Ca ne s'arrange pas entre Roy et Riza. Le jeune scientifique n'a en effet pas très bien pris la visite et les explications de la blonde. Comment leur relation va-t-elle évoluer ?

Merci à tous ceux qui lisent et bonne lecture ^^.


Inutile de dire que le lendemain, Roy travailla avec un esprit qui eut l'air d'être passé à la lessiveuse. Il commis plusieurs erreurs qu'il ne faisait habituellement pas, ce qui ne manqua pas d'étonner ses collègues. En réponse, Mustang argua que sa nuit n'avait pas été des meilleures. Ça …

« Eh ben mon vieux ! T'as vraiment une tête de déterré ! Qu'est-ce qui t'arrive ? » demanda Hughes au déjeuner.

« Un truc inimaginable. Mais tu ne me croirais pas. » répondit Roy qui triturait sa nourriture.

« T'as rencontré une fille ? »

« Ouais, et pas n'importe laquelle. » ne put s'empêcher de dire le brun.

« Ohohoho ! Aurais-tu enfin trouvé chaussure à ton pied ? T'as raison c'est incroyable ! »

Maes jubilait. Enfin, le grand moment était arrivé. Le sieur Mustang était pris, casé. Finies les aventures d'un soir, les relations très courte durée. Roy lui regardait son ami exulter avec un air désespéré. S'il savait ! Hughes finit d'ailleurs par remarquer l'expression de son ami, qui ne collait franchement pas avec sa définition de la joie. Non, là on aurait dit un condamné à mort devant la guillotine. Maes cligna des yeux.

« Non ! » lança-t-il.

« Quoi ? »

« C'est une ex qui est tombée enceinte et qui exige que tu reconnaisse son enfant, pour avoir une pension ! »

« Pas du tout. D'ailleurs pour être franc, je ne sors avec personne. » révéla Mustang.

Alors là, Maes était perdu. Aussi fixa-t-il son ami, attendant qu'il daigne s'expliquer.

« Maes, as-tu déjà entendu parler du Courrier des enfers ? »

« Euh … vaguement c'est une légende urbaine, pourquoi ? »

« Tu y crois ? » reprit Roy.

« Bah non, c'est qu'une rumeur. » fit Hughes surpris d'une telle question.

« Moi non plus je n'y croyais pas. Jusqu'à ce que je me connecte à ce site hier soir. Je voulais vérifier que justement, ce n'était pas vrai. Sauf que ... »

« Sauf que quoi ? »

« La fille des enfers, celle qui te réponds si tu fais une demande est apparue au beau milieu de mon salon. Pas besoin de te décrire ma surprise. » raconta Roy.

Il ajouta qu'il avait d'abord cru à une caméra cachée. Toutefois, depuis qu'elle avait parlé de Fumihiro comme étant un commanditaire, le doute habitait son esprit comme une moule s'accrochait à son rocher.

« Tiens en parlant de lui, le voilà qui approche. » dit Roy à la fin de son récit.

Le serveur ramenait une bouteille de vin. Il entreprit de la déboucher.

« Fumihiro. »

« Oui ? »

« Ton employeur est absent parce que tu l'a envoyé en enfer. Je me trompe ? » demanda Roy.

Le jeune homme fut si surpris par cette remarque qu'il échappa la bouteille. Ce fut Maes qui la rattrapa par miracle. Fumihiro dévisageait Mustang, livide.

« Que … comment … » articula-t-il.

« C'est Riza Ai qui me l'as dit. Pas plus tard qu'hier soir. »

« Tu l'as vue ? »

Maes regardait tour à tour le serveur et son ami, perplexe.

« Oui je l'ai vue. Je ne croyais pas à tout ça, mais j'ai quand même voulu essayer. » répondit Roy.

« Mais tu es fou ?! » s'exclama Fumihiro.

Quelques clients, interpellés par son ton se retournèrent. Fumihiro finit de déboucher le vin.

« On en parlera dans dix minutes. Mais dehors. » conclut-il avant de se sauver.

Roy hocha la tête, et fit face à Hughes. Qui était dérouté. Il désigna la direction prise par le serveur du pouce.

« Attends. Tu ne crois tout de même pas ce qu'il dit ? Si on pouvait envoyer quelqu'un en enfer sur simple demande, ça se saurait ! » dit Maes.

« Mais justement ça se sait Maes. Quelques personnes sont au courant, c'est comme ça que j'en ai entendu parler. Et crois-moi, tu aurais des doutes toi aussi, après l'avoir vue. » objecta Roy.

Il se mit enfin à manger, laissant un Hughes avec l'esprit empli de questions.


Dans la vallée où logeait Riza et ses amis, une discussion importante avait lieu.

« T'es sérieuse ? Tu l'as vraiment vu ? » demanda Wrath.

« Oui. A minuit. » précisa Riza.

« C'est donc bien lui qui s'est connecté au courrier. » devina Lust.

« Et qu'a-t-il dit ? » questionna Scar.

« Il a cru à une blague. »

« Une blague ? Eh ben cent plus tard je ne sais toujours pas s'il faut en rire. » commenta Wrath.

« Ça ne me surprends pas. Il a un esprit scientifique, et en général ça ne laisse guère de place à la superstition, ou à la croyance pure et simple. » reprit Scar.

« Là n'est pas la question à mon avis. Que comptes-tu faire Riza ? » intervint Lust.

« Je ne sais pas. » annonça la blonde.

A dire vrai, elle n'avait pas pensé que Roy soit incrédule face à son histoire. Pas plus qu'elle n'avait su quoi lui dire sur comment elle l'avait connu. Et maintenant, Riza en savait encore moins. Sauf peut-être que si jamais il sollicitait le Courriers des enfers, elle refuserait probablement sa vengeance. Hors de question que Roy finisse aux enfers. Tiens en parlant de son âme, qu'en était-il ? Le serpent la détenait-elle toujours ? La réincarnation supposait le retour d'une âme dans un autre corps, souvent très ressemblant au précédent. Voilà des questions auxquelles la fille des enfers était bien incapable de répondre. Quant à aller demander directement à celui qui lui avait confié cette tâche …

Riza se tourna vers la fenêtre près de laquelle elle était assise, laissant ses yeux rubis errer sur le paysage. Ses compagnons non plus ne savaient à quel cercle alchimique se vouer. Scar pensait à juste titre, qu'ils auraient rapidement des nouvelles de Mustang. Ce fut le petit jingle de l'ordinateur qui tira tout de beau monde de ses réflexions. Riza se leva calmement, pour aller répondre à la requête.

« J'y vais. Scar. » annonça Riza.

« Tout de suite Miss. » répondit l'Ishbal.

Lui et la blonde disparurent, pour aller retrouver leur client. Il s'agissait d'une femme d'un âge mur.

« Tu m'as invoquée ? » demanda Riza.

« Vous êtes … la fille des enfers ? » demanda la dame.

« Oui, je suis Riza Ai. Scar. »

L'homme se changea en poupée rouge, que Riza tendit à la femme devant elle.

« Prends ceci. Si tu veux réellement obtenir vengeance, il te suffira de dénouer la ficelle rouge. » commença Riza.

La cliente prit la poupée de paille. Elle écouta les explications de la fille des enfers. Pour que vengeance s'accomplisse, il fallait payer un prix et pas des moindres.


« Alors, Fumi-kun, explique-nous un peu comment ça s'est passé cette histoire. » demanda Roy.

Comme convenu, lui et Maes avaient retrouvé leur ami pour qu'ils puissent discuter tranquillement. Là, ils se tenaient dehors, à côté de la porte de service. Fumihiro avait un air embarrassé. Maes le rassura, en disant qu'ils voulaient juste comprendre et non le juger.

« Eh bien … j'en ai entendu parler par des clients. Au début je n'y croyais pas vraiment, et puis un soir que mon patron m'a sermonné une fois de plus, je me suis connecté. » commença-t-il.

La suite, Mustang ne la devinait que trop. Riza, la fille des enfers était venu le trouver.

« Elle est venu avec un enfant aux cheveux très longs, qui s'est métamorphosé en poupée de paille violette, avec une ficelle rouge autour du cou. Si on veut se venger, il faut retirer la ficelle. Mais ça signifie passer un pacte avec Jigoku Riza : une fois la ficelle retirée, la personne haïe est envoyée en enfer. En contrepartie … le demandeur ira également après sa mort. » raconta Fumihiro

Il avait défait sa chemise, dévoilant le tatouage noir. Roy écarquilla les yeux en comprenant ce qu'une telle chose impliquait.

« Je ne l'ai pas fait tout de suite. C'est arrivé quand mon patron m'a accusé de piquer dans la caisse. Alors que c'était lui, pour payer ses maîtresses. Je risquais la prison, mon emploi et mon logement à cause de lui. Bref il aurait brisé ma vie. C'est là que j'ai retiré la ficelle. Il a aussitôt disparu. » termina le serveur.

Le silence suivit ses paroles. Maes et Roy avaient peine à y croire, surtout Hughes. Roy lui, commençait à accepter cette vérité. Envoyer des gens qui le méritent en enfer soit, mais pourquoi diable la victime devait-elle y aller aussi ? La punition était méritée, depuis quand était-elle à double tranchant ? Fumihiro s'excusa, devant retourner au travail. Il laissa les deux hommes aussi perdus qu'une fourmi dans le désert.

« Eh ben ! Quelle salade ! » fit Maes au bout d'un moment.

« Je ne crois pas. C'est pas le genre de notre ami de raconter des sornettes pareilles. De plus le site Internet existe, de même que la fille des enfers. Et puis, qu'on le veuille ou non c'est la seule explication à la disparition de son chef. » objecta Roy.

Maes dû admette que son ami avait raison. Si incroyable que ça paraisse, tout était terriblement logique. Roy quitta la ruelle, suivit par Hughes. Bizarre ou pas, ils devaient retourner travailler. Pendant sa journée, une idée traversa l'esprit de Mustang.

« Et si je lui demandais des explications, à la fille des enfers ? »

Ben ouais, plutôt que s'adresser au service après-vente, qui n'existait pas au passage. Faut dire que là où ils étaient, les clients n'avaient pas franchement la possibilité de réclamer quoi que ce soit. Si ce n'est de fermer la porte, parce que ça fait courant d'air. Le soir venu, Roy prit le chemin du retour avec la ferme intention de contacter Riza. Comme son lieu de travail était proche de son domicile, ça lui permettait de rentrer à pieds. Et donc de se vider la tête en chemin. Entendre le chant des oiseaux, sentir une brise fraîche bienvenue en ce temps estival, une femme qui tenait une poupée de paille … Minute papillon. Et marche arrière s'il te plaît. Roy découvrit une femme sur un pont, qui tenait ce que j'ai marqué précédemment.

Et qui déjà s'apprêtait à dénouer la fameuse ficelle écarlate. La surprise passée, Mustang se précipita vers elle. Il ne fallait pas … surtout pas, enlever ce maudit fil rouge Autrement elle irait se rôtir la couenne vitam aeternam. Mustang grimpa les marches menant au pont quatre à quatre. Pourvu qu'il arrive à temps.

« Attendez !!! » s'écria-t-il.

La femme tourna la tête vers la voix inconnue, pour découvrir un homme tout aussi inconnu lui arracher la poupée des mains.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! » s'exclama Roy.

« Je vous demande pardon ? De quoi vous mêlez-vous monsieur ? » répliqua la femme.

« Je sais ce que vous allez faire. Vous allez envoyer une personne en enfer. » riposta Mustang.

Pour le coup, ça eut l'avantage de couper la chique à la dame. Bon début Roy.

« Attendez, quoi qu'on vous aie fait c'est peut-être justifié, mais écoutez-moi avant de commettre une erreur. Je sais que sur le coup, vous souffrez beaucoup, toutefois ce n'est rien à côté de ce qui vous attends si vous dénouez cette ficelle. Vous irez en enfer, là où ce que vous ressentez est cent fois pire et surtout ne s'arrête jamais. Alors que là, d'accord vous avez mal, mais ça passera. Ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de se venger pour ensuite souffrir bien davantage ? » dit Roy.

La femme le regarda un moment. Elle avait l'air tellement triste … cependant les mots de Roy paraissaient l'avoir touchée.

« Ce ne sera qu'après ma mort ... » parvint-elle à dire.

« Oui, désolé de vous sortir ça comme ça, mais ça peut arriver n'importe quand. Là dans dix minutes une voiture peut vous écraser. Et même, une seule vie normale contre l'éternité de souffrance, vous pensez réellement que ça en vaut la peine ? » reprit Mustang.

« Mais … mon mari … il a brisé notre ménage ! Nous étions heureux, six ans que nous sommes ensemble ! Pourquoi ? Pourquoi pourquoi pourquoi ? » s'exclama-t-elle avant de fondre en larmes.

Et du coup de se retrouver contre le beau brun. Hm … je crois que je vais donner l'adresse du Courriers des enfers à mes lecteurs. Roy la consola comme il put, et attendit que la dame se calme.

« Vous avez raison. Je peux refaire ma vie. Des tas de femmes y sont arrivées avant moi, et elles sont heureuses. » dit-elle.

« Alors jetons cette poupée, voulez-vous. » proposa Roy.

Elle hocha la tête. Roy balança donc la poupée rouge par-dessus le pont. Un camion lui passa dessus, l'aplatissant complètement. Hmmmm Scaraaaaal ! Le meilleur de l'Ishbal haché. Mais je m'égare je crois. Wrath regarda à gauche et à droite, puis alla ramasser la pauvre poupée. Il revint auprès de Riza. Scar se re-matérialisa.


« Non mais de quoi il se mêle celui-là ! A cause de lui je me suis fait chiffonner les brindilles par un camion ! » s'exclama-t-il mécontent.

A l'époque du colonel, ça en aurait arrangé plus d'un ça.

« Du calme, on va lui rendre la poupée. » fit Wrath.

« Non. » répondit Riza.

L'homonculus et l'Ishbal la regardèrent, surpris.

« Elle ne veut plus se venger. Je le sens. » expliqua la blonde.

« Oh alors il a fait capoter une mission. C'est parfait. » ironisa Scar.

Riza plissa les yeux. En effet c'était problématique. Si Roy court-circuitait ses vengeances, qui sait où ça allait les mener. Pour le moment, retour à la case maison dans la vallée. Et non pas celle dans la prairie. Lorsque Lust apprit que Scar s'était fait aplatir, elle fut aussi en colère contre le brun. J'imagine si l'ami Mustang avait balancé la poupée dans une cheminée.

« Silence. » intima Riza.

Qui lui fut aussitôt accordé. Elle avait besoin de réfléchir. Quelques minutes après, Riza disparut. Elle se retrouva chez Roy.

« Tiens. Ça tombe bien je voulais vous voir. » lança celui-ci.

Il se doutait qu'elle devait être au courant qu'il avait empêché quelqu'un de retirer la ficelle. Aussi n'était-il pas surpris de la découvrir chez lui.

« Vous ne devez pas interférer dans la décision des gens. » fit Riza.

« Oh que si. Je leur rends un sacré service en les empêchant de tomber en enfer. D'ailleurs pourquoi sont-ils obligés d'y aller, alors qu'ils sont les victimes ? » rétorqua Roy.

« C'est ainsi que cela fonctionne. »

« Ben voyons. C'est un peu facile comme excuse. »

« Les personnes qui accèdent au Courrier des enfers le font de leur plein gré, tout comme il leur appartient de décider ou non d'obtenir vengeance. Je ne fais qu'exécuter leur demande. » continua Riza.

« Mais c'est vous qui avez créé ce site non ? Et c'est vous qui imposez les conditions. Vous êtes aussi responsable. » insista le brun.

« Je ne décide rien. Je vous demande juste de ne pas vous en mêler.»

« Comptez là-dessus. »

Cette fois, la blonde fronça les sourcils. Il était clair qu'elle devrait compter avec lui désormais. Roy semblait déterminé à lui mettre des bâtons dans les roues. Décidément, rien n'allait droit depuis qu'elle l'avait retrouvé. Que devait-elle faire ? Riza ne se sentait pas capable de l'attaquer. Tous deux se fixèrent un long moment.

« Ne m'obligez pas à utiliser la force. » tenta la blonde.

Roy leva alors une main. Et Riza afficha sa stupeur. Il avait un gant blanc, sur lequel elle reconnut le cercle du Flame alchemist. Mais comment … où avait-il bien pu l'apprendre ?

« Je vous en offre autant. Envoyer des innocents en enfer, ce n'est pas pardonnable. » répliqua-t-il.

Riza eut un mouvement de recul. La haïssait-il ? Était-elle devenue un monstre pour lui ? Non … ce n'était pas possible. Pas lui.

« On dirait que je l'ai blessée. » constata Roy, étonné.

Il ne la croyait pas sensible. Pour accomplir son travail, il aurait pourtant pensé qu'il fallait ne pas avoir de cœur. Du coup, il regretta un peu ses mots. Roy avait simplement voulu montrer qu'il se défendrait en cas d'attaque. Il baissa lentement sa main gantée. Riza soupira. Que pouvait-elle faire à présent ? Elle connaissait la puissance de son alchimie, doutant d'être capable de la combattre. En tant que fille des enfers, Riza savait posséder des pouvoirs mais serait-ce suffisant ? Puis elle ne se voyait décidément pas l'attaquer. La blonde ferma les yeux, et s'en alla. Roy lâcha un soupir. Visiblement il était parvenu à l'intimider grâce à son alchimie. Si elle savait qu'il manquait de pratique. Il avait eu un mal fou à apprendre cette alchimie, grâce à un vieux manuscrit ayant appartenu à on ne savait qui.

Toujours est-il que Roy était déterminé à intervenir dans les affaires de la blonde. Restait à savoir comment localiser ceux qui se connectaient à ce site. En y réfléchissant, Mustang connaissait quelqu'un capable d'y arriver. Son cher ami Maes Hughes. Ça lui ferait l'occasion d'y croire en plus. Maes était informaticien, il pouvait très certainement pirater ce fichu site Internet. Et pour Roy, de sauver des vies.