Nouveau chapitre, avec cette fois des détails sur la manière dont sont exécutées les vengeances.

Merci à tous les lecteurs, et bonne lecture ^^


Une silhouette se dessina sur l'herbe verte et ensoleillée d'un jardin, dans un petit village d'Amestris.

« C'est pas vrai … mais quand va-t-il cesser de prendre mon jardin pour un dépotoir ?» fit une voix masculine.

Des yeux verts regardèrent avec colère par-dessus la clôture délimitant son terrain avec celui de son voisin. Puis l'homme au chapeau de paille ramassa les ordures devant sa clôture et les balança chez son voisin.

« Alors c'est lui qui a contacté Riza ?» demanda Lust.

Elle et Scar observait le bonhomme depuis la route. Tous deux venaient enquêter sur la personne qui venait d'accéder au Courrier des enfers.

« Oui. Apparemment lui et son voisin se déchirent depuis des années. Ça a commencé avec le pommier que tu vois à la limite de leur terrain. Le propriétaire de cet arbre ne voulait pas que son voisin cueille les pommes qui dépassaient, ni couper ses branches. Petit à petit, ils en sont venus à s'insulter, à jeter des ordures chez l'autre, et même à se crever les pneus de voiture.» raconta Scar.

« Quels délicieux rapports. » résuma Lust.

L'Ishbal hocha la tête. Voilà trois semaines à présent qu'ils assistaient la fille des enfers dans sa mission vengeresse. Jusque là, tous ceux qui avaient reçu une poupée de paille avait retiré la ficelle. La situation était souvent telle qu'ils n'en pouvaient plus de leur situation actuelle. Riza accomplissait leur vengeance, et en retour les commanditaires avaient droit à un nouveau départ.

« Tu pense que Riza va lui répondre ? » reprit Lust.

« Sûrement. »

La requête avait été acceptée, mais Jigoku Riza ne s'était pas encore montrée. Bien souvent, une petite enquête était menée histoire de vérifier le degré et les raisons de la haine. Les deux compagnons de Riza virent le propriétaire du pommier sortir de sa maison. Dès qu'il aperçut son voisin, et surtout ce qui se trouvait sur sa pelouse, il se précipita.

« Azarawa espèce de porc ! C'est vous qui avez fait ça hein ?» attaqua-t-il.

« Je vous ai simplement rendu ce vous avez oublié chez moi, Haruta. Vous feriez mieux de vous acheter une poubelle, ou plutôt non commencez par vous acheter un cerveau.» rétorqua Azarawa.

« Je vais surtout finir par acheter un fusil !!!» rétorqua Haruta.

« Allez donc plutôt rôtir en enfer, crétin de la lune !!»

Le ton monta rapidement entre les hommes. Les compagnons de Riza les regardèrent faire un moment.

« Je m'étonne qu'ils n'en soient pas encore venus aux mains.» fit Scar.

« Avec le Courrier des enfers, Azarawa a trouvé le moyen d'en finir sans se salir les mains cependant. » rappela Lust.

Lassés du spectacle, tous deux tournèrent les talons pour rentrer.


Dans la vallée fleurie, Riza se baignait dans la rivière. Allongée les yeux clos, ses cheveux serpentaient dans l'eau au gré du courant. Elle entrouvrit un œil quand elle entendit des bruits de pas. Lust s'approcha du ponton, pendant que Scar rentrait directement.

« Nous sommes allés voir le client, annonça l'homonculus. Un problème de voisinage. C'est un certain Azarawa qui est à l'origine de la requête.»

« Bien. » fit Riza en se redressant.

Elle portait que des sous-vêtements en guise de maillot de bain. La blonde se leva et essora ses cheveux.

« Tu va y aller ? » questionna Lust.

« Oui. Viens avec moi. » répondit Riza en tournant la tête vers Lust.

Cette dernière hocha la tête. La jeune femme blonde prit sa serviette, puis alla se changer. Quelques instants après, toutes deux arrivèrent chez Azarawa. Ce dernier rentrait quand il les trouva dans son salon.

« Qui êtes-vous ? Et comment êtes-vous entrées ? » demanda Azarawa.

« Je suis Riza Ai, la fille des enfers. Vous m'avez appelée ? » répondit la blonde.

Azarawa haussa les sourcils. Ah oui c'est vrai. Hier soir il avait découvert le Courrier des enfers dans le Centralien. Ça l'avait intrigué cette case blanche, où on demandait aux lecteurs d'attendre minuit. A l'heure dite, il était revenu voir. Une petite flamme dans un cercle était d'abord apparue, avant qu'un texte suive : Nous vous vengeons en votre nom, inscrivez le nom de la personne que vous haïssez. La fille des enfers prendra contact avec vous. Sans bien réfléchir, Azarawa avait marque le nom de Noboru Haruta, son voisin avec qui il se déchirait depuis si longtemps. Le nom s'était rapidement effacé pour laisser place à un autre message : requête acceptée. Avec sa dernière dispute avec son voisin, il avait complètement oublié cette histoire.

Et voilà la fille des enfers devant lui. Il l'observa un instant. Elle était bien mignonne, et ses yeux rouges vous hypnotisaient. D'ailleurs c'était curieux : elle n'avait pas le teint hâlé des Ishbals. Peut-être qu'elle en avait le sang cependant. D'où ces pupilles rubis.

« Lust. » fit Riza.

« Oui Miss. » répondit la plantureuse brune.

L'homonculus se changea en poupée de paille noire. Riza la tendit à Azarawa.

« Prends ceci. Si tu souhaites réellement faire déferler ta vengeance, il te suffira de retirer la ficelle rouge. En faisant cela, tu passera un contrat avec moi. La personne dont tu souhaites te venger sera conduite immédiatement en enfer. » expliqua Riza.

Azarawa prit la poupée de paille avec sa ficelle autour du cou.

« Cependant, il te faudra offrir une compensation. Deux vides se créent lorsque tu maudis une personne. Si ta vengeance s'accomplit, ton âme descendra elle aussi en enfer. Tu seras condamné à souffrir éternellement, sans pouvoir aller au paradis. Mais ce ne sera qu'après ta mort.»

A cet instant, Azarawa eut une vision. Il se vit en train de brûler vif Le feu était partout autour de lui. Il sentait la chaleur brûler sa peau, la consumer, la calciner. Et la douleur … tellement intense, présente partout, inévitable. Il s'entendait hurler de douleur, crier qu'on arrête ce supplice. Un dernier sursaut, et Azarawa se retrouva dans son salon.

« La décision t'appartient. » conclut Riza.

La blonde disparut dans les flammes, laissant l'homme avec la poupée de paille. Azarawa cligna des yeux, puis les baissa vers la poupée. Encore sous le choc de sa vision de l'enfer, il mit machinalement le présent de Riza dans la poche. La fille des enfers pour sa part, revint à son logis.

Scar était sur les marches, comme à son habitude. Il devina que Riza avait répondu à la requête d'un humain. Pour l'instant, l'Ishbal n'avait pas à se plaindre de sa nouvelle situation. Le travail qu'on lui demandait n'était pas énorme, et pas désagréable non plus. Quand il était dans le monde normal, personne ne se rappelait de lui. Il allait et venait tranquillement. En revanche, résister à l'envie d'intervenir quand il voyait un Ishbal se faire malmener était dur. Riza était parvenue à le tempérer en lui rappelant qu'il était en sursis. Elle lui avait aussi suggéré de parler du Courrier des enfers à un des siens. Scar lui avait répondu qu'ainsi la blonde aurait beaucoup de travail.

« Les Ishbals passeraient leur temps à t'appeler. » avait-il ajouté.

« Je suis là pour ça. » répliqua Riza.

La discussion s'était arrêtée là. Scar avait suivi son conseil, et son peuple connaissait à présent cette fameuse rubrique. Un ou deux y avaient répondu.

« En tout cas, Riza a bel et bien l'air d'avoir fait une croix sur son passé. Je me demande comment elle arrive à rester aussi neutre. » songea Scar.

Aucune émotion ne passait sur ce visage pâle. Et hormis lorsqu'elle exposait les termes de son service, elle n'était guère volubile. Peut-être était-ce sa nouvelle nature qui la rendait ainsi. Scar reporta son attention sur le paysage.


Pendant ce temps-là, Azarawa s'occupait de son grand potager. Il devait planter une nouvelle série de légumes. La poupée de paille se trouvait dans la poche de son habit de fermier. Le sillon était tracé, ne restait plus qu'à semer. En se relevant, il vit quelque chose atterrir de son côté. Lâchant aussitôt sa binette, il se rua vers la clôture. Des excréments de chien. Azarawa serra les poings.

« Viens t'expliquer en face comme un homme Haruta ! Je sais que c'est toi ! » cria-t-il.

« Écrase par pitié vieil imbécile ! »

« C'est ta sale tronche que je vais écraser si tu continue ! »

Noboru Haruta lui répondit par un doigt d'honneur. Ah il le prenait comme ça, songea Azawara. Très bien, il lui rendrait la monnaie de sa pièce. Tournant les talons, il alla chercher une hache dans sa cabane à outil. Revenant prestement, il se mit à couper les fameuses branches du pommier qui dépassaient. Lorsqu'il entendit le premier craquement, Haruta se redressa. Puis il découvrit ce que son voisin venait de faire.

« NON MAIS CA VA PAS ! » s'exclama-t-il.

Noboru se leva et courut près du pommier.

« Pour qui vous prenez-vous ? Vous n'avez pas le droit de toucher à mon arbre ! »

« Reculez ou je vous fends le crâne ! » siffla Azarawa, la hache brandie.

Craignant qu'il mette sa menace à exécution, Haruta se tint à distance et ne put que le regarder couper le pommier. La dernière branche tomba au sol. Azarawa attrapa les trois branches et les flanqua chez son voisin, en pleine tête.

« Voilà au moins une chose avec laquelle vous me foutrez la paix ! » s'exclama Azarawa.

« Vous croyez ? Nous n'en resterons pas là faites-moi confiance ! Vous me paierez ça ! » tonna Noboru dans le dos de son voisin.

Azarawa leva le bras dans un geste indiquant son indifférence. Il retourna s'occuper de ses légumes. Il en prenait grand soin, car il en revendait la majeure partie au marché. Cela constituait une source de revenus importante. Azarawa finit donc de planter ses graines. Pendant toute la journée, il ne vit plus son voisin. Ce qui n'était pas plus mal : ces deux-là, moins ils se voyaient mieux il se portaient. La journée s'acheva donc tranquillement, et c'est bien fatigué Azarawa rentra chez lui. Le cultivateur prépara son dîner. Il irait lire le journal après dans son salon, au son de la radio. Au moment de se changer, il remarqua la poupée de paille qui dépassait de sa poche. Il la prit.

Les paroles de Riza résonnèrent dans sa tête. Lui aussi irait en enfer s'il dénouait la ficelle rouge. Mais contrairement à celui contre qui elle était destinée, ce n'était pas pour tout de suite. Bref. Il la remit dans sa poche. Durant la nuit, une ombre se faufila dans son jardin. Direction le potager. Des bidons furent posés par terre, contenant un produit toxique. Les bouchons furent enlevés, et le visiteur entreprit de les déverser sur les plantes. Tout le grand carré de terre fut arrosé.

« Héhéhé ! Si moi je perds des pommes, alors toi tu perdras tes légumes. »

Une fois les bidons vides, Haruta regagna son domaine. Il jeta les bidons dans une benne. Il avait eu sa vengeance. Il connaissait la valeur qu'accordait son voisin à son potager. Au moins comme ça, il comprendrait qu'il n'était pas le plus fort, pensa Noboru. Il alla se coucher satisfait de son coup.

Le jour suivant, Azarawa découvrit ses plantes complètement fanées. Il se pencha et prit une feuille.

« Que s'est-il passé ici ? » demanda-t-il à haute voix.

C'était comme si la terre n'avait pas reçu de pluie depuis des semaines. Azarawa se redressa et se gratta la tête. C'est alors qu'il remarqua des traces de pas dans la terre. Quelqu'un était venu ici cette nuit, et avait versé quelque chose dans son potager. Et ce quelqu'un … ne pouvait être que son maudit voisin. Le cultivateur serra les poings. Ses légumes étaient en train de mourir. Et avec eux, son argent du mois, sans parler de sa nourriture. Là … Haruta était allé trop loin. Beaucoup trop loin. La coupe était pleine, et s'en prendre à son gagne-pain était la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase. Comme si son bras prenait la décision pour lui, sa main saisit la poupée de paille.

Les yeux d'Azarawa débordaient de haine. Il attrapa l'extrémité de la ficelle rouge.

« Cette fois … il est temps d'en finir. » dit-il.

Il tira sur la ficelle, qui se défit facilement. La poupée noire quitta la main du cultivateur et s'envola dans les airs. On entendit alors la voix de Lust.

« Vengeance accordée. »

Puis la poupée disparut.


Lust revint dans la vallée. Elle portait le kimono de Riza dans les bras. L'homonculus la trouva dans le salon.

« Voilà ton kimono. » fit la brune.

« Merci Lust. » répondit Riza.

Elle le prit, et commença à l'enfiler. La jeune femme le mit correctement en place, et chassa ses cheveux d'or de son épaule. Scar et Lust vinrent ensuite se regrouper à ses côtés. Les trois disparurent dans le feu. Noboru Haruta se trouvait dans son salon, sur sa chaise à bascule. Soudain, il vit sa porte gondoler. Il se redressa. Qu'est-ce qui pouvait bien la pousser de la sorte ? Le bois céda soudain, et un véritable raz-de-marée de pommes envahit son salon.

« Mais que waaaargh ! » s'exclama-t-il.

Il fut englouti par les fruits. Le salon se remplit du sol au plafonds de pommes jaunes, rouges, vertes. Noboru était écrasé contre la fenêtre. Cette dernière se fissura, puis craqua. Haruta fut entraîné au dehors. Un précipice s'ouvrit dans le sol, et il y tomba. Ssscraaash !

« Mais … c'est quoi cette horreur ? » demanda-t-il.

Noboru découvrit qu'il était assis sur une montagne d'ordures. Une pile tout près de lui se mit à vaciller.

« Oooh nooon à l'aide ! » s'écria-t-il.

« Quand on vit avec ses voisins, il faut faire des efforts pour entretenir de bons rapports.» fit la voix de Scar en sortant de derrière la pile.

« S'il vous plait aidez-moi ! Ça va me tomber dessus ! » supplia Haruta.

« C'est ça l'idée. Voyons si vous trouvez drôle d'être envahi par les détritus. » répondit l'Ishbal.

De l'index il poussa la grande pile d'ordure. Noboru se leva et se mit à courir, mais en vain. Tous les déchets lui tombèrent dessus, telle une vague nauséabonde. Il se retrouva balloté dans tous les sens.

« Le pauvre va être tout sale ! Un petit bain s'impose. » fit Lust un peu plus loin.

Haruta fut précipité dans un récipient.

« Hé mais …. vous êtes folle ! Ce produit est très toxique ! » s'exclama Noboru.

« Et vous parlez en connaissance ce cause. C'est le même que vous avez déversé chez votre voisin. » répondit Scar.

Lui et Lust se tenait sur le rebord du récipient, dominant l'homme de toute leur hauteur.

« De quoi vous parlez ? » reprit Haruta.

« Nous savons. Vous passez votre temps à nuire à votre voisin, alors qu'il aurait simplement fallu couper trois branches pour éviter cela. » dit Lust.

« Quoi ? Non mais pourquoi j'aurais fait ça ? Je fais ce que je veux chez moi, et si ça lui plaît pas alors tant pis pour lui ! Il n'a qu'à aller vivre ailleurs ! » s'exclama Noboru.

Le produit commençait à agir : l'homme sentit la substance lui ronger la peau. Il grimaça de douleur. Il demanda l'aide des deux compagnons de Riza pour le sortir de là. Mais ils restèrent passifs.

« Bien, c'est tout ce qu'il avait à dire Miss. » lança Scar.

Riza apparut alors sur le côté, et fixa Haruta.

« Misérable ombre noire prisonnière des ténèbres, méprisant les gens et allant jusqu'à les blesser. Âme dont le karma est immonde et souillée par le crime ... » commença-t-elle.

Riza marqua une pause, les yeux clos. Noboru la regardait, semblant avoir oublié le produit toxique.

« Veux-tu … goûter à la mort cette fois ? » reprit Riza en rouvrant les yeux.

Elle écarta ensuite le bras. Les fleurs de son kimono en jaillirent, troublant la vue de Noboru. Le monde d'illusions que la fille des enfers avait créé pour la vengeance disparut en même temps. Lorsque Haruta reprit connaissance, il était allongé dans une barque. Il se redressa. Riza se tenait au bout, maniant le gouvernail qui faisait office de rame.

« Où … où suis-je ? Où m'emmenez-vous ? » demanda-t-il.

Une tige verte sortit du plancher du bateau, pour s'enrouler autour de Noboru. La plante se répandit partout, et se mit à le serrer de plus en plus fort. Des pommes poussèrent. Haruta se débattit, mais plus il se débattait plus la plante le serrait. Riza elle, continuait à conduire la barque, imperturbable.

« Cette vengeance … te précipite en enfer. » dit-elle.

Un grand portique rouge apparut, sous lequel le bateau passa. Un bruit de clochettes retentit quand elle l'eut passé.

Chez lui, Azarawa défit la fermeture de son habit, et écarta le col de son t-shirt. Su sa peau se trouvait tatouée une flamme dans un cercle noir. Signe qu'il avait contacté Jigoku Riza, et qu'il avait fait déferler sa vengeance. Symbole de son âme condamnée à aller aux enfers à son décès. Le cultivateur contempla le reflet de sa marque un moment. Puis il referma la fermeture, et sortit. Il devait prendre soin de son potager. Il jeta un œil vers la maison de son voisin. Dire qu'il était en enfer à l'heure qu'il était … il devait bien souffrir. Et tout ça, à cause d'un pommier. Quel gâchis.