A/N : Et voici le dernier one-shot. Ou peut-être plutôt les derniers, parce que c'est plus un ensemble de drabbles ^^ Encore une histoire de finie... Gâââh, encore... C'est triste, quelque part. Enfin, ce n'est pas comme si je n'allais plus jamais écrire sur ToS ^^

Merci à Marina-Kaede pour toute ses reviews qui m'ont soutenues tout au long de la publication de ce recueil ! Sans toi, je n'aurais jamais trouvé l'énergie de finir tout ça !


No one remember how it began

«Colette, tu as suivi les enseignements de Martel depuis ta naissance. Tu n'as plus rien à apprendre de nous, maintenant. Sois prête, tu va recevoir bientôt le titre d'élue et ton périple commencera.

-Je ferai de mon mieux, Mon Père. Je vous le promet !»

Deux yeux bleus levé vers le vieux visage, deux yeux hésitants entre tristesse, peur, et opiniâtreté, deux yeux qui sourient, qui se raccrochent à leur innocence face au monde, qui veulent rester aveugle pour pouvoir croire encore qu'ils peuvent changer le monde.

-Bien. Tu auras notre bénédiction, et nos prières t'accompagneront. Puisse tu réussir là où tant d'autres ont échoué. Nous croyons en toi.

-Merci, Mon Père. Je ne vous décevrez pas.»

·Ψ·

«L'enfant revient à elle, chef.

-Merci. Laissez-moi seul.

-Bien.

Elle entends des pas qui s'éloignent, d'autres qui se rapprochent. Elle n'ose pas ouvrir les yeux. Où était-elle ? Comment était-elle arrivée là ? La forêt... pourquoi n'était-elle dans dans la forêt... ? Pourquoi devait-elle être dans la forêt... ? Ils n'étaient pas venus la chercher...

«Tu m'entends ?»

Une main laisse sur son front le souvenir d'une caresse qui disparaît lentement. La voix est à coté d'elle. Elle ouvre timidement un oeil, puis le second pour distinguer un vieil homme assis près de sa tête. Il a un grand sourire :

«L'oisillon se réveille ! Comment tu te sens, petite ?

-Bien... Je crois...

-C'est une bonne nouvelle. Je suppose que tu diras à un grand-père comme moi comment tu t'es retrouvée dans la forêt ?»

Elle regarde les rides de son front, les pattes d'oies qui clignotent tandis qu'un éclat toujours rieur brille dans ses yeux. Elle n'a pas envie que son visage change. Elle voudrait répondre à la question... Mais...

«Je... je ne sais plus... je ne sais pas...»

Un silence, le visage ne change pas.

«Hé bien il ne te reste plus qu'à t'installer ici pour apprendre autre chose ! Je suis Fugibayashi Amano. Sais-tu ton nom ?

-Fu... quoi ?»

Un éclat de rire.

«Appelle mon grand-père ! Et toi ?»

La voix se trouble.

«Je ne sais plus...

-Bon, hé bien je vais t'en trouver un... Voyons... Sheena ! Ça te va ?»

·Ψ·

«Rester vivre à Isélia ?

-Oui, Génis. Il est temps que nous arrêtions de voyager. Et ici... Les gens ne... nous méprisent pas. Ils ont besoin d'une institutrice... Et puis, tu es devenu amis avec Lloyd et Collette, non ? Qu'est-ce que tu en dis ?

-Tu veux dire... qu'on aura plus besoin de voyager ? Que je ne vais pas les quitter ?

-Oui.

-Grande soeur...»

Un sourire doux, tendre, un peu tremblant parce qu'il veut être rassurant.

«Il est temps que j'arrête de chercher des ruines qui n'existe pas. Il est temps de vivre une vie normale, non ?

-Mais... ça ne te dérange pas... ?

-De mentir en disant que je suis Elfe ? Non. Nous sommes des enfants de la honte, si nous souhaitons être accepté, nous allons devoir mentir. Et puis, ça ne change pas que nous sommes nous, non ?»

·Ψ·

«Président Régal ?

-Oui.

-La nouvelle domestique est arrivée.

-Bien.»

Un corps qui se retourne pour faire face à un maître d'hôtel suivit d'une adolescente, qui n'a pas encore quinze ans, dont les poings serrés et le menton tremblant dénoncent sa timidité et sa résolution. Elle l'attendrit.

«Voici maître Régal. C'est à lui que vous rendrez vos comptes. Faites attention en sa présence, Alicia.»

Une pensée distraite, c'est un joli prénom et il lui va bien. Elle tente de lui sourire, mais sa nervosité l'en empêche. Il tend la main.

«Bienvenue à Lezareno. J'espère que tu te plairas parmis nous, Alicia.»

Dans sa bouche, son prénom à le goût de la framboise. Une timide poignée de main scelle leur destin.

·Ψ·

«Je vais au village, P'pa !»

Le cri n'est pas terminé que les pas s'éloignent déjà. Ce qui n'empêche pas le nain, perdu dans la chaleur de sa forge, de hurler :

«Prends Noïshe avec toi ! Et ne t'approche pas de la ferme !

-...ui...i !»

Un sourire naît dans la barbe brune de l'acquiescement distant.

·Ψ·

«Zélos ?»

L'enfant se retourne surpris, de la fenêtre où il était immobile. Depuis quand son nom est-il aussi doux entre les lèvres rouge de la femme qui lui fait face ? Depuis quand son regard est-il aussi...chaud ? Où sont les larmes et les cris, les gifles, les «disparais !» ? Les lèvres s'ouvrent de nouveau :

«Il neige encore ? C'est si rare à Meltokio...»

L'enfant a une vision rêvée, une scène qu'il a entrevue quelques heures auparavant. Une autre femme, un autre enfant aux cheveux aussi roux que les siens, jouant, riant, dans la neige, et un bonhomme de neige qui trônait comme un souvenir de leurs joie...

«J'aime la neige, continuent les lèvres. Comme elle semble tout effacer, tout aplanir dans son blanc infini...

-Maman ? Tu veux bien faire un bonhomme de neige avec moi ?»

Elle regarde la petite main qui s'est accroché à la jupe, elle hésite.

«Pourquoi pas ?»

·Ψ·

«Lloyd !»

L'appel enthousiaste vient de Colette qui semble être à l'entrée du village depuis longtemps.

«Heeeeeeeeeey !»

Le cri qui se rapproche est celui de Génis qui porte dans ses mains un monceau de sandwichs fait maison.

Le trio est enfin au complet.

·Ψ·

«Grande soeur ?»

Préséa se détourne de la fenêtre d'où elle observe le dos de son père avalé par la forêt pour faire face à l'enfant, qui avait le sourire plein de malice de l'enfance, qui se balançait d'un pied sur l'autre, les mains derrière le dos.

«Tu joues avec moi dehors ? S'il te plaîîîîît ?

-À quoi est-ce que tu veux jouer ?

-'Sais pas. Tu choisis ?»

La fillette est adorable...

«À chat perché ?, propose l'aînée.

-Ouiiiii !»

·Ψ·

La salle est glacée, les pas claquent sur le marbre

«Ah, je vois que tu es venu, Kratos.»

Le silence suffit à apporter une réponse.

«J'ai une mission pour toi. Vois-tu, Tethe'alla commence à prospérer depuis trop longtemps. Je veux donc que tu protèges l'élue de Sylvarant. Tu imagines, cette petite à une signature de Mana si proche de celle de Martel... Tu comprends mon souhait de la voir réussir, n'est-ce pas ?»

Les pas s'éloignent déjà, accord implicite. Un rire ricoche et résonne dans la salle, brisant le silence froid avec la cécité de la folie.