Et voilà, après près d'une semaine, le deuxième chapitre de cette fic...qui en fait, se trouve à être le premier...mais pas tout à fait...
Sans plus attendre, je vous laisse à votre lecture, en espérant que vous aimerez bien la courte explication psychologique que j'ai donné pour introduire le HG/DM.
Mais ce n'est qu'un début...
Enjoy it ! ; )
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Chapitre 1 : La fougue de la lionne
Draco était assoupi.
Il rêvait, et paraissait être enchanté de son rêve. Sa bouche s'étirait en un mince sourire, un sourire vrai, sincère, dénudé de toutes traces de méchanceté ou d'ironie ; un sourire comme il n'abordait que dans ses rêves.
Il la voyait. Et derrière ses paupières closes, il avait le loisir de la voir de plus près, du plus près qu'il ne l'avait jamais vu auparavant.
Et plus c'était près, plus c'était beau.
Il distinguait parfaitement ce petit grain de beauté près de sa lèvre supérieure. Son regard enrobait celle-ci, et sa jumelle du bas. Rien de bien différent d'avec la vraie vie.
Mis à part le fait qu'il pouvait la toucher, l'embrasser, et sentir son odeur, sentir son corps épouser parfaitement la forme du sien, comme s'ils étaient faits pour se compléter…
Il pouvait lui susurrer à l'oreille des mots dont il s'était toujours refusé l'emploi, tant cela lui semblait incongru. Mon amour, je ne vis que pour toi…
Et ce qui était vraiment, totalement, et absolument fabuleux, c'est qu'elle lui répondait ! Si tu savais tout ce que je serai prête à faire pour toi…
Pourtant…Il savait que c'était impossible. Il savait que c'était Pansy, et non pas la jeune femme de ses rêves, qui dormait à ses côtés. Il savait aussi que leur amour n'existait pas, et que même le plus réaliste des songes n'arriverait à lui faire croire qu'il était envisageable que cela existe.
Il savait par contre que même s'il en avait reçu l'ordre, il n'arriverait jamais à la tuer.
Du moins, pas de sang froid.
Il se réveillait doucement, savourant le silence qui l'apaisait. C'était la première fois depuis le combat où il avait été initié comme mangemort qu'il arrivait à trouver le sommeil, un vrai sommeil réparateur.
Un sommeil où la mort ne flottait pas dans un coin de sa tête, un sommeil où les cris de ses victimes ne le gardaient pas à moitié éveillé…
« Draco, tu peux dormir encore un peu, nous ne sommes pas encore arrivés ! »
Pansy s'extirpait difficilement de son propre sommeil, sa voix pâteuse en témoignait. Elle glissa sa main sous le gilet du serpentard, qui se raidit un peu.
« Lâche-moi, Pansy. Je dois me changer, j'ai rendez-vous avec le professeur Flitwitch pour me faire assermenter comme préfet en chef. »
La jeune fille soupira, et retira sa main de l'abdomen du jeune homme.
« C'est dommage, j'avais envie de jouer ! »
Elle roula sur elle-même et lui adressa un sourire qui, selon ses estimations, se voulait coquin. Il frissonna.
« Hé hé…Pansy. J'ai toujours des griffures de la dernière fois, laisse-moi le temps de cicatriser. »
Légèrement indisposé par sa présence, il changea tout de même de tenue, sous ses yeux inquisiteurs qui dévoraient chaque parcelle de sa peau qui leur était exposé.
« Très bien, alors, tu peux aller rejoindre tes amis, Pansy. »
Il ouvrit la porte dans l'espoir qu'elle sorte, mais elle se blottit encore plus dans la banquette où ils avaient dormi.
« Non, je vais t'attendre. Peut-être que tu auras envie d'un autre jeu à ton retour. »
Elle lécha son doigt, ce qui laissait deviné sans trop de difficulté à quel jeu elle souhaitait se livrer avec lui.
Il ferma les yeux.
Habituellement, ce genre de propositions le tentaient toujours, mais pas maintenant. Pas après avoir embrassé Hermione Granger en rêve. Pas avant d'aller la chercher dans sa propre cabine pour pouvoir l'admirer ensuite durant, il l'espérait, l'heure que durerait l'assermentation.
Il rouvrit les yeux pour voir Pansy qui approchait dangereusement de lui. Résigné, il l'embrassa rapidement et claqua la porte.
Enfin débarrassé !
Il repéra rapidement la cabine de la jeune gryffondor. Il se recomposa un air bestial et méchant et ouvrit la porte…un peu plus doucement qu'il ne l'aurait voulu. Hermione était là, rayonnante, malgré les larmes qui bariolaient son visage. Ron la consolait, il lui flattait les cheveux en tentant de l'apaiser. Il surprit un bout de leur conversation, ils devaient sans doute parler de Potter.
« Et peu importe ce qu'il arrivera, nous serons fort, et nous nous battrons nous aussi. »
Draco eut un haut le cœur. Les paroles réconfortantes du rouquin sonnaient terriblement faux, bien qu'elles eurent l'air de faire plaisir à Hermione. Il avait toujours soupçonné ces deux là d'entretenir une relation, et ce à son grand désarroi. Avant d'être témoin de leur ébat, il s'interposa entre eux.
« Si c'est pas beau, ça. Émouvant, même. Le balafré et la sang-de-bourbe se consolent de la perte du petit Potter. »
En voyant le regard désespéré que lui adressa Hermione, il s'en voulut immédiatement.
Pire, il se détesta de lui faire subir ça.
Le processus d'acceptation avait été long, et tortueux. Dès la première année, il l'avait immédiatement remarqué. Non, ce n'était pas sa grande beauté qui l'avait séduit, mais plutôt sa grande intelligence. Elle savait tout, elle en savait bien plus que lui, et avant de savoir qu'elle était de descendance moldue, il s'était imaginé, du haut de ses onze ans, qu'ils pourraient…peut-être…
Après tout, Draco n'avait jamais été un petit garçon comme tous les autres!
Sa première désillusion eut lieu quand il dut se rendre à l'évidence : les Granger n'étaient pas une famille estimée et ancestrale des sorciers britanniques, puisque cette famille n'était tout simplement pas de souche magique.
Que de rêves brisés !
Il décida donc de combattre l'a…l'am…le sentiment qu'il ressentait pour la jeune fille en utilisant le meilleur moyen, et peut-être même bien le seul qu'il connaissait : la mesquinerie.
Malheureusement, elle contrait ses attaques et ripostait avec véhémence : rien pour arranger les choses. Au contraire, cela le poussait à en vouloir toujours plus, il adorait leurs joutes verbales.
La première fois qu'elle le frappa, en troisième année, fut pour lui un moment inoubliable. Elle avait enfin consenti à le toucher. Si son père avait su ce à quoi son fils unique songeait, cet été là, quand il avait les yeux dans le vague, fixant des maisons moldues lorsqu'ils se baladaient dans Londres…
Il conservait tout de même une haine sans nom pour Weasley et Potter, il en allait sans dire. Ce n'était pas parce qu'il ai…aim…ressentait quelque chose pour leur meilleure amie qu'il allait commencé à être…sympathique…ou, PIRE, agréable avec eux.
Et cela l'arrangeait bien, de savoir que leur amour était condamné avant même de voir le jour. Il pouvait insulter ses meilleurs ennemis sans culpabilité envers Hermione, puisqu'elle n'était en rien au courant du petit problème de Malfoy.
Car c'était bien un problème, et avec les années, un problème de taille.
Il avait bien failli se trahir au bal de quatrième année, quand elle était descendue dans le grand escalier, au bras de ce taré de Krum. Si c'était la première fois que bien des garçons réalisait qu'Hermione était jolie, ce n'était pas son cas ; elle irradiait d'une telle beauté ce soir là qu'il dut se faire violence pour ne pas lui en faire part.
Et apparemment, Weasley aussi avait du se contenir.
En cinquième année, avec la brigade d'Ombrage, il avait adoré distribuer punitions par-dessus punitions. Surtout à Harry et à Ron. Après tout, ils avaient le loisir d'être avec elle presque à chaque heure du jour et de la nuit, cela justifiait amplement leurs heures de retenues!
Il avait refusé longtemps de s'avouer qu'il était attiré par elle, mais depuis son adhésion au mouvement de Voldemort, il ne lui restait plus que cette attraction à laquelle il avait succombé, l'aimant qu'incarnait Hermione pour lui.
Et même si c'était honteux, même s'il ne l'avouerait que sous la torture (et encore!), il lui semblait que ce qu'il ressentait pour elle depuis des années s'apparentait à de … l'amour.
Mais bien sûr, que c'était étrange ! Bien sûr, qu'il ne cessait jamais de la tourmenter, de la ridiculiser, cruellement, en souriant.
Mais ce qui était encore plus étrange, c'était de vivre avec un père mangemort. Et avec une mère pour ainsi dire morte : elle s'était éteinte depuis bien longtemps.
C'était étrange, de devoir prôner des idées qu'il ne partageait pas, sans se questionner. De répéter des discours préfabriqués, et d'essuyer le sang sur ses mains pour les tâcher la minute suivante d'un autre sang.
Ça, c'était étrange.
Et cruel.
Alors, si au milieu de cet enfer, de ce merdier dans lequel il évoluait et qu'il ne cesserait jamais d'être, si une seule personne pouvait lui faire tenir le coup, bien qu'elle en soit inconsciente, qu'est-ce que son origine ou son sang changeait dans les faits ? QU'EST-CE QUE CELA CHANGEAIT?
Un bruit sourd le tira de ses pensées. Ron s'était levé, prêt à se battre, si Draco en croyait au poing levé qu'il lui brandissait sous le nez.
« Harry n'est pas mort, Malfoy. Et il te tuera de ses mains avant de crever, tu peux me croire sur parole! »
Draco eut envie de lui sourire, mais il se contint. Le gryffondor était presque touchant dans son interprétation de meilleur ami protecteur. Mais il ne connaissait rien à la vraie guerre, celle où son héros naviguait en ce moment, la vraie guerre, bien loin de ce qu'il avait entrevu à Poudlard l'an passé.
La vraie guerre, celle qui l'empêchait de dormir…
« Oh, j'ai peur ! Ça suffit, Weasley. J'étais venu chercher Granger, le professeur Flitwitch veut la voir. »
« Pourquoi? » demanda la jeune femme, clairement sur la défensive. Ses sourcils se froncèrent et elle recula un peu sur sa banquette. Comme elle était belle…Draco se gifla mentalement.
« Pour notre nomination de préfet en chef, pauvre goule. Allez, suis-moi. Vous retrouverez bien vite les bras de ton preux chevalier, n'ayez crainte, gente dame! »
Elle esquissa l'ombre d'un sourire qui, si Ron ne sembla pas l'apercevoir, eut l'effet d'une bombe sur Draco. Il avait réussi à la faire sourire ! En refermant la porte, il aperçut Blaise Zabini plus loin, qui s'achetait des friandises. Il allait devoir rester égal à lui-même avec Hermione, si jamais cet idiot remarquait que Draco était aimable avec elle, cela pouvait être fatal pour elle…et pour lui.
Il prit son air le plus haïssable, et en se maudissant intérieurement, entreprit de malmener la jeune femme.
« Après les cicatrices, c'est les tâches de rousseur qui te branchent, Granger ? »
Il la vit se raidir. Ses épaules se redressèrent et elle stoppa brusquement son pas. Elle se retourna et Draco fut une fois de plus déstabilisé par la couleur ambrée de ses yeux, qui cette fois, lui lançait des flèches de colère.
« Ça me branche certainement plus que les marques des ténèbres, Malfoy. »
Il lui sourit, ne trouvant rien de mieux à répliquer.
« Évidemment. »
Il réfléchissait à toute vitesse. Il savait le regard de Blaise braqué sur lui et la lionne, il lui fallait réellement répondre à sa pique. Il se décida enfin, en l'implorant mentalement de lui pardonner. En une fraction de secondes, il utilisa l'avantage de sa force pour la plaquer le long du mur. Comme il ne pouvait pas impunément la violenter dans le Poudlard Express, il changea son attitude menaçante en une aguicheuse. Il eut une pensée pour Pansy, qui aurait sans doute vendu sa mère au diable pour se trouver à la place d'Hermione en ce moment.
« Si tu veux tout savoir… »
Il frotta son bassin contre le sien, en espérant tout de même qu'elle ne remarquerait pas l'effet incontrôlable de sa proximité contre la sienne. Il baissa la voix, pour n'obtenir plus qu'un murmure.
Mais malgré les apparences, il continuait silencieusement à la supplier de comprendre. Ce qu'il s'apprêtait à lui dire dépassait tout ce qu'il s'était autorisé à lui dire depuis qu'il la connaissait.
« On chuchote parmi les mangemorts qu'avant de t'achever, celui qui en aura la chance devra t'enfoncer bien profondément sa baguette, histoire de te montrer quel côté des forces tu aurais du choisir. Tu sais, avec un talent magique si naturel, tu dois savoir faire autre chose aussi… »
Sa réaction fut immédiate, et il accueillit avec soulagement sa gifle, et ensuite son poing, qu'elle lui balança à la figure.
La douleur physique ne dura qu'un temps, mais il sut, au moment où elle hurla, qu'il n'oublierai jamais celle mentale qu'elle lui infligea, sans le savoir.
« TU N'ES QU'UN ENFOIRÉ, MALFOY ! »
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Et bien, j'espère que vous aurez apprécié !
Je vous avais prévenu, cette fic ne sera pas tendre et mielleuse comme celles qui pullulent sur ce site. Après tout ,y'en a marre, des histoires à l'eau de rose !
Un pairing HG/DM mérite une bonne intrigue et le respect de leur caractère respectif !
À bientôt pour la suite, ça ne devrait pas tarder ... : )
Ah, et n'oubliez pas : les reviews sont les amis des auteurs de fic !! ; )
Merci,
Gros bisous du Québec qui s'éveille sous le joli soleil du printemps,
Vengeresse
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