Eh oui, après une longue pause, la suite et la fin de Dégage ! est enfin arrivée ! Et la raison du titre de la fiction, avec tout ça, c'est-y pas beau ? La chanson est de Bryan Adams et apparaît dans le dessin animé Spirit. Bonne lecture
Dégage !
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Le regard indéchiffrable, Hieyga recula brusquement, s'écartant des deux Rigante avec nonchalance. Pour Bane et Connavar, accroupis, la vision de la forme inerte, luisant d'écarlate sous le soleil chaud de juillet, parut l'incarnation même de leur vision de l'enfer. Ni l'un ni l'autre n'osaient croire en leurs yeux, et ils restèrent immobiles, figés par l'horreur, durant ce qui leur sembla être les pires minutes de leurs vies.
Le premier, Connavar se releva brusquement, et courut vers son amie. Hébété, Bane le rejoignit quelques secondes après. Arrivé auprès de son père, il eut un coup au cœur.
Connavar avait soulevé le buste inerte de la vampire, et la serrait contre lui. Au milieu de la poitrine d'Okuni, une profonde balafre s'étendant du cou jusqu'au niveau du cœur recrachait un flot de sang très sombre, presque noir. Le roi des Rigante, d'ordinaire si impassible, pleurait sans honte et sans retenue, ses yeux au regard brisé fixés sur le visage aux traits si fins de la jeune femme.
Bane partageait la douleur de son père, quoiqu'il ne pleurât pas. Après tout, sous les manières félines et l'apparence insensible d'Okuni, les deux hommes avaient deviné une femme à la fois sensuelle, dangereuse et attachante, pleine de feu et d'entrain, et surtout terriblement seule. Bane se doutait que la vampire avait touché sans le vouloir le cœur abîmé de son père. Encore une cause perdue d'avance...
Très vite - trop vite à leurs yeux - la garde Pourpre vint les chercher. Tandis qu'on les éloignait de force du corps de leur amie, le héraut impérial proclama la fin des épreuves de combat, le début des spectacles de dompteurs d'animaux, et la mise à mort des deux rebelles Rigante par décapitation au coucher du soleil, sur la place publique. Amorphes et sans volonté, les deux prisonniers se laissèrent enfermer dans une geôle de Roc.
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Quelques heures plus tard, ni l'un ni l'autre n'avaient prononcé un mot. Bane observait son père progresser dans une lente résignation à la mort. N'y tenant plus, le jeune homme lança d'une voix douce :
- Comment fais-tu ?
Surpris, Connavar haussa un sourcil.
- Pour ?
- Pour tomber amoureux de la moindre cause perdue qui se présente à tes yeux.
Le roi avait saisi l'allusion. Sans un mot de plus, il haussa les épaules. Après un moment de silence, Connavar changea de position.
- Elle paraissait si invincible... Tu as vu comme elle nous a sauvés, au début ?
- Oui. Elle a enfoncé la grille. Elle devait avoir plus de force qu'un taureau enragé.
- Les légendes Seidhes parlaient de la force sans commune mesure des vampires... Mais je ne savais rien d'autre à leur sujet.
- …
- Je n'avais jamais vu pareille combattante... Elle semblait danser... Elle épousait mes mouvements et mes attaques comme si elle les connaissait depuis des années...
Bane se tut et écouta longuement son père. Parce qu'il n'y avait rien d'autre à faire.
Et dehors, l'intensité du jour commençait à baisser.
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Lorsque la garde Pourpre, affublée de ses atours de parade, vint les chercher, ni l'un ni l'autre ne songèrent à résister. Ils se laissèrent guider hors des cachots, jusque dans une charrette bâchée, dans laquelle ils montèrent. On les mena jusqu'à la place publique. Lorsque Bane et Connavar descendirent, ils découvrirent la loge impériale, face à un échafaudage de bois dominant la place de deux bons mètres. Nalademus et sa suite étaient déjà là, et sur l'échafaud attendait Hieyga, vêtu d'une longue tunique noire aux reflets argentés et d'un pantalon de cuir ébène. Le vampire était armé de son sabre, et les observait, le regard indéchiffrable.
Etrangement, il y avait peu de monde sur la place. Des nobles et des personnes importantes, mais presque pas de gens du peuple. Les deux hommes montèrent sur l'estrade de bois et se tinrent droit, tandis qu'on leur lisait la condamnation à mort pour trahison envers le bon peuple de Roc. Nalademus les observait, le regard suffisant et méprisant, hautain et gras à souhait.
Hieyga fit quelques pas en avant alors que le silence se faisait, et dégaina son sabre. Le vampire regarda Connavar dans les yeux, puis Bane, et se tourna vers Nalademus. Il s'inclina, présentant son sabre de profil, la lame tournée vers lui, tenant d'une main la garde et de l'autre la pointe.
- Je me permets d'offrir l'honneur de la sentence au commandant Missaël, qui a permis l'arrestation des deux rebelles, plutôt que de leur prendre moi-même la vie, moi qui n'ai en rien aidé à leur capture.
Le commandant de la garde Pourpre se leva, ses yeux marron brillant d'une joie malsaine. Il quémanda du regard l'approbation de Nalademus, et lorsqu'il l'eut obtenue, il inclina la tête vers Hieyga pour le remercier.
Missaël monta les marches de l'échafaud, s'empara délicatement du sabre ouvragé du vampire, et se tourna vers les deux Rigante. Il leur fit un horrible sourire, à la fois sadique, goguenard et heureux, et d'un brutal coup entre les omoplates, le général mit Bane à genoux.
Alors qu'il se plaçait sur le côté du jeune homme, Connavar en face de lui, le général planta son regard dans les yeux bicolores du roi Rigante, où se lisaient une horreur et un désespoir poignants, qui lui parurent délicieux. Bane, la tête baissée, serrait les dents, fixant les lames disjointes du plancher de l'échafaud.
Missaël leva le sabre. Connavar ne put s'empêcher de fermer les yeux.
Le roi Démon entendit un bruit de déchirure, et un gargouillis surpris. Puis le choc d'une lame sur le plancher. Qui rebondit. … Minute. Rebondit ?
Surpris, il rouvrit les yeux. Et en laissa tomber sa mâchoire.
Une lame argentée, devenue rouge, ressortait du ventre de Missaël qui ouvrait de grands yeux surpris et horrifiés. Avec une lenteur calculée, la lame remonta entre les côtes, écrasa le sternum et s'arrêta à un cheveu du cœur. Une tête couverte de sang séché apparut, et la Voix murmura à l'oreille de l'homme, assez fort pour que les proches et Nalademus entendent :
- Ressens-tu cette peur des derniers instants qui t'étreint le cœur ?
Une main fine et pâle passa le long de la hanche, allant récupérer le sang qui coulait à flots hors de la blessure. La main dégoulinante remonta à hauteur des yeux horrifiés du général dans un mouvement gracieux. Hypnotisant. Et la Voix continuait :
- Sens-tu la vie s'échapper de ton corps et le froid te saisir dans sa gaine de douleur ?
Le regard de Missaël se voila. La place resta dans un silence horrifié. Bane, stupéfié, avait relevé la tête et observait. Connavar n'avait pas bougé, très pâle. Et la Voix continuait :
- Maintenant, tu sais ce qu'il en coûte de malmener ceux qui me sont chers.
Les yeux vides, Missaël s'écroula. Et derrière, une femme à la tunique abîmée, couverte de tâches écarlates, lécha presque amoureusement sa main pleine de sang frais et encore chaud, a demi entravée par deux fers.
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Okuni planta ses yeux d'or en fusion dans le regard perdu de Connavar. D'un bond, Hieyga fut près d'elle. Le vampire avait les armes des deux Rigante dans les mains. Avec un sourire, il les leur rendit, libéra son élève, et récupéra son propre sabre sur le sol rougi. Surpris, Connavar allait ouvrir la bouche, mais une main levée d'Okuni l'interrompit.
- Les explications seront pour plus tard… Je vous laisse mes arrières, j'ai une petite vengeance à prendre.
Sans un mot de plus, la vampire se mit en position de combat, et bondis au milieu des cent soldats de la garde. Armée de sa double lame, un sourire affamé aux lèvres, Okuni massacra joyeusement l'escouade entière, avant de se retrouver face aux douze gardes d'élites, dernier rempart entre Nalademus et elle. Sous les regards ébahis de ses amis, la vampire se ramassa sur elle-même, sa lame pointée sur le visage de ses adversaires, la garde à hauteur de sa tempe droite. Et elle attaqua.
Tu crois que je vais te laisser faire ?
Tu m'as pas r'gardé !
C'est pas parc' qu'on m'a mis des fers
Que je vais changer.
Oh mais si tu veux tenter ta chance,
Alors, entre dans la danse !
Au premier abord, elle sembla foncer tête baissée. Mais alors que le garde en face d'elle abattait un coup de taille, elle bondit sur le côté et fit sauter la tête de son voisin. Okuni baissa la tête, laissant l'inertie emporter son arme dans le mouvement rotatif, et la lame plus courte ouvrit la gorge du soldat d'à côté. La vampire abaissa son arme, trancha dans les chairs du suivant à l'épaule pour ressortir de la hanche, puis elle se releva en amorçant un pas en avant. La lame meurtrière remonta vers le ciel, accrochant au passage l'entrejambe du garde de derrière et poursuivant sa course jusqu'à être bloquée par le sternum. Puis la vampire fit un pas en arrière, revenant dans la même garde, et attendit.
Eh ! J'en ai plein le dos, j'ai vraiment la rage !
T'as vraiment pas d'pot, complètement sauvage.
J'aurai l'dernier mot, accroche-toi ou dégage !
Il est grand temps de renoncer, mon gros,
J'en ai plein le dos !
Les huit survivants hésitèrent, puis deux se ruèrent à l'assaut. Le premier, à sa droite, tenta un rapide coup d'estoc que la vampire para. Okuni fit décrire une rotation à sa lame, passa sous la pointe de l'épée adverse et du petit sabre, trancha d'un geste vif les deux mains du pauvre homme. A peine eut-il le temps de hurler qu'elle lui enfonçait son arme droit dans le cœur. La jeune femme pivota juste à temps pour sauter par-dessus la vicieuse attaque aux jambes du second soldat, lui assenant un violent coup de pied dans son élan. Le garde fut projeté en arrière, et elle le cloua au sol de sa lame en plein cœur.
Ne t'en fais pas, ce n'est qu'un jeu, mais à ce jeu-là,
Tu peux jouer ta vie à pile ou face, alors bouge de là.
Oh mais si tu veux tenter ta chance,
Alors, entre dans la danse !
Mais Okuni ne vit pas le soldat suivant, et para un coup au chef in extremis, perdant sa redoutable double lame. Enhardi, l'homme cria victoire et développa son premier coup en remontant son épée droit vers le haut, espérant imiter la jeune femme. Okuni, son sourire carnassier et invincible toujours aux lèvres, se contenta d'un rapide saut de côté, et avant que le garde n'aie pu modifier sa ligne de vol, la vampire l'atteignit à la gorge de ses doigts tendus, lui écrasant la trachée et la pomme d'Adam. Elle laissa l'homme suffocant et fit face aux derniers.
Eh ! J'en ai plein le dos, j'ai vraiment la rage !
T'as vraiment pas d'pot, complètement sauvage.
J'aurai l'dernier mot, accroche-toi ou dégage !
C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop.
J'en ai plein le dos !
Il en restait cinq. Qui lui foncèrent dessus de concert, dans l'espoir de la submerger sous le nombre. Le premier, emporté par son élan, se vit enfoncer les côtes d'un coup de pied surpuissant de la vampire qui lui écrasa les poumons. Okuni s'écarta d'un pas, passa sur le flanc du suivant et lui enfonça le nez d'un coup de coude bien placé, faisant jaillir des esquilles jusque dans son cerveau.
Oh si tu veux tenter ta chance,
Alors entre dans la danse !
La vampire se jeta en avant, passant sous le fil d'une des épées, et amortit sa chute en une roulade. Vive comme un serpent, elle se releva derrière le porteur de l'arme, et plaça ses deux mains sur ses joues. D'un coup sec sur le côté, elle brisa les cervicales du soldat, se retourna et fit un bond en arrière pour éviter l'assaut croisé des deux derniers gardes.
Dégage ! Dégage !
Eh ! J'en ai plein le dos, j'ai vraiment la rage !
T'as vraiment pas d'pot, complètement sauvage.
J'aurai l'dernier mot, accroche-toi ou dégage !
L'un, plus rapide que l'autre, modifia sa ligne de vol en faisant un pas en avant, tentant d'asséner un coup horizontal pour trancher la tête de la vampire. Cette dernière s'accroupit, et alors que la lame passait en vrombissant au dessus de sa tête, elle prit appui sur ses avant bras et lança son pied gauche. Elle atteignit avec une violence rare les genoux du garde, écrasant la rotule et les cartilages alors que l'homme hurlait de douleur en s'écroulant, ses jambes formant un angle improbable
C'est toi ou moi, l'un de nous est de trop.
J'en ai plein le dos !
Puis, Okuni se leva, faisant face au dernier soldat. En désespoir de cause, l'homme essaya de l'atteindre avec un coup de taille. Mais la vampire bloqua simplement la lame en l'enfermant dans sa main. Sans se soucier du sang qui coulait de sa paume, elle avança vers le jeune homme terrifié, une lueur affamée dans ses yeux dorés. Okuni tordit le bras de sa victime, lui faisant lâcher prise, et mordit à pleines dents dans la jugulaire offerte. Elle vida le corps de son sang en un temps record.
Eh ! J'en ai plein le dos !
Dégage !
Il ne restait plus que Nalademus. L'empereur hurla de frayeur en voyant les deux vampires et les deux Rigante l'encadrer. Okuni s'avança, prit le menton du tas de graisse dans une main et l'observa comme une bête de foire. Lorsqu'elle tourna les yeux vers ses amis, même Hieyga frémit devant l'étincelle de haine pure qui scintillait au fond des yeux dorés de la vampire.
- Connavar ? Bane ? Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit le premier jour ? fit-elle.
Ce fut Bane qui répondit.
- Oui. Tu avais dit que tu repartirais avec la tête de Nalademus sous le bras.
- C'est ça. Mais j'ai changé d'avis.
- Tu vas le tuer d'un coup ? essaya Connavar, aussi surpris que les deux autres.
Mais Okuni leur adressa un sourire carnassier. Effrayant.
- Oh non. Je vais faire bien pire.
Sous les yeux stupéfiés des trois hommes, la vampire souleva sans effort la centaine de kilos de Nalademus, et retourna sur l'échafaud. La construction de bois était surmontée d'une croix ouvragée, symbole de l'ordre Pourpre, dans l'illusion que la sentence apporterait l'expiation aux condamnés. La vampire regarda la croix et se tourna vers Nalademus.
- Je vais faire quelque chose pour toi, l'ami. Tu vas mourir sur le symbole de ton ordre.
Et avec un sourire à la fois carnassier et sadique, Okuni plaqua l'homme contre la croix. De quatre couteaux de jet, elle crucifia Nalademus. L'homme hurlait sans discontinuer, comme un porc qu'on égorge. Agacée, la vampire alla chercher un nerf dans le cou, et d'une pression des doigts le bloqua, empêchant sa victime de hurler. Et elle sourit à nouveau, ricanant.
- Sauf que maintenant, tu vas représenter MON pays.
Okuni arracha la tunique de l'empereur, et de sa dague dessina sur la peau blanchâtre la tête de dragon des vampires, et la rune de la mort. Puis elle regarda sa proie une dernière fois.
- Et tu vas connaître le courroux des âmes que tu as plongé dans l'oubli pour l'éternité.
Avec une lenteur calculée, elle creva les deux yeux de Nalademus, et planta son couteau entre ses deux yeux, l'achevant pour le coup.
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- …
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
- … Tu fais peur, quand tu veux, tu sais.
- Meuh non.
Okuni sourit à Connavar. A son côté, le plus jeune fixait la vampire avec un regard à la fois respectueux et dégoûté. Le roi Démon sourit.
- Rappelle moi de ne jamais, j'ai bien dit jamais, t'énerver.
Okuni éclata de rire. Puis se tut brusquement alors que les premiers hurlements des citoyens de Roc retentissaient.
- Ah, fit simplement la vampire. Je crois qu'ils ont vu leur empereur.
Hieyga, sans un mot, leur fit signe de les suivre. Les quatre fugitifs descendirent en courant de l'échafaud, et suivirent le vampire jusque vers trois chevaux qui les attendaient, harnachés et prêts au départ. Surpris, Connavar haussa les sourcils.
- Pourquoi n'y a-t-il que trois chevaux ?
- Parce que je pars devant pour vous dégager la route, répondit Okuni. A pied. J'irais plus vite et plus discrètement qu'à cheval.
La jeune femme les aida à monter. Les trois hommes lancèrent leurs chevaux à plein galop et elle suivit sans peine le mouvement d'une course fluide et féline. Ils traversèrent la cité à fond de train, semant la panique parmi les citoyens, et franchirent in extremis les portes de Roc avant que les soldats ne puissent les fermer.
Le petit groupe s'arrêta un peu plus loin sur un signe d'Okuni. La vampire leur sourit.
- Je pars devant. Suivez Hieyga, il vous guidera sur ma piste. Nous rentrons chez vous.
Connavar et Bane acquiescèrent. Le premier observait la jeune femme, inquiet.
- Tu vas tenir le rythme ?
- Oui. Tu vas comprendre.
Enigmatique, Okuni se délesta de ses katanas et de sa double lame qu'elle confia à son maître d'armes. Sans un mot, le vampire arrima le tout à son paquetage et sourit à son élève.
- Voyons-voir si tu mérites toujours ton surnom de Seija, Okuni.
La concernée lui sourit. Elle se décala d'eux, commençant à incanter. Peu à peu, son corps se ramassa et s'obscurcit. Et devant eux se tint bientôt une imposante panthère noire, qui partit en courant sans plus leur jeter un regard.
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Une semaine plus tard, Hieyga et les deux Rigante arrivèrent en vue de la capitale des peuples libres, cité de Connavar. Okuni, depuis leur départ de Roc, demeurait invisible, leur dégageant la voie avec une efficacité presque chirurgicale. Ils n'avaient trouvé sur leur chemin que quelques cadavres défigurés par des coups de dents et de griffe, soigneusement traînés sur les bas côtés de la route de terre battue.
Redevenue humaine, la vampire les attendait devant les portes de la cité, qu'ils atteignirent au lever du soleil. Connavar entra le premier, fendit la foule de Rigante heureux de le retrouver, et fila avec son fils et les deux vampires s'enfermer dans son bureau royal. Sans préambule, il se tourna vers Hieyga.
- Et maintenant ?
Ce fut Okuni qui répondit.
- Maintenant il faut préparer ton peuple à la guerre. Roc va fondre sur vous d'ici peu, le temps de retrouver un général. Cela ne tardera pas. Hieyga les espionnait pour notre compte, et il pense que trois hommes sont susceptibles de mener l'armée.
- Nous ne tiendrons jamais. Nous nous remettons à peine de l'autre guerre.
- C'est pour cela qu'Amarth, mon royaume, va vous venir en aide.
- Ton royaume ?
- Le pays des vampires si tu préfères. Leur reine est ma sœur jumelle, Izùma. Et Hieyga est notre maître d'armes, le général de nos armées. Moi, je ne suis que l'électron libre et l'exécutrice d'Izùma, conclut-elle avec un sourire carnassier.
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Et c'est ainsi que, moins d'un mois et demi plus tard, Connavar, Bane et Okuni surplombaient l'armée des peuples libres. Et qu'en face, la lueur du soleil levant faisait étinceler les armures des soldats de Roc.
Okuni contemplait avec un sourire inquiétant la masse d'hommes qui avançait vers eux. Dans ses yeux, une joie sadique de trancher quelques têtes faisait étinceler la couleur dorée de ses iris. Pour l'occasion, elle avait laissé pointer ses canines, et pris quelques caractéristiques de l'esprit de la panthère qui l'habitait. Notamment les ongles affûtés comme des lames de rasoir et la souplesse. Connavar, avant que le cor ne sonne la charge, se tourna vers elle.
- Au fait, Okuni ?
- Oui ?
- Pourquoi le coup de Hieyga ne t'a pas tuée, dans l'arène ? Il t'avait quand même transpercé le cœur…
Elle sourit.
- Le seul moyen de tuer un vampire est de le décapiter, puis d'incinérer les deux morceaux et d'éparpiller les cendres.
C'est alors que le cor de Roc retentit. Et la clameur de la charge. Okuni s'apprêta à rejoindre la première ligne. Mais avant de partir, elle se tourna vers le roi des Rigante.
- J'allais oublier. Je voulais te remercier.
- De ?
- Jamais, en quatre cent soixante huit ans de vie, on avait pleuré pour moi.
Okuni lança un regard d'une intensité troublante à Connavar, puis se jeta dans le feu de la bataille.
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Et ouiiiiii, c'est finiiiiiiiiiiiiiiii !
…
Ou pas. ¤sourire sadique¤ J'sais pas si y'aura une suite, en fait. Qui vivra verra. Mais j'pose quand même le mot FIN, jusqu'à preuve du contraire.
