Suite à son échec et surtout aux révélations de Riza, Roy se pose beaucoup de questions. Quelque chose essaie de remonter à la surface ...
Merci à ceux qui suivent et bonne lecture.
Durant les nuits qui suivirent, Roy fit de drôles de rêves. Il se voyait avec des personnes vêtues de bleu, dans ce qui était un vaste bureau.
*Qui sont ces gens ? Je crois les connaître, mais impossible de mettre un nom sur ces visages.*
Et puis … il voyait … Riza. Mais elle était différente. Déjà ses yeux n'étaient pas rouges, elle portait cet uniforme et ses cheveux étaient attachés. L'air qu'elle affichait était sévère, et non pas neutre comme à présent. Roy revoyait parfois des flammes, semblant jaillir d'un gant blanc qu'il portait. Mustang avait du mal à comprendre ce que signifiaient ces songes. Qui commençaient à l'obséder. Il sentait qu'il y avait un message derrière. De l'autre côté, il continuait à vouloir empêcher la vengeance des gens. Parfois il réussissait, d'autres non. Maes l'y assistait, et lui aussi avait fini par rencontrer Riza.
La fille des enfers avait sollicité son aide pour convaincre Mustang de renoncer à sa mission. Hughes pensait que seul un miracle pourrait en détourner le brun. Ça, Riza était bien placée pour le savoir. Elle espérait que Roy finirait par comprendre, car elle ne pouvait rien faire d'autre. Ses compagnons l'avaient compris également, et n'abordaient plus le sujet. Scar toutefois, était résolu à savoir comment s'y prenaient les deux hommes pour savoir où aller. Pour ça, il demanda l'aide de Lust. Avec son pouvoir elle saurait bien tirer les vers du nez de l'un d'eux. La brune était d'accord.
« Toutefois, ils risquent de se méfier, maintenant qu'ils me connaissent. » rappela-t-elle.
« Oui, mais je te fais confiance. Tu arriverais à faire parler un muet. » répondit Scar avec un sourire.
Tous deux se trouvaient maintenant près du parc de Central. Roy ou Maes s'y promenaient souvent. Ils finiraient bien par en croiser un des deux. D'ailleurs Mustang prenait l'air pas bien loin. Voilà une semaine qu'il s'était lancé dans cette affaire de Courrier des enfers. Il se demandait comment ça se passerait lorsqu'il reprendrait le travail. Eh bien, la fine équipe des enfers aurait des vacances, tout simplement.
« Tiens regarde. Mustang est là-bas. » annonça Lust.
Scar hocha la tête. Lust s'avança vers lui. Roy ne l'avait pas remarquée. Il s'était assis sur un banc, la tête penchée en arrière. Encore ces flashs … il pleuvait. Roy venait de tirer en l'air. Tiens pourquoi ? Quelqu'un était en danger. Un jeune garçon blond. Il était menacé par … ah zut il ne voyait pas qui. La silhouette était floue. Il vit cette personne lever un bras. Roy sentait que le danger venait de cet individu, que son bras seul représentait une menace. La silhouette allait s'élancer vers lui. Mais Roy n'avait pas peur. Il était stressé, mais il savait qu'il pourrait l'affronter.
« Bien le bonjour monsieur Mustang. »
Le brun sursauta, et regarda qui venait de l'interpeller ainsi. Il reconnut Lust, qu'il avait déjà vue avec Riza. Que lui voulait-elle ? Roy sentit la méfiance le gagner.
« Je ne vous veux pas de mal. Simplement parler avec vous. » reprit Lust.
« Navré, mais je n'ai pas changé d'avis si c'est ce que vous voulez savoir. » fit Roy en se levant.
Lust décida d'user de son pouvoir.
« Je le sais bien, cependant le fait que vous arriviez toujours à savoir où nous trouver m'intrigue. » insista-t-elle en le suivant.
« Eh bien nous y arrivons simplement. »
Tout à coup, une voix chez Roy lui suggéra de se taire. Mais une partie de lui avait du mal à résister à l'envie de lui révéler leur stratagème.
« Ah et comment faites-vous ? »
« Nous … tais-toi ! Nous allons sur …. ne lui dis rien ! Des vies dépendent de ton silence. »
Le brun commençait à se sentir oppressé par ce conflit intérieur. Lui dire, ne rien dire, parler, se taire.
« Vous allez où vous dites ? » continua Lust.
« Sur le … sur le … tiens bon ne lâche pas prise ! Nous pouvons voir … sileeeence ! »
*Hmmm il résiste. C'est la première fois que ça m'arrive. Mais il est sur le point de craquer.* pensa Lust.
Encore un effort, et il cracherait le morceau. Après quoi, il ne leur resterait plus qu'à régler le problème et ils seraient tranquilles. Même Riza en serait satisfaite. Roy se prit la tête entre les mains. C'était un piège, il devait s'éloigner de cette fille au plus vite. Son emprise sur son esprit était de plus en plus forte. Ça finissait par le rendre malade d'ailleurs. Il devait fournir un gros effort de concentration et de résistance. Mustang n'avait pas l'habitude. D'autant plus que de nouvelles images lui revenaient en mémoire. Un camp Ishbal … des gens énervés … des pierres qui volaient … l'emprise de Lust. Roy sentit qu'il commençait à partir dans les pommes. Il se raccrocha à un rebord froid.
« Ça suffit. »
Lust tourna la tête. Riza était là. L'homonculus relâcha son emprise sur Mustang. Ce dernier se redressa. Il ouvrit les yeux pour découvrir la fille des enfers. Lust jugea qu'il valait mieux partir.
« Merci. Je ne sais pas ce qu'elle m'a fait, mais j'ai cru que j'allais m'évanouir. » dit Roy.
Alors qu'il la regardait, une image se superposa à celle de Jigoku Riza. Celle qu'elle était précédemment, avec son uniforme. Roy fronça les sourcils. Elle ne lui avait pas menti. Si c'était une seule et même personne qu'il voyait, alors lui et elle s'étaient connus dans une autre époque.
« Tu t 'interroges. » lança Riza.
« Je vois des … des images. De toi et … de gens que je ne connais pas. » révéla Roy.
Il se sentit un peu idiot. N'était-il pas en train de devenir fou ? Riza plissa les yeux. Il commençait à se souvenir apparemment.
" Serait-ce … des souvenirs ? » demanda Mustang.
« Oui. »
Au moins il était fixé. Riza s'en alla soudain. Elle revint auprès de Scar et Lust un peu plus loin.
« Rentrons. » dit-elle.
Ils la suivirent sans mot dire. Lust avait relaté son échec à son petit ami.
« J'ai entendu. Il doit falloir une certaine force mentale pour résister à ton pouvoir. » déclara l'Ishbal.
Lust acquiesça. L'instant d'après, le trio était de retour dans la vallée fleurie. Wrath s'y trouvait déjà, affalé sur les marches du perron. Il regarda Riza entrer, puis tourna la tête vers le couple.
« Alors ? »
« Alors rien. Nous avons trouvé Mustang, mais il a tenu bon. » expliqua Lust en s'asseyant à côté de lui.
« Il reste Hughes. Mais s'il se produit la même chose … Riza va nous interrompre. » avança Scar.
Lust hocha la tête. Ça pourrait même l'énerver. Le regard qu'elle avait lancé à la luxure avait été teinté de colère. L'expérience ne serait pas à renouveler de sitôt. Un bruit de clochettes tira les trois compères de leur réflexion.
De son côté, Mustang avait décidé de se rendre à la bibliothèque. Puisque apparemment ces souvenirs dataient de l'époque Bradley, autant se renseigner dans les manuels d'histoire. Bon il avait bien étudié ça enfant, mais ça datait. Roy attrapa un premier livre, qu'il feuilleta.
*Alors … guerre d'Ishbal.*
Roy ne savait pas si cette période pouvait l'éclairer. Mais comme il ignorait à partir de quand commencer exactement, il décida de tout lire. Ou en tout cas, d'emprunter ce livre-là. Il le mit sous son bras, et regarda ce qu'il pouvait prendre d'autre.
« Figures emblématiques de notre histoire. Celui-là m'a l'air bien. »
Roy attrapa l'ouvrage. Si rien qu'avec ces deux-là il ne trouvait pas qui il était avant … le jeune homme quitta la bibliothèque. Il lirait tout ça au calme chez lui. Dans son salon, Roy ouvrit un premier livre, celui traitant du conflit Ishbal. Ses yeux noirs parcoururent les lignes.
« Juillet 18***, enrôlement des alchimistes d'État. Véritables armes de destruction massive, leur mobilisation permit de mettre un terme à ce conflit, mais surtout d'augmenter considérablement le nombre de victimes. » lut-il.
Roy tourna la page.
« Cette guerre entraîna une démobilisation massive d'alchimistes, traumatisé par la guerre. Peu restèrent dans l'armée. Parmi eux, on se souvient du major Alex Louis Armstrong, du colonel Roy Mustang … !!!! »
Les yeux noirs s'ouvrirent devant la mention de son nom. Roy lâcha le livre, pour attraper l'autre. Dans le sommaire, il chercha son nom. Page 103. Une gravure y figurait, montrant Roy dans son uniforme.
« Nom : Mustang, prénom : Roy. Grade : colonel. Statut : Alchimiste d'Etat. Spécialité : le feu. Surnom : Flame alchemist. »
Exactement comme l'avait dit Riza. Le brun parcourut la biographie. Plus jeune colonel de l'histoire, un des meilleurs stratèges et un des plus puissants alchimistes. Surnommé le héros d'Ishbal, il avait pour ambition d'installer la démocratie dans le pays. Connu également pour avoir déniché le pus jeune alchimiste d'Etat, Edward Elric, qui a contribué au renversement de King Bradley. Mort à l'âge de 29 ans, tué au cours d'une banale mission au village de Maptown. Là encore, le récit de Riza concordait.
« Si elle sait tout ça, c'est qu'elle devait y être. Autrement dit … elle est sacrément âgée. » fit Roy.
Il continua à lire, découvrant ainsi le nom de son équipe et leur portrait. Il s'arrêta toutefois au premier nom.
« Ce visage … je le connais mais depuis un moment. Où l'ai-je déjà vu ? » s'interrogea Mustang.
Une phrase lui apporta la réponse. Statue du parc.
Il bondit de son canapé et sortit en trombe de chez lui. Les passants virent un homme courir et slalomer entre eux. A bout de souffle, Roy s'arrêta devant l'imposante statue qui trônait au milieu du vaste espace vert. Il leva la tête vers les visages des soldats représentés. Puis il les associa avec chaque petit portrait : Jean Havoc, Heymans Breda, Vato Falman, et Kain Fuery. Roy regarda ensuite l'inscription. Nous l'avons fait colonel, reposez en paix. Les hommes qui avaient permis à la démocratie d'exister. Le rêve qu'avait eu Mustang, et qu'ils avaient réalisé pour lui. Roy regarda ces visage familiers avec nostalgie.
*Ils devaient vraiment m'apprécier pour en être arrivés là.* se dit-il.
Roy resta planté devant ce monument cinq bonnes minutes.
« Merci les gars. » murmura-t-il.
Puis finit par lui tourner le dos. Quelques mètres plus loin, une autre construction. Roy approcha, la regardant avec un oeil nouveau. Edward et Alphonse Elric. Leurs visages lui parurent également familier. Une image s'imposa à lui : il voyait le garçon de la statue devant lui. Vêtu d'un manteau rouge, il avait une chevelure couleur or et les yeux assortis. Lui aussi il l'avait rencontré.
* J'y pense : il doit exister une tombe au nom du colonel.*
Roy décida de se rendre au cimetière. Pour cela, il dut prendre sa voiture, qui ne lui servait pas énormément. Devant les grilles du cimetière, il hésita un instant. Le jeune homme parcourut les allées, cherchant les tombes les plus anciennes. Là. Il découvrit une tombe arrondie, à son nom. Ce qui ne manqua pas de lui provoquer un frisson. La pierre était vieille. Mais elle restait lisible. Roy s'accroupit, et passa une main dessus.
« A notre cher colonel, puissiez-vous trouver le repos. Vous nous manquerez. »
Roy se releva. Les tombes des autres militaires devaient se trouver au cimetière des vedettes. Mustang décida d'aller y faire un tour. En passant, il acheta des fleurs. Il tenait à rendre hommage à ces personnes pour qui il avait tant compté. La première tombe qu'il croisa fut celle de Kain Fuery, décédé au cours de la bataille contre le généralissime, dixit le livre de Roy. Celui-ci posa un bouquet.
« Je ne me souviens pas de toi comme avant. Mais … merci. » fit Roy.
Il resta là un moment, avant de passer à la suivante. Jean Havoc. Lui, il avait survécu à la grande bataille, puis s'était fait emporté par une maladie des poumons. Sa tombe eut droit à son bouquet, et son occupant à un remerciement.
« Merci d'avoir réalisé mon rêve. »
La sépulture suivante fut celle de Vato Falman. Mort naturellement, tout comme Breda, et les frères Elric. Eux en revanche avaient disparu tout récemment. Assise plus loin sur le bras d'un ange en marbre, Riza le regardait faire. Elle sourit, mais cette fois son visage s'éclaira. Ses collègues auraient été touchés de cette visite. Mustang quitta le cimetière. Il se sentit soudain seul, comme jamais auparavant. C'était comme s'il était tout à coup devenu étranger à ce monde. Son chemin le ramena au parc. Roy revint près du monument de ses anciens collègues. Il eut un nouveau flash. Eux tous dans un bureau, en train de rire au milieu d'un tas de papiers.
*Au fait … je n'ai pas vu le nom de Riza quelque part.* songea Roy.
Vu qu'elle était devenue la fille des enfers, il trouvait normal qu'elle n'aie pas de tombe. Il chercha alors dans le livre. Il était simplement mentionné la disparition d'un membre de l'équipe en même temps que lui, mais c'est tout.
« Curieux. » déclara Roy en refermant le livre.
Peut-être qu'il se souviendrait d'elle. Soudain, il sentit une présence. Roy sut immédiatement de qui il s'agissait. En se retournant, il fut toutefois étonné de la voir ainsi heureuse. Mais qu'est-ce que ça lui allait bien. Riza lui apparut humaine pour la première fois. Et franchement belle.
« Merci. Merci de leur avoir mis des fleurs. » lui dit-elle.
« De rien. Je crois … que je leur devais bien ça. Et ... à vous aussi» sourit-il.
Il lui tendit alors une rose blanche. Roy savait que Riza avait été dans son équipe. Pour ce qu'il avait lu dans sa biographie, il avait été très attaché à ses subordonnés, et eux à lui. Riza fut surprise, puis tendit les mains pour recueillir la fleur. La première qu'il lui avait jamais offerte. L'émotion se lut clairement dans ses pupilles rouges. Mustang ne s'attendait d'ailleurs pas à ce que ce geste anodin fasse presque venir les larmes aux yeux de Riza. Il s'interrogea alors sur la relation que le colonel avait eut avec elle. Avaient-ils été proches ? Jusqu'à quel point ? Comment se faisait-il d'ailleurs qu'elle aie disparu le jour de son décès ? Roy ouvrit la bouche pour lui poser la question. Riza était absorbée par le parfum de sa rose. Yeux clos, elle était vraiment sereine. Elle regarda Roy avec une expression tendre. Le concerné se sentit rougir.
Même s'il n'appréciait pas qu'elle envoie des gens en enfer, il avait compris que la jeune femme n'avait pas le choix. Malgré leur différent, elle lui avait sauvé la vie alors que c'était l'occasion d'en être débarrassée. De plus, maintenant qu'il connaissait plus ou moins leur passé commun, il la voyait d'un autre œil. Plus … amical. Riza et Roy se regardèrent un moment, avant qu'elle ne soit contrainte de s'en aller. Le brun soupira, et décida de rentrer lui aussi. Il eut la surprise de découvrir Maes sur le pas de sa porte.
« Ben alors ça fait une heure que j'essaie de te joindre ! T'as coupé ton téléphone ? » lança le brun à lunettes.
« Euh ... »
Roy regarda son téléphone portable. Ah oui tiens, il avait oublié de l'allumer. Il glissa sa clé dans la serrure.
« J'ai le nom du client du Courrier des enfers. » annonça Hughes.
« Ah. Bien. »
Maes haussa un sourcil devant un tel manque de motivation. Il suivit Mustang à l'intérieur de son appartement.
« T'as pas l'air bien. »
« C'est que … je me suis penché sur le lien que j'avais avec la fille des enfers. » révéla Roy.
« Quoi ? »
Roy lui expliqua toute l'histoire, images historiques à l'appui. Maes feuilleta le livre de figures emblématiques de l'époque.
« Tiens je suis dedans. » remarqua-t-il étonné.
Intrigué, Mustang vint voir. Dans la page consacré au colonel, il était également fait mention d'un certain … Maes Hughes, général de brigade à titre posthume.
« Alors... toi aussi tu t'es réincarné. » constata Roy.
« Possible. La ressemblance est frappante. C'est vraiment ma tête. Par contre … mort assassiné ça me plaît moins. » répondit Hughes.
« Donc tu as également dû connaître Riza avant qu'elle ne devienne ce qu'elle est. » reprit Roy, pensif.
« Et tu crois que ça change quelque chose ? » interrogea son ami.
« Peut-être. Si on savait ce qui a fait d'elle la fille des enfers, on pourrait y remédier qui sait. »
Maes était sceptique. Ils avaient déjà bien du mal à court-circuiter les vengeances, alors il ne voyait vraiment pas comment ils pourraient aider Riza. L'informaticien reporta ses yeux émeraudes sur son ami. Ce dernier ne paraissait pas enclin à partir à la poursuite de Jigoku Riza. A vrai dire, le brun était plutôt d'avis de faire la trêve pour aujourd'hui.
*J'en viens même à me demander si je dois continuer. Riza n'a peut-être pas tort : c'est aux gens de décider, et ils le font en connaissance de cause.* pensa-t-il, une main soutenant sa tête.
Et vu la situation de certains, c'était même la seule solution. Hughes comprit qu'ils allaient rester tranquilles, et finit par s'asseoir. Il poursuivit la lecture de son livre, curieux d'en apprendre plus sur sa vie antérieure. Roy de son côté, s'allongea sur son canapé et ferma les yeux.
Dans la vallée fleurie, Riza venait d'accomplir une nouvelle vengeance. Une fois dans sa chambre, elle ôta son kimono pour revêtir ses habits de tous les jours. Puis elle s'assit sur son lit, près de la table de chevet. Elle y avait déposé le vase contenant la rose blanche offerte par Roy.
