Disclaimers : Les petits gens sont à Gundam & cie. A part la nouvelle arrivante.
Rating : T
Couples : Patience, patience...
Pour : Blues-moon... ^^ Non, mon inspi n'a pas fini sa transumance passagère, mais je fais toujours mes prologues moins longs que les chapitres... Là, par contre, je dis pas, le chapitre 2 sera peut-être unpeu plus long à écrire : plus de week-end de 4 jours...
Merci : au gentil(lle)s qui m'ont reviewée, ça fait toujours plaisir ! =)
No name ou le jour où je me suis rendu compte que je ne pourrais pas me passer de toi.
(Titre un peu trop long pour le mettre comme vrai titre. J'ai juste oublié de le préciser dans le prologue =) )
Prologue
Chapitre 1 : où Mme Solange entre en scène
Chapitre 1 : où Mme Solange entre en scène
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Ne pas (trop) perdre la face.
C'est dur. Surtout quand on doit travailler avec la personne qui vous en a foutu plein à la gueule la veille.
Duo sait qu'il n'a pas le droit de ne pas venir travailler. Même pour quelques jours. Même s'il avait 40 de fièvre. Même si une météorite venait de faire exploser son appartement. Même si un éventuel fils était très malade. Même si une éventuelle personne de sa famille venait de décéder.
Eventuels car inexistants.
Il reste devant la porte de son bureau, dans un des couloirs du QG des preventers. Il regarde le panneau de bois, se demande s'il va le pousser ou s'il va s'enfuir.
Ne pas perdre la face.
« La porte ne va pas te bouffer.
La voix est ouvertement moqueuse. Méprisante.
Duo pensait qu'il serait déjà à l'intérieur.
Duo pensait qu'il ne serait pas dans le couloir.
Duo pensait que personne ne se délectait à le regarder hésiter devant cette porte, combattant son envie de fuir. Surtout pas lui.
Duo n'a pas le courage de se retourner. D'affronter le regard bleu de Prusse glacé comme les origines sibériennes de son propriétaire.
-Je… J'ai oublié mes clés. »
Piètre excuse.
Ricanement.
Heero passe devant lui, clenche la porte ouverte.
Pas de paroles acides, pas de remarques désobligeantes. Juste un silence froid et ironique qui montre à Duo qu'il était percé à jour avant même qu'il donne une fausse excuse à la raison pour laquelle il se trouvait dans le couloir.
Duo s'assoit à son bureau, allume son portable. Par habitude.
Il n'a pas regardé une fois son collègue en face. Il a essayé de cacher ses yeux rouges.
Il n'est pas sûr d'avoir réussi.
Essayer de bosser. Qu'est-ce qu'il doit faire ? Il aimerait bien le savoir. Non en fait. Ca lui donne une excuse pour ne pas travailler.
Il a pas vraiment la tête à ça, aujourd'hui.
Enfoiré de Yuy…
A cet instant, il se demande pourquoi on a décidé qu'il devait bosser avec un glaçon. Il repense à l'énergie qu'il avait dû déployer pour réchauffer une parcelle de l'anatomie de son binôme. Toute son anatomie. A part son cœur.
En a-t-il vraiment un ?
Trois cafés serrés plus tard, Duo est toujours inefficace.
Et son binôme le remarque.
« Maxwell, tu es encore plus inutile que d'habitude. Tu devrais rentrer chez toi. »
Oui, c'est ce qu'il va faire.
Non. Ne pas lui faire ce plaisir.
Oui… Non. Non ?
« Non ? Tu m'expliques à quoi tu sers là ? T'as pas l'impression qu'ils te paient à rien foutre ? Tu sais aussi bien que moi que les moyens du QG ne sont pas si élevés, alors ne les oblige pas à foutre de l'argent en l'air avec ta paye. »
Rire jaune, nerveux de Duo. Sans raison.
Il éteint son portable en contrôlant relativement bien le tremblement de ses mains.
Sort du bureau sans précipitation.
Ne pas lui faire ce plaisir.
Tant pis, pour aujourd'hui, il risque son poste parce que les preventers n'ont pas le droit de poser leurs congés ailleurs que les jours où on leur autorise (moins de les cinq semaines par an obligatoires, bien entendu).
Il est presque à l'entrée du bâtiment.
« Duo ? Tu vas où ?
Se retourner, essayer de sourire à son meilleur ami.
Qui n'est pas aveugle et voit très bien que quelque chose ne va pas.
-Ca va pas ?
Quatre s'approche du natté, remarque que sa question lui a fait monter les larmes aux yeux.
Et qu'il ne semble pas prêt à en parler.
Duo se laisse prendre dans les bras réconfortant pour quelques secondes, avant de les repousser doucement. Mais les repousser quand même.
-Ca va… T'en fais pas pour moi… Retourne dans ton bureau, tu vas te créer un manque de Trowa. »
Faible sourire qui illumine bien peu le visage triste de l'Américain, un instant.
Quatre lui rend un regard complice. Que Duo ne voit pas. Déjà parti.
-
« Oh, désolé…
Une femme qu'il a bousculée. En faisant presque tomber le carton qu'elle porte.
-C'est rien, au pire si c'était tombé, c'était pas fragile…
Un camion de déménagement devant son immeuble.
-Vous emménagez ici ?
-Oui, je suis au troisième. Vous habitez ici aussi ? »
Oui, au sixième. Elle veut de l'aide ? Oui, pourquoi pas, s'il n'a rien d'autre à faire. Non, il est en… congé aujourd'hui. Ah, parfait. Il fait quoi comme boulot ? Preventer. Depuis qu'il a 15 ans. Ah oui ? C'est jeune, non ? Oui, sans doute un peu… Des séquelles ? Ce n'est pas une maladie de travailler trop jeune, qu'elle ne s'en fasse pas. Et il n'est pas contagieux. Et elle, elle est dans quoi ? Secrétariat. Ah. C'est lourd, ce carton ? Il peut le prendre, c'est pas un problème. Ah, c'est fragile… Il n'est pas obligé, hein ! Il a mauvaise, mine, il semble malade… Il devrait peut-être se reposer… ? Non, qu'elle ne s'inquiète pas pour ça… Il a passé une mauvaise nuit, c'est tout. Il a besoin de se changer les idées… Bon, dans ce cas… On va continuer à vider l'engin.
« Et bien merci… J'ai loué le camion de déménagement, j'ai mon permis-poids-lourd. Du coup je comptais monter tout ça toute seule, ça m'aurait pris toute l'après-midi… Vous voulez prendre un verre ? »
Il acquiesce. Pourquoi pas ?
« Vous êtes installé ici depuis combien de temps ?
-Trois ans.
-Le voisinage est sympa ? J'ai été obligée de déménager rapidement, j'ai pris un peu la première occasion qui me tombait sous la main.
-Oh, il n'y a pas de problème de ce côté-là. Pas de raison de se pleindre... Le couple du cinquième s'engueule souvent, mais normalement, vous n'entendrez rien, vous êtes isolé par le quatrième. Des jeunes en colloc', je crois… Je ne sais plus, j'ai du mal à faire connaissance avec les autres… Peut-être mon adolescence amputée ?
Un pâle sourire.
-Et vous vous appelez ? C'est marrant, on a vidé un camion ensemble pendant deux heures, et on ne s'est même pas présenté.
-Duo Maxwell. Duo, c'est le prénom.
-Valentine Solange. Valentine, c'est le prénom.
Deux sourires complices. Un tout petit, l'autre rayonnant.
-C'est amusant, j'aurais jamais pensé que vous aviez du mal à vous lier aux autres, si vous ne me l'aviez pas dit… Vous avez été tellement spontané pour me proposer votre aide…
Que répondre à ça ? Peut-être que sa gentillesse est spontanée mais qu'il n'ouvre pas facilement son cœur…
-C'est normal, j'avais presque fait tomber votre carton. »
Il ne pense presque plus à Heero.
Presque.
Et ce presque, Valentine le voit bien. Elle se dit que son visage est bien trop pâle, maladif.
Il a peut-être mal dormit, mais on n'a pas une telle douleur au fond des yeux quand on est fatigué, ni une telle souffrance apparente sur son visage, quand l'ombre du sourire qui courbe parfois ses lèvres s'en va.
Au début, quand il l'avait abordée, elle avait pensé que c'était un mec de plus qui tentait de la draguer. Ce n'aurait pas été la première fois : elle subit souvent les regards appuyés de bas en haut quand elle croise certaines sortes d'hommes dans la rue.
Elle avait pour une fois décidé de profiter de l'attirance qu'elle exerce toujours sur les hommes pour se faire aider, quand il lui avait proposé. Et puis elle s'est rendu compte que son aide n'était pas du tout intéressée.
A peine s'il l'avait regardé. Pas qu'il détourne les yeux d'elle, mais elle remarque que son regard ne la détaille pas, même pas comme on le fait avec quelqu'un qu'on voit pour la première fois, même quand on n'a pas d'idée derrière la tête.
Comme s'il était tout entier, son esprit comme son corps, occupé par autre chose.
Un autre chose qui semble lui faire du mal.
En fait, ça l'arrange, d'une certaine manière. Elle n'est absolument pas prête pour une nouvelle romance.
Même s'il est mignon avec son air de chien battu. Il a des yeux bleu-bizarre. Dans lesquels elle voit des fois des éclairs violets qui disparaissent juste après sans qu'elle puisse s'assurer qu'ils ont vraiment existés.
De très très longs cheveux nattés serré, châtain, soyeux, qu'elle aimerait bien connaître son truc parce que les siens deviennent fourchus et cassants dès qu'ils descendent en dessous des omoplates.
Un visage fin, un peu androgyne. Un peu ravagé par la tristesse.
Un corps maigre, vêtu d'un jean délavé et d'une chemise noir qu'il n'avait pas eu peur d'abimer en l'aidant dans les cartons, et d'ailleurs qu'il n'avait pas même plissé.
Une silhouette harmonieuse, pas très grande, un mètre soixante-quinze, peut-être.
Des baskets un peu défoncées.
Il a 23 ans, en paraît plus.
« Je vais devoir y aller. Ca m'a fait plaisir de faire connaissance avec quelqu'un de l'immeuble que j'occupe depuis trois ans. »
Un sourire, peut-être un peu plus appuyé qu'avant. Peut-être pas.
Quoi lui dire ? Elle n'a pas envie de le laisser s'enfuir comme ça, alors qu'il semble avoir quelque chose de douloureux sur le cœur. Mais elle ne voit pas quoi dire. Alors elle lui répond juste un « On se reverra surement, vous savez où j'habite. »
Elle sait aussi où il habite. Le sixième, non ?
Elle sait aussi qu'elle n'a aucune raison de le revoir volontairement.
Duo lui sourit encore une énième fois. Il tente le sourire sincère, mais sait que ce n'est que le spectre de d'habitude.
Ca lui a fait du bien de penser à autre chose pendant une après-midi.
Elle s'appelle Valentine. Elle a vingt-cinq ans. En paraît moins.
Dans les un mètre soixante-dix, menue, son corps a – est ? – une belle courbe.
Pour l'emménagement, elle était habillée d'un vieux jean large, un tee-shirt gris, rien de bien saillant, ni classe.
Des cheveux aux épaules, brun foncé, aux reflets auburn. De grands yeux verts, un visage fin, pâle naturellement.
Elle rit beaucoup, trouve tout "marrant" ou "amusant", aime l'humour, les chats, son boulot, et a été obligé de quitter son ancien domicile précipitamment pour une raison qu'elle n'a pas envie d'évoquer.
Elle a une bague à l'annulaire gauche.
A vrai dire, il a remarqué ces détails sans y prêter attention. Il serait là incapable de la décrire avec autant de précisions.
Et il ne compte pas la déranger prochainement : il l'a déjà complètement oublié quand il rentre dans son appart' vide, froid.
Plus vide que celui encore non-aménagé de Valentine.
Vide de présence.
Toute l'après-midi où il a réussit à éloigner le spectre de Heero loin de son cœur semble avoir disparut.
La tristesse lui retombe dessus.
Demain, il devra aller travailler.
-
« Je te dérange si je passe maintenant ?
-Te sens pas obligé de venir Quatre.
-J'ai plus le droit de voir mon meilleur pote ? J'arrive dans dix minutes.
-Non, sérieusement Quatre, j'ai pas env… »
Quatre a déjà raccroché. Têtu, toujours fidèle à lui-même.
« Duo ? T'es où ? »
Quatre rentre toujours sans frapper chez son ami. Une habitude qu'ils ont depuis qu'ils ont habité en collocation.
« Je t'avais dit de pas venir.
-J'ai pas entendu.
-T'as raccroché avant.
-C'était involontaire.
-Ca me fait plaisir que tu sois là. »
Paradoxe. Parce que Duo n'a toujours pas envie de voir son meilleur ami. Mais il est content qu'il soit avec lui.
Heureux que Quatre soit aussi entêté.
Gestes automatiques : préparation d'un café arabica pour son ami, origines obligent, robusta pour lui.
« Alors ?
Le silence se charge de la réponse.
-Duo.
Le ton employé n'est pas celui qui veut forcer une réponse.
Le ton se veut réconfortant. L'est.
-J'ai pas envie d'en parler, Quatre.
-Tu sais bien que je vais pas te forcer. Mais ça ira peut-être un peu mieux si tu en parles à quelqu'un. Je veux juste que tu saches que je ne suis pas là pour te juger, mais pour t'écouter quand ça va pas. Les amis ne sont pas là que pour passer le temps et rire. Si tu ne veux pas m'en parler aujourd'hui, n'hésite pas à un autre moment. Je t'en ai parlé quand j'ai commencé à aimer Trowa.
-Et vous avancez comment tous les deux ?
-Il est toujours aussi aveugle, mais c'est pas de ça que je veux parler avec toi. C'est Heero, hein ?
L'Américain lève un œil un instant violet avant de le baisser sur son café qu'il n'a pas toucher.
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
La voix est douce. Il ne se sent pas obligé de répondre.
C'est peut-être ça qui le décide à dire doucement :
-Il est passé avant-hier soir. Et est reparti à cinq heures du matin.
-Reparti comme ça ? Sans rien dire ?
Ricanement de Duo. Qui camoufle un reniflement et des larmes aux yeux.
-J'aurais préféré.
Il ne compte pas s'étendre là-dessus.
De toute façon, Quatre connait suffisamment Heero pour deviner ce qu'il a pu dire qui fasse réagir Duo comme ça.
Il se lève doucement, va derrière la chaise de de son ami, pose doucement les mains sur ses épaules.
-Ca va ?
Petit hochement de tête de Duo. Un geste affirmatif qui pourtant veut dire non, et que Quatre à très bien compris comme tel.
Empathie ? Ou juste l'amitié.
Il serre dans ses bras son meilleur ami qui cette fois ne se dérobe pas et va jusqu'à laisser reposer sa tête contre la clavicule de Quatre qui n'est pas beaucoup plus grand que lui. Quand même un peu.
-Ne pleure pas, s'il te plait.
Il ne pleurait pas. Maintenant si.
Quatre connait son ami autant que son ami le connait.
Quatre sait que Duo ira mieux après s'être lâché, Duo sait que le « ne pleure pas, s'il te plait » veut dire « pleure, si tu veux ».
Et il pleure, doucement, laisse les larmes couler d'abord sur ses joues, puis sur la chemise violette de son meilleur ami.
-Et qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
Quatre a un peu peur de la réponse. Un peu peur que Duo lui réponde la même chose que d'habitude.
Qu'il va l'attendre, qu'il a confiance en Heero.
-Je vais chercher ailleurs. Je vais l'oublier. Je vais…
Sa voix se casse.
Petit Duo, est-ce que tu es prêt à l'oublier ? Est-ce que tu en es capable ? Quatre en doute.
-Je l'aime toujours.
Murmure à son oreille.
-Si tu le veux vraiment, tu peux l'oublier. C'est une histoire de volonté. Tu as bien réussi à arrêter la cigarette, alors pourquoi pas lui ?
Conclusion avec un petit essaie d'humour. Auquel répond un tout petit sourire, si petit qu'il fait plus peur à Quatre qu'il ne le rassure.
Pourtant une petite flamme se rallume en Duo. Il l'oubliera. Il n'arrivera pas à ne plus l'aimer en claquant des doigts, mais il oubliera qu'il l'aime.
C'est… un défi personnel.
-Et sinon, Trowa, à part sa cécité légendaire, quoi de neuf ?
Quatre soupire un peu. Il a fait son boulot, rien ne l'empêche de changer de sujet maintenant.
-Aah… Il contourne, intentionnellement ou pas, je n'arrive pas à savoir, toutes les perches que je lui tends. Pire, des fois il y répond sans s'en rendre compte. La dernière fois, on avait tous les deux vu le même film la veille à la télé, du coup on en a un peu parlé. Pour lui dire mes préférences j'ai glissé que l'acteur principal était pas trop mon genre de mec, lui il a répondu qu'il préférait le chien.
Petit rire de Duo :
-Fait gaffe, il est peut-être zoophile… Offre-lui un chat pour voir ce qu'il en fait.
-Pauvre bête…
Quatre essuie les dernières présences de larmes sur les joues de Duo.
-J'y vais, j'ai dit à mon chauffeur que j'en avais pour dix minutes et ça fait une heure que je suis là. Soit fort petit chat.
-Petit chat ? Pourquoi petit chat ? »
Quatre a déjà fermé la porte d'entrée.
Lâche, c'est trop facile d'éluder les questions en fermant une porte ou en raccrochant au nez des gens.
Duo se sent un peu mieux.
Il se sent près à affronter une journée face à lui.
Et tenir.
-
Enjoy !
Z'en pensez quoi... ?
Je garantis pas le chapitre 2 avant un certain temps (pour de vrai, ce coup-ci)
certain temps pouvant varier de 1 semaine à 1 mois... ^^'
Je vais essayer de profiter du beau temps pour commencer au Soleil...
Voilà ! =)
Une petite trace de votre présence fait toujours plaisir,
et pour vous faciliter la tâche, y'a un bouton "review" juste en dessous =)
Salut salut !
Naus
