Voilà donc après une (trop) longue absence, la suite de L'Envers du Miroir. Je tiens d'abord à m'excuser pour cet arrêt, mais sachez que je suis bien décidée à reprendre cette fanfiction, avec cette fois-ci un plan et un scénario bien déterminé. Je vous conseille vraiment de relire cette histoire dès le début, certains petits détails (mais vitaux !) ont changé. Pour me faire pardonner, j'ai déjà écrit les deux prochains chapitres, qui devraient suivre à une ou deux semaines d'intervalles. Si j'ai repris L'Envers du Miroir c'est avant tout grâce à vos reviews que j'ai continué à recevoir, malgré le fait que cette fic n'a pas eu de suite depuis plus de deux ans ! Continuez à en écrire, cela me motive vraiment!

(Je suis aussi à la recherche d'une Beta-Readeuse, pouvant corriger mes fautes de grammaire et d'orthographe, et me donner un avis sur la suite de l'histoire)

Sur ce, bonne lecture !



Ce miroir devait être diablement efficace. Non seulement il avait l'apparence physique d'un adolescent, mais il avait aussi l'impression d'en avoir la mentalité ! Bien sûr ses pouvoirs magiques avaient baissé, puisqu'ils étaient intrinsèquement lié à sa condition physique. Mais son esprit ?! Il riait à des blagues, à des puérilités qui convenaient bien aux Maraudeurs à cause de leur âge, mais qui n'auraient du lui tirer qu'un soupir exaspéré ou au mieux une indulgence amusée. Il ne pouvait pourtant s'empêcher de s'esclaffer avec eux. Ses pensées s'encombraient de petits détails comme la note qu'il allait avoir pour son devoir de Sortilèges ou si le professeur McGonagall était suffisamment retorse pour leur infliger un contrôle surprise au prochain cours !

Il devait se reprendre. Face à l'angoisse que provoquaient ces réflexions il essaya de se raisonner. Après tout à quoi pouvait-il penser, entouré d'élèves joueurs et insouciants, si ce n'est aux priorités de tout adolescent? Surtout que, physiquement, il était comme eux. Il n'avait qu'à se dire que la récréation était maintenant terminée, que ces deux semaines où il n'avait strictement rien fait (enfin si il avait beaucoup de choses, comme son devoir de Métamorphose, de Potions, d'Enchantement, des parties d'Echecs avec Remus et des escapades avec les Maraudeurs, mais rien d'utile pour sa quête) n'était qu'une période d'adaptation . Il n'avait qu'à se reprendre en mains, et tout irait pour le mieux.

Après deux semaines d'un bonheur presque parfait où il avait pu côtoyer les Maraudeurs, son père, sa mère, se mêler à eux, leur parler ! et qui l'acceptaient du mieux que l'on pouvait accepter et intégrer quelqu'un dont on ne connaît rien, débarquant presque comme un cheveu sur la soupe dans un petit monde bien soudé, après ces deux semaines donc, la réalité l'avait rattrapé. Cela avait commencé avec la visite chez le Professeur Dumbledore, pour stabiliser le sortilège de Métamorphose (heureusement le sort était maintenant bien installé et il n'aurait besoin que de quelques petites révisions tous les trois ou quatre mois, tant que personne ne s'amusait à lancer un sortilège de Révélation sur sa personne) qui , après quelques considérations purement pratiques, lui avait demandé comment avançait ses recherches, et s'il avait besoin de quelque chose. Il n'avait pu que bafouiller, comme un adolescent (c'était le cas de le dire) pris en faute. Le directeur s'était montré compréhensif .

Et puis il s'était mis à faire des cauchemars. Pas comme ceux qu'ils faisaient quand il était encore à Poudlard heureusement, et qui le faisait hurler durant la nuit, alors qu'il partageait les plus intimes pensées de Voldemort. Non non, les cauchemars qu'ils faisaient maintenant paraissaient presque 'normaux' , mais n'en étaient pas moins éprouvants. Il revoyait en permanence leur morts : celle de Ginny, celle de Ron, celle d'Hermione, auxquels se mêlaient les cris de sa mère. Alors qu'il était encore là-bas (il ne s'avait pas tellement comment nommer d'où il venait : son passé? le futur? l'an de grâce 2001 ?! ) il avait toujours réussi à contenir sa mémoire et ses souvenirs, afin d'aller de l'avant, et maintenant, alors qu'il pouvait enfin se reposer et dormir sur ses deux oreilles, c'était comme si son inconscient revenait au galop et lui faisait payer toutes les nuits où Harry avait du le brimer.

Il se mit donc à fréquenter plus assidûment la bibliothèque. En fait cela avait quelques bons cotés, même si au départ James et Sirius s'étaient mis à le regarder bizarrement. Passer autant de temps dans le royaume de Madame Pince? Quelle idée ! Harry avait d'abord craint de s'éloigner des autres par cette attitude, et donc de perdre les relations qu'il avait commencé à nouer avec les élèves de cette époque, mais il s'était très vite rendu compte qu'en fait, on pouvait croiser plein de monde ! Il était très souvent accompagné par Remus, qui semblait très content de pouvoir travailler avec quelqu'un qui ne poussait pas de grands soupirs à la simple vue d'un livre (comme Sirius), qui ne posait pas des questions à tout bout le champ sur ce qu'il ne comprenait pas (comme Peter) ou qui ne tournait pas fébrilement la tête à chaque seconde pour avoir une nouvelle vision de sa dulcinée (ca c'était James, même si il avait l'air le plus sérieux des trois). Harry rencontrait fréquemment sa mère dans l'antre livresque mais il préférait garder quelques distances, le regard de James étant alors suffisamment expressif.

Néanmoins malgré ces bonnes résolutions des nombreux petits détails et obstacles avaient surgis entre lui et son objectif. Tout d'abord sa couverture n'était pas aussi facile à maintenir qu'il ne l'aurait cru. La première faille était venue lors d'un contrôle surprise de Métamorphose, que le Professeur McGonagall leur avait infligé "afin de voir si ils ne s'étaient pas encrassés pendant les vacances" . Bien sûr Harry n'avait pu réviser car évidemment, on ne l'avait pas prévenu qu'il allait se retrouver à Poudlard en pleine sixième année, et puis techniquement, il n'avait pas eu de grandes vacances ! Durant ce contrôle il avait ressenti une émotion purement scolaire, qu'il n'avait pas connu depuis bien longtemps : se retrouver pris en faute face à une copie ! Il avait répondu du mieux qu'il pouvait , c'est-à-dire avec ses quelques maigres souvenirs de sa sixième année. Il avait néanmoins fait attention à ne pas répondre quelque chose tiré de ses études ultérieures. Mais tout était tellement confus !

Quelques jours plus tard elle avait rendu les copies. Harry avait été saisi d'appréhension dans l'attente de sa feuille, comme la plupart des élèves présents dans la salle, mais, bien sur, pour une toute autre raison. Avait-il fait une bourde? Il suivit du regard le professeur qui déambulait entre les rangs, et annonçait les notes et les commentaires d'un ton sec et cassant. "Potter James, E, très bien, mais manque de rigueur" ; "Evans Lily , O , on voit le résultat d'un travail continu" ; "Pettigrow Peter , A, bien mais il y a autre chose que la Métamorphose Animale dans le programme" "Helgan Lucas, P, mais réveillez vous bon sang ! " et ainsi de suite. Sa voisine, Judith McTera, qui était apparemment une amie de sa mère était quand à elle de glace, et ne scilla même pas quand le professeur lui rendit sa copie ("McTera Judith, E, d'une rigueur toute scientifique") .

Enfin le Professeur se tourna vers lui

" - Williams Orion , E , j'ai été très étonnée par votre devoir. S'il apparaît clairement que vos réponses ne sont que de vagues réminiscences de ce que vous avez appris par le passé et que vous n'avez clairement pas révisé, vous avez cependant de bons souvenirs, bien qu'imprécis. De plus votre approche des sortilèges de Disparition est très intéressante, presque avant-gardiste ! J'ai beaucoup apprécié. Cependant" et son regard se fit plus sévère sur ces mots, comme si elle voulait contrebalancer tout l'aspect positif de sa première remarque "il vous faudra faire preuve de plus de rigueur dans l'avenir, et je passe outre pour cette fois , sachant que vous venez de loin"

- "C'est , euh, c'est noté professeur" balbutia Harry. Il aurait voulu disparaître, rentrer sous terre, se volatiliser en une poussière infinitésimale. Comment avait-il pu être si imprévoyant? Aussi stupide? Un rapide coup d'oeil à sa copie lui donna une bien maigre consolation. La partie problématique de son devoir concernait les sortilèges de Disparition, qu'il avait écrite en rassemblant ses souvenirs de 5e année. Car il en était sûr, il avait vu cela en 5e année. D'ailleurs il n'en avait pas beaucoup reparlé après (à son plus grand soulagement). Un rapide coup d'oeil dans son manuel confirma ses craintes. En 25 ans la définition avait changé ! Il aurait voulu se donner des baffes, mais il n'avait même pas imaginé que dans ce monde si conservateur qu'était la magie, des définitions pourraient changer si vite et surtout atteindre le milieu de l'éducation.

Comme un malheur n'arrive jamais seul sa copie avait été une des dernières rendues, et une plus grande partie des élève avait pu profité de la remarque du Professeur. C'était raté pour la discrétion. Il sentit un regard lui brûler la nuque. Il tourna la tête et vit sa voisine, Judith, qui le dévisageait des ses yeux aciers, l'air impénétrable.

"- Il y a un problème ?" fit-il d'une voix plus sèche qu'il ne l'aurait voulu. La jeune fille ne fit aucun commentaire et sans être embarrassée d'avoir été ainsi rabrouée elle reporta son regard sur sa copie, mais Harry ne pu s'empêcher de remarquer le détour que firent ses yeux vers l'objet de tous ses tracas. C'était la première fois que sa voisine le regardait aussi franchement. Il avait souvent remarqué quelques regards à la dérobée, qu'elle dissimulait admirablement. Cela ne le dérangeait pas tellement, après tout il venait d'arriver en plein milieu de la scolarité habituelle , mais ce qui lui posait plus problème était son regard froid et scrutateur, que l'on voyait plus sur le visage des Aurors les plus vieux, ceux qui traînaient une longue vie d'escarmouches et qui jaugeaient ainsi du regard tous ceux qui avaient le malheur de passer à portée d'iris.

Heureusement la cloche annonçant la fin des cours de la matinée ne se fit plus attendre et Harry rangea rapidement ses affaires, avant de se diriger vers la bibliothèque. Parcourant les couloirs vides, en proie à une agitation qu'il avait de la peine à dissimuler il réfléchissait à toute vitesse. Avait-il fait une autre erreur dans ses précédents devoirs? Allait-il se faire encore remarquer?

" Alors on se retrouve tout seul Williams?" fit une voix grinçante dans son dos. Tout surpris Harry se retourna, et se retrouva face à la bande de Rogue - faute de trouver un autre nom - qu'il n'avait pas vu , étant perdu dans ses pensées.

Jusque là il avait réussi à garder une bonne distance entre les Serpentards et lui, malgré le fait qu'ils se cherchaient continuellement des noises avec les Maraudeurs. Harry s'était contenté d'une observation discrète, afin de garder l'oeil sur ces graines de Mangemorts.

D'après ses observations Rogue, qui se trouvait face à lui, semblait être un ajout récent au groupe mais avait pourtant une position dominante, de par ses connaissances approfondies en magie. Néanmoins il était attendu au tournant par Lestranges qui, s'il ne réclamait pas cette place (par paresse? par faiblesse?) y était pourtant prédestiné par son ascendance et son nom. Mais peut-être était-ce justement cette assurance d'avoir une place en dehors de Poudlard qui lui permettait de se montrer si laxiste avec Rogue qui lui avait tout à prouver. Lestranges avait pour prénom Rabastan, et il était donc le futur beau-frère de Bellatrix. Il avait torturé les Londubat . Harry refoula sa rage, l'heure n'était pas à la vengeance par anticipation.

Le grand costaud qui bloquait toute retraite possible à Harry était Wilkes. Avec lui c'était simple, il était le Crabe ou le Goyle de l'époque. Et puis il y avait Rosier, nonchalamment adossé contre le mur, comme s'il ne s'occupait pas de l'altercation. Avec lui Harry ne savait pas à quoi s'en tenir. En cours il participait rarement, mais semblait niveau note, tourner autour du E, ce qui le rangeait dans la catégorie des très bons élèves. Le jeune Potter savait de plus qu'il était un futur Mangemort.

Malheureusement son analyse ne lui donnait dans la situation actuelle pas de clés pour pouvoir s'en sortir sans trop de casse. L'envie de remettre à leur place ces futurs meurtriers était tentante, mais comme façon de ne pas attirer l'attention, on avait vu mieux.

"On n'est plus collé aux basques de Potter et sa clique de Bouffondor?" continua Rogue d'un ton arrogant.

Harry préféra garder le silence. D'une part ces remarques ne le touchait pas (il n'avait pas 23 ans pour rien) et il ne voulait pas lancer le signal de l'assaut. Peut-être y avait-il encore une chance de régler cette histoire plus ou moins pacifiquement.

"Severus t'a posé une question, répond-y !"lanca Lestrange. "A moins que personne ne t'ai appris qu'il fallait montrer du respect aux plus puissants que soi?" Le manque de réaction de leur victime semblait les mettre mal à l'aise.

"Et bien dans ce cas, l'on va y remédier le nouveau! Impedimenta !" fit Lestrange en brandissant sa baguette. Grâce à ses réflexes Harry n'eut aucun mal à éviter le maléfice et Wilkes du même faire un pas sur le coté afin d'éviter de recevoir le sortilège de son collègue. Mais était-ce une bonne chose? La main serrée sur sa baguette Harry réfléchissait. Devait-il riposter? Devait-il se laisser toucher? Quelle était la meilleure solution, afin que les Serpentards le laissent tranquille dans le futur? Pour l'instant il se contenterait d'esquiver les sorts. Heureusement le couloir était étroit et seul un Serpentard pouvait lancer un sort à la fois, sous peine de toucher ses coéquipiers. Lestrange fronça les sourcils face à l'échec de son attaque. Il s'apprêtait à lancer un autre sortilège quand Harry, trouvant un ouverture, parvint à bousculer Wilkes et à s'enfuir dans un couloir transversal. Etonnamment ses adversaires ne le poursuivirent pas. Dans son empressement il ne put voir l'échange qui suivit entre Lestrange et Rosier, toujours adossé à son mur :

"- Voilà une bonne chose de faite. Mais je me demande ce que veux Priam à ce nabot" fit Lestrange en se tournant vers son collègue.

"- Les voies du Recruteur sont impénétrables" répondit Rosier, énigmatique.

A la bibliothèque Harry put enfin se calmer. En survolant rapidement quelques ouvrages de références il ne vit aucune différence majeure avec ce qu'il avait pu écrire dans ses devoirs. Il souffla un grand coup, mais continua à vérifier. Il ne sortit de ses recherches qu'au bout d'un certain temps, alors que le bruit autour de lui, ou plutot l'absence de bruit, lui fit lever la tête. Il n'y avait plus grand monde dans la bibliothèque. Il regarda sa montre. Il était déjà deux heures moins cinq ! Il rangea ses affaires en vitesse et fonca aux cachots où se trouvait le cours de Potions. Il allait devoir faire une impasse sur son déjeuner. Heureusement il trouva devant la salle Remus , qui lui passa un morceau de pain et de jambon enroulé dans une serviette. Touché par l'attention Harry remercia silencieusement le lycan avant d'entrer dans la salle.

Néanmoins alors qu'il s'installait devant son chaudron rouillé appartenant à l'école et son livre écorné, Harry ne put s'empêcher de se sentir très seul.

Le lendemain ses recherches reprirent leur cour, mais à un rythme malheureusement moins soutenu, car il devait pour chacun de ses devoirs, pour chacun de ses controles, vérifier ses connaissances et ses définitions, afin d'éviter de faire d'autres bourdes.

"- Alors, toujours occupé à ton Projet?" lui demanda Remus, alors qu'ils étaient assis autour d'une table de la bibliothèque, en compagnie de Lily, Ophélie et Judith. Son 'Projet' était l'excuse qu'Harry avait trouvé afin d'expliquer ses recherches sur les voyages dans le temps et autres paradoxes temporels. Il avait expliqué qu'à la fin de ses études, l'étudiant d'Alaska devait élaborer un projet recoupant toutes , ou du moins une grande partie des matières, puis l'exposer devant une assemblée. C'était en quelque sorte un rite de passage. Harry avait déclaré que son sujet était 'Le Voyage' : transplanage, sortilèges d'attraction, d'hypnose, les grandes migrations gobelines, et entre autre le voyage dans le temps. Bien sûr il était obligé en leur compagnie de faire des recherches sur la création du Transplanage et autre, afin d'éviter d'attirer trop l'attention sur le véritable objet de ses recherches.

"-Je ne vois pas pourquoi tu ne nous laisse pas t'aider !" ajouta Lily, que l'idée avait tout simplement emballé.

"- Lily je te l'ai déjà dit, le Projet est en quelque sorte un examen de passage. C'est au sorcier de se débrouiller tout seul, afin de prouver son indépendance et son esprit d'initiative." répondit Harry "Mais là tout de suite je vérifie d'abord quelques définitions sur les sortilèges d'Apparition. Je n'ai pas envie de faire comme en Métamorphose et d'utiliser une propriété inadéquate" ajouta-t-il à l'adresse de Rémus

"- Moi je pense plutôt que tu devrais garder tes définitions. Tu as la chance d'avoir un aperçu inédit et original sur ce que l'on fait maintenant, et je pense que tu devrais l'exploiter !" s'insurgea Lily "Même le Professeur McGonagall l'a dit, à sa façon"

"- Ne t'inquiète pas, je ne vais pas oublier tout ce que j'ai déjà appris. Mais imagine que j'utilise une définition qui est considérée comme fausse ici, ou bien qui date de plusieurs siècles ! Cela serait beaucoup moins 'original' !" contra le jeune Potter

"- Oui, tu as peut-être raison ..." fit Lily, un peu décue.

"- Bon je ne voudrais pas vous dérangez, mais il est presque quatre heures, et c'est l'heure de l'entraînement de Quidditch !" la coupa Ophélie, qui visiblement s'ennuyait ferme dans la bibliothèque. "Ne fait pas cette tête Lily, tu m'avait dit que tu viendrais!"

"- Mais Ophélie ..."

"- Tu m'avais promis !" répliqua la sportive, implacable

"- D'accord je viens ..." céda la rousse. "On se revoit au repas Orion? Remus?"

Et les trois jeunes filles partirent. Harry se retrouva en tête à tête avec Remus.

"- Merci de rester avec moi, j'espère que cela ne te dérange pas d'être ainsi séparer des autres ..." fit Harry, principalement pour meubler le silence qui s'était installé.

"- Mais non ne t'inquiètes pas" le rassura Remus "cela m'évite de devoir être présent lors de la mise en application des farces, ce qui est toujours gênant lorsque l'on est Préfet! Et j'ai toujours droit à un compte rendu détaillé par la suite. Ta compagnie me permet aussi de passer un peu plus de temps à la bibliothèque."

"- J'avais cru comprendre que ce n'était pas leur endroit favori!" ajouta Harry en riant.

"- En effet, mais je garde espoir qu'ils verront un jour ou l'autre l'interêt de ce lieu, dans une autre optique que celle de trouver le nouveau tour à jouer aux Serpentards ! Et sinon tu te plaît en Angleterre? Pas trop le mal du pays?"

"- Un peu bien sûr, mais je m'en sors" répondit le jeune Potter "Et puis les Gryffondors sont vraiment accueillants "

"- C'est surtout que l'on a l'impression que l'on peut te faire confiance, que tu es comme l'un des nôtres ..." fit Remus. Mais son ton avait subitement changé, son regard s'était fait percant. "Tu vois ce que je veux dire?"

"- Non, enfin ... je ne vois pas ... Pourquoi dis-tu ca?" ne put que balbutier Harry. Sous l'aspect badin de leur conversation, Harry comprit que Remus recherchait vraiment une réponse. D'où pouvait bien venir ces doutes? 'l'un des notres' était-ce par rapport à James? Le lycan avait-t-il senti quelque chose? Voilà encore quelque chose qu'il allait devoir surveiller ...

"- Bon ce n'est pas grave ... Et si on allait nous aussi sur le terrain de Quidditch? James et Sirius sont sûrement là-bas !"

Harry accepta avec joie cette diversion.

Si l'attention que lui portait Remus était louable, bien qu'un peu gênante, il en existait d'autre que le jeune Potter aurait bien voulu éviter. Une d'entre elle se manifesta une ou deux semaines plus tard. La soirée était bien avancée et Harry se trouvait à la bibliothèque, seul. Ses recherches n'étaient pas très fructueuses. Les quelques livres qu'il avait pu trouver sur le voyage temporel n'étaient qu'élucubrations ou descriptions apocalyptiques de ce que pouvait engendrer ce genre de déplacement. Surtout Harry n'avait rien trouvé comme moyen pour retourner à son époque. La piste du Miroir n'avait pas beaucoup abouti non plus. Pour beaucoup cet objet était une légende, sensé aider 'ceux au coeur pur' . Alors qu'il marmonnait sur le fait qu'un coeur pur ne l'aidait pas vraiment dans la présente situation un bruit lui fit lever la tête.

Devant lui se trouvait un élève, à Serpentard selon son blason, qui devait se trouver en septième année.

"Bonjour , tu dois être Orion Williams? Je crois que nous n'avons jamais eu la chance de nous rencontrer. Puis-je m'installer?" fit l'inconnu, d'un air courtois et avenant, mais qui contrastait avec l'éclat glacé de ses yeux noirs, en montrant la table où Harry travaillait d'un signe de la main. Et sans attendre de réponse, il s'asseya sur le bord de la table. Harry étant assis sur une chaise il avait la désagréable sensation d'être dominée de deux bonnes têtes par son interlocuteur, ce qui était sans doute l'effet recherché.

" - En effet, c'est moi. Et vous êtes?" demanda Harry, ne sachant pas à quoi s'en tenir avec le nouveau venu.

"- J'en oublie toutes mes manières. Je me nomme Priam Aldenberg, 7e année à Serpentard. J'espère que tu n'es pas gaté par les préjugés envers cette noble maison. "

"- Disons que ceux j'ai déjà rencontré n'incite pas à la sympathie" répondit Harry prudemment.

" - Ah oui, je vois de quoi tu parles. Mais n'en tiens pas rigueur, ils ne sont pas caractéristiques de notre Maison."

" - Ce n'est pas vraiment ce dont j'ai entendu parler."

" - Je sais je sais, mais Serpentard n'a jamais joui, à tord, d'une belle réputation. Tu as la chance de venir de l'étranger et de ne pas être déjà influencé par tous préjugés, alors ne fais pas attention à toutes ces calomnies. Comme tu as pu t'en apercevoir j'en suis sûr, les Gryffondors, bien que courageux, sont parfois un peu orgueilleux et entêtés, et rejettent systématiquement les Serpentards. Pourtant tu aurais beaucoup à gagner à ne pas écouter qu'un seul son de cloche ..."

La voix du Serpentard était douce et entraînante. Harry se rendit compte très vite qu'il avait affaire à un as de la manipulation. Il avait de plus un très bonne idée vers où le Serpentard voulait en venir.

" - Tu ne dois pas bien t'en rendre compte, car tu n'es pas d'ici, mais les temps changent en Angleterre, et il va falloir faire le bon choix ..." A ces mots le regard du Serpentard se fit plus dur, sa voix plus appuyée.

" - Allons droit au but. Que me voulez-vous?" le coupa Harry abruptement , afin de déstabiliser son interlocuteur et que celui arriête de jouer au chat et à la sourirs. Celui-ci, s'il fut légèrement surpris, cacha très vite son trouble et continua son petit numéro.

" - Je ne te demande pas grand chose. Tu me sembles quelqu'un de très brillant tu sais. Il serait stupide de restreindre tes possibilités. Tu n'as pas besoin de les cacher comme tu le fais."

Comme ce qu'il avait craint, il n'avait pas réussi à bien donner le change lors des cours, et il s'était donc fait remarqué. Mais il se doutait bien qu'une telle rencontre n'aurait pas pu être évitée définitivement.

" - Pourtant je ne suis pas riche, je ne viens pas d'une famille influente et je doute que mon sang ait la pureté que vous recherchez. Alors je répète ma question, que me voulez vous?"

" - Je veux juste que tu ne fermes pas ton esprit à une autre vision du monde. Nous pouvons t'apporter beaucoup tu sais. Aussi bien à Poudlard qu'ailleurs. Un mot de moi et les Serpentards dont tu te plaignais te laisserons tranquille, et ce jusqu'à la fin de ta scolarité. Bien sûr il faudra que tu t'éloignes un peu de Potter et de sa clique, je ne pourrais retenir Rogue en cas d'auto-défense, mais ce n'est pas grand chose à coté de la tranquilité que tu peux obtenir ..."

Si Harry enlevait tout le glacage hypocrite, il pouvait y déceler une menace très claire : si il refusait il risquait d'avoir pour toujours Rogue et sa bande sur le dos. Il était aussi probable que ceux-ci l'ait importuné la dernière fois sur l'ordre de ce Priam

"Si tu le souhaites je peux aussi te faire rencontrer quelques personnes qui pourront t'aider à te faire une place à la sortie de Poudlard, dans la jungle que constitue la société anglaise. Et si tu as quelques remords en te disant qu'une telle ouverture d'esprit constitue déjà une traîtrise à ta maison, sache que plusieurs autres personnes, même si elles désirent rester incognito, ont déjà fait le bon choix."

Cette information était inquiétante. Harry se doutait bien qu'il y avait eu des fuites ou des personnes peu fiables dans l'entourage de ses parents, il ne pensait pas que cela remontait jusqu'à Poudlard. Il allait devoir être doublement prudent.

"- Maintenant que le message est passé je ne vais plus te faire perdre ton temps. De plus j'ai confiance en toi, et je sais que tu vas prendre la bonne décision. Au plaisir de te revoir, Orion." Et il partit.

Harry fronca les sourcils face à ce nouvel obstacle qui venait de surgir. Ce n'était pas une bonne chose, pas une bonne chose du tout. Ce Priam devait être une sorte de recruteur, chargé de trouver, au sein de Poudlard, des Mangemorts potentiels, ou du moins d'influencer les esprits afin qu'ils soient favorables au Seigneur des Ténèbres à leur sortie de Poudlard. Il devait reconnaitre qu'il était plutot doué, et pour un peu que l'on ne voyait pas, ou ne voulait pas voir, la finalité de son entreprise, la proposition était presque tentante. Encore une fois, le jeune Potter était face à un dilemne : devait-il rejeter fermement cette propositon, afin d'éviter de se retrouver dans une position intenable, ou bien allait-il profiter de cette opportunité afin de pouvoir déceler qui étaient les fameux partisans à Gryffondors et trouver des informations inédites pour sa quête? De plus Aldenberg n'avait pas l'air de quelqu'un à qui l'on pouvait dire non.

Pour l'instant se dit-il, il allait rester neutre au plus possible, laisser un peu d'espoir à ce fameux Priam tout en restant dans le vague, afin de ne pas s'engager. Bien sûr cette position n'était pas viable sur le long terme, mais il gagnerait ainsi quelques temps de sursis, afin de pouvoir décider de la conduite à tenir.

Cette décision prise il sortit de la bibliothèque, en ne remarquant pas la paire d'yeux acier qui le suivait, et qui n'avait sans doute rien raté de cette petite conversation ...


N'hésitez pas à faire vos commentaires sur ce nouveau chapitre, en bon ou en mauvais. Je suis un peu rouillée, mais j'espère que je reprendrais vite le rythme.