Notrre Roy découvre le Courrier des Enfers, et son administratrice pa la même occasion. Quelle va être sa réaction ?

Bonne lecture ^^.


Dans un bar de Central, Roy et Maes sirotaient chacun une boisson.

« Au fait, c'était qui la fille qu'on a croisé tout à l'heure ? » questionna Hughes.

« Aucune idée. »

« Pourtant, vous vous êtes regardés un moment. » releva le brun à lunettes.

« Justement, d'un côté j'ai l'impression de la connaître, et de l'autre je suis sûr de ne jamais l'avoir vue. » répondit Roy en regardant son verre.

Quelque chose lui disait qu'il s'en serait souvenu autrement. Maes haussa un sourcil : voilà qui l'éclairait aussi bien qu'une allumette dans une grotte. Les hommes terminèrent leur verre en silence. Puis Roy héla un serveur pour avoir l'addition. Ce dernier qui les connaissait s'approcha aussitôt.

« Je savais bien que vous aviez oublié les cacahuètes. » fit-il avec un sourire.

« Ouais, et si toi tu pouvais oublier l'addition, ça nous rendrait service. » répondit Maes.

Le serveur sourit, et dit qu'il allait la leur faire. Les deux amis le regardèrent s'éloigner.

« Il a l'air d'aller mieux tu ne trouve pas ? » fit Roy.

« Ouais. Ça me fait penser que je n'ai pas vu son patron d'ailleurs. On dirait qu'il est absent. »

« J'en doute, c'est pas le genre de la maison. Et … t'as remarqué son tatouage ? » reprit Roy en se tournant vers Maes.

« Quoi ? Fumihiro tatoué ? Tu plaisantes ? » s'étonna Maes.

« Du tout. Tu regardera quand il reviendra. Juste à l'ouverture de sa chemise. »

Maes cligna des yeux. Leur ami Fumihiro n'était pas du tout le genre à se faire tatouer. D'autant plus que son tortionnaire d'employeur ne l'aurait jamais accepté. Le serveur revint porteur de leur addition. Hughes reporta ses yeux sur l'endroit indiqué par Roy. Il discerna une courbe noire.

« Dis-moi Fumi-kun … c'est un tatouage que je vois là ? » demanda Maes.

Le concerné étant plus près, nos deux amis virent son tatouage en entier. Une flamme noire dans un cercle. Fumihiro se redressa brusquement, et cacha aussitôt sa marque.

« Euh non … c'est un coup de crayon. » répondit-il gêné.

Il s'en alla aussitôt. Roy et Maes échangèrent un regard entendu.

« Un sacré coup de crayon dans ce cas. » dit le brun aux yeux émeraudes.

Roy acquiesça d'un signe de tête. Puis il attrapa la note. Chacun déposa dans la coupelle la somme due, et s'en alla. La journée touchait à sa fin, et les amis se séparèrent. Roy prit le chemin de son domicile, pensif. Qu'est-ce qui avait bien pu pousser leur ami serveur à s'imprimer un dessin sur la peau ? Et son employeur, où était-il passé ? D'ordinaire il était toujours derrière le comptoir, à surveiller sa salle comme une sentinelle militaire son camp. Pour autant qu'il s'en souvienne, le brun ne l'avait jamais vu manquer à l'appel.

« !! »

Roy se retourna. Encore cette impression d'être épié. Ça commençait à devenir un brin stressant. Il scruta attentivement les alentours. Rien de suspect.


« Tu ne devrais pas le surveiller de la sorte Riza. Ce n'est pas bon pour toi. » intervint Wrath.

La fille des enfers s'était juchée sur un poteau électrique. L'homonculus de la colère se trouvait pour sa part sur le toit juste à côté. Riza se leva, puis plia les jambes. D'un salto arrière parfaitement exécuté elle se retrouva aux côtés de l'enfant.

« Tu ne peux pas t'empêcher de venir le voir hein ? » reprit la colère.

Riza ne dit rien, continuant à regarder Roy s'éloigner puis tourner à un angle de rue. En effet, elle éprouvait un irrépressible besoin de le contempler pendant des heures chaque jour. Elle le regardait quitter son domicile, se rendre à son travail en voiture, s'y affairer, déjeuner etc. Riza ne délaissait son observation qu'en cas d'appel pour une mission. Avec le progrès technologique, l'ordinateur et le téléphone portable avaient remplacé le journal papier.

« Tu peux rentrer. » fit Riza.

« Avec toi j'espère ? » questionna l'homonculus.

« J'ai encore à faire. » répondit la blonde aux yeux rouges.

Wrath soupira. Il ne pouvait pas l'empêcher de le voir. Cependant lui et les autres craignaient que cette histoire n'affecte leur travail. Sachant qui avait fait de Riza ce qu'elle était, les conséquences pouvaient être terribles.

« Riza il faut rentrer à présent. Tu vas finir par avoir des ennuis. » insista Wrath.

La jeune femme tourna la tête vers lui. Elle parut le scruter un moment.

« Alors allons-y. »

Wrath sourit, ne pouvant cacher son soulagement. Tous deux retournèrent dans leur vallée. Scar et Lust étaient sur une chaise, l'une sur les genoux de l'autre. Riza alla droit au salon, et s'installa devant l'ordinateur.

« T'as réussi à la ramener on dirait. » fit Scar.

« Pas sans mal. » répondit Wrath en s'adossant à un pilier.

« Elle y retourna, vous pouvez en être sûr. Je me demande comment ça va se terminer cette histoire. » dit Lust.

Devant l'écran de l'ordinateur, une flamme noire sur fonds rouge apparut. Le nom d'une personne apparut. Riza cliqua dessus, pour découvrir le nom du commanditaire.

« Un travail. » annonça-t-elle.

Ses trois compagnons entrèrent. Riza se tourna vers eux.

« Allons-y. »

Ils hochèrent la tête.


Le matin suivant, le réveil tira Roy de son sommeil. Ce dernier, la tête sous la couverture, sortit une main qu'il aplatit sur l'engin. Après quoi il la laissa pendre, sans se lever pour autant. Cinq minutes passèrent ainsi, au bout desquelles une autre sonnerie retentit. Celle de son mobile cette fois.

« Gnnn ça va je me lève. » grogna-t-il.

Roy repoussa sa couverture, puis s'étira. Il se leva ensuite, et se rendit à sa cuisine les yeux encore embués de sommeil. Le petit-déjeuner, et hop on va s'habiller. Après quoi, en route pour une nouvelle journée de travail. Roy travaillait en tant que chercheur dans un laboratoire médical. En marchant dans le couloir, il salua les collègues qu'il croisait. Les filles surtout, lui firent leur plus beau sourire. Roy le leur rendit, mais sans plus. Il arriva enfin dans sa partie de travail, et passa une blouse. Ceci fait, il attrapa quelques dossiers.

« J'espère que cette fois je pourrais travailler tranquille. » se dit-il.

Effectivement, même ici il se sentait observé. Par qui ça … sa lecture achevée, Roy se pencha sur un microscope. Il tournait une molette, quand il se figea.

« Bon qui est là ? Si vous avez quelque chose à me dire alors faites-le ! » s'exclama-t-il dans la pièce vide.

Silence. Roy inspira pour se détendre. Oh et puis zut. L'observe qui voudra, lui il avait autre chose à faire. En plus, il allait finir par devenir paranoïaque. Le brun se remit donc au travail, tâchant de ne plus prêter attention à cette sensation d'être surveillé. Au dehors, Riza plissa les yeux. Peut-être que Wrath n'avait pas tort. Cette surveillance pouvait nuire à l'un comme à l'autre. La fille des enfers décida donc de laisser Roy tranquille pour la journée. En outre, il lui fallait contacter son client. Vers le milieu de la matinée, le brun décida de prendre une pause. Il délaissa donc ses appareils, et fila en salle de pause. Là, il prit un petit chocolat chaud, son péché mignon.

« Dis, tu as entendu parler du Courrier des enfers ? » fit une femme pas loin.

« C'est quoi ce truc ? » demanda sa collègue.

« Eh bien il paraît que c'est un site Internet qui n'est accessible qu'à minuit seulement. Si tu y entre le nom d'une personne que tu hais, la fille des enfers te vengera et enverra cette personne en enfer. »

« Ah ouais ? Ben ça change du courrier du coeur ! »

Les femmes ricanèrent. Roy qui avait entendu cette partie de la conversation, trouva tout simplement cette idée de site apparaissant à minuit ridicule. Il termina son chocolat, et sortit prendre l'air. Il s'assit sur un banc, les bras sur le dossier. Ce midi il déjeunait avec Maes, ça lui changerait les idées. Devait-il lui parler de cette impression d'être espionné ?

« Certainement pas. Il profiterait de l'occasion pour se charrier pendant au moins une semaine. »

Et puis il n'était sûr de rien. Roy laissa ses pensées vagabonder, une petite brise faisant danser sa frange. Deux de ses collègues arrivèrent face à lui, bras dessus bras dessous. Le brun les observa un moment. Il avait eu plusieurs relations, mais toutes de courte durée et franchement insipides. Juste une ou deux sorties, avant qu'il ne se lasse. Roy était conscient de chercher quelque chose de spécial chez une femme, sans parvenir à définir quoi. La façon dont il gérait sa vie sentimentale rendait Maes complètement chèvre. Ce dernier avait l'impression que son ami confondait les femmes avec des seringues : usage unique pour chacune d'elles.

« C'est vrai que je me lasse très vite des filles que je rencontre. Toutes me paraissent … si fades, si toutes pareilles ! Elles n'ont pas l'air non plus de posséder une force intérieure qui les ferait tenir face à une catastrophe naturelle. Mais c'est plus fort que moi : l'ennui remplace très vite mon intérêt. » songea-t-il.

Et le mot était faible : celle qui avait perdu son intérêt à ses yeux était pratiquement assimilée à un parasite. Bref, notre beau chercheur était encore célibataire. Il jeta un œil à sa montre. La pause était terminée. Il s'étira puis se décolla de son banc. Encore deux heures à bosser.


De son côté, Riza venait de remettre une poupée de paille à son client du moment. Une fillette qui souhaitait se débarrasser de sa belle-mère, jugée trop envahissante à son goût. La blonde n'avait plus qu'à attendre qu'elle se décide à dénouer la ficelle. Elle arriva devant l'entreprise où travaillait Roy. Riza s'arrêta, et contempla la façade blanche un instant. Il était juste en face, de l'autre côté du trottoir. Mais elle avait décidé de le laisser tranquille au moins jusqu'à ce soir. Si jamais elle devait lui reparler un jour, comment lui expliquer sa surveillance ? Il le prendrait sûrement mal, et lui demanderait de ne plus l'approcher. Ce qui équivaudrait à le perdre une seconde fois. Riza tourna donc le dos, et rentra.

« Yo Roy ! Comment va depuis hier ? » claironna Maes.

« Yo Maes. Rien de changé. » répondit Roy avant de lui serrer la main.

Il s'assit en face de lui.

« Salut les gars ! Qu'est-ce que je vous sers ? » demanda Fumihiro.

« Un bon steak pour moi, assorti avec une purée ! » lança Maes.

Le serveur prit note avant de se tourner vers Roy. Le brun commanda un poulet avec des pommes de terre. Quand Fumihiro s'en alla, Roy tourna les yeux vers le comptoir. Toujours personne. Curieux. En attendant leur commande, les amis échangèrent quelques nouvelles de leur emploi respectif.

« Le quoi des enfers tu dis ? » dit un homme derrière eux.

« Le Courrier. Ça te débarrasse de quelqu'un que tu ne peux absolument pas voir, qui te pourris la vie. »

Roy prêta l'oreille, et même les yeux. Fumihiro apportait des cafés à cette table. Les tasses tremblèrent en les sortant du plateau. Les clients ne remarquèrent rien. Fumihiro porta une main à l'endroit où se trouvait son tatouage.

« ? »

Roy fronça les sourcils. Voilà deux fois qu'il entendait parler de ce courrier. Et son ami serveur avait eu une attitude étrange à la mention de ce site.

« On aurait dit un écolier pris en faute. »

Roy n'eut pas le loisir d'y réfléchir davantage. Les boissons furent apportées par une serveuse. Le repas ne tarda plus. Roy chassa de son esprit cette question de Courrier des enfers, pour se concentrer sur son repas, et aussi sur la pipelette en face de lui. Ce dernier point lui demanda bien des efforts de concentration, Maes radotant pour la énième fois sur sa compagne avec qui il avait l'intention de se fiancer. Les habitués de FMA savent de quoi je parle. Pour les autres, imaginez qu'on vous parle d'un sujet des plus rasoirs, que vous avez déjà entendu minimum vingt fois. Mais passons. Le repas s'acheva, et chacun retourna à son travail.


Le soir venu, Roy se surprit à repenser au Courrier des enfers, et à l'attitude de Fumihiro.

« Tout de même … plus j'y pense et plus je me dis qu'il sait où est passé son employeur. Il doit même savoir ce qu'est ce site bizarre. » pensa-t-il.

Le brun jeta un œil à sa montre. Vingt et une heures moins le quart.

« Minuit hein ? Eh bien on va voir. » dit-il à voix haute.

Roy savait qu'il ne serait pas tranquille tant qu'il n'en aurait pas le coeur net. Même si ça paraissait ridicule. Minuit étant encore éloigné, il tâcha de s'occuper comme il put. En regardant un film par exemple. A la fin, il remarqua que l'heure approchait. Roy attrapa donc son ordinateur portable qu'il alluma. Direction Internet. Un coup d'œil à l'heure sur la barre des tâches. Minuit moins cinq. Roy décida de taper Courrier des enfers. Cela lui permettrait de vérifier le premier point selon lequel il fallait se connecter à minuit pile.

« 404 not found. » lut-il.

Il attendit donc. Là. Minuit. Roy cliqua. La petit flamme apparut.

« C'était donc vrai. » songea-t-il en écarquillant les yeux.

Il lut ensuite l'intitulé du site. Nous vous vengeons en votre nom.

« Inscrivez le nom de la personne que vous haïssez, et la fille des enfers prendra contact avec vous. C'est quoi ce délire ? »

Roy ne détestait personne en ce moment, néanmoins il était curieux de connaître la suite. Il tapa un nom complètement au hasard, et cliqua sur envoyer. Une fenêtre apparut.

« Vous ne possédez pas assez de haine. Arf, et toi tu n'es qu'un gros canular. »

« Il ne faut pas prendre ceci à la légère. » entendit-il.

« OUAH ! »

Roy sursauta. Devant lui à quelques mètres, se tenait Riza. Le brun cligna des yeux.

« Comment … comment êtes-vous entrée ? Et qui êtes-vous ? » demanda-t-il.

« Je suis Riza Ai. La fille des enfers. » fit simplement la blonde.

« O_O !! »

Roy fronça les sourcils, et les baissa sur son écran. La fenêtre avait disparu, tout comme le site. En regardant l'heure, il vit qu'il était plus de minuit. Il releva la tête, Riza était toujours là.

« Ca ne peut pas être … vrai. Elle n'est pas la fille des enfers, c'est une blague. » pensa-t-il.

Mais alors d'où sortait-elle ? Si elle était passée par la porte d'entrée il l'aurait entendue. Riza paraissait être venue de nulle part. Toujours en la regardant, Roy éteignit son ordinateur, comme si elle allait disparaître une fois éteint. Il se leva ensuite, et s'approcha un peu méfiant.


« La fille des enfers hein ? » dit-il.

« Oui. Je suis celle qui exécute la vengeance des gens. » répondit Riza.

« Par ce site ? »

« Tout à fait. »

« Et … vous en faites quoi de ces gens dont on a demandé à se venger ? » interrogea Roy.

« Je les envoie en enfer. »

« Pardon ? » s'exclama Roy interloqué.

En enfer ? Carrément ? Là c'était un peu gros quand même. On devait lui faire une blague, une caméra cachée quelque chose.

« Ahah, très drôle. J'ai failli marcher. » reprit Roy en croisant les bras.

« Ce n'est pas une blague Roy. » fit Riza.

« Qui vous a dit comment je m'appelais ? »

« Je te connais. En quelque sorte. Tu es Roy Mustang n'est-ce pas ? » dit Riza.

« Exact. Bon, elle est où la caméra ? »

« Nulle part. C'est très réel. Ton ami Fumihiro pourra en témoigner. »

Là, Roy se figea. Donc … s'il avait bien tout compris son ami avait tout simplement expédié son employeur aux enfers, via Riza. C'est pour ça qu'il manquait à l'appel. Et ce tatouage … c'était sûrement la preuve de son acte. Pour le coup, le brun eut peur. Ca ne pouvait pas être vrai, non. On ne pouvait pas envoyer quelqu'un souffrir X temps sur un simple clic de souris. Roy tenta de déceler le mensonge sur le visage de Riza. Mais celle-ci resta parfaitement stoïque. Il déglutit. Son esprit scientifique avait vraiment du mal à admettre cette idée.

« Tu ne me crois pas, pas vrai ? » reprit Riza.

« J'ai du mal j'avoue. Et il ne semble pas vous avoir donné l'autorisation de me tutoyer. Surtout que vous êtes entrée je ne sais comment chez moi. »

Silence blondesque. Roy ne savait quoi penser de toute cette histoire. Ca paraissait tellement invraisemblable. Mustang observa Riza. Une belle chevelure blonde, des lèvres roses, charnues, des formes agréables à l'œil … mignonne quoi. Juste ces yeux rouges qui le fixaient un peu trop intensément. Tiens mais au fait …

« C 'est vous qui m'épiez depuis quelque temps ? » questionna le brun.

« Oui. »

« Oh et je peux savoir ce que vous me voulez ? On vous a demandé de me jeter en enfer ? »

« Non. »

« Alors quoi ? » reprit Mustang, que ce manque de vocabulaire commençait à agacer.

Riza ne répondit pas. Ce qui n'arrangea pas l'humeur de son interlocuteur.

« Hé je vous ai posé une question ! » rappela-t-il.

« Désolée. »

Riza disparut dans une gerbe de feu, ce qui ne manqua de provoquer un sursaut de la part de Mustang. Ca pour un effet spécial ! Mais en était-ce vraiment un ? En tout cas il n'était pas rassuré. Parce que si c'était vrai, il venait tout de même de recevoir la visite de quelqu'un capable de le balancer en enfer, pour peu qu'un tiers le lui demande. Roy resta planté dans son salon cinq bonnes minutes. Puis il quitta précipitamment la pièce, pour s'adosser à la porte de sa chambre.

« Sacrée soirée Jean-pierre. » lâcha-t-il.

Tout à fait Georgette. J'espère que t'as le coeur bien accroché, parce que l'histoire n'est pas encore finie.