Disclaimers : Les petits gens sont à Gundam & cie, en dehors de Valentine.
Rating : T
Couples : prochain épisode
Pour : For Yu' !
Merci : au gentilles qui m'ont reviewée, ça fait toujours plaisir ! =)
No name ou le jour où je me suis rendu compte que je ne pourrais pas me passer de toi.
(Titre un peu trop long pour le mettre comme vrai titre. J'ai juste oublié de le préciser dans le prologue =) )
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Prologue
Chapitre 1 : où Mme Solange entre en scène
Chapitre 2 : où Duo est fatigué
Chapitre 3 : où les choses avancent, si si
Chapitre 4 : où Duo rencontre son jumeau chat
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Chapitre 4 : où Duo rencontre son jumeau chat.
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Quand Duo ouvre les yeux le lendemain, il se demande pourquoi le lit est vide à côté de lui. Il se souvient que ce n'était pas le cas quand il s'est endormi, mais a du mal à replacer les évènements de la veille.
Oppression soudaine : il a peur. Peur que… La personne qui était avec lui hier, si c'était lui et qu'il s'était éclipsé, encore ?
Mais non, il ne se sent pas pareil à l'intérieur que quand il a passé la nuit avec quelqu'un.
Puis il se souvient.
Quatre.
Mais où est Quatre ?
Duo se souvient… Duo se souvient d'un coup de fil. En pleine nuit.
De Trowa.
-
« Je suis devant l'immeuble de Duo là, tu peux descendre ?
-Oui, je suis là dans cinq minutes. »
-
Ses yeux se posent sur les chaussures et le blouson de Quatre.
Mais comment est parti Quatre ?
Ses clés sont dans son blouson. Ses chaussures empuantent la pièce.
Quatre, si méticuleux et propre sur lui aurait été jusque la voiture de Trowa pieds nus ? Il doit l'aimer vraiment fort alors.
Il se demande comment ça s'est passé, tien…
Bref.
Pour l'instant, c'est de sa vie à lui qu'il doit s'occuper.
Il est… 9h09 d'après son portable professionnel. Pourquoi il l'a pas encore éteint alors qu'il est en week-end, d'ailleurs ?
Ah. Parce que « week-end », chez les preventers, c'est plutôt un jour où, si tu n'es pas physiquement présent au QG, tu peux le devenir dès qu'on t'appelle. Et c'est justement sur ce portable qu'on t'appelle dans les cas là.
Il est tenté de sortir et d'oublier son portable chez lui, mais il sait qu'il culpabiliserait, s'il le faisait.
Heero a beau dire, il a une conscience professionnel.
Donc Heero a tord. Donc Heero n'est pas infaillible.
C'est puérile, mais ça lui fait du bien de se dire ça.
Heero…
Hum… Bon ! Qu'est-ce qu'il a de prévu aujourd'hui ?
Il appellerait bien Quatre pour savoir, quand même, mais il a peur de le déranger. Il lui rendra ses pompes et sa veste à l'occasion. Lundi, probablement.
Sinon il doit aller voir Valentine. Hum… Pour la collection de chapeaux, bien sûr !
Bien… sûr ?
Oui, il en est sûr. Elle est juste une amie. Que dis-je, une connaissance. Que dis-je, une voisine.
Qui en sait bien plus long sur lui que bien des gens qu'il côtoie régulièrement :
Elle connait son adresse.
Oui, mais c'est ma voisine, c'est normal.
Elle connait son prénom (hé, c'est pas donner à tout le monde : certains de ses subordonnés au QG ne le connaissent que sous le nom du lieutenant-colonel Maxwell).
Oui, mais… Il n'allait pas lui dire de l'appeler M. Maxwell, si ?
Elle connait son métier.
Oui, mais c'est normal, non, de demander à quelqu'un avec qui on fait connaissance ce qu'il fait dans la vie ! C'est comme de demander son âge, ses loisirs… D'ailleurs elle est au courant de ça aussi.
Elle connait sa situation amoureuse… compliquée.
Oui mais...
Merde à la fin, il est pas obligé de justifier le fait qu'elle connaisse une micro partie de sa vie.
Et surtout pas se justifier auprès de lui-même !
Comme s'il essayait de se prouver qu'il ne ressent rien pour elle.
Mais quand on tente de se convaincre de ce genre de choses, c'est que c'est déjà trop tard, non ?
VADE RETRO SATANA !
Il va la voir tout de suite, rien que pour montrer – à lui-même – qu'il n'est pas attiré par elle.
Enfin, juste après s'être préparé vite fait, quand même. Tellement vite fait qu'il décide de se faire une queue haute plutôt que de prendre trois quarts d'heure à se faire une natte.
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« Moui ? Ah Duo !
-Lui-même. »
Il sourit un chtouille de la voir l'air toute endormie, un tee-shirt trop large et long en guise de chemise de nuit, et par conséquent bien court sur ses cuisses. Ses cheveux en batailles.
Un baillement même pas réprimé.
« L'est quelle heure ?
-Euh… 9h15. Désolé, j'ai pas pensé qu'il était encore tôt et que je débarquais à l'improviste.
-Oh, c'est rien. Entrez, je me douche, m'habille et tout et tout, je suis là dans un quart d'heure.
-Et je fais quoi en attendant ?
-Si vous voulez à boire, démerdez-vous, vous savez où est la cuisine, tous les appart' de cet immeuble sont arrangés de la même manière. Le placard au dessus de l'évier.
-Quelle délicatesse. Bon, ben je vais me démerder, comme vous dîtes. »
Duo hésite, mais comme elle disparait dans la salle de bain sans émettre un seul contrordre, il en déduit qu'elle le laisse véritablement fouiller dans ses affaires alors que c'est la deuxième fois seulement qu'il vient chez elle.
Et qu'ils se vouvoient.
Ah ! Ils se vouvoient, et Duo n'a aucune envie de changer ça ! C'est bien la preuve qu'il ne ressent rien pour elle, hein ?
De toute façon, c'est trop tôt pour engager… Non, pour envisager une nouvelle relation.
Et puis il est gay, merde ! Point, c'est tout !
Quatre et ses idées à la con qui lui bouffent le crâne pour rien !
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Bon, placard au-dessus de l'évier. Là.
Il n'a pas envie de boire quoi que ce soit, mais il a pas non plus envie de glandouiller les mains vides.
Il veut s'occuper, occuper son esprit. Parce qu'il sent que ses pensées commencent à dériver vers Heero.
Et il ne veut pas.
Mais regarder l'eau chauffer dans une bouilloire, ça occupe que moyennement l'esprit.
Alors on va chanter, hein !
Ben tiens, excellente idée.
« Valentine ?
-Oui ?
Réponse criée depuis la salle de bain pour passer par-dessus le bruit de la douche.
-Vous voulez quelque chose ?
-Oui, s'il vous plait !
-… Euh… Et quoi ?
-J'ai pas mangé, donc mon petit dèj' habituel.
-Punaise, Valentine, comment vous voulez que je sache ce que c'est votre petit déjeuner habituel !
Rire cristallin.
-C'est vrai, il n'y a aucune raison que vous sachiez…
-C'est vrai que ça m'avance de dire ça… Bon, alors, ce p'ti dèj' ?
-Surprenez-moi.
Ok. Il est bien avancé là.
Ca boit quoi une femme le matin ?
Ïaïaïaïaïaï… Si au moins il en avait connues d'autres… Mais non.
Et puis en plus, il imagine que toutes les femmes ne boivent pas la même chose le matin. Sinon il aurait put comparer avec celles qu'il connait le mieux.
Et il peut d'ailleurs constater que Dorothy boit un café, Sally une infusion de camomille, donc que, en effet, elles ne boivent pas toutes pareil.
C'est bien Duo, t'as besoin de comparer avec celles que tu connais pour te rendre compte de conneries comme ça.
Donc, les femmes, ça a des gouts différents aussi.
Bon, ben on va fouiller et voir ce qu'il y a en partant du principe que, si y'en a, c'est qu'elle aime.
Pour lui, il prend le premier pot de café instantané en grains solubles qu'il trouve, mais il prend une dizaine de minutes pour choisir entre toutes les autres boissons celles qui pourraient correspondre à une jeune femme.
Raah ! Se prendre la tête avec ça à 9h00 du mat', la guigne !
Bon. Thé à la violette. Lemon tea. Chocolat. Café. Lait. Jus de soja. Jus de soja ? C'est zarb' ça. 'Fin, j'ai jamais goûté, mais je pars du principe que c'est diététiquement approuvé, donc mauvais. Sinon y'a aussi du thé du Hammam, thé Darjeeling, thé vert, noir... Tisane maroc, tisane andalousie, tisane poire caramel, tisane pomme-cannelle…
Okay. Retour à la case départ.
Bon, il ne sait pas préparer du thé (sait tout juste que y'a une histoire de boule, mais pas plus), donc il fait faire trempette à une infusette de tisane aux fruits rouges dans l'eau qui bout depuis plusieurs minutes, dans un mug trouvé dans le placard avec les autres couverts.
Wala. On met ça sur la table, à coté de son bol à lui dans lequel les grains solubles fondent peu à peu en vagues brunes qui se déplacent comme des effluves de fumées dans l'eau chaude.
« Vous vous en sortez ?
-On fait aller. Vous avez faim ?
-Ouep !
-Et… Je dois encore vous surprendre ?
-Ouep !
-Punaise de bonne femme…
-Quoi ?
-Si c'est pour une bonne âme... Et qu'est-ce que vous foutez, ça fait cinq minutes que l'eau coule plus.
-Je me prépare. Vous vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais je suis une femme, et les femmes sont connues pour prendre du temps pour se préparer.
-C'est simpliste comme raisonnement. »
Bon, la surprendre. Y'a du pain dans le coin ? Ouais, et à côté –ô joie- de la confiture. Il n'aura pas à retourner la cuisine pour trouver.
Bon, donc, du pain de mie, et… six parfums de confiture.
« Hum… Vous avez très faim ou juste un chtouille ?
-Entre les deux. »
Ok… Pas soûlante pour deux sous, celle-là.
Et pourquoi il est en train de lui préparer son p'tit dèj', là ? Y'a quelque chose qui lui échappe.
Bon, c'est pas grave, il y a plus important à faire.
Alors, on va faire deux tartines. Et trois parfums sur chaque.
Et en mariant les couleurs, hé hé hé.
Donc, la confitures de cerises, à côté la confiture de mûre et celle de fraises en trois rectangles de surfaces relativement égales sur le premier bout de pain, et celle d'abricots, celle de pèches de vigne et d'oranges sur l'autre.
Waaala.
Et qu'elle vienne pas le soûler.
On met tout ça sur la table avec le reste, et on attend.
« C'est bon, vous vous êtes pas trop ennuyé pendant que j'étais pas là ?
-Non, je me suis pris la tête 20 minutes pour essayer de choisir entre le lait de soja et le café. Finalement j'ai pris la tisane.
-Wouah ! C'est trop choupi !
Elle est en admiration devant les rectangles de confiture aux couleurs différentes.
Et Duo se sent fier. Un compliment, un ! Ca fait longtemps qu'il en a pas reçu.
Et estime que « choupi » est un mot appartenant à la gente féminine exclusivement mais quand même mignon à entendre.
-Merci d'avoir préparé tout ça. Je suis désolée. Mais c'est vous qui m'avez réveillée, donc c'est pour compenser.
-Bon, ben on est quitte alors. »
Petit déjeuner en silence.
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-
« Chaton !
-Ah, Quatre ! Alors cette nuit ?
-Hé hé hé.
-Oh je vois. Tout un programme. Vas-y, entre, fais comme chez toi.
Un canapé occupé par deux tasses de café fumantes et leur propriétaire.
-Et toi ta journée ? T'as vu ta petite voisine ?
-Voui. D'ailleurs elle te passe le bonjour. Je crois qu'elle t'aime bien.
Regard faussement lassé de Quatre.
-Malheureusement je suis pris. Et quand vous vous connaitrez bien, elle tombera forcément dans tes bras.
-Quatre, je ne veux absolument pas qu'elle tombe dans mes bras. Je ferais quoi, moi, avec une femme ?
-Tu sais, c'est pas parce qu'elles ont un double détail qui te saute aux yeux et rien entre les jambes que tu peux rien faire avec elles. Crois-en mon expérience.
-Je te crois, mais la différence c'est que pour toi, hommes comme femmes, ça te va.
-Et je trouve ça tellement plus stratégique : deux fois plus de gibier.
-Dès fois j'ai l'impression que tu mélanges stratégie de travail, de chasse et de cœur. Bref. Moi, c'est les hommes.
-Non. T'en sais rien.
Euh… Quoi ? Quatre, c'est qui dans mon cerveau ? Pas toi que je sache.
-Pardon ?
-A part Heero, tu as déjà posé les yeux sur un homme ?
-Bien sûr. Et d'ailleurs je t'envie pour Trowa. C'est vraiment une bombe ce mec.
-Dans ton intérêt, ne répète jamais ça devant moi, ok ? Je t'aime bien, mais quand même.
-Je note le conseil.
-Sérieusement, Duo. Moi je pense que les femmes peuvent t'attirer.
-Je serais un hétéro refoulé, c'est ça ?
Quatre et ses lubies des fois… Il y a de quoi se marrer.
-Arrête de rire. J'irais pas jusque là. Je dirais plutôt « bi-qui-s'ignore ».
-Ha ha. Je suis mort de rire.
-Et moi je suis sérieux, Chaton. Essaie de penser à ta voisine comme une conquête possible. Comme une humaine.
Euh… Pardon ?
-Parce que tu penses que je la vois comment ?
-Comme… Je sais pas exactement comment te dire ça, alors laisse-moi finir avant de dire quoi que ce soit. En plus, depuis cette nuit, j'ai un peu du mal à exprimer mes idées clairement et pas par quatre chemins.
-T'inquiète pas, on est tous un peu comme ça après avoir passé une nuit comme la tienne.
-Aucun rapport. Donc, je pense que tu la vois plus ou moins avec la sexualité… hum… d'un animal…
-Quoi quoi quoi ? Attends, c'est pas parce que la mienne n'est pas compatible avec la sienne que je la vois comme un clebs ou un rat !
Le Quatre va des fois un peu loin dans ses jugements, trouve Duo. Ca sens plus la psychologie à deux crédit que l'exposition de point de vue, ça. Finalement, ça lui fait peut-être pas que du bien d'avoir conclu avec le gros chat.
Sa zoophile-attitude lui déteint dessus, obligé.
-Si. Mais je dis pas que tu la considère comme un chien. Mais… Quand tu vois un chien, un chat, ou une bête mignonne, tu te dis pas « elle doit être bien au pieu » ?
Il pourrait au moins l'affirmer au lieu de poser la question, aussi rhétorique soit-elle.
-Euh… Pas vraiment, non.
-Tu te poses même pas la question. Et ben c'est pareil avec elle.
Ah, d'accord, c'est là qu'il voulait en venir. Tout ça, juste pour ça.
- Je trouve la comparaison avec un animal un peu excessive.
-Mais tu es d'accord avec moi.
-Quand tu dis que je me pose pas la question, oui.
-Et ben pose-la-toi, maintenant, les prochaines fois que tu la vois.
-Ouais, ouais, on y pensera.
N'importe quoi, Quatre.
-Oh non, c'est pas n'importe quoi.
-Arrête d'empathiser sans mon autorisation, s'il te plait. Merci. Mes pensées n'appartiennent qu'à moi.
-Désolé, j'y pense pas, c'est automatique.
Rrrrrr…
-Bon, je vais devoir y aller.
-Déjà ? Attends on a même pas parlé !
Quatre se lève du canapé.
-Ah tu me retiens maintenant ! Alors que hier tu voulais même pas que j'entre.
-C'est facile de retourner la situation en ta faveur.
Il dépose sa tasse dans l'évier, se dirige vers la porte.
-Et tu trouves vraiment qu'on a pas parlé ?
-Tu m'as même pas raconté ta nuit !
Sourire mystérieux, et parfaitement satisfait :
-C'était phénoménale. »
La porte se ferme derrière lui et Duo se retrouve seul dans la pièce.
Dans son appart'.
D'abord, un sentiment de frustration de ne pas en savoir plus.
Ensuite un peu de solitude quand il se rend compte que par la porte qui, il y a une semaine, a engloutie celui qu'il aime, vient de s'enfuir son meilleur ami.
De la jalousie, un tout petit brin, quand il pense que c'est pour rejoindre Trowa qu'il l'a laissé.
Et soudain, lourde comme une demi-douzaine d'enclumes de forgeron et rapide comme une pandémie, la sensation de s'être fait abandonner.
Quatre a préféré le gros chat et s'est débarrassé du bébé.
Duo était véritablement content quand il l'a vu devant sa porte, il y a une demi-heure. Il voulait entendre un récit détaillé de sa nuit d'amour avec Trowa. Il s'attendait à ce que, comme d'habitude après chacun de leur nouveau coup respectif, ils échangent des anecdotes sur le… doigté du nouveau venu.
Mais Quatre n'avait pas l'air d'avoir envie d'en parler. Plutôt de réitérer l'expérience.
Avec Trowa.
Sans Duo.
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Et puis Duo voulait lui parler de sa journée à lui.
Parce que plus ça va, plus il se dit que Quatre n'est peut-être pas complètement dans le faux.
Il… aime bien Valentine.
Il voulait lui dire comme elle avait semblé contente devant ses tartines.
Comme elle lui a dit que d'habitude, le matin, elle buvait du earl grey ou du Darjeeling .
Qu'ils avaient regardé ensemble sa collection de chapeaux, et qu'elle en a vraiment beaucoup. En paille, avec ou sans ruban, en feutre, en cuir, ils sont tous accroché sur le mur avec des petits crochets qui font porte-manteau, ou sur des grosses boules en bois poli posées sur pieds métallique sur toutes les surfaces planes des meubles.
Comme elle lui a proposé de l'emmener tous les matins au boulot parce qu'ils prennent la même direction et partent à peu près en même temps, et qu'il a accepté.
Comme elle lui a proposé pareil pour les soirs, mais qu'il lui a dit que ses horaires ne sont pas fixes et qu'il peut rentrer à 20h00 comme à 23h00. Quand il n'y a pas beaucoup de boulot.
Comment le petit chat noir avec trois bouts de patte blanche lui avait sauté dessus pour lui dire bonjour.
Comme il avait vu en lui son image sous forme de chat.
Comment il était tombé amoureux de ce petit survivant que Valentine a recueilli il y a trois semaines sur le bord d'une nationale, abandonné par ses maîtres. Qu'il a les yeux verrons et qu'il l'a gardé dans ses mains toute la matinée, avant de rentrer chez lui parce que Valentine allait manger avec sa mère à l'hôpital.
Qu'il a passé son après-midi presque sans penser à Heero.
Presque.
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Mais Quatre s'en fiche, apparemment.
D'un autre côté, Quatre est quand même venu lui dire un petit coucou, le voir. C'est gentil de sa part, non ?
D'ailleurs le revoilà.
« J'ai oublié mes chaussures et mon blouson, j'étais venu pour les récupérer à la base. »
Et déjà reparti vers son gros chat roux.
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Duo se sent très très seul.
Il a besoin de voir d'autre gens que ses collègues.
Parce que de ceux qu'il apprécie vraiment, il y en a un qui se fout allègrement de lui, deux autres qui sortent ensemble.
Il y a Wu Fei aussi. Mais on ne passe pas du temps avec le Chinois comme avec les autres.
L'odeur de l'encens et la musique zen, ça va bien cinq minutes.
Non, Duo va voir ailleurs.
Voilà.
Le boulot d'un côté, la vie privée de l'autre.
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Lundi, QG des preventers, bureau occupé par les lieutenants-colonels Yuy et Maxwell.
7h45
« Tu t'es encore fait poser en voiture.
-Merci, j'ai remarqué. Bonjour à toi aussi, Heero.
Voix posée. Sans efforts.
Duo commencerait à être habitué à cacher ses sentiments ?
Ou va-t'il mieux, tout simplement ?
Heero se la pose, cette question.
-C'est qui qui accepte de te poser ?
-Ma nouvelle voisine, encore. T'as pas remarqué, c'est la même voiture.
-Si, mais j'ai pensé que c'était peut-être du covoiturage.
-Ben non. Enfin, plus ou moins, mais on s'arrange entre nous, pas par une agence. »
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« Duo, je n'ai pas envie de penser que je n'ai pas de contrôle sur ta vie, parce que tu connais des gens que je ne connais pas. »
Pensée qui s'affiche un instant dans l'esprit de Heero quand il se demande pourquoi il est de mauvaise humeur.
Mais il l'en chasse bien vite. Il n'y croit pas.
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Vendredi suivant, QG des preventers, bureau occupé par les lieutenants-colonels Yuy et Maxwell.
16h20
« Hey ! Duo ! Tu fais quoi de ton week-end ?
Ledit Duo ne lève pas le nez de son portable et ses doigts ne s'arrêtent pas de cliqueter sur le clavier.
-S'il te plait Quatre, toque au lieu de rentrer comme ça comme une bombe à retardement. Je passe voir ma voisine samedi après-midi, sinon je suis libre.
-Je te trouve bien formel. On dirait Wu Fei quand tu rentres dans son bureau sans avoir pris de rendez-vous.
Heero, lui lève les yeux de ses dossiers.
-Quelle voisine ?
-Ma nouvelle voisine.
-Celle de la twingo rose ?
-Oui. Et, non Quatre, je ne te demande pas de venir sur rendez-vous, mais juste de respecter un peu notre travail en ne prenant pas ce bureau pour un moulin.
-Tu serais pas un peu de mauvaise humeur toi ? »
Duo regarde son meilleur ami droit dans les yeux, d'un regard franc et un petit peu déçu, puis retourne à son travail.
Et Quatre se rend compte qu'il n'est pas passé le voir une seule fois depuis près d'une semaine. Même au bouleau. D'habitude, ça n'aurait pas dérangé le solide Duo, parce qu'ils se voient au bureau, et parce qu'ils ne sont pas obligé de vivre dans les pattes l'un de l'autre pour rester meilleur ami.
Et heureusement.
Mais là, Duo a une bonne raison de ne pas être de bonne humeur, songe Quatre.
Et puis pendant une semaine, Quatre est venu le voir, et du jour au lendemain, il le laisse… tout seul. Il a faillit pensé « laisser tomber », mais Quatre a le droit de vivre sa vie aussi, non ?
Maintenant qu'il sort avec Trowa… Hum… Plus ou moins grâce à Duo…
Opération culpabilisation réussie. Si Duo était empathe comme lui et savait que Quatre s'en veut, il pourrait être fier de lui.
Mais c'est Quatre qui a ce pouvoir. Et c'est lui qui n'a pas vu que Duo attendait de lui sa présence.
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Lundi suivant, même bâtiment, même bureau.
15h26
« Maxwell.
-Barton.
-T'aurais pas vu Quatre ?
-Tu l'as perdu ? Je croyais que vous deviez manger ensemble et… bosser sur un dossier très… particulier ensemble. C'est ce qu'il m'a dit tout à l'heure.
-Justement. Le… dossier est bouclé, mais il a oublier quelque chose et j'ai peur qu'on doive le revoir en entier. Hum, malheureusement, hein.
Grand sourire de Duo.
-Non, je l'ai pas vu depuis.
-D'accord merci. A plus tard.
-Trowa, si tu le retrouves, travaillez bien. Je suis content que ça aille pour vous.
Duo est véritablement sincère.
Quatre est passé Dimanche, ils ont discuté une heure et demie. Duo va mieux.
Trowa semble un peu mal-à-l'aise, et Duo croit voir un instant de la pitié mêlée à de la culpabilité quand il lui demande.
-Tu fais quelque chose ce soir ? Tu peux passer si tu veux. L'invitation va pour toi aussi, Heero.
-Merci, mais j'ai du boulot, puisque mon binôme ne le fait pas.
-Ca fait plaisir la reconnaissance, Yuy. Merci, Trowa, mais je vois Valentine ce soir.
-Valentine ?
-Ma voisine de trois étages en dessous.
-Tu la lâches plus jamais, la pauvre. Elle doit vraiment en avoir marre de t'avoir toujours sur le dos. Elle doit penser que t'as aucun ami…
-T'as un problème Heero ? T'es de plus en plus puérile.
-Bon, moi je vous laisse les gars. Bossez bien.
-Toi aussi Trowa. »
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-
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Lundi suivant, toujours le même bâtiment, toujours le même bureau.
11h36
« Hey ! Wu !
-Tiens, c'est une petite réunion ?
-Ouais, manquait plus que toi.
-J'espère que vous êtes conscient que vous êtes payé à rien faire, là.
Wu Fei et son éternel esprit de la droiture.
-T'inquiète pas pour Maxwell, il a l'habitude.
Et la petite remarque qui sert à rien.
-Heero, t'es de moins en moins fin. Pendant que vous êtes tous là, je voudrais savoir si y'a une date qui serais libre pour tout le monde ?
-T'es un peu exigeant… Une date qui convient à tout le monde, on a encore jamais trouvé ça.
Petite exagération de Trowa qui n'est pas tout à fait fausse. Mais bon, comme chacun sait, l'espoir fait vivre. Duo en est la preuve vivante.
-Euh… moi c'est bon pour vendredi soir.
-Idem.
-Je peux me libérer.
-Moi ça me va. Heero ?
-Ah, parce que moi aussi tu me demandes ?
-Ben oui, pourquoi pas ?
-Euh… Comme ça. Ca peut aller. On se fait quoi ?
-Ben, je voulais vous présenter Valoo.
Des yeux ronds de la part de tout le monde. Tous ont entendu parler de la nouvelle voisine, puis de la voisine tout court, puis de Valentine.
Et c'est Heero qui se charge de poser la question pour tout le monde.
-Attends, tu l'appelles Valoo maintenant ?
-Oui. C'est elle qui préfère.
Regard bleu de glace suspicieux.
-Tu sors avec elle.
-Non, Heero. Lâche-moi un peu. Elle propose que vous veniez avec vos… Euh… Compagnes. »
Ne pas rire trop fort.
En fait, personne ne rit.
Seul Wu Fei ne voit pas le problème. Et pour cause, il est le seul à avoir une compagne digne de ce nom.
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-
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« Bonjour ! Entrez ! Là, asseyez-vous.
Quatre rentre derrière Trowa dans l'appartement qu'il trouve tout à fait bien aménagé. Pas impersonnel, pas surchargé. Un juste milieu entre le simple et le coquet.
Il s'assoit à côté de Trowa. Pose une main sur sa cuisse.
Duo a décidé de jouer la carte de la vérité avec Valentine. Il n'a pas envie de lui mentir à propos de ses amis. A vrai dire, il n'a aucune raison de cacher la sexualité de ses amis à sa voisine.
Et d'ailleurs, c'est pour lui un test.
Parce qu'en fait, il commence à envisager d'agrandir son champ de conquête, et à apprécier vraiment Valentine.
Et si elle tique à la vue de ses amis, elle ne tolèrera surement pas d'avoir un copain bi. Parce que Duo aimerait autant ne pas lui cacher.
Duo se rend subitement compte qu'il va beaucoup mieux : la preuve, il se fait même des films avec comme second personnage principal quelqu'un d'autre que Heero.
Présentations :
- Quatre, mon meilleur ami, et son copain, Trowa, un de mes amis et collègue aussi.
Moment de vérité pour Duo.
Elle leur serre la main chaleureusement en souriant.
-Enchantée. Ah, ça doit être les autres !
Elle ouvre de nouveau la porte sur Wu Fei, suivi de près par Sally, puis Heero.
Nouveau sourire chaleureux.
Duo est content.
La soirée s'annonce agréable.
-Et toi Heero, tu n'as pas de… euh… tu n'es pas casé ?
Petites gènes de temps en temps, vis-à-vis de la sexualité des autres. Parce qu'elle ne connait pas celle de Heero.
-Non, libre.
Heero est un peu tendu.
Il n'a pas encore vu de rapport direct entre Valentine et Duo, et ne sait donc pas quoi penser de leur relation.
-Valentine, tu peux lui demander s'il est gay aussi, tu seras plus à l'aise après.
Trowa tique un peu :
-Ca se fait pas Quatre.
-Oh mais il a raison, et je vais pas me gêner : alors, Heero, tu chasses quel genre de gibier ?
-Il n'a pas de sexualité définie. On ne sait pas trop s'il préfère les femmes, les hommes. Ou les animaux.
Duo n'a pas pu s'en empêcher. Il retient depuis trop longtemps sa colère contre lui, il fallait que ça sorte. Même sous l'apparence d'une boutade.
Valentine éclate de rire, les autres suivent avec un petit temps de retard, car ils ont tous compris que Duo ne faisait pas que de l'humour.
-Non, en vrai, je ne vise pas les animaux. Après ça dépend de ce qu'il y a en face de moi.
-Euh... Ok. Par contre, Duo, mon chat n'est pas un jouet.
-D'accord, d'accord, je suis sage,je le caresse, et j'arrête de le lancer en l'air. J'ai compris.
-C'est bien. Bon, on va boire un petit quelque chose. Duo, vous voulez bien préparer ? J'ai la flemme.
-Dac'. Alors, je vous fais quoi tout le monde ?
« Tout le monde » n'est pas sûr d'avoir bien entendu si Valentine venait de vouvoyer Duo. Du coup ils passent au dessus.
-Café, s'il te plait.
-Pour moi aussi
-Idem.
-Un Darjeeling. Euh, s'il y a.
Original, Wu Fei.
-Je veux bien une infusion. J'aime bien le thé, mais le soir ça m'empêche de dormir. Remarque, j'ai pas le choix d'apprécier le thé avec l'homme avec qui je passe ma vie.
Sally, méfiante au début quant aux motivations de Valentine de les inviter et surtout tout à fait parano vis-à-vis des autres femmes qui approchent à moins de cinq mètres son futur mari, s'est détendue. En fait, elle relance toujours la conversation, et la monopolise le plus souvent.
-C'est noté. Et vous Valoo ?
Ce coup-ci, personne n'a de doute : Duo et Valentine se vouvoient.
Ca fait… bizarre. Ils ont le même âge, ce connaissent depuis près d'un mois, se voient tous les matins, passent du temps ensembles. Et tout ça dans une atmosphère de vous.
-J'aimerais bien du thé, mais moi non plus je ne dors pas après… Pareil pour le café. C'est pour ça que j'ai des tisanes. J'en veux une Andalousie s'il vous plait Duo.
-J'y va !
Un silence gêné s'installe. Brisé par Sally :
-Euh… Tu préfère qu'on te vouvoie ? Parce qu'on ne s'est pas posé la question, du coup on t'a tutoyé mais…
-Oh, non non ! C'est rien ! C'est juste une habitude avec Duo… Mais normalement je tutoie facilement. Moi non plus je me suis pas posé la question pour vous !
-Bizarre comme habitude.
-Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?
Duo est vraiment content.
Il n'avait aucun doute là-dessus, mais tous ses amis apprécient Valentine, et ça lui fait plaisir.
Et même, ça continue mieux que ça n'avait commencé, parce que, pour une raison mystérieuse pour tout le monde, Heero passe de extrêmement tendu à jovial. Si si ! Jovial !
.
.
Waaala !
Chapitre écrit et mis en page hier,
mais pour une raison ou pour une autre, quand j'ai fait "save", ça a savé rien du tout,
donc j'ai du tout refaire la mis en page.
Enjoy. --'
Donc voilà pour vous le chapitre number four.
Je ne suis pas tout à fait satisfaite de ce que j'ai écrit, mais je sais pas ce qui me dérange, donc tant pis.
Wala wala !
A plus les niamis, j'espère que ça vous a plu !
=)
