Bonjour,bonjour, amis lecteurs : )
Mon problème d'ordinateur est enfin règlé et c'est avec joie que je vous poste la suite de cette fic ! J'espère ne pas tomber dans le mielleux trop rapidement, enfin, vous comprendrez plus de choses dans le second chapitre 2 : )
Bonne lecture, et comme toujours,
ENJOY IT : )
Chapitre 2 : L'excuse du cobra
Elle avait passé la nuit à sangloter, perdue dans ses couvertures comme dans ses pensées. Elle ne savait pas comment elle avait supporté de rester dans la même pièce que lui durant l'assermentation, ni comment elle avait réussi à ne pas souffler mot de l'incident à Ron.
Elle avait plaidé la fatigue, l'énervement de la rentrée, l'exigence des cours qui commenceraient dès demain, son obligation de donner l'exemple, bref, pleins de bonnes raisons que l'ancienne Hermione aurait servi sur un plateau d'argent pour justifier qu'elle doive aller dormir si hâtivement.
Tous avaient accepté ses excuses, sachant que l'absence d'Harry lui pesait beaucoup.
Ils n'avaient en fait aucune idée de la véritable raison de ses tourments.
Depuis trois heures déjà, elle repassait en boucle la scène et elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas pourquoi la haine évidente que Draco lui avait communiquée en paroles n'était pas présente dans son regard ; lui, il s'excusait des mots que sa bouche prononçait.
Elle qui avait affronté mille et un dangers, elle devait bien se l'avouer : elle était effrayée. Effrayée que des mangemorts puissent comploter son viol, bien que plus que sa mort. Elle avait su, dès ses onze ans, qu'en étant la meilleure amie d'Harry Potter, son espérance de vie chutait drastiquement.
Mais elle ignorait que six ans plus tard, après avoir frôlé la mort et vu mourir, ce serait bien plus ce qui la précède qu'elle craindrait que la mort en elle-même.
Que pouvait-elle faire ? Les menaces de Draco étaient trop explicites pour ne pas être sérieuses. C'était la première fois qu'il y allait si fort, et il avait atteint son but. Elle était paralysée par une peur sans nom, par une force qui l'empêchait de faire un pas, qui l'empêchait d'aller se plaindre en haut lieu.
Que lui restait-il à faire ? Elle devrait dès demain sortir de sa chambre, qu'elle ne partageait qu'avec elle-même, fort heureusement. Et c'était bien assez, ce soir ! Elle avait drapé le grand miroir qui faisait face à son lit, pour ne pas y voir son reflet. Elle se trouvait affreuse en temps normal, que dire de ce soir !
Le comble de l'ironie, c'était la proximité de la chambre de Draco : devant la sienne. Une simple porte la séparait de son prédateur, une simple porte qu'elle avait barricadée magiquement. Elle l'avait entendu entrer, tout à l'heure. Elle s'était posté près de la porte, baguette à la main, prête à contrer ses attaques, si attaques il devait y avoir. Tout pour sauver sa peau.
Elle ne comprenait pas comment on pouvait laisser Draco fréquenter encore Poudlard, comment on pouvait laisser Draco être préfet en chef et disposer d'un appartement privé, quand on savait qu'il avait été mandaté l'année précédente pour tuer Dumbledore !
On avait au moins eu la décence de destituer Severus Rogue, le réel meurtrier du bien-aimé directeur. Il…
On frappa à la porte trois coups secs.
Et Hermione fondit de nouveau en larmes, connaissant déjà l'identité de ce visiteur nocturne.
Mécaniquement, son corps s'extirpa des couvertures et s'approcha de la porte.
« Va-t'en, Mangemort. »
Sa voix était froide, dénudée d'émotion, mis à part cette haine viscérale qui l'habitait désormais.
Un peu étouffée, elle distingua néanmoins clairement ce que Malfoy lui répondit.
« Laisse-moi te parler, je voudrai…m'excuser. »
Elle secoua la tête, bien qu'inutilement, puisqu'il ne la voyait pas.
« J'ai dis : va-t'en, Mangemort. »
Elle l'entendit soupirer.
« Granger, ne fais pas l'enfant, je t'en prie. Laisse-moi entrer, sinon je n'aurai comme autre choix que d'utiliser…la force. »
Elle ne bougea pas. Sa paralysie était de retour. Elle eut de la difficulté à bouger les lèvres, pour lui répondre.
« Et ça, j'ai eu la preuve que tu en étais capable… »
Draco commençait à s'impatienter, Hermione le savait. Et bien qu'elle doute qu'il sache comment contrecarrer les sorts complexes qu'elle avait administrés à la pauvre porte, elle libéra l'accès, et retourna se blottir sous les couvertures.
Elle entendit le déclic de la poignée, et le bruit de pas sur son plancher. Elle sentit le lit s'écraser quand Draco s'y assis et en fut certaine quand le matelas grinça tandis qu'il tentait de se mettre à son aise.
« Euh…Granger…Je sais que tu es sous les couvertures, tu en es consciente? »
Hermione remua la tête, il prit ce geste pour un oui.
« Alors, pourrais-tu en sortir ? »
Elle remua encore la tête, mais n'esquissa aucun autre mouvement. Il prit ce second geste pour un non.
« Pourquoi? »
Zut. Elle devait parler, maintenant. Plus moyen d'y échapper. Elle toussota légèrement et prit une grande inspiration, en souhaitant que sa voix paraisse assurée et totalement décontractée.
« Parce que tu me fais peur. »
Draco garda le silence durant quelques minutes, qui parurent aux yeux d'Hermione une éternité. C'était bien la première fois en six ans qu'il la voyait si diminué, si vulnérable. Jamais elle ne s'était abaissé à démontrer le moindre signe de faiblesse, encore moins à lui, le terrible Draco Malfoy ! Il ne se souvenait pas d'avoir eu vent, depuis le temps, d'une peur de Mademoiselle Granger.
Et voilà que ce soir, après qu'il l'ait malmené sans vergogne, elle se confiait à lui, tout simplement, sans artifice, ni tabou. Qu'elle s'ouvrait à celui qui l'effrayait, certes. Mais elle s'ouvrait tout de même. Et il en fut profondément bouleversé.
« Je suis désolé. Je sais que ce sera dur, mais évite-moi, et évite tous les autres serpentards. Ne te promène jamais seule près des cachots, car même armée, tu n'es pas à l'abri. Parle à Weasley de notre incartade, il viendra me démolir la figure, mais je le mérite. Assure-toi de toujours être avec lui. Tiens, sors avec lui, s'il le faut ! Mais…Gran…Hermione, sois prudente. Mes menaces étaient sérieuses. Et malgré les apparences, je ne voudrai pas qu'il t'arrive malheur. »
Le matelas reprit sa forme originelle, elle sut qu'il s'était levé quand elle l'entendit en plus craquer. Les bruits de pas s'évanouirent au même moment où le déclic de la poignée résonna de nouveau dans la pièce.
Elle attendit quelques minutes, qui lui parurent cette fois quelques secondes, tant les pensées se bousculaient à une vitesse infernale dans sa tête. Elle pointa le haut de son corps hors des draps, timidement.
Rien.
Il était parti.
Elle enleva les couvertures, s'approcha du miroir et d'un geste brusque, enleva le drap qui le recouvrait.
Pour la première fois depuis des années, malgré ses yeux bouffis, ses joues rougies, ses traits tirés, ses cheveux encore plus en bataille que jamais, elle se trouva belle.
Belle, et heureuse d'être en vie.
