Salut tout le monde!! Merci pour vos reviews, je suis Lilieve01, la jumelle de la super auteur de la mort qui tue, bon c'est moi qui poste les chapitres, mais elle vous remercie très fort! Et elle est toute folle ^^.

Bonne lecture!

Lilieve01 et Ninouche60.


Chapitre 4

- Je me posais une question James… Quel peut bien être le travail d'une servante de nuit, interrogea Peter Pettigrow avec candeur.

La tasse de café que James Potter portait à ses lèvres resta en suspens. Son instinct le trompait rarement, et là, une batterie de voyants rouges s'était mise à clignoter dans la partie "danger" de son cerveau. Très calme, pour ne pas affoler le "gamin", il posa sa tasse.

- Une servante de nuit, tu dis ?

- Oui. Vers minuit, pendant que j'effectuais ma ronde, j'ai vu une vieille femme sortir par la porte d'entrée. « Pardon de vous avoir fait peur, m'a-t-elle dit, c'est juste la servante de nuit qui rentre chez elle. » Et depuis, ça me tracasse. Que peut bien représenter ce travail là ? Remplir les bouillottes peut-être ? Eteindre les lumières ?

Amusé par ses suppositions, il se mit à rire…mais le visage sévère de James le glaça, et son rire mourut dans sa gorge.

- Inutile de te demander si tu as vérifié son identité ? dit-il résigné.

Il connaissait la réponse et se levait déjà en pliant sa serviette avec méthode malgré l'urgence de la situation.

- Euh…non. Elle ne semblait pas bien menaçante, la pauvre vieille, et puis elle sortait de la maison, elle n'y rentrait pas. Je l'avais déjà vue, en plus, son visage m'a paru familier.

James, qui mettait sa radio portative en marche, le foudroya du regard.

- Evidemment, son visage t'a paru familier ! Remus, c'est toi ? continua-t-il dans la radio. Va voir si la Ferrari est au garage, s'il te plaît. Je te rappelle.

Puis, il se précipita vers l'escalier qu'il monta quatre à quatre, et fit irruption dans la chambre de Lily sans même frapper. Pourquoi frapper, puisqu'elle ne serait pas là, de toute façon ?

- Eh bien, tu vois, ta servante de nuit a découché, déclara-t-il en désignant à Peter, qui le suivait, le lit qui n'avait pas été défait.

Le jeune homme était blême.

- Oh non ! gémit-il. Ecoute, James, je suis désolé, je…il était tard, tout paraissait tranquille, et la journée avait été longue. L'idée de vérifier son identité ne m'a même pas effleuré.

- Je vois ça. Souviens-toi que dans ce métier, une négligence de ce genre peut coûter une vie, voire plusieurs.

- Elle devait porter une perruque, alors, parce que ses cheveux paraissaient gris, elle avait des lunettes à verres très épais, aussi, et une vieille blouse… Je suis convaincu que vous-même ne l'auriez pas reconnue.

- Tu as lu le dossier que je t'ai donné sur Lily Evans ? interrompit brutalement James.

- Oui, mais…

- Oui, mais tu devrais te souvenir, en ce cas, qu'elle a suivi pendant plusieurs années des cours d'art dramatique. Tu n'as pas songé qu'elle pouvait se déguiser, se maquiller, jouer un rôle ? Dès le premier jour, elle a essayé d'échapper à notre surveillance ! Il fallait rester en alerte, à chaque seconde de tes tours de garde !

- Tu…tu crois qu'elle est en danger ?

La détresse qui perçait dans la vois du jeune homme toucha James, mais il n'en montra rien. Peter n'était pas stupide, il manquait juste d'expérience. Il ne portait pas, comme lui, la méfiance et le soupçon comme une seconde peau, et ne savait pas encore anticiper, prévoir chaque possibilité, regarder une situation sous tous ses aspects. Il restait humain, confiant. Un jour peut être, il deviendrait un bon professionnel, mais il lui restait beaucoup à apprendre.

- Oui, elle est en danger ! dit-il d'une voix dure au jeune homme décomposé. File appeler le colonel.

Le métier était dur, et les leçons qu'on recevait pas toujours agréables. Mais James pouvait jurer qu'on ne reprendrait plus Peter Pettigrow en défaut, du moins sur ces questions de contrôle d'identité.

Remus apparut sur le seuil de la chambre au moment où James ouvrait le premier tiroir du bureau à la recherche d'indices. Il y avait forcément un détail qui le mettrait sur sa piste. Il fallait qu'il y en ait un.

- La Ferrari n'y est plus, annonça-t-il. Je le savais, mais j'étais à mille lieues d'imaginer qu'il pouvait s'agir d'une ruse.

- Comment ça, tu le savais ?

- Hier après-midi, elle m'a donné ses clés en me prévenant que son amie Alice viendrait prendre la voiture. Elle trouvait bête que personne ne l'utilise pendant le temps où il lui était interdit de s'en servir. Tout ce que je me suis dit, moi, c'est que j'aurais bien aimé me trouver à la place de cette Alice. Je n'ai pas pensé une seconde qu'elle servirait de complice !

- Que Peter commette une faute grave, passe encore, Remus, il est tout nouveau dans le métier, mais toi ! Tu savais qu'il fallait se méfier d'elle comme de la peste ! Quelle excuse as-tu à me donner ?

- Aucune, James. Je plaide coupable.

Cette sincérité plut à James. Remus était un homme droit, intègre, sur lequel on pouvait compter. Même si, dans le cas présent, sa négligence le mettait en position bien délicate. En tant que responsable de l'équipe, il assumait toutes les fautes de ses subordonnés, et serait seul à en payer les conséquences.

- James…le colonel veut te parler.

Peter Pettigrow, qui venait d'entrer dans la chambre avec un air de chien battu, lui tendit le combiné du téléphone sans fil. James s'en saisit et, leur tournant le dos, affronta l'orage.

- Qu'est-ce que j'apprends, Potter ? tonna la voix du colonel à l'autre bout de la ligne. Mademoiselle Evans vous a faussé compagnie ?

- Exactement, mon colonel.

- Comment une chose pareille a-t-elle pu se produire ? Que s'est-il passé ?

- Je l'ignore, mon colonel. Ce n'était pas mon tour de garde, et…

- Vous ne considérez pas ça comme une excuse, j'espère !

- Pas du tout, mon colonel, répondit James en levant les yeux au plafond.

Habitué au vocabulaire très coloré de ce meneur d'hommes sous les ordres duquel il travaillait depuis quelques années, il subit sans sourciller le flot rageur qui s'ensuivit.

-…vous êtes l'agent le plus expérimenté du service le plus performantd'Angleterre, Potter ! Et une simple femme vous tient en échec !

Non, le colonel se trompait, Lily Evans n'était pas une simple femme.

- Je me fiche de savoir qui était de garde. Si elle a réussi à vous échapper si facilement, c'est qu'elle avait prévu son coup. Vous auriez dû le pressentir, noter un changement dans son attitude, même infime ! C'est votre travail, Potter, nom d'un chien !

Il avait cent fois raison. Sauf qu'avec Lily Evans, tout allait beaucoup trop vite. Il ne s'était pas assez méfié de sa soudaine gentillesse, des efforts visibles qu'elle déployait pour s'attirer ses bonnes grâces. Pire même, il avait cédé à l'étrange tension qui vibrait entre eux, et craqué, littéralement, dans cette boutique de lingerie où elle l'avait poussé à bout. En franchissant cette distance qu'un bon professionnel est tenu d'instaurer entre lui et ses protégés, il avait, le temps d'un éclair, perdu son objectivité et son efficacité. Cela avait suffi.

- Si elle n'est pas retrouvée avant ce soir, vous terminerez votre carrière dans la jungle colombienne ! Et vous me connaissez, je tiens toujours mes promesses.

James se mordit la lèvre. Pour ça, on pouvait faire confiance au colonel.

- Oui, mon colonel.

Mais son supérieur avait déjà raccroché.

- Au travail, lança-t-il à l'adresse de ses deux collègues. Remus, préviens la police, tu leur donneras son signalement. Peter, fouille cette pièce.

Soucieux de bien faire, le jeune homme se précipita sur la commode. Il eut un mouvement de recul en ouvrant le premier tiroir.

- Hum…Je ne sais pas si je trouverai quelque chose là-dedans !

James eut un coup au cœur en s'apercevant que Lily avait laissé là toute la lingerie achetée quelques jours plus tôt et voir Peter plonger les mains dedans lui fit l'effet d'un sacrilège. Pourtant, il fallait s'endurcir contre ces états d'âme. En s'échappant comme elle l'avait fait, Lily perdait son droit à l'intimité.

- De la rigueur, Peter ! Il ne faut rien laisser au hasard, lança-t-il d'un ton résolu.

Puis il alla prévenir le père de Lily qui sortait toujours assez tard de sa chambre. Il aurait sans doute une petite idée de la direction que Lily avait dû prendre. Monsieur Evans fut d'un pauvre secours. Il ne savait rien de sa fille. Rien de sa vie actuelle, et aussi, ce qui paraissait bien pire, rien de sa véritable personnalité. Si, au bout de dix minutes de conversation avec lui, James n'avait guère avancé dans son enquête, il commençait cependant à comprendre l'hostilité de la jeune femme vis-à-vis de son père, ainsi que son irrépressible besoin d'indépendance.

En d'autres temps, il aurait peut être approuvé le combat qu'elle menait pour échapper à l'étouffante sollicitude de cet homme. Mais aujourd'hui, seules le préoccupaient la difficulté de sa tâche et les menaces de son supérieur.

Avant ce soir. Il fallait la retrouver avant ce soir.

- Il n'y avait rien d'intéressant dans les tiroirs, annonça Peter en rougissant un peu.

- Bon, essaie de savoir quelque chose auprès de ses amis et de ses connaissances. Moi, je vais voir ce que je peux trouver du côté de l'université.

*****

Lily, épuisée, mais heureuse comme jamais de sa vie, sourit aux enfants installés en cercle autour d'elle. Ils se serraient les uns contre les autres pour être plus proches de leur maîtresse bien-aimée, et leurs regards confiants, lumineux, l'emplissaient d'une douce certitude.

- A…comme alligator ! commença-t-elle à chanter en claquant de grandes dents imaginaires.

Tous les enfants éclatèrent de rire, et l'imitèrent avec un enthousiasme touchant.

- A toi, Léa ! B…

- B… comme bouton ! s'écria la petite fille assise à côté d'elle en gonflant le ventre pour montrer le bouton de son pantalon.

« Je suis à ma place ici », songea la jeune femme en souriant à la fillette. Plusieurs fois, depuis la veille, elle avait éprouvé des remords en songeant à sa fuite. Mais depuis la seconde où leurs petits visages lui étaient apparus, tôt ce matin, elle se sentait en paix avec elle-même.

Ils avaient besoin d'elle, mais elle aussi avait besoin d'eux, pour se sentir utile, et vivante enfin. Jusqu'alors, sa vie lui semblait n'être qu'une succession de rôles qui ne lui convenaient qu'à moitié. Là, en jean délavé, coiffée d'une simple queue de cheval et même pas maquillée, elle avait l'impression d'avoir enfin trouvé son identité.

La leçon prenait fin lorsque Severus se glissa dans la classe. Le visage de ce jeune homme d'ordinaire renfrogné s'éclairait toujours à la vue de Lily, et il répondit par un petit signe à son sourire de bienvenue. Surpris en flagrant délit de vandalisme dans un immeuble de son quartier, Severus avait été condamné à trois mois de travail d'intérêt public ; cette peine accomplie, il continuait à venir à l'école, cherchant désespérément à trouver une place plus accueillante que les froides rue de son quartier.

Les mêmes rues dont venaient tous ces enfants, ces innocents. Lily espérait que, par la force de son amour, elle parviendrait à infléchir, ne serait-ce qu'un tout petit peu leur destin.

- Je peux terminer ? demanda Severus en prenant place dans le cercle.

- Avec grand plaisir. Merci Severus.

- Par ici, tout le monde ! Alors, laquelle on chante aujourd'hui ?

Lily s'éclipsa. D'habitude, elle aimait participer à cette séance rituelle d'adieux, qui l'amusait autant que les enfants. Mais ce jour-là, sa fatigue l'emportait. Les derniers jours avaient été épuisants. Elle était restée éveillée plusieurs nuits de suite pour étudier dans leurs moindres détails les allées et venues de ses gardes du corps pour noter le moment exact où Remus disparaissait vers l'arrière de la maison, et chronométrer le temps que durait son tour d'inspection. Trois minutes exactement. Juste assez pour qu'elle se rue sur la pelouse, la traverse jusqu'à l'abri des buissons, puis se précipite au pas de charge de l'autre côté du parc, où Alice devait avoir laissé la Ferrari.

Le souvenir de sa fugue la fit sourire, surtout le passage de la porte d'entrée, avec Peter Pettigrow. Le pauvre, il ne s'était pas douté un instant que…Son sourire s'évanouit. Quel savon avait dû lui passer James !

La cloche de la sortie retentit, et tous les petits se précipitèrent sur elle pour l'embrasser, lui confier encore quelques petits secrets, ou simplement se serrer contre elle pour profiter encore un peu de son amour.

- Monsieur Peters m'a confié un message pour vous, annonça Severus lorsque la classe se fut vidée. Ça y est, vous allez avoir de l'aide. Quelqu'un doit arriver dès demain.

La jeune femme ouvrit des yeux ronds. Depuis des mois, elle suppliait Monsieur Peters, le directeur, de doter sa classe d'un enseignant supplémentaire, ou du moins d'un assistant. Avec ses quarante-trois élèves, elle avait l'impression de ne pas pouvoir travailler sérieusement. Certains enfants avaient besoin d'une attention particulière, qu'elle n'était pas en mesure de leur donner. Jusqu'à ce jour, le directeur avait argué des problèmes financiers que connaissait son école pour ne pas agir. Et là…un véritable miracle s'était produit.

Elle regarda l'horloge. Ses petits élèves terminaient leurs cours une heure avant tout le monde, et d'habitude, elle restait jusqu'à la sortie des autres classes pour préparer le travail du lendemain, réfléchir à de nouvelles méthodes d'apprentissage. Mais ce jour-là, elle n'en eut pas le courage. Monsieur Peters, qui enseignait les mathématiques aux plus grands, ne sortirait pas de sa classe avant une bonne heure, et elle n'avait pas le courage d'attendre jusque là.

-Tu lui diras que je ne me sentais pas très bien, Severus, et que je suis rentrée chez moi. J'en discuterai demain avec lui un peu avant le début des cours.

- D'accord, je lui dirai. Dites, cet assistant…ça veut dire que je ne pourrais plus vous aider ?

Lily fut choquée par l'hostilité de son expression, la haine qui brillait dans ses yeux. Elle se força à lui sourire le plus gentiment possible.

- Non, pas du tout, Severus. Mais nous pourrons travailler de façon plus détendue, et donc plus efficace.

Elle rassembla ses affaires, prit son sac, et se dirigea vers la porte.

- A demain Severus.

- Vous voulez que je vous conduise à l'arrêt de bus ?

- C'est gentil mais je crois que ça ira.

- Non, il vaut mieux que je vous raccompagne.

Elle préféra ne pas insister, et laisser à Severus le plaisir de se sentir responsable d'elle.

En sortant de l'école, elle eut la désagréable sensation d'être surveillée. Comme si le regard de quelqu'un pesait sur elle. Pourtant, la rue était aussi animée que d'habitude, et les gens qui passaient ne semblaient même pas remarquer sa présence.

Quelques minutes plus tard, elle grimpait dans le bus, et adressait à Severus un dernier signe de la main. Son malaise persista tout le temps que dura le trajet. Et, sans doute à cause de la fatigue, son imagination se mit en marche.

Que se passerait-il si les terroristes évoqués par son père existaient vraiment ? Quelqu'un pouvait l'avoir repérée, suivie depuis l'école, être monté dans le même bus qu'elle ? Peut être qu'on l'espionnait, depuis des jours et des jours ? Le filet se resserrait tout doucement, sans qu'elle ne se rende compte de rien, jusqu'au jour où…Une demi-heure plus tôt, encore, elle se félicitait du bon tour joué à l'équipe de sécurité engagée par son père, et à James Potter en particulier. A présent, il lui semblait qu'elle avait fait là la plus grosse bêtise de sa carrière.

Très nerveuse, Lily descendit du bus en étudiant les visages de ceux qui descendaient aussi. Ils semblaient tous paisibles, gentils, préoccupés seulement de leurs petites affaires. Mais rien ne ressemble plus à un homme normal qu'un mauvais garçon, lui avait dit James…

Lily se mit à marcher, les jambes tremblantes. Son trouble ne la quittait pas. Elle se retourna plusieurs fois et finit par se rendre compte qu'un homme marchait derrière elle. Lorsqu'elle ralentit le pas, il ralentit aussi, sans chercher à la dépasser.

Plus morte que vive, elle se précipita vers son immeuble, perdit quelques secondes avant d'ouvrir la porte, tant la clé tremblait dans sa main, et enfin, s'engouffra dans le hall. Son « terroriste » passa devant l'immeuble sans même jeter un coup d'œil dans sa direction puis, quelques mètres plus loin, changea de trottoir. Lily, qui retenait son souffle depuis de longues secondes, poussa un profond soupir et se dirigea vers l'ascenseur.

Mais son inquiétude ne le quitta pas pour autant. A chaque seconde, elle craignait de voir surgir quelqu'un. De la cabine de l'ascenseur lorsque celui-ci s'arrêta au rez de chaussée, de l'ombre de la cage d'escalier, quand il arriva au troisième où se trouvait son modeste appartement. Ce fut seulement quand sa porte d'entrée fut soigneusement verrouillée, que le soulagement l'envahit.

Une main se referma sur son cou, une autre vint la bâillonner.

- Bonsoir Lily, murmura une voix à son oreille.

Elle reconnut la voix en même temps que le parfum discret qui flottait dans la pièce. La peur qui, un dixième de seconde, l'avait submergée, se dissipa comme par enchantement, et le sentiment de paix le plus intense de toute son existence descendit sur elle.

Mais plutôt mourir que de le montrer ! Quelle humiliation si James s'apercevait qu'au fond, elle était ravie qu'il l'ait retrouvée ! Aussi, lorsqu'il l'eut relâchée, se tourna-t-elle vers lui avec colère.

- Vous êtes fou ! s'écria-t-elle. J'aurais pu avoir une crise cardiaque ! J'ai failli mourir de peur !

- Tant mieux, répondit sèchement James qui la toisait avec un froid mépris. Si ce petit épisode pouvait vous réveiller ! J'aurais aussi bien pu être un terroriste, ma petite. Et là…

Très digne, Lily posa ses affaires, et se dirigea vers sa cuisine ensoleillée. Du réfrigérateur, elle sortit une bouteille de jus de fruits, se servit un verre.

- Comment m'avez-vous retrouvée ?

- Tout simplement, comme n'importe qui aurait pu le faire. Par l'association des professeurs.

Lily faillit en lâcher son verre.

- Quoi ? Mais ces dossiers sont confidentiels !

- Rien n'est confidentiel, Lily.

- Vous avez acheté quelqu'un c'est ça ?

- Non, je n'ai pas eu à me donner cette peine, il suffit de savoir demander. D'inventer une histoire crédible.

Savoir demander ! Pour ça, elle lui faisait confiance. Il avait dû faire du charme à une pauvre employée morose d'ennui à son bureau qui, pour un seul de ses sourires, aurait divulgué sans hésiter n'importe quel secret d'Etat.

- Et comment êtes-vous entré ici ? Vous avez fracturé la porte, j'imagine ?

Mais non, elle aurait remarqué quelque chose en entrant.

- Pas du tout. Là aussi, quelques mensonges ont suffi. J'ai raconté à votre gardienne que j'étais votre cousin, que vous aviez promis de me laisser la clé chez elle, mais que vous aviez dû oublier. Vous voyez à quoi tient votre sécurité ?

- Vous auriez pu attendre dehors au lieu de vous cacher dans le noir pour me faire mourir de terreur !

- Je voulais connaître la configuration des lieux. Désolé de vous avoir effrayée, mais à en croire Mary, vous ne rentriez jamais avant 17h30. Vous avez trois quarts d'heure d'avance.

- Mary ?

- Votre gardienne.

- Eh bien ! Je vis ici depuis deux ans et je ne la connais que sous le nom de Madame Simpson !

- C'est un don que j'ai, répondit James avec un petit sourire. J'inspire confiance.

Lily haussa les épaules.

- J'espère que mon…départ n'a pas causé trop d'ennuis à vos deux collaborateurs ?

- Il est temps de vous en inquiéter ! Si leur sort vous préoccupait, il suffisait de rester chez votre père.

- Et vous ? Vous avez eu des ennuis ? ajouta-t-elle d'un ton léger.

Il la fixait droit dans les yeux, et Lily se sentit rougir.

- Oui, Lily, j'ai eu des ennuis, ça vous fait plaisir ?

Elle se détourna. Non, bizarrement, ses problèmes ne lui causaient pas la satisfaction attendue.

- Et maintenant ? Que fait-on ? demanda-t-elle après quelques instants d'un silence contraint.

- Maintenant ? Je voudrais que vous compreniez bien, Lily. Vous êtes en danger, et votre petite farce aurait pu très mal tourner. Ne recommencez jamais.

- De toute façon, je n'ai plus de secrets à protéger.

- Pourquoi ne pas me l'avoir dit, tout simplement ?

Il y avait, dans son expression, un soulagement qui dépassait de beaucoup celui qu'un simple garde du corps aurait dû éprouver. Lily se rendit soudain compte que James s'était inquiété pour elle, et ce constat fit battre son cœur un peu plus vite.

- Je pensais que vous iriez aussitôt raconter à mon cher père où je vivais, où je travaillais, et pour moi, cela aurait été la fin du rêve. Depuis deux ans, jour après jour, je construis ma vie. Il suffit que mon père intervienne pour que tout soit détruit.

- Vous n'aviez qu'à me demander de ne rien dire !

- Et vous n'auriez rien dit ?

- Non. La discussion que j'ai eue avec lui ce matin m'a ouvert les yeux. Je comprends votre rébellion, Lily. Et de toute façon, je n'ai pas de comptes à lui rendre. Votre sécurité seule importe. Ni ma présence ni mes interventions n'affecteront votre vie privée.

C'était son point de vue ! Comme si on pouvait oublier un homme comme James Potter…

- Je vous ai apporté une copie des lettres que votre père a reçues, poursuivit-il en sortant de sa poche intérieure une grosse enveloppe. Je ne voulais pas en venir là, mais maintenant, vous devez prendre conscience de ce qui se passe. J'ai plus que jamais besoin de votre coopération.

Son jus de fruit dans une main, l'enveloppe dans l'autre, Lily s'installa sur le divan et sortit la première lettre. Au bout de deux lignes, ses yeux s'agrandissaient déjà d'horreur.

- Mon Dieu ! Vulgaire ne suffit pas ! C'est obscène qu'il faudrait dire !

Elle parcourut une secondes lettre et, frissonnant de dégoût et de crainte, rendit la liasse à James.

- J'en ai assez lu. Mais qu'est-ce que ces gens-là peuvent avoir derrière la tête pour écrire des horreurs pareilles ?

- Rien de bien positif, c'est certain. Avez-vous remarqué la signature ?

- Oui, « Cœur du Ghetto ». Cela ne me dit rien du tout.

- Moi, je trouve troublant le parallèle entre cette appellation et le quartier plutôt…défavorisé, où vous travaillez.

- Vous…vous croyez qu'il y aurait un rapport ? chuchota Lily, toute pâle soudain. C'est vrai, tout à l'heure, en sortant de l'école, j'ai eu la certitude qu'on m'épiait.

- Oui, l'un des nôtres vous suivait. Mais continuez à vous montrer vigilante, Lily, et ne négliger jamais ces intuitions. Quoi qu'il en soit, j'ai pris les devants, à partir de demain, vous aurez un…stagiaire dans votre classe. Moi.

Lily poussa un soupir déchirant.

- Je savais bien que c'était trop beau pour être vrai ! Mais personne ne vous prendra au sérieux ! Vous ressemblez à un enseignant comme moi à…

- Un professionnel de la sécurité, je sais. Je me suis présenté comme un futur professeur de gym, qui cherchait à perfectionner sa connaissance des enfants avant de débuter dans l'enseignement.

- Vous m'impressionnez, murmura Lily avec un demi-sourire. James, reprit-elle en le regardant bien en face, je tiens beaucoup à ce que à ce que vous ne compromettiez en rien ma place dans cette école. Je vous demande le secret absolu.

- Je suppose que votre directeur vous aime bien, Lily. Je suppose aussi que vous effectuez auprès de tous ces enfants un travail inestimable. Si votre vie est en jeu, il ne sera que trop heureux de vous savoir protégée, non ?

- Je ne sais pas très bien comment il réagirait. Je préfère ne pas prendre de risques.

- J'aimerais au moins prévenir l'inspection…

- Non !

- Très bien, Lily. Alors voici ce que je vous propose, je respecte votre travail et je garde le secret. Vous, de votre côté, vous ne me mettez plus de bâtons dans les roues.

La jeune femme acquiesça. Le marché lui paraissait équitable, et la réaction de James extrêmement positive. Surtout après le mauvais tour qu'elle lui avait joué. Mais une pensé troublante vint gâcher sa bonne humeur.

- James…vous n'allez pas vous installer ici ?

- Si, pourquoi ?

- Mais c'est impossible ! Il n'y a pas la place ! s'exclama-t-elle, affolée.

- Vous voudriez que j'aille à l'hôtel ? Je passerais de temps en temps pour voir si tout va bien ? Et s'il y avait un problème… bah ! Il vous suffirait de crier bien fort.

- Je ne sais pas, moi ! Faites comme dans les films ! On les voit toujours dans leur voiture…

- Merci pour la suggestion.

- James, vous voyez bien que c'est petit, chez moi ! Déjà, toute seule, je me cogne aux meubles ! Au bout d'une journée, on serait tous les deux dingues !

- Très bien. Il va falloir que je trouve quelque chose.

Après avoir passé quelques coups de téléphone, il lui donna une série impressionnante de recommandations, puis quitta l'appartement. Lily se laissa tomber sur son divan et s'endormit aussitôt.

Une soif dévorante l'éveilla tard dans la nuit. Avant de se coucher, elle alla jeter un coup d'œil par la fenêtre. Une voiture blanche était garée devant son immeuble. A l'intérieur, James montait la garde, et ce fut avec un léger sentiment de culpabilité qu'elle se remit au lit.

*****

Le lendemain matin, accompagné par Monsieur Peters, James entra dans sa classe. Lily le salua comme elle l'aurait fait avec un parfait étranger, tout en notant avec un pincement au cœur la grande fatigue qui se lisait sur ses traits.

Severus, en l'apercevant, s'était tout de suite plongé dans le rangement d'un casier de livres, mais Lily tint à lui présenter James.

- Voici Monsieur Potter, Severus. C'est lui qui va nous aider dans la classe pendant quelques temps.

Le jeune homme lança un regard noir de jalousie à l'intrus qui osait pénétrer dans son territoire, et au lieu de saisir la main tendue, enfonça les poings dans ses poches.

- Ce n'est pas votre travail, maugréa-t-il, les yeux rivés au sol.

- Pas exactement, vous avez raison, répondit James d'une voix très calme.

Il fixait le jeune homme de son regard autoritaire. Vaincu, Severus finit par se détourner, furieux, et par quitter la classe.

- James, Severus est un être fragile ! s'exclama Lily quand il eut disparu. En dépit des apparences, c'est un garçon adorable. Pourquoi l'avoir regardé comme un…un criminel ? Il a suffisamment de mal à remonter la pente, il se passe très bien de vos regards soupçonneux !

- Attention, mère poule ! il ne faudrait pas que vous abritiez dans votre couvée un œuf de serpent !

- C'est-à-dire ?

- Il ne m'a pas fait bonne impression. Ce n'est peut être rien… mais d'ordinaire, je me fie à mon instinct.

- Votre instinct est malmené par votre métier, James. Je crains qu'avec ces enfants vous ne fassiez un beau gâchis !

A la fin de la journée, elle dut admettre qu'il n'en était rien. En quelques heures, James avait séduit toute la classe. Très vite, il s'était adapté à la routine, avait trouvé sa place, et Lily se félicitait de l'avoir comme assistant.

- Bravo, lui dit-elle lorsque la classe fut vide. Vous avez été parfait. Je suis stupéfaite de la rapidité avec laquelle vous vous êtes intégré à cette classe.

- J'aime les enfants, lui répondit-il en souriant. Ils ont dû le sentir. Et puis je suis persuadé qu'une autorité masculine les rassure.

- C'est vrai que je les ai trouvés plus calmes, aujourd'hui. Mais dites-moi, James, si vous aimez tant les enfants…pourquoi n'êtes-vous pas marié, et père de famille ?

Il y eut un moment de silence. Il réfléchissait.

- Je ne peux pas demander à une femme de supporter l'existence que je mène, répondit-il enfin. C'est trop difficile.

- Et cela vous rend malheureux ?

- Parfois, oui.

Il la regardait bien en face. Sa fatigue était telle qu'il n'avait plus la force de jouer son rôle. L'espace d'une seconde, il mit bas son masque d'impassibilité, et Lily crut entrevoir le véritable James. Cela ne dura qu'un instant, mais si intense qu'elle en eut le souffle coupé. Dans le gris de ses yeux, il y avait une immense solitude.

D'un mouvement inconscient, elle s'appuya légèrement sur lui.

- James…quand vous rencontrerez la femme de votre vie, ce ne sera pas l'existence que vous menez qui suffira à la rebuter.

- Facile à dire, rétorqua-t-il sèchement.

Il avait remis son masque, retrouvé sa dureté, son cynisme, et Lily se sentit stupide. Elle, l'innocente Lily Evans, se mêlait de donner des conseils ! A un homme sans doute plus expérimenté que la moyenne, qui plus est !

- Bien sûr, il faudrait tirer un trait sur la fréquentation des belles espionnes russes, conclut-elle d'une voix glaciale pour ne pas être en reste.

- En ce cas, je ne suis pas intéressé. Bien, si nous y allions ? Un de mes collègues prend la relève pour que je puisse aller dormir quelques heures. Nous avons rendez-vous à votre appartement.

Une demi-heure plus tard, il la présentait à celui qui passerait une partie de la nuit dans la voiture, au bas de l'immeuble, et viendrait effectuer des visites régulières à son étage. Puis, après une nouvelle série de recommandations, il s'éclipsa.

Bien qu'elle s'en défendît, Lily eut une impression étrange en le voyant disparaître. Un instant, il lui sembla qu'elle se trouvait à son tour prisonnière d'une immense solitude.


Alors?? Dites nous tout!

Elle est pas géniale notre ninouche?!

Laissez lui des reviews, elle grimera au rideau en les lisant, si si je vous assure ^^.

Alala, je sais je sais, je suis folle selon certaines!!! lol

Allez le petit bouton vert!

Lilieve01.