrais bien savoir pourquoi vous nous avez enfermé, espèce de bwouf bwouf…(le Major empêchait de parler McKay).
- Je peux vous l'expliquer puisque ce soir, vous le verrez et vous le serez. Major, vous avez bien parlé des Wraiths tout à l'heure, non ? Eh bien, j'ai une révélation à vous faire.
- Laquelle ?
- Contrairement à vous, les Wraiths ne sont pas nos ennemis. Ce sont nos créateurs.
- Quoi ??
- Et nous sommes en retard de quatre saisons sur notre calendrier. Mais ils ne nous en voudront pas. Nous avons de quoi nous faire pardonner…Vous saurez de quoi je parle quand le moment sera venu…
- Attendez une minute ! l'interrompit Rodney.
- Oui, docteur ?
- A quoi vous sert le ZPM ?
- Le quoi ? Oh, vous voulez parler de la sphère sacrée ? Celle qui est aux abords du village ?
- Oui, à quoi vous sert-elle si vous ne l'utilisez pas ?
- Cette sphère sacrée, ou ZPM comme vous l'appelez, nous sert à nourrir un des invités de la soirée. Il préfère la chair fraîche, mais cette sphère le fait patienter en attendant notre ravitaillement. Où plutôt… oui c'est cela. Il paraît que vous êtes spécial, vous avez de grandes connaissances. Il va adorer son petit apéritif et vous lui serez très utile en prime. Quant à vous, très chère…personne…
- Je m'appelle Teyla, et je suis une FEMME ! lui envoya t-elle à la figure.
- Je disais donc, profitez bien de vos derniers rayons de soleil et de vos amis tant qu'ils sont encore vivants. Vous seule aurez le droit de vie, mais aussi le devoir de création.
Et il partit ainsi, en laissant plus de questions que de réponses à l'équipe.
Ford partit dans un coin de la "cage" et chacun fit de même.
Rodney avait peur, comme toujours dans ces cas-là, mais pas pour lui. Enfin, pas uniquement pour lui. Car l'idée de finir en repas pour cet "invité" (sûrement une bestiole comme il aurait dit!),ne le tentait vraiment pas. Mais il pensait également aux autres. Ils étaient devenu une famille pour lui, même s'il le ne reconnaissait pas. Sheppard était comme un frère. Ils se supportaient tant bien que mal, mais il s'aidaient aussi quand l'autre en avait besoin. Teyla était comme une petite sœur pour lui, une sœur que l'on doit protéger, sauf que dans le cas présent, c'était plutôt elle qui devait le protéger. Il y pensait maintenant. Quant à Aiden, malgré les blagues parfois douteuses de ce dernier, il le considérait comme un ami, qui est toujours là quand on a besoin de quelqu'un. Mais il pensait également à quelqu'un d'autre. Qui comptait beaucoup à ses yeux. Elizabeth. Quelle beauté mais quel caractère quand elle s'y mettait ! Le seul problème, c'est qu'elle était le chef de l'expédition Atlantis. Et ça, ça l'empêchait de lui dire, tout comme la peur d'être rejeté. Mais s'il savait…
- Si j'avais su…, se dit-il, je lui aurais dit.
Et il croisa le regard de Ford.
Celui-ci le regardait attentivement, comme s'il voyait qu'il voulait lui parler. Mais il n'en fit rien. Aiden avait peur, comme tous les autres, mais cela ne se voyait pas sur son visage. Il avait tendance à cacher ses sentiments, à ne pas les dévoiler pour ne pas en souffrir. Mais il s'interrogeait sur les éventuelles solutions à adopter au cas où les renforts arriveraient trop tard. Il se souvint alors du jour où il avait décidé de s'engager dans l'armée. Il connaissait les risques, tout comme il connaissait ceux qu'il pouvait y avoir de ne pas rentrer sur Terre en partant dans cette galaxie. Et il se rappela les bons moments qu'il avait partagé sur Atlantis. Il avait eu raison d'accepter ce voyage et ne le laisserait pas s'achever ainsi. Sa décision était prise.
Teyla, elle, pensait à son peuple. Un moment de nostalgie comme elle en ressentait souvent, ces temps-ci. Ses amis qu'elle avait laissé sur le continent, son rôle de chef. Mais ces souvenirs furent vites chassés par des questions plus réalistes. Pourquoi allait-elle servir de monnaie d'échange ? Pourquoi elle ? Parce qu'elle était ce qu'elle était ? Une femme ? Mais une femme ne doit pas être considérée ainsi. Et quel rapport allait-elle avoir avec les Wraiths ? Cette idée ne cessait de la tourmenter. Elle tourna légèrement la tête, et vit le visage du Major. Ses yeux, son nez, sa bouche. Elle repensa au moment où il était venu la voir, le jour où son cauchemar prit fin. Il lui avait dit qu'il s'était inquiété pour elle et qu'il était heureux que tout soit enfin terminé. Tout ça indirectement, mais elle l'avait bien compris. Elle avait également su ce jour que le Major était plus qu'un ami mais étant donné qu'il était son chef, elle ne pouvait croire en une éventuelle complicité amoureuse. Le fait est, que ce jour-là, derrière les barreaux, elle aurait souhaité pourvoir se blottir dans ses bras, il la rassurait rien qu'avec son regard. Elle pensa longuement à cette idée, puis s'égara de nouveau dans ses pensées.
Enfin, le Major Sheppard voyant que tout le monde était assis dans un coin et ne disait rien, en fit autant. Il remua son cerveau dans tous les sens en espérant trouver une solution, mais n'était pas plus avancé. C'est à ce moment-là qu'il aurait aimé que McKay sorte sa phrase favorite (en l'occurrence "je suis indispensable à l'équipe" ! ), cela aurait voulu dire qu'il avait trouvé une solution, si banale était-elle. Mais non, rien ne sortit de sa bouche. Il dévia son regard et regarda Teyla. Qu'avait-elle fait pour se retrouver dans une situation pareille ? Si ils osaient la toucher, ne serait-ce que d'un cheveu, il ne pourrait rester sans rien faire. Pas cette fois, il tenait trop à elle pour cela.
