Un grand merci à Lilith-sama, Molly59 et RIBIKA666 qui m'ont laissé une petite review pour le chapitre précédent.

Je suis vraiment désolée pour le retard mais j'ai été très occupée dernièrement.

Voici donc le cinquième chapitre, bonne lecture.

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Auteur : Sindie. J'ai son autorisation pour traduire son histoire.

Titre en anglais : The Moment It Began

Titre en français : Le moment où cela commença

Traducteur : DiagonAlleyParis

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling

Beta Reader : Molly59 qui me relit et corrige mes imperfections.

Sujet : Post HP7, et si on offrait la possibilité à Severus Rogue de revivre sa vie. Ses choix seraient-ils toujours les mêmes ? Venez le découvrir en lisant cette fiction.

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Le moment où cela commença

Chapitre 5 :

Severus passa les deux jours suivants confiné dans sa chambre, de la même manière qu'avant que Lily ne revienne de vacances. Il était plus facile de se tromper en pensant qu'elle était toujours loin. Lorsqu'il devint particulièrement agité dans sa solitude, il fut presque tenté d'aller jusqu'à sa maison et de lui présenter ses excuses pour son comportement, quelques jours auparavant, mais sa fierté le retint.

Severus se demanda si Lily ne pouvait pas venir à lui en premier. N'avait-elle pas été un peu trop rapide pour le juger après tout ? Elle lui avait donné une chance pour expliquer son humeur pourrie. Bien sûr, il s'était retenu, trop honteux pour lui dire la vérité mais elle était Lily…Avait-elle pensé qu'il ne lui disait pas tout ?

Il arpentait sa chambre comme il avait pris l'habitude de la faire et sa frustration ne cessait de croître. Severus donna un coup de pied au mur. Heureusement, son père était au travail ce jour-là. Il ne s'était pas soucié de savoir si cela lui apporterait des problèmes. Si son père osait de nouveau le déranger, Severus lui lancerait un sort.

Pourquoi Lily agissait-elle de façon si immature ? pensa t-il pour la centième fois.

Il fronça les sourcils et s'arrêta de faire les cents pas. Il connaissait la réponse à cette question. Elle avait seize ans et lui, au moins mentalement, il en avait trente huit. Ses souvenirs d'elle dataient de quand il était beaucoup plus jeune. Une partie de lui, lui disait qu'il n'avait pas agi d'une manière mûre lui non plus, mais de nouveau, sa foutue fierté ne le laissa pas aller la trouver et lui faire des excuses.

Son estomac gronda fort soudainement et Severus comprit qu'il avait à peine mangé quoi que ce soit depuis plusieurs jours. En fait, il s'était laissé aller… Il savait qu'il devait certainement sentir aussi. Pas de douche, à côté d'une absence de nourriture et un manque de sommeil. Il était tout à fait une épave.

Il soupira. Il alla à la porte et descendit à la cuisine. Il y trouva sa mère assise à table, ses yeux vides en fixaient la surface. Aucune assiette de nourriture, aucune tasse de café, aucun journal ou livre n'était posé devant elle. Elle regardait seulement…rien.

« Maman » risqua Severus.

Eileen ne répondit pas. Elle n'avait même pas remarqué la présence d'un autre individu dans la pièce, sans parler de son fils. Etait-elle vraiment devenue si insensible au monde extérieur ?

Un sentiment de culpabilité se répandit en Severus. Dans son autre vie, tant qu'il avait été un enfant il s'était préoccupé de sa mère, puis après avoir grandi il ne voulait pas être dérangé en se souciant d'elle. Il s'était renfermé sur lui-même, se sentant seulement désolé pour lui et refusant d'émettre le moindre signe de compassion vis-à-vis de toute autre personne exception faite de Lily…jusqu'au jour où il la repoussa elle aussi. Sa mère était devenue une sale tâche sur le mur, un mur qu'il avait repoussé à l'arrière-plan et il avait construit plusieurs autres murs devant, se séparant ainsi de la réalité de la douleur trop embarrassante, il était trop fier, trop faible pour y faire face.

Maintenant voyant sa mère dans cet état pitoyable, Severus comprit qu'il l'avait négligée tout autant qu'elle l'avait fait vis-à-vis de lui. Elle n'avait pas beaucoup été une mère pendant ses années d'adolescence mais il se souvint tendrement qu'elle l'avait aimé autrefois. Lorsqu'il était un enfant, elle avait fait tout son possible pour le protéger de Tobias. Elle avait été gentille avec lui.

Oubliant sa faim, Severus alla vers sa mère et prit sa main dans la sienne. « Mère » implora t-il. « Tu ne regardes même pas ton fils ? »

Severus pensa avoir vu dans ses yeux sombres, tellement comme les siens, un tout petit scintillement de vie. Ses longs cheveux noirs tombaient mollement autour de son visage mince comme si elle essayait de le cacher. Severus pensa qu'il pouvait la comprendre par son comportement facial et son calme tranquille. Il avait hérité d'elle beaucoup de ses caractéristiques physiques mais il savait qu'il avait été forcé d'être à ce point insensible. Il savait cependant combien il pouvait être stoïque et fermé au reste du monde, ses sentiments étaient très profondément enterrés. Il savait que sa mère devait être vivante à l'intérieur d'elle-même, quelque part…cachée on ne sait où.

Alors une larme coula le long de sa joue. Cependant, son visage ne trahit pas la moindre émotion. Severus ressentit le poids de sa souffrance, la larme comme une averse torrentielle de malheurs était censée les noyer.

« Maman, s'il te plait » supplia presque Severus tout en essayant de ne pas casser sa voix. Il porta son autre main sur son visage et la força à le regarder.

« Severus » murmura Eileen, ses lèvres minces bougèrent à peine.

« Oui, Maman, c'est ça. C'est ton fils Severus ». Eileen ne répondit rien.

« Ecoute-moi, Maman. Tu dois essayer de rompre cela » dit Severus. Il fit une pause en pensant à ce qu'il pouvait dire pour l'aider. « Qu'est ce qu'il t'a fait ? ».

Severus vit quelque chose s'inscrire dans ses yeux de nouveau. « Tobias » croassa-t-elle, ses cordes vocales hors d'usage.

« Oui, c'est lui » dit Severus dédaigneusement.

« Il t'a esquintée, Maman et tu le sais. Pourquoi restes-tu avec lui ? Il détruit sa famille et lui-même. Il est censé être responsable de nous mais il jette son argent et son temps dans la boisson…et je sais qu'il te bat. Il t'a déjà pris ta baguette ainsi tu ne peux plus faire de magie. Maintenant, il te prend ta santé mentale… Il te détruit, Maman. Pourquoi le laisses-tu faire cela ? ».

L'angoisse sur le visage d'Eileen était évidente, il était déformé comme si elle était en peine et elle retira sa main de celle de son fils. « Il est mon mari, Severus » dit elle doucement. « On ne peut l'aider…Il a un problème. Il… » elle s'arrêta puis elle se remit à parler, plus durement cette fois et avec un ton plus défensif. « Je l'aime Severus. Comment peux-tu ? ».

Se sentant trahi, Severus explosa d'une manière blessante « Tu l'aimes. Et tu penses honnêtement qu'il t'aime ? » cracha t-il. Debout de toute sa hauteur, il la dominait. « Aucun homme qui agit comme lui ne mérite le respect et pourtant tu le laisses te contrôler comme une marionnette. Qu'est ce que tu es devenue, Maman. Qu'est ce qu'il t'a fait ? ».La voix de Severus se cassa de nouveau mais il refusa de pleurer. « Tu…Tu pourrais le quitter, tu sais. Nous pourrions tous deux le quitter. Allons, Maman. Qu'est ce qui te retient ? Partons maintenant » avant qu'il ne soit trop tard.

Eileen regardait maintenant fixement le mur. La vie qui avait existé dans ses yeux quelques instants auparavant avait disparu. Severus soupira, défait, il savait qu'elle était déjà partie trop loin. Quelque chose lui sembla impossible à changer. Il se résigna à recevoir une autre claque de la réalité sur son visage. Severus retourna dans sa chambre, sa faim était passée, mais son esprit tourbillonnait avec des pensées sur la cruauté des choses.

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Ce n'était pas facile, il n'était pas sûr de réussir mais Severus supporta encore cinq jours d'isolement complet avant qu'il ne cède finalement et qu'il se rende chez Lily pour parler. Avant de quitter sa chambre, il jeta un dernier coup d'œil à son apparence négligée dans le miroir. S'il avait été de bonne humeur, il aurait pris une douche et changé de vêtement mais les regards noirs des voisins étaient le moindre de ses soucis lorsqu'il descendit sa rue en direction de sa maison.

Lily vivait dans la partie la plus agréable du voisinage qui était à plusieurs blocs de chez lui. Les Rogues vivaient dans la partie la plus moche, comme l'avait plusieurs fois fait remarquer Petunia. Quand il se retrouva dans la rue de Lily, il savait qu'il ressortait bien plus là que dans les autres rues. Tout le monde dans la rue Webber avait une maison grande et propre avec une pelouse verte et bien tondue.

Severus trouva la maison des Evans et s'arrêta au fond de l'allée. M. Evans devait être au travail en ce moment et il lui sembla que la voiture de Mme Evans était elle aussi absente de l'allée.

Severus la traversa à grands pas en direction de la maison. Au moins ses parents ne sont pas là.

Il était maintenant debout devant le porche d'entrée. Avec un peu d'hésitation, il appuya sur la sonnette et quelques instants plus tard, il entendit des pas qui se rapprochaient de la porte. Il retint son souffle en espérant que ce serait Lily et non pas son infernale sœur Petunia.

Pas de chance. Le visage de Petunia, semblable à celui d'un cheval, le regardait fixement, elle fronça les sourcils profondément. « Que faites-vous ici ? » demanda-t-elle désagréablement.

« Je suis ici pour voir Lily » répondit Severus en essayant de garder sa même voix.

« Bien, elle ne veut pas vous voir » dit Petunia méchamment. « Que lui avez-vous fait cette fois ? Quoi qu'il en soit, vous avez vraiment appuyé sur le mauvais bouton ».

« Voyez-vous » dit fermement Severus. « Je ne suis pas intéressé par votre petit jeu d'échange d'insultes, Petunia. J'ai besoin de voir Lily…maintenant ».

Il était sur le point de pousser brutalement la porte devant Petunia lorsque la voix de Lily vint de l'intérieur de la maison. « Petunia, qui est là ? Qui est à la porte ? ».

« Personne » dit Petunia nonchalamment.

« Je ne te crois pas » dit Lily avec une pointe d'impatience dans sa voix. Lily vint se placer à côté de Petunia. Ses yeux verts s'élargirent légèrement de surprise en voyant Severus.

« Comme je te l'ai dit » se moqua Petunia. « Il n'y a personne ».

« Oh, la ferme ! » lui répondit Lily en roulant des yeux.

Petunia partit dans un excès de colère indignée, laissant Lily regarder fixement Severus dont les sourcils se fronçaient. « Eh bien » dit elle. « Qu'est ce que tu veux, Severus ? ».

Il remarqua qu'elle avait utilisé son prénom en entier, ce qu'elle faisait rarement. Severus soupira intérieurement. Elle était toujours folle de lui, alors. Même Petunia n'était plus 'Tuney' quoique Severus ait toujours pensé que le surnom était très enfantin de toute façon.

« Oui » dit Severus rapidement sur la défensive. « Je suis venu…présenter mes excuses ».

Si les sourcils de Lily avaient pu aller beaucoup plus loin que son front, ils auraient disparu parmi sa chevelure. « Vraiment ? » demanda-t-elle sardoniquement. « Tu ne sembles pas vraiment désolé ».

Severus était sur le point de partir, sentant qu'il avait fait une erreur en venant ici. Il s'était demandé pendant une semaine si cela avait été une erreur colossale de revivre sa vie. Ne se dupait-il pas lui-même en pensant qu'il pourrait changer quoi que ce soit ? Le refus d'un seul mot même si c'était quelque chose d'infect comme 'sang de bourbe' ne pouvait pas changer vraiment le résultat de sa vie. Severus savait que la vie n'était pas simple mais il avait pensé que c'était le point où tout avait commencé. Il savait qu'il devrait travailler dur et faire de meilleurs choix dans cette nouvelle vie s'il espérait que celle-ci soit meilleure. Les choses n'allaient pas tomber toutes crues comme cela.

Lorsque Severus regarda ses yeux verts, il se souvint d'avoir vu les yeux d'Harry juste avant de mourir. C'était étrange mais cette autre vie lui semblait maintenant étrangère et éloignée. Il n'y avait pas de Harry Potter dans ce monde ;

« Essaye de comprendre, s'il te plait » insista Severus. « Je n'ai pas voulu parler ce qui me dérangeait ce jour-là parce, parce…qu'il n'y avait rien de nouveau, ça va. Tu sais déjà que mes parents sont habitués à se battre tout le temps et les choses sont de plus en plus mauvaises maintenant. Je n'aime pas parler de ma vie à la maison ».

L'expression de Lily s'adoucit, elle sortit de la maison et marcha en direction du porche. Elle examina l'apparence échevelée, sale de Severus et fut incapable de ne pas plisser son nez. « Quand t'es-tu douché pour la dernière fois ? » demanda-t-elle froidement. Elle sourit juste un tout petit peu.

La bouche de Severus se contracta un peu sur un côté. « Tu ne veux certainement pas le savoir » dit-il ironiquement.

Lily lui saisit la main et le traîna jusqu'au fauteuil à bascule des Evans dans leur porche du devant. Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et Lily lui dit. « Tu sais, si tu étais revenu une heure plus tard ce jour-là, je t'aurais de nouveau parlé. Pourquoi as-tu attendu si longtemps ? ».

« Je suis désolé, Lily. Je continuais à espérer que tu viendrais à moi. Je ne voulais pas être le premier à admettre la défaite, je suppose ».

« Ce n'est pas admettre la défaite, Sev » dit doucement Lily. « Tu as fait comme si tu n'allais jamais plus me parler de nouveau ».

« Eh bien, je…je ne savais pas » murmura-t-il.

« Vraiment, Sev » dit elle sans rire. « Qu'est ce qui pourrait me faire arrêter d'être ton amie ? ».

Je pense à beaucoup de choses

Il ne répondit pas à cette question. Il ne voulut pas y répondre. Lily n'avait pas dit qu'elle lui pardonnait, tandis qu'autre partie de lui-même lui disait de s'accrocher au fait qu'il aurait dû s'excuser pour la laisser seule ce jour-là mais il ne voulut pas rejeter son amitié sur ce qui avait été un malentendu. Il savait qu'il était une personne difficile à comprendre et avec Lily à côté de lui, il estima que le fait d'être pardonné n'avait pas besoin d'être discuté.

Pour le moment, au moins, c'était assez.

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J'espère que cela vous a plu.

N'oubliez pas de me laisser une petite review cela m'aide à maintenir mon enthousiasme pour cette traduction.

Je vous dis à dans deux semaines (eh oui, deux semaines) pour le sixième chapitre.