Coucou chers lecteurs! j'espère que vous allez bien, moi ça va en voyant toutes les reviews je suis forcément heureuse pour ma jumelle d'auteur lol. Elle m'a demandé d'ajouter ce chapitre en remerciement pour votre dévotion mouahaha, sinon, plus sérieusement, apparemment beaucoup de personnes lui demande pourquoi elle poste aussi vite, c'est tout simplement parce qu'elle a déjà finit l'histoire, et que elle n'écrit pas au fur et à mesure ^^.
Voilà, en vous souhaitant une bonne lecture! N'oubliez pas les reviews surtout!
Lilieve01 et Ninouche17.
Chapitre 7
C'était la fin de la journée, et ses petits élèves, un à un, quittaient la classe. Lily, épuisée d'avoir trop réfléchi à ses sentiments contradictoires, n'avait jamais trouvé le temps aussi long. La présence de James, dans le fond de la pièce, rendait l'atmosphère étouffante. Qu'éprouvait-elle pour lui ? Aux moments de stress et de fureur, à se sentir prise en otage par cet homme trop imposant, succédaient des instants d'une rare intensité, où une tendresse troublante la poussait vers lui.
Elle soupira, pensive. Une fois, lorsqu'elle était plus jeune, son père l'avait emmenée en randonnée dans un parc naturel au cœur des montagnes. Ce paysage l'avait affectée un peu de la même façon que James. Au début, il l'oppressait, lui donnait l'impression d'être insignifiante, vulnérable. Et puis, à son insu, elle s'était peu à peu familiarisée avec sa beauté sauvage, et avait fini par retirer de sa simple contemplation une merveilleuse sensation de force et de liberté.
Ils avaient chevauché trois semaines dans ce décor sublime, dormant à la belle étoile auprès de feux de camp, se baignant dans l'eau pure des torrents. A l'heure du départ, une tristesse infinie s'était abattue sur la petite Lily qui avait juré, solennellement, de revenir chaque année. Elle s'était même promise de devenir garde forestier, pour pouvoir vivre et travailler dans ce parc de rêve.
Mais quelques mois avaient suffi pour que, de retour chez elle, ses promesses soient oubliées. Les montagnes avaient trouvé leur place dans sa mémoire pour n'en plus bouger. Avec James, ce serait pareil. Il resterait un souvenir, troublant peut être, au lieu d'être agréable.
C'était sans compter sur le violent désir qu'elle éprouvait pour lui.
Lily chassa un mouvement de la tête ces pensées agaçantes, et finit de poser, sur chaque cahier, un de ces autocollants que ses élèves adoraient, parce qu'ils dégageaient un parfum de chewing-gum et de chocolat. Puis, sa pile sous le bras, elle fit le tour de la classe pour poser, sur chaque table, le cahier approprié.
Un cri étrange, venu de la cour de récréation, la tira de sa rêverie. Surprise, la jeune femme lança un coup d'œil vers James. Déjà, il se précipitait vers elle d'un seul élan de son corps d'athlète et, confondue par la fluidité, la beauté de ses gestes, Lily ne bougea pas. Comme une bête sauvage qui bondit sur sa proie, il était passé de la plus parfaite immobilité au mouvement dans toute sa puissance. Et sur son visage…sur son visage, une expression follement déterminée, douloureuse, qui la saisit au cœur.
Ce fut seulement qu'elle comprit, il fonçait droit sur elle et allait la heurter à pleine vitesse ! Mais, il n'était déjà plus le temps de s'étonner. Repoussant les petites tables comme autant de feuilles mortes, James bondit sur elle, l'enveloppa de ses bras, et roula avec elle sur le sol. Il y eut un grand fracas, une fenêtre vola en éclats.
Un mouvement de panique s'empara de Lily, immobilisée, étouffée par le corps de James et puis il y eut sa main, qu'il refermait sur la tête de la jeune femme pour l'attirer contre son épaule. Le parfum discret de son eau de toilette imprégnait sa chemise, elle ferma les yeux…et le calme descendit sur elle, apporté par une simple odeur.
- Quelqu'un nous a tirés dessus, observa-t-elle d'une voix détachée.
Protégée par le corps de James, elle n'éprouvait aucune inquiétude, juste de la curiosité. Mais dès qu'il se détacha d'elle, la chaleur, le parfum réconfortant s'évanouirent, et un tremblement nerveux la secoua tout entière.
- Ce n'était pas un coup de feu. Calmez-vous.
Il se leva, fit des yeux le tour de la pièce à la recherche de quelque chose. Stupéfaite par la brutalité de sa voix, Lily s'assit par terre. Pourquoi la traitait-il comme une hystérique, alors qu'elle se tenait plutôt bien ? L'effet du stress peut être ?
- Comment savez-vous qu'il ne s'agissait pas d'un coup de feu ? Pour moi, c'en était un.
Il fouillait à présent parmis les éclats de verre. Elle entendit pousser un juron…mais très vite, il se tourna de son côté.
- Et depuis quand mademoiselle Lily Evans est-elle experte en la matière ?
Avait-elle seulement, dans sa vie, entendu un véritable coup de feu ? Au cinéma, sans doute, mais jamais en vrai. Elle haussa les épaules. James avait repéré quelque chose au bout de la pièce. Il se précipita.
- Voilà.
- De quoi s'agit-il ?
- D'une balle de tennis.
- C'est faux !
James ne savait pas mentir. A l'étrangeté de son regard, la jeune femme devina tout de suite qu'il cherchait à l'abuser. La main derrière le dos, il essayait de mettre l'objet dans sa poche. Lily tendit sa main grande ouverte.
- Donnez-moi ça.
- Lily, ça suffit !
- Je veux savoir ce que c'est !
- Une pierre, c'est tout ! Vous n'en avez jamais vu ?
Par les interstices de ses doigts, Lily aperçut une bande de papier, maintenue par un élastique.
- Ce mot m'est destiné, James. Je veux le voir.
- Pas question.
- Donnez-moi ça, dit-elle. Sinon, je vous jure que je me mets à hurler au viol.
La menace porta, car James ouvrit aussitôt sa main.
- Vous n'aviez pas encore essayé ce coup-là, observa-t-il. Ce qui m'étonne de votre part.
- J'en suis aussi étonnée que vous. Que cherchiez-vous à faire, Potter ? Cela ne vous ressemble pas de céder si facilement aux exigences d'une faible femme.
Il sourit, satisfait.
- Vous n'êtes pas une faible femme, Lily.
- Pas de flatterie. J'ai compris, en détournant mon attention, vous vouliez éviter que je m'affole.
- Je ne vaux rien avec les hystériques.
- Qui vous dit que j'aurais paniqué ?
- Votre imagination commençait à tourner à vide. Vous étiez déjà en train d'imaginer des coups de feu…
- Et vous ! J'entendais presque la musique de James Bond quand vous vous êtes précipité sur moi ! Vous auriez fait tout ce cinéma si vous aviez su qu'il s'agissait d'un caillou ?
- Message reçu : mademoiselle Evans n'aime pas être considérée comme une de ces créatures victimes de leurs nerfs. Pourtant, après, vous étiez au bord des larmes, Lily.
- Moi ? Quelle plaisanterie ! Et quand bien même ! Pleurer et s'affoler sont deux choses bien distinctes !
- Oui, je sais. Avec des larmes, on a plus de chance d'être consolée entre ses bras rassurants. Les miens par exemple.
- Parce que vous croyez que j'ai envie que vous me consoliez ? Vous n'avez vraiment peur de rien, James ! Quelle odieuse prétention ! Jamais une idée aussi stupide ne m'a seulement effleurée !
A voir l'expression de James, la jeune femme se douta qu'elle mentait aussi mal que lui.
- J'avais peut-être besoin d'un peu de réconfort. Mais je savais bien que je ne l'obtiendrais pas de vous ! Pensez donc, le grand James Potter prendre dans ses bras une femme qui a eu peur ? C'est bien trop trivial, voyons ! A lui, il faut des combats à l'arme automatique, des poursuites dans la jungle et des espionnes russes à mettre dans son lit !
- J'aurais dû garder pour moi ce petit détail, on dirait, il vous tracasse.
- Mettez-y des espionnes turques, grecques ou chinoises, je n'y vois aucun inconvénient ! répondit-elle, agressive.
- Vous êtes bouleversée par ce qui vient de se passer, Lily.
- Pff, on se demande pourquoi ! On me tire dessus tous les jours, vous savez !
- On ne vous a pas tiré dessus.
- Assez coupé les cheveux en quatre. Je veux savoir. Pourquoi êtes-vous incapable de consoler un être humain ?
-Si vous étiez un être humain tout simple, cela ne me poserait pas de problème. Mais j'ai des ennuis chaque fois que je vous touche, Lily. J'ai donc décidé de m'abstenir. Vous devriez être contente !
- Mais je suis contente. Très contente, même ! Il n'est pas question que vous posiez vos sales pattes sur moi !
Il sourit.
- Ah ! Je retrouve la Lily que je connais ! Bienvenue, ma chère ! Si nous parlions affaires, maintenant ? J'aimerais connaître le contenu de ce billet doux.
Lily le fusilla encore une fois du regard, puis défit avec précaution l'élastique et déplia le petit papier avant de le lisser soigneusement. Son cœur s'emballait, mais elle faisait tout son possible pour ne rien laisser paraître.
L'écriture était heurtée, nerveuse, violente, ponctuée de grands traits incontrôlés, et correspondait tout à fait au ton agressif des mots.
Tu m'as du mal en embrassant ce flic.
Bientôt viendra le moment où tu seras enfin à moi.
Et la prochaine fois qu'il te touche,
ce ne sera pas un caillou mais une balle pour lui et toi.
T'es prévenue.
Lily poussa un cri en portant la main à sa bouche tandis que se yeux s'emplissaient de larmes. Avec beaucoup de douceur, James lui reprit le papier. Elle lui tourna le dos, s'appuya sur le mur et se mit à sangloter.
- Lily, murmura-t-il gentiment.
- Laissez-moi.
- Lily…
- Je ne pique pas de crise de nerfs, rassurez-vous. Je suis juste…tellement triste.
- Je sais. Venez là.
Il la prit contre lui, ses bras se refermèrent autour d'elle, rassurants, tandis qu'une de ses mains lui maintenait la tête appuyée contre sa poitrine.
- Otez vos sales pattes ! ordonna la jeune femme d'une voix étouffée.
Pour toute réponse, il la serra plus fort.
Les sanglots la reprirent, plus tranquilles cette fois. Bercée par sa douceur, par la chaleur de ses bras, elle se sentait en paix. Les larmes qui n'en finissaient pas de couler sur son visage étaient les plus libératrices, les plus apaisantes qu'elle ait jamais versées. James se mit à lui caresser les cheveux, un peu hésitant d'abord, puis avec sensualité ensuite, à mesure qu'il prenait plus de plaisir à sentir ruisseler sous ses doigts leur flot soyeux. Ses mains glissèrent ensuite le long du cou, puis sur les épaules, en un massage doux et bienfaisant. Encore quelques hoquets, puis ses larmes se tarirent, elle leva la tête.
- Pardon James.
- Votre mascara a coulé.
Il la regardait fixement, comme si ce détail ridicule le fascinait, le rendait plus sensible à tout ce qu'il à tout ce qu'il y avait de plus féminin en elle, à sa douceur, sa vulnérabilité.
Lily porta la main à ses yeux pour essuyer ses larmes mais James interrompit son geste pour lui prendre le visage entre ses doigts bruns. Puis il plongea son regard dans le sien et Lily oublia son mascara.
Quand sa bouche descendit sur la sienne, Lily sentit que se dissipaient les dernières traces de son angoisse. Elle se fondit dans ses bras, laissa le parfum de la peau de James enflammer son désir et lui offrit ses lèvres avec passion.
James sentit les vagues de frissons qui déferlaient sur Lily et comprit, à la façon dont le corps de la jeune femme ses serrait contre le sien, l'impatience et le désir qui s'emparaient d'elle. Ses mains glissèrent des épaules aux hanches en une caresse douce et ferme. Sans cesser de l'embrasser, il ouvrit les derniers boutons du chemisier de Lily pour découvrir son ventre, et le contact de sa main sur la peau nue la fit frémir.
Quelque chose, de nouveau, heurta la fenêtre, et Lily poussa un cri. Mais cette fois, James ne bougea pas.
- Ce n'était qu'un ballon. Tu n'entends pas les enfants qui jouent au basket dans la cour ?
Oui, elle les entendait à présent. Pendant un long moment, aucun bruit de l'extérieur n'avait pénétré dans sa bulle. James, par contre, malgré l'intensité de leur étreinte, n'avait pas une seconde perdu le contact. D'accord, il était entraîné pour cela et sa concentration représentait son arme la plus efficace, mais tout de même…Lily trouvait cela peu flatteur.
Un nouveau frisson la parcourut. Cette fois, il ne s'agissait pas d'un frisson de plaisir.
- Qu'y a-t-il Lily ?
- J'ai l'impression…qu'on me regarde. J'ai peur qu'il revienne, James. Je me dis qu'il ne faudrait pas se laisser aller comme nous venons de le faire. Qu'il va devenir fou de rage et nous tuer tout les deux. Et puis…je me dis aussi que tu m'embrasses juste pour le provoquer. Je ne veux pas être encore la star de ton rapport journalier.
James laissa aussitôt retomber les bras et une ombre passa devant ses yeux. Très vite, il retrouva son regard lointain. Il n'y avait aucun réconfort à puiser auprès de lui et Lily, meurtrie et anxieuse, se détourna.
- Tu crois qu'il va nous poursuivre ?
- Oui.
- Tu…tu sais qui a lancé ce caillou ?
- Je l'ai vu, avant même qu'il pousse son cri. C'est pour ça que j'ai fait si vite. Et je peux te dire à l'expression de son visage que…
- Qui était-ce ?
- Tu le sais parfaitement.
Elle baissa la tête. Oui, elle le savait. Depuis que James lui avait parlé de ses soupçons envers Severus, elle réfléchissait aux sentiments qui la liaient au jeune homme. Très vite, elle était passée du refus total de sa culpabilité à une sorte d'acceptation trouble.
- La première fois que je l'ai rencontré, il m'a mise mal à l'aise, avoua-t-elle à mi-voix. Mais j'ai eu honte de cette gêne, je me suis accusée d'un manque de générosité. Il faisait tant d'efforts pour s'adapter, se rendre utile, tourner le dos aux erreurs de son passé ! Il paraissait monstrueux de le rejeter. Alors j'ai tout fait pour dépasser mes préjugés.
- Il ne s'agissait pas de préjugés, Lily, mais d'une intuition.
- Je le sais à présent. Je me suis abusée moi-même parce que mon attitude spontanée ne correspondait pas à l'image idéale que j'avais de moi.
James hocha la tête, satisfait de la voir tirer seule des conclusions auxquelles il était parvenu depuis longtemps.
- La première impression qu'on a en présence d'un inconnu est d'une importance capitale. Elle intervient avant que la raison, avec sa cohorte de bons sentiments et de règles de vie, vienne tout fausser. Il faut toujours accorder confiance à son instinct. A moi, il m'a sauvé la vie plus d'une fois.
Il l'observa un moment, pensif.
- Tu as l'air vraiment triste Lily.
- Je suis triste. Je pensais que Severus était un ami, qu'il m'aimait bien.
- Mais il t'aime bien ! Seulement, la vie l'a tant malmené qu'il n'a plus confiance en rien. Les sentiments qu'il éprouvait pour toi se sont très vite transformés en une sorte d'avidité mal contrôlée, puis en colère à mesure que grandissait ton emprise sur lui.
- Que va-t-il lui arriver ? Chuchota la jeune femme.
- Je n'en sais rien. Cela dépend de la façon dont il agira. Pour le moment, je le vois très mal parti.
- Il a besoin d'aide, James.
- Ce n'est pas à moi d'en juger.
- Mais ne pourrais-tu pas… ?
- Ecoute, Lily, tous les criminels ont des problèmes de ce type ! Je ne suis pas assistante sociale, moi, je ne…
Il s'interrompit, frappé par la tristesse de son expression.
- Bon d'accord, murmura-t-il. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider.
- Merci James. Dis…tu crois qu'il connaît mon adresse ?
- Les lettres sont arrivées au manoir, mais je pense qu'il t'a suivie plus d'une fois. A mon avis, tu serais choquée par tout ce qu'il sait de ta vie.
Ainsi, son sentiment de sécurité, le bien-être qu'elle éprouvait une fois rentrée chez elle, tout cela n'était que du vent ? Un simple caillou venait de faire voler en éclats sa tranquillité par ce bel après-midi de printemps.
- Je ne veux pas rentrer chez moi, James. Ni aller au manoir.
- D'accord.
- Mais…où est-ce que je vais aller alors ? demanda-t-elle d'une petite voix. Je ne me sens plus en sécurité nulle part.
- Tu peux venir chez moi.
Elle leva brusquement la tête, le regarda droit dans les yeux. Etant donné ce qui venait de se produire entre eux, elle courait un autre genre de risque en s'en remettant à James. Mais son angoisse avait d'un seul coup disparu.
Déjà, il semblait regretter sa proposition.
- Si tu nourris un espoir quelconque de profiter de l'occasion pour me séduire, ajouta-t-il, oublie-le vite. Il ne se passera rien.
- J'espère bien !
- Je suis trop vieux pour toi et trop expérimenté.
- Prétentieux ! Tu as deux ans de plus que moi !
- Non réaliste. Mais comment connais-tu mon âge ?
- Sirius.
Il soupira en levant les yeux au ciel.
- Il faudra que je lui arrache la langue un jour !
- Le pauvre, laisse-le tranquille. Il a juste répondu à ma question.
- Tu lui en as posée beaucoup d'autre des questions comme ça ?
- Il m'a juste dit que tu étais son meilleur ami et que vous vous connaissiez depuis le lycée avec Remus et Peter. Il m'a également raconté quelques une de vos frasques et la création des "maraudeurs".
- Je retire ce que j'ai dit, je ne vais pas lui arracher la langue…
- Tant mieux !
-….je vais le tuer !
- Pff…les hommes…tous les mêmes !
- Pourquoi dis-tu cela ?
- Non seulement tu me dis de ne pas essayer de profiter de la situation, et en plus tu veux tuer ton meilleur ami parce qu'il m'a parlé un peu de toi.
- Les femmes ne m'intéressent pas. Surtout quand, en plus, elles sont encore innocentes.
- Tiens donc ! C'est écrit dans mon dossier ça ?
- Pas dans ton dossier, non. Sur ton visage.
Lily ferma les yeux, exaspérée.
- James, je suis épuisée, j'ai faim. J'ai envie d'un gigantesque dîner dans un restaurant italien, et ensuite, d'un grand lit confortable sous un toit sûr, pour dormir et dormir encore. Seule. Es-tu capable de comprendre ça ?
- Je crois oui, et je connais un petit restaurant où l'on sert la plus fabuleuse cuisine italienne de tout Londres.
- Encore quelques suggestions de ce genre, et tu seras presque supportable !
Les événements de l'après-midi, mais aussi les continuels conflits avec James, avaient épuisé Lily. Assise à la place du passager dans la voiture banalisée blanche, elle fermait les yeux par intermittence. James, lui, se concentrait sur la conduite, comme un homme normal rentrant chez lui après une journée normale dans un bureau normal.
Il s'arrêta devant un petit bistrot italien, non loin de son appartement.
- Il ne paie pas de mine, mais la cuisine est délicieuse, lui assura-t-il.
Un homme en tablier à carreaux l'accueillit à bras ouverts, et tout en les guidant vers une table du fond, se mit à parler avec James en italien. Ils s'installèrent, James face à la porte, dos au mur, histoire de ne pas se faire tirer dessus dans le dos.
- Je ne savais pas que tu lui parlais si bien italien, observa-t-elle.
- Je ne le parle pas vraiment. J'ai des rudiments, surtout depuis que je dîne souvent ici. C'est facile pour moi, de parler rapidement une langue parce que je suis bilingue au départ. Ma mère était française et mon père anglais.
Il se mit à parler de lui, au grand étonnement de la jeune femme, car il était la discrétion absolue à ce sujet d'habitude. Ce fut beaucoup plus tard qu'elle comprit la raison de ces confidences. Il cherchait à lui changer les idées, à apaiser sa tension. Mais elle se moquait de ses motifs car son récit était passionnant.
On lui apporta un plat de lasagnes délicieusement aromatisé, accompagné d'un vin rosé très léger, dont James lui remplit plusieurs fois le verre.
- Tu ne bois pas toi ? Après notre aventure de l'après-midi, ça te ferait du bien, non ?
- Je bois très rarement, et jamais après un épisode comme celui de tout à l'heure.
Voilà que le professionnel refaisait surface.
- Tu as peur de baisser ta garde ? Ou de laisser échapper quelque chose que tu préfères tenir secret ?
- Non, mais l'alcool fausse la réalité, et je n'aime pas ça.
- Par contre, qu'elle fausse la mienne, tu t'en moques ?
- Ne te fais pas d'illusions, je n'en profiterai pas.
- Des illusions ? Je t'ai déjà dit que ça ne m'intéressait pas.
- Qui sait… Un peu de vin italien suffit à faire tomber des barrières. C'est pourquoi je préfère ne pas en boire, qu'au moins l'un de nous deux garde la tête froide !
A partir de cet instant, Lily posa sur son verre un tout autre regard. Sa raison… Elle en aurait bien besoin, ce soir. Discrètement, elle repoussa le verre et n'y toucha plus, mais déjà, l'alcool commençait à faire son effet.
- Comment fais-tu pour te remettre des moments difficiles alors ? Les attaques à main armée, le suspens, les… les espionnes russes ?
Il se mit à rire.
- Les pauvres ! Tu les auras mises à toutes les sauces ! Mais je n'éprouve pas le besoin de « me remettre », comme tu dis.
- Pourquoi ? Tu n'as jamais peur ?
- Si ! Mais j'ai appris à retrouver très rapidement mon état normal après un moment de stress. Sans aide extérieure. Sinon je ne ferais pas ce boulot !
En d'autres termes, il se trouvait constamment confronté à des situations dangereuses.
- Ce serait une très mauvaise idée pour une femme de tomber amoureuse de toi, murmura-t-elle.
Et mince ! Le vin commençait à produire son effet.
- Une très mauvaise idée, oui.
- Que ferais-tu, avec une femme amoureuse sur les bras ?
Il resta silencieux un long moment, comme si la question touchait un point particulièrement sensible chez lui. Quand il leva la tête, son regard était sombre.
- Tu t'en es aperçue, sans doute, je ne suis pas un romantique. Mais si une femme était assez folle pour tenir à moi…je pense que l'amour authentique passe par le respect de l'autre. Par l'acceptation du fait que la vie est pleine d'incertitudes, aussi.
- Mais quand on aime vraiment quelqu'un… On a peur pour lui, on préfère le savoir en sécurité, plutôt que de le savoir continuellement en danger. Il me semble normal qu'on veuille le protéger, qu'on lui demande d'arrêter, non ?
- Non.
- Oh !
- Avec ton raisonnement, tous les pilotes de course seraient célibataires. Et c'est loin d'être le cas. L'amour n'a rien à voir avec cela, Lily. Rien à voir avec les chaussons au coin du feu et le rôti du dimanche. D'ailleurs, à mon avis, aimer n'est pas toujours le sentiment le plus simple.
Il avait raison, et Lily ne chercha pas à le contredire. Tout ce qu'elle éprouvait depuis l'arrivée de James dans sa vie n'était que passion, douleur presque. Si l'amour s'épanouissait dans la tranquillité et la sécurité, elle serait tombée amoureuse de quelqu'un comme Monsieur Peters, le directeur de l'école.
Mais Monsieur Peters ne lui avait jamais inspiré le moindre soupçon d'amour. Pas plus que James Potter, faut-il le rappeler ?
La jeune femme s'aperçut que James l'observait, et la lueur dansante des bougies rendait plus mystérieuse la sombre profondeur de ses yeux noisette. La peur se referma sur son cœur comme un étau de glace. Une peur à côté de laquelle le traumatisme de l'après-midi faisait bien pâle figure.
Hop hop petit bouton vert maintenant, laissez vos impressions!!!!
