Salut tout le monde, je suis très touchée par les reviews que je reçois et qui sont nombreuses !! Je voudrais remercier notamment Silvermirror Lily parce que je suis morte de rire à chaque review que tu me laisses (ma jumelle aussi d'ailleurs!!) !! Sinon, j'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents !!

Merci à ma jumelle d'amour de poster les chapitres pour moi !!!

Bonne lecture!!


Chapitre 5

- J'invite quelques amis à dîner, ce soir, annonça Lily à la fin des cours, le lendemain après-midi.

Inutile de lui dire qu'elle organisait cette soirée en réaction à son écrasant sentiment de solitude de la veille. Cela ne le regardait pas.

- Parfait. Il faudrait me transmettre la liste de leurs noms, que je puisse demander un contrôle. La prochaine fois, j'aimerais être prévenu un peu plus tôt, si possible.

Lily se sentit agressée par la rudesse de son ton. James paraissait irritable, préoccupé, et elle n'avait aucun désir de faire les frais de sa mauvaise humeur.

- J'ai pleine confiance en mes amis, et votre histoire de contrôle est insultante pour eux comme pour moi. Je refuse ce procédé.

- Alors annulez votre soirée.

Il avait dit cela avec la froide autorité d'un homme habitué à être obéi en toutes choses. Butée, Lily s'obstina.

- A moins d'installer une barricade autour de mon immeuble, je ne vois pas comment vous pourrez empêcher mes amis de venir.

- Lily, j'apprécie la loyauté dont vous faites preuve à leur égard, mais je suis obligé d'être méfiant. Ce contrôle se fera sans même qu'ils s'en aperçoivent. Je croyais que nous avions décidé d'une trêve ? Si c'est là votre façon de coopérer…

- Vous disiez que votre présence n'affecterait en rien ma vie privée ! Quelle plaisanterie ! Je ne peux même pas recevoir mes amis ! En fait, je suis la seule, dans cette histoire, à coopérer !

- Ah bon ? Je ne vous ai pas encore vue passer huit heures d'affilée dans une voiture, remarqua-t-il d'une voix très sèche.

Vaincue, la jeune femme arracha une feuille d'un cahier, et nota en silence les noms de ses amis. Elle l'avait vu, en se levant ce matin, immobile dans la voiture blanche, et s'était dit que vraiment, rien dans la vie ne devait être plus pénible, plus mortellement ennuyeux, que de passer des heures sans rien faire, à surveiller les fenêtres obscures d'un appartement.

- Merci, dit-il en prenant la feuille qu'elle lui tendait.

- Que faites-vous dans votre voiture pendant tout ce temps ? Vous lisez ?

- Non, bien sûr. J'écoute la radio à très faible volume. Je garde les yeux rivés sur la porte de votre immeuble ou sur votre fenêtre. J'écoute, je guette.

- Pendant huit heures de suite ? Je comprends que vous soyez grognon !

- Oui. Vous voyez, j'ai des excuses pour être odieux, moi.

- Mais moi aussi ! J'étais d'excellente humeur avant que vous veniez me perturber avec vos contrôles d'identité !

- J'ai manqué de doigté c'est vrai. Vous avez raison, je ne suis pas très en forme aujourd'hui.

- Vous détestez cette mission auprès de moi, n'est-ce pas ?

- « Détester » est un bien grand mot. Disons que je me trouve un peu…sous-employé. Mes talents seraient mieux utilisés ailleurs. Cela n'a rien à voir avec vous, bien sûr.

Bien sûr. Pourtant, elle ne parvint pas à se débarrasser de la tristesse que ces paroles provoquaient en elle.

Lily avait invité son amie Alice, deux anciens amis de l'université, et un couple d'enseignants de l'école où elle travaillait. Après un dîner joyeux, composé de lasagnes à la bolognaise, sa spécialité, et d'une glace au caramel, ils débarrassèrent la table du salon puis se lancèrent dans une partie de Pictionary endiablée. Lily était aux anges, quel bonheur de vivre simplement, de rire aux éclats, comme si tout était normal ! Enfin, presque normal, malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à oublier qu'en bas, dans sa voiture, James passait des heures bien solitaires.

Comment aurait-il réagi si elle l'avait invité à se joindre à eux ? Il aurait accepté pour mieux veiller à sa sécurité, bien entendu. Tel qu'elle le connaissait, il serait très vite devenu la coqueluche de ses amis.

Contrairement à ses prévisions, tout le monde l'adorait à l'école. Les enfants, d'abord, auprès desquels il remportait un grand succès. Lily avait été très surprise de découvrir en lui un grand joueur. Pour lui, tout était matière à rire, à s'amuser. Il avait à sa disposition une panoplie de voix et de grimaces dignes d'un acteur de théâtre, qui rendait ses histoires irrésistibles. Et puis il prêtait une oreille attentive aux petites misères de chacun, proposait toujours des solutions inédites et drôles qui dédramatisaient les conflits. Enfin, ni les baisers collants ni les petites mains sales frottées sur sa chemise ne le répugnaient. En quelques heures, l'ensemble de la classe l'avait adopté.

Du côté des professeurs aussi, il faisait des ravages. A l'heure des repas, ces dames se disputaient l'honneur de s'asseoir près de lui. Pendant les pauses, un véritable essaim se formait autour de lui dans la salle des professeurs. Seule Lily restait à l'écart. En fait, ce que tout le monde prenait pour de la gentillesse et de l'altruisme n'était chez James qu'une grande habileté à ne jamais parler de lui. Aux questions qu'on lui posait sur sa vie, il répondait par quelques mots vagues, puis, avec un grand sourire, il enchaînait avec un « Mais parlez-moi plutôt de vous ! »

Qui pouvait résister à pareilles méthodes ?

Quoi qu'il en soit, il était séduisant à bien des égards, et Lily ne pouvait pas le nier. En plus de son charme physique (et « l'uniforme » de l'enseignant, simple jean et T-shirt, lui allait comme un gant), il possédait une intelligence et une culture très supérieures à la moyenne. Il parlait couramment six langues, et pouvait briller sur n'importe quel sujet, de la théorie de la relativité, ou celle des trous noir, au sport et à la bande dessinée. Il était capable d'aborder n'importe quel sujet à l'exception d'un seul : lui-même. Là-dessus, il gardait une discrétion totale.

La soirée se termina assez tôt, car tout le monde travaillait le lendemain. Quelques minutes après le départ des derniers invités, il y eut un petit coup frappé à la porte. Lily se précipita pour ouvrir.

James se tenait sur le seuil, plus sévère que jamais.

- Combien de fois faudra-t-il vous répéter de toujours vérifier l'identité de votre visiteur avant d'ouvrir ?

- Je pensais que c'était un de mes amis qui avait oublié quelque chose.

- Je n'admets pas d'excuses. Ce principe ne souffre pas d'exception.

La dureté de sa voix lui parut hors de proportion avec sa faute.

- Bon, j'ai oublié, c'est tout !

- Ecoutez, Lily, à partir de ce soir, vous vous prenez en charge. Moi, je fais mon travail, et rien d'autre. Plus d'avertissements, plus de leçons, plus rien. Moi, j'en ai assez de porter à bout de bras une gamine insouciante. Maintenant, j'aimerais jeter un coup d'œil à votre appartement.

Lily mit quelques secondes à réagir. Qu'avait-elle fait pour mériter tant de sévérité ?

- Allez-y ! s'exclama-t-elle, très digne. Mais vous perdez votre temps. Je doute qu'un de mes amis ait laissé une bombe derrière lui.

Il la foudroya du regard, puis passa devant elle pour un rapide examen des lieux. Lily, pensive, le regarda aller et venir. Que lui arrivait-il ? Son cynisme se teintait toujours d'une pointe d'humour, d'habitude. Ce soir, pas du tout. Elle ne l'avait jamais vu aussi froid, aussi distant.

Il partit très vite, avec un vague « bonsoir ». Généralement, il attendait qu'elle ait fermé le verrou pour descendre l'escalier. Ce soir-là, il s'en alla directement. La jeune femme verrouilla la porte, mal à l'aise.

Ce fut en écoutant les nouvelles, juste avant de se coucher, que Lily comprit la raison de son humeur. Deux agents avaient été blessés au cours d'un coup de filet antidrogue contre des trafiquants colombiens. Il devait s'agir de l'opération préparée par James lui-même, dont on l'avait écarté au dernier moment. Ces deux agents étaient sans doute ses amis. L'un d'eux se trouvait dans un état critique, et devait subir une grave intervention.

Depuis des heures, il devait ressasser son inquiétude et sa colère, imaginer que lui présent, les choses se seraient passées autrement. Et pendant que ses amis mettaient leur vie en danger pour de grands causes, il se trouvait prisonnier de cette minable mission de surveillance, prisonnier d'une jeune femme capricieuse pour qui le mot danger ne signifiait rien.

D'un seul coup, Lily sut ce qu'elle allait faire. Jetant un simple peignoir par-dessus son pyjama, ses pantoufles aux pieds, elle sortit de chez elle, se précipita dans l'escalier, puis dehors dans la rue sombre.

Elle n'avait pas atteint la voiture que déjà, James se ruait sur elle, sourcils froncés et regard meurtrier.

- Que vous arrive-t-il, bon sang ?

Il lui saisit le bras d'une poigne de fer et, la poussant devant lui, lui fit retraverser la rue jusqu'au seuil de son immeuble.

- Vos clés !

Quelques secondes plus tard, il refermait sur eux la lourde porte de verre.

- Alors ? Que faites-vous en pyjama dans la rue à cette heure-ci ? Nous sommes à Londres, pas à Disneyland !

- Il fallait que je vous parle.

- En pyjama ? Vous, Lily Evans, cible d'une bande de délinquants, êtes à minuit dans une rue de Londres en pyjama et pantoufles, parce que vous aviez à me parler ? Je rêve !

Le ton de James, comme l'expression de son visage, auraient suffi à affoler n'importe qui. Mais Lily, persuadée d'agir avec justesse, se sentait d'un calme olympien.

- Non, vous ne rêvez pas. Et ne dramatisez pas, personne ne m'a vue.

- Bon qu'aviez-vous à me dire ? J'espère pour vous que c'est vraiment important !

La tenant toujours par le coude, il la poussa dans l'ascenseur et appuya sur le bouton du troisième.

- J'ai entendu les nouvelles, il y a cinq minutes, lança-t-elle. Je suis désolée pour vos collègues, James.

Pris au dépourvu, il resta un moment interloqué, à la regarder d'un air stupide. Puis son visage s'adoucit, un léger sourire vint même flotter sur ses lèvres.

- Vous êtes descendue en pyjama pour me dire ça ?

- Oui.

L'ascenseur s'arrêta, ils sortirent de la cabine. James lui tenait toujours le bras, mais son emprise était presque tendre, à présent, et Lily ne fit rien pour s'en débarrasser.

- Votre sollicitude me touche, Lily. Maintenant, vous allez être gentille, et vous recoucher sagement.

- Ces hommes, James… Ce sont vos amis ?

Il se racla la gorge, fixa ses chaussures…puis leva la tête. Il paraissait vivement ému.

- Oui.

Elle ouvrit la porte de son appartement, et s'effaça pour le laisser entrer.

- Venez. Je pense que vous avez envie d'être à proximité d'un téléphone. Et puis vous pourrez lire ou regarder la télévision au lieu de ressasser vos idées noires, tout seul dans votre voiture.

D'un coup, la dureté de son regard s'évanouit. Il mettait bas son masque, lui laissait voir son inquiétude, sa fatigue. Sa gratitude aussi. Il y avait, dans les yeux noisette, une douceur qu'elle n'y avait jamais vu auparavant.

- Merci, dit-il simplement.

Lily referma la porte avec soin.

- Faites comme chez vous. Moi, je vais me coucher.

- Bonne nuit, Lily.

*****

Ce fut le bruit de la douche, accompagné d'une belle voix de basse, qui l'éveilla le lendemain matin. Il fallait donc ajouter un nouveau talent à la liste déjà longue des qualités de cet homme ! Il chantait juste, et connaissait de belles chansons.

Elle servait le café lorsqu'il entra dans la petite cuisine, habillé de pied en cap, mais les cheveux encore humides.

- Vous avez entendu les nouvelles ? lui lança-t-elle en souriant. Votre ami est tiré d'affaire.

- Oui, je suis resté en contact avec mon équipe toute la nuit. L'opération s'est très bien passée, à 5 heures, il était hors de danger.

Il lui sourit à son tour. Ce soulagement partagé les rendait plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été. Et quand il fit, pour la deuxième fois, brûler les toasts que Lily l'avait chargé de préparer, ils éclatèrent de rire ensemble pour la première fois. Lily se rendit compte alors qu'elle ne l'avait jamais vu détendu avant. Il gardait toujours une certaine tension, comme si son métier lui collait trop fort à la peau.

Quoi qu'il en soit, elle n'éprouvait pas, à le voir assis dans sa cuisine, l'impression de déjeuner avec un envahisseur. L'idée de partager son appartement avec lui l'avait affolée et elle ne comprenait plus pourquoi. En fait, si, il y avait une raison valable pour le craindre. Doté d'un charme ravageur même lorsqu'il était distant et froidement professionnel, James Potter devenait la séduction incarnée dans ses moments de détente.

Pourtant, elle finit par lui proposer d'effectuer son tour de surveillance dans l'appartement, plutôt qu'en bas dans la voiture blanche. Il parut étonné, comme la subite gentillesse de Lily lui paraissait étrange.

- Merci, j'y réfléchirai, dit-il.

- Il n'y a rien d'extraordinaire à cette proposition, continua-t-elle de son ton le plus détaché. Maintenant que j'ai vu ce que représentaient ces interminables heures de surveillance, je me disais juste que vous seriez mieux ici.

Il semblait toujours surpris, et lorsque leurs regards se croisèrent, Lily mit une bonne dose de froideur. Qu'imaginait-il ? Qu'elle voulait l'attirer dans son lit ? Ou, plus simplement qu'elle recherchait son amitié ? Alors qu'elle essayait de se montrer conciliante et de lui rendre par gentillesse la vie un peu plus facile. S'il ne savait pas prendre avec simplicité ce qu'on lui offrait sans arrière-pensées, tant pis pour lui !

Après cet échange, la tension revint entre eux, pire que jamais. Brusquement, l'ébauche de complicité qui s'instaurait dans leurs relations disparut, et Lily en conçut plus d'amertume qu'elle ne l'aurait souhaité. Ils ne se parlèrent pas sur le trajet de l'école, et dans la salle des professeurs avant d'entrer en classe, James tourna le dos à Lily pour se plonger dans la lecture du journal.

Aussi, qu'elle ne fut pas sa surprise lorsque, un peu avant la sonnerie, il se pencha vers elle pour l'embrasser sur la joue. (fausse joie lol)

- Je ne vous avais pas correctement remerciée, pour hier soir.

- James ! chuchota-t-elle, furieuse.

Heureusement, aucun des autres enseignants ne regardait de leur côté à ce moment-là. James lui fit un sourire narquois. A cet instant, Severus, qu'ils n'avaient pas vu entrer, s'avança vers eux.

- Voici les photocopies que vous m'aviez demandées hier, mademoiselle Evans.

- Merci beaucoup Severus.

Avait-il surpris quelque chose ? Son visage, en tout cas, n'es révéla rien. Lily prit les papiers et il partit vers la machine à café, à l'autre bout de la pièce.

- Il est vraiment gentil, dit-elle à l'intention de James. Je ne sais pas comment je me débrouillerais sans lui.

James ne répondit pas. Il regardait dans la direction du jeune homme avec cette expression sévère et soupçonneuse qu'il avait toujours pour lui. Puis, comme Lily quittait la pièce, il la suivit.

- Vous êtes vraiment ridicule, avec vos soupçons ! s'exclama la jeune femme dès qu'ils furent dans le grand hall. Je sais que c'est votre métier, mais tout de même ! Severus est un garçon plein de bonne volonté, qui donne sans compter à l'école, et à ma classe en particulier.

- Vous sortiriez avec lui ?

- Moi ? Ne dites pas de bêtises !

Du regard, il parut faire l'inventaire de ses charmes, s'arrêta sur les magnifiques cheveux roux, puis sur le visage aux traits finement dessinés. Il étudia enfin la silhouette élancée, qu'un jean moulant et une très légère blouse mettaient admirablement en valeur.

- Des bêtises ? Que dirait Severus, s'il vous entendait ?

- C'est grotesque, James ! Severus ne pense pas à moi de cette manière.

- Pourquoi cette assurance ? C'est presque un homme avec des désirs d'homme ! Et vous êtes une femme désirable, Lily.

La jeune femme rougit. Elle n'avait jamais considéré ses relations avec Severus sous cet angle-là. Par orgueil, sans doute, comme si l'idée de ce désir pouvait la salir. Mais James avait raison.

- Quoi qu'il en soit, murmura-t-elle, il n'est pas l'auteur de ces lettres. Severus ne pourrait jamais me faire de mal, je le sais.

Il y eut un lourd silence du côté de James.

- Oh ! Qu'avez-vous donc à la place du cœur ? s'écria-t-elle, exaspérée.

- Rien, peut-être. Mais prenez garde à vous, Lily. C'est très bien de jouer la sainte, mais il faut quand même rester réaliste. Jeanne d'Arc était quelqu'un de très bien, sûrement, mais regardez où ça l'a menée.

- Si vous croyez que je me prends pour Jeanne d'Arc !

Pour les hommes du genre de James, altruisme et faiblesse allaient toujours de pair. Dire que, depuis la veille, elle le croyait capable de compréhension, de gentillesse, d'humanité en un mot ! Quelle erreur ! Il ne ressentait rien, faisait juste semblant pour mieux mystifier son entourage et, de cette façon, parvenir à ses fins. C'est ainsi qu'il avait réussi à s'installer chez elle sans même avoir à le demander !

Furieuse contre elle-même, Lily fit entrer les enfants dans la salle de classe.

- Monsieur Potter, pouvez-vous nettoyer le tableau pendant que je fais la lecture ? demanda-t-elle, très sèche.

Pour l'instant, elle ne voyait pas de travail plus désagréable à lui confier. La brosse ne valait rien et une épaisse couche de craie couvrait toute la surface du tableau. Mais au lieu de la colère escomptée, James ne manifesta qu'un discret amusement.

- Vos désirs sont des ordres, répondit-il, affable.

C'était comme dans les histoires, on a beau vêtir un prince de haillons et l'envoyer nettoyer les écuries, il restera toujours un prince, s'il appartient vraiment à la race des seigneurs.

Lily se serait bien passée d'apprendre que James Potter était de cette race-là.

*****

Avant, c'était il y a longtemps, Lily adorait cette heure après la classe où, seule dans la pièce dévastée par ses quarante-trois démons, elle émergeait enfin, et se reposait. C'était le moment où elle pensait au lendemain, corrigeait les cahiers, préparait les leçons. Un calme irréel régnait dans la classe, un calme dans lequel se diluait toute la lassitude accumulée pendant la journée.

Aujourd'hui, avec la présence de James, le charme était rompu. Au fond de la pièce, il réparait à grands coups de marteau une étagère cassée, et le bruit éprouvait ses nerfs fragilisés par une journée fatigante.

- Lily, venez vite, lança-t-il soudain sans cesser de frapper.

La jeune femme ne songea même pas à lui demander ce qu'il voulait, elle se précipita. Il l'accueillit avec un grand sourire, et posant enfin son marteau, la prit doucement par le bras pour l'attirer plus près. Ce sourire chaleureux et ce geste tendre, suffirent à gommer comme par magie toute la colère qu'elle nourrissait contre lui depuis le matin. Elle ne s'était pas tant tromper finalement. James Potter possédait deux visages. En cet instant, il redevenait l'homme sensible et proche qui lui avait tant plu, au petit déjeuner.

Quelque chose clochait, cependant, la main de James lui faisait tant d'effet que son esprit se mit à fonctionner au ralenti. Et quand il murmura, tout contre son oreille : « embrasse-moi », elle crut avoir rêvé.

Les bras de James se refermèrent sur elle, et il ne fut plus question alors ni de raison ni de pensées cohérentes. Son corps trouva sa place au creux de celui de James, les courbes, les rondeurs épousant la puissance, la dureté des muscles virils. Leurs lèvres se trouvèrent sans s'être cherchées, et, comme la première fois dans la boutique, l'étincelle de ce baiser mit le feu au désir qui couvait en elle.

Un désir dont les pâles étreintes de ses quelques prétendants ne lui avaient pas fait soupçonner l'existence. Un désir tout-puissant, ravageur, qui enflammait son corps d'une ardeur presque douloureuse, et la dominait tout entière. Etait-ce elle, Lily qui, refusant de réfléchir, se lançait à l'aventure avec tant de spontanéité et d'impudeur ? Elle, qui se blottissait contre lui avec tant de fougue, s'offrait à la caresse des mains de James, glissait les siennes sous sa chemise pour mieux sentir la chaleur de sa peau ? Qu'arrivait-il, décidément, à la très sage Lily Evans ?

Il abandonna soudain ses lèvres, et la jeune femme, en ouvrant les yeux, faillit protester. Mais son regard lointain, qui fixait quelque chose derrière elle, la ramena à la réalité. Il n'y avait pas la moindre trace de passion dans ces yeux-là. C'est ce qui dona à Lily la force de se détacher de lui.

- Désolé, dit-il en baissant les yeux vers son visage bouleversé.

- Pardon ?

- Quelqu'un regardait par la fenêtre.

- Ah ! C'est pour ça que tu… que vous avez arrêté de m'embrasser ?

Il parut gêné, passa une main dans ses cheveux.

- Pas exactement, non.

Soudain, Lily comprit, et ce fut comme si elle recevait un seau d'eau glacée en plein visage.

- Vous m'avez embrassée iparce que/i quelqu'un nous regardait par la fenêtre ? chuchota-t-elle. Répondez ! Répondez-moi, espèce de monstre !

- D'accord, Lily. Oui, je vous ai embrassée parce que quelqu'un nous regardait.

- Vous êtes un être abject !

Elle aurait dû s'en douter, pourtant. Il n'y avait rien dans son attitude, dans ses gestes, de cette passion qu'il aurait dû éprouver s'il avait eu vraiment envie d'elle. C'était le professionnel de la sécurité qui l'avait embrassée, pas le James Potter de ce matin. Il avait agi au nom d'une stratégie, persuadé qu'elle comprendrait. Et elle n'avait rien compris.

Folle furieuse, autant contre ce stupide moment d'abandon que contre l'homme qui l'avait provoqué, elle se campa devant lui, cherchant désespérément comment recouvrer un peu de sa dignité bafouée.

- Ce garçon, Severus…il est avide de quelque chose qu'il ne possédera jamais, expliqua-t-il avec un mouvement de tête vers la fenêtre du couloir. Cette avidité-là peut tourner à la colère. Un genre de colère particulièrement dangereux.

- Moi aussi, mes colères peuvent devenir dangereuses ! s'exclama-t-elle.

Et, sans plus réfléchir, elle lui assena une telle gifle, que la marque des doigts s'imprima en rouge sur la joue de James. Il n'eut aucune réaction, ne manifesta pas la moindre émotion, et Lily aurait préféré n'importe quoi à cette totale indifférence.

- Je ne voulais pas vous blesser, dit-il simplement.

- N'est-ce pas ce que vous disiez, seuls les gens à qui l'on tient peuvent vous faire du mal ?

Avec toute la hauteur dont elle était encore capable, Lily alla chercher ses affaires, et quitta la salle de classe. Mais sa sortie n'eut aucun impact. Très calme, James la suivit.

Humiliée, avilie, voilà comment elle se sentait. James s'était servi de sa compassion de la veille, de leur complicité du matin pour la manipuler. Il avait utilisé sa candeur, ses élans spontanés, pour monter une stratégie à laquelle elle n'entendait rien.

James Potter s'était joué de sa confiance, et cela, elle ne le lui pardonnerait jamais.


AAAAA, enfin!!!! Bon, ça finit un peu mal c'est vrai, mais bon, comme on dit, le calme avant... euh non, toutes les bonnes choses... Non toujours pas, bon ba je trouve pas de proverbe pour dire que ça finira par s'arranger! Ah ba ca se dit ça aussi, bon j'ai trouvé finalement, (contente)!!

Sinon, pour répondre à tes remerciements jumelle de moi, je te dirai juste: que ferais-tu sans moi! Alala, elle est totalement perdue sans sa jumelle d'amouuuuuurrrr!!!

OK, j'arrête de délirer 5 secondes, c'est déjà beaucoup, pour vous dire que le petit bouton vert est toujours dispo et n'attends que vous! Oui, toi là, qui est en train de lire, tu attends quoi pour cliquer hein? Le dégel?!

Tu peux attendre longtemps, on est en avril!! Par contre, je ne patienterai pas aussi longtemps moi, alors tu cliques! Et tu tapes!

Tu cliques et tu tapes! Pas ton voisin hein, ton clavier!

Mais qu'est-ce que tu fais encore là?!

Je deviens légèrement agressive il me semble... Désolé chers lecteurs et lectrices, mais c'est ce qui arrive lorsque ma jumelle est en manque de review, alors pour sa santé mentale, comme la mienne, pitié, dites quelques chose, même si c'est pour dire, c'est nul, retourne lire oui-oui veut pas aller à l'école!

Bisous à vous tous!

Lilieve01.