A/N : Et voici l'antépenultièmes chapitre ! (traduction : l'avant-avant-dernier ^^). C'est un de ceux qui m'a tenu le plus à coeur pour la simple raison que c'est, à la base, la toute première fanfic que j'avais commencé à rédiger, juste après avoir fini le jeu, dans le bus qui m'amenait en voyage scolaire à Venise... Il y a quatre ans. J'avais jamais réussi à le finir, et d'ailleurs la première version est gnan-gnan à souhait mdr. Mais l'idée était bonne, et j'y suis revenue plusieurs fois, jusqu'au résultat ici.

Merci à Marina qui est toujours fidèle au poste avec ses reviews ! Elles me font toujours aussi plaisir ^^ Je sais, je me répète, mais c'est vraiment vrai ^^

Enjoy !


We're a part of a story

A part of a tale

Le néant. Absence de toute chose. Couleurs. Sons. Odeurs. Temps. Sensations.

Solitude infinie pour ceux qui en avaient conscience. Ni noir ni blanc, il n'y avait rien. Rien que des âmes qui ne pouvaient savoir que d'autres étaient juste à côté d'elles.

Mais ainsi, le néant n'était plus.

Pourtant, dans cette infinie prison, quelque chose avait commencé à changer. Comme une résonance, une impression de mouvement s'imposaient à ceux qui peuplaient –et niaient– ce néant-ci. Comme une chute, lente mais qui s'accélérait peu à peu, un retour vers quelque choses que ces âmes avaient oublié.

L'une d'elle ressentait cet appel et avait découvert qu'elle pouvait se souvenir qu'elle était quelqu'un, qu'elle avait vécut avant de se retrouver dans cette éternité effrayante. Cette âme se laissait porter par le courant, et redécouvrait toutes les sensations qu'elle avait perdu sans le savoir –puisqu'elle avait aussi perdu tout ses souvenirs d'être humain.

Le toucher, d'abord, avec cette sensation de chute.

L'ouïe, avec cette sorte de vent qui sifflait à ses oreilles

L'odorat avec ce mélange d'odeurs familières qui lui chatouillait les narines, parfum inconnu mais familier.

La vue enfin. Les deux lumières bleutée qui s'approchaient de l'âme en était la preuve... De plus prés, cela ressemblait à deux planète, l'une toutefois bien plus grosse que l'autre –et d'une couleur violette plus marquée.

À côté d'elle, l'âme devinait des âmes comme elles qui disparaissaient rapidement, s'estompaient comme un brouillard matinal.

Est-ce donc le dernier voyage ?, songea l'âme. Vais-je pouvoir me reposer ?

Elle ne savait pourquoi elle ne s'estompait pas, comme les autres qui devenaient de plus en plus rares. Elle était toute proche de la planète violette maintenant, elle put apercevoir un relief artificiel –une cité vide.

Et elle pénétra dans l'atmosphère, se sentit ralentir et put se poser au sol sans douleur. Ce fut avec un instant de regard qu'elle s'aperçut que son pied traversait un cailloux –mais sitôt ce détail enregistré, elle put sentir le galet sous sa semelle.

Était-elle un fantôme ? Cette idée germa, elle ne put s'en débarrasser. Après tout, elle était censée être morte, et à part si le lieu où elle se trouvait ne soit une sorte de salle d'attente pour un autre monde, elle doutait d'être au Paradis –ou en Enfer ou au Purgatoire.

Prudemment, l'âme fit quelques pas dans cette ville fantôme. Et puis elle s'enhardit, commença à explorer entièrement la citée.

Et puis un jour, elle le vit. Assis dans une petite pièce, il écrivait avec application à la lumière du jour. Il ne la vit pas. Il écrivait. Les sourcils froncés, le visage sérieux, le regard traversé par différentes émotions qu'elle savait décoder à la perfection. Elle le connaissait si bien, elle l'avait aimé, après tout.

Kratos.

.

L'ancien Séraphin soupira. Il ne savait comment commencer la tâche qu'il s'était imposée – plus exactement il ne savait par commencer.

Résolument, il prit son crayon et commença à écrire.

«Ceci est l'histoire de la chute du Cruxis, l'organisation composée de Demi-Elfes ayant régné sur les mondes de Symphonia durant quatre mille ans. Son chef et fondateur était Mithos Yggdrasil et j'étais avec Yuan son plus proche collaborateur, depuis ces quatre mille ans. Le but ultime de cette organisation surpuissante était de faire revivre la sœur de Mithos, Martel et aussi l'avènement de l'Âge des Demi-Elfes ou des êtres-sans-vie, un monde de marionnettes où la discrimination serait inexistante. Comment une telle idée a pu être envisagée sérieusement, je l'ignore... Mais ceci n'est pas le sujet de ce livre.

«À l'époque ou débute ce récit, Mithos ne me faisait guère confiance, mais ayant été son compagnon depuis quatre mille ans, je bénéficiais d'un régime de faveur –aidé en cela par le fait que je détenais la clef de son pouvoir. Cela était juste, je réprouvait les idéaux de Mithos, mais je n'avais pas la volonté de m'opposer à lui. La raison de cet état d'esprit remontait à des événement survenus il y avait une quinzaine d'année mais je n'ai pas la force de les narrer.»

Kratos s'arrêta. Ses pensées dérivèrent vers Anna, sans qu'il le veuille.

Certes, il ne l'avait pas connu durant longtemps –qu'était-ce six ans quand on a vécu quatre millénaires ?– mais elle avait marqué à jamais son existence.

Il l'avait aimé. Elle avait été son rayon d'espoir, avait réussi à le faire sortir de son apathie, à lui insuffler la volonté de faire changer les choses. Elle l'avait accepté même quand elle avait su son passé monstrueux. Elle avait été son tout –et Lloyd fut une dernière pièce dans leur bonheur. Mais il ne pourrait jamais se libérer de la culpabilité qui le rongeait – lui qu'avait-il fait ? Il s'était battu pour la protéger, mais l'avait entraîné dans une fuite sans relâche, était revenu dans ses vieilles habitudes., avait abandonné son propre fils à plusieurs reprises... Il soupira. Comment avait-il pu croire qu'un jour il serait digne d'elle ? Pourtant, il sentit un douce chaleur se répandre dans ses veines, comme si elle l'enlaçait encore tendrement, qu'elle lui prêtait sa force.

Lentement, il reprit sa plume.

Voilà quelle était sa dernière tâche. Derris-Kharlan était habitable mais Lloyd n'avait envoyé aucun Demi-Elfe depuis maintenant quatre mois.

Alors il avait décidé de passer le temps qui lui rester à vivre à écrire l'histoire qu'il avait vue, La Guerre Antique, le Cruxis, l'avènement du nouveau monde... Et s'il lui restait du temps, son histoire avec Anna.

Il savait toutefois qu'il y avait de grandes chances qu'il meure avant d'avoir fini tout cela. Son exsphère détruite, sa forme angélique était en train de se dissoudre et bientôt le temps reprendrait le dessus à toute allure et il ne serait que poussière...

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«...Peu après ces événement, j'ai demandé à Lloyd de me ramener sur Derris Kharlan et les laisser en charge de futur. Ce qu'est devenu Symphonia, ce sera à un autre de l'écrire.»

Enfin, il reposait sa plume, écarta une mèche blanche de ses yeux. Le récit avait prit beaucoup plus de temps qu'il l'imaginait et il avait inclus de longues explication sur le Cruxis, les Rénégats, les Elfes et la Guerre Antique car il devinait qu'il n'aurait jamais le temps pour écrire plus.

Et il avait eut raison. Ses mains étaient tremblantes et ridées, sa vision n'arrivait plus à s'accommoder... La mort allait le prendre bientôt.

Encore une fois l'étrange présence qui l'accompagnait se fit ressentir. Il ne savait pas ce que c'était, devinait que c'était le fantôme d'Anna. Il s'était habitué à lui parler –peut-être était-il simplement fou– et devinait la réponse en une multitude de sensations discrètes.

«C'est donc la fin murmura-t-il de sa voix tremblotante. Nous allons enfin nous retrouver, Anna.»

Et les quatre milles ans qu'il avait vécut le reprirent. Il était debout, courbé comme le vieillard qu'il était et il se sentit partir, tout en sentant la dernière étreinte de son fantôme. Pendant un instant, elle paru plus chaude, plus vivante et il put la sentir vivante contre lui. Puis ce fut fini.

Sur le sol, il ne restait que de la poussière.

Mais peut-être ailleurs...