Chapitre 4
Sans savoir où cela allait les mener, les quatre filles suivirent donc Lucas à travers les escaliers et les couloirs jusqu'au dernier étage. Cet étage semblait être encore en travaux à voir les pots de peinture et les échafaudages qu'ils rencontraient sur leur chemin. Les filles commençaient à se demander où Lucas les emmenaient. Il était resté trés mystérieux sur ce point et ne voulait pas en dire davantage avant d'être arrivé. Alors qu'elles pensaient être à la fin de cet étage, Lucas ouvrit une dernière porte qui donnait sur un autre escalier qui se terminait par une trappe. Maintenant tout était clair, il les emmenait sur le toit. Enfin ils arrivèrent à destination. Le toit, une plate-forme réservé à étendre le linge, offrait une vue imprenable sur les alentours. Il leur parut d'abord désert puis ils aperçurent Miki à l'autre bout du toit, appuyée sur une rambarde, scrutant l'horizon à travers une paire de jumelle. Le petit groupe de fille stoppa à deux mètres d'elle. Miki ne réagit pas, apparemment trop absorbée, elle ne se doutait pas qu'on l'observait. Alors, Lucas s'approcha davantage, au point de n'être plus qu'à quelques centimètres de la nuque de la jeune fille.
Lucas : Alors, tu t'amuses bien ?
La jeune fille sursauta, faisant un bond de 20 centimètre au dessus du sol, et manqua de faire tomber ses jumelles par-dessus la rambarde.
Miki ( s'emporte ) : Imbécile !!! Tu me feras mourir avec tes blagues idiotes, espèce de...
Lucas ( lui coupe la parole ) : Parle-moi sur un autre ton, je ne suis pas seul.
Miki : Comment ça "pas seul" ?!!
La jeune fille se retourna et vit son frère tout souriant accompagné de nos quatre amies. Lorsqu'elle aperçut les filles, elle se mit à rougir comme une pivoine.
Miki ( gênée ) : Ah vous êtes là ?!
Molly : Pardon, on te dérange dans ton observation.
Sur ces mots, elle cacha ses jumelles derrière son dos.
Miki : Mais non, mais non, pas du tout !!! Et puis je ne regardait rien d'intéressant.
Mathilda : Tu observait quoi avec ces jumelles ? Les oiseaux ?
Aprés cette question, la jeune fille devint plus rouge encore, de la vapeur semblait même s'échapper d'elle. Dans cet état, elle ne vit pas son frère lui subtiliser les jumelles et regarder l'horizon à son tour.
Lucas ( scrute l'horizon ) : En tout cas, ça ne ressemble pas à un oiseau !
Miki le regarda alors puis regarda ses mains, elle répéta ce geste plusieurs fois avant de s'écrier :
Miki : Rends-moi mes jumelles tout de suite ! Tu n'as pas le droit !
Lucas : Calme-toi voyons ! Pourquoi est-ce que tu te fâche ?
Miki : Rends les moi !!!
Lucas : Ben, si tu les veux vraiment, viens me les prendre !
Alors qu'elle allait se jeter sur lui, le jeune homme la stoppa d'un geste de la main, la maintenant à distance. La pauvre Miki ne pouvait rien faire et fendait l'air de ses bras en espérant le toucher. Mais son frère était bien plus grand qu'elle et avait toujours eu le dessus sur elle dans ce genre de situation. Les quatre amies étaient comme tétanisées devant cette scène qui frôlait le ridicule et venaient même à plaindre la pauvre fille. Aprés avoir repousser un énième assaut de sa petite soeur adorée, Lucas invita les filles à s'approcher. Déclarée vaincue, Miki n'offrit plus de résistance et s'accroupit à deux mètres d'eux pour bouder. Lucas tendit les jumelles à Mathilda et lui dit en fixant un point du paysage de son index :
Lucas : Regarde au niveau de ces grands arbres, juste à l'autre bout du lac.
La jeune fille s'exécuta et, au travers des jumelles, commença son observation à l'endroit indiqué. D'abord elle ne vit rien d'extraordinaire, et commença à scruter les rives du lac. Tout à coup, elle fut interpellée par une forme en mouvement. Elle ajusta davantage les jumelles et entrevit un cavalier chevauchant un magnifique cheval blanc. Elle ajusta encore pour mieux le voir. C'était un trés beau jeune homme, ses longs cheveux bruns étaient attachés en une queue basse et flottaient au vent, il avait le regard fier et une allure de prince charmant. Mathilda abaissa les jumelles et regarda le beau Lucas qui se tenait prés d'elle.
Lucas : Tu as compris, maintenant ?
Mathilda : Je crois bien que oui !
Lucas usa du même rituel avec Marcy, ensuite Raya et enfin Molly. Miki revint prés du groupe mais gardait un profil bas. Lorsque Molly eût fini son observation, Lucas lui reprit les jumelles.
Lucas : Et voilà !!! Vous savez maintenant ce qu'il en est : Miki vient ici tous les jours, à la même heure, dans l'espoir de l'apercevoir.
Mathilda s'approcha de Miki et lui prit les mains.
Mathilda : Je te comprends, ce type est vraiment trés jolie garçon !!!
Marcy ( met sa main sur l'épaule de Miki ) : Avec un cheval en plus, comment résister à un pareil tableau sortit tout droit d'un conte de fée !!!
Devant cet élan de solidarité féminine, la pauvre Miki se sentit tout à coup plus légère et recommençait à sourire.
Molly : Qui est ce jeune homme au juste ? ( pour une fois qu'elle s'intéresse à des histoires de garçon, miracle )
Miki allait lui répondre mais son frère la devança.
Lucas : Je crois que c'est l'unique héritier d'une famille extrêmement aisée et qu'il vit dans un manoir situé de l'autre côté du lac, au milieu de la forêt.
Marcy : Et comment s'appelle-t-il ?
Miki voulut répondre mais Lucas une fois de plus lui enleva les mots de la bouche.
Lucas : Elle ne le sait pas et c'est ça qui est drôle. Ma soeur n'a jamais osé s'approcher de lui pour lui demander. Elle est beaucoup trop timide. Elle préfère se contenter de l'observer de loin. Personnellement, je trouve ça plutôt pathétique.
Miki : Je me fiche bien de ce que tu penses, répliqua-t-elle, de toute façon je ne fais rien de mal.
Lucas : Ce que tu fais peut être considérer comme du voyeurisme et c'est illégal. S'il venait à l'apprendre, je parie que ton bien-aimé porterait plainte contre toi et donc Papa devrait intervenir pour calmer le jeu.
Miki : Tu dramatises toujours pour rien. Il n'y a aucune raison pour qu'il l'apprenne. Et ne t'avise surtout pas de me trahir où je te le ferai regretter jusqu'à la fin de tes jours.
Lucas ( joue les pauvres victimes ) : Oh non ! Je t'en supplie, ne me fais pas de mal !
Toute la joyeuse bande se mit à rire aux éclats.
Mathilda : Bon, on va te laisser. Bunny doit nous attendre.
Miki : Okay, on se voit ce soir pour le dîner!!!
Et sur ce, les filles, accompagnées de Lucas, quittèrent Miki qui se replongea dans son "observation". Pendant que Marcy et Mathilda reconduisaient le groupe aux bras du jeune homme, Raya et Molly discutaient entre elles.
Molly : Quelle drôle d'histoire !!!
Raya : Hilarante mais je crois qu'il ne serait pas bon de la raconter à Bunny. Tu en conviendras avec moi.
Molly : Je vois ce que tu veux dire. Nous sommes venues ici dans le but de lui faire oublier son chagrin d'amour. Cette histoire pourrait produire l'effet inverse.
Raya : Il faut prévenir Marcy et Mathilda que...
Alors qu'elle regardait dans leur direction, elle ne les vit plus. Le trio de tête avait subitement disparu. Lorsque les deux filles s'en rendirent compte, elles se mirent à courir en direction de la cafétéria et les trouvèrent en train de discuter avec Bunny. Cette dernière, ne les voyant pas revenir, s'était mise à leur recherche puis, ne les trouvant pas, s'apprêtait à sortir faire une promenade au bord du lac.
Mathilda : Mais quelle bonne idée ! Allons-y tous ensemble !
Marcy : Oh oui ! Lucas tu viens avec nous !
Lucas : Cela aurait été avec plaisir mais le devoir m'appelle, je dois préparer le matériel pour mon cours. Si vous voulez, venez me rejoindre sur le cour de tennis aprés votre promenade. Je vous donnerez des leçons particulières.
Mathilda : Je viendrais !
Marcy : Moi aussi !
Lucas : Alors à plus tard les filles !!!
Et le jeune homme s'éloigna comme il était venu.
