Miracle ! J'ai fini ce chapitre mercredi soir ! Alors que d'habitude c'est le samedi quand je me force …
Bon, cette fois faut avouer que j'étais motivée, je me suis complètement éclatée à écrire ce chapitre ! Je crois que c'est un de mes préférés . Mais à mon avis ça ne va pas plaire à tout le monde … Chhhhut ! Je ne vais pas en dire plus, ce serait dommage de vous gâcher le spectacle …
J'espère vraiment que ce chapitre vous plaira autant qu'à moi ! J'ai vraiment adoré l'écrire !
Sandiane : De la torture ? Noon … Juste un peu de souffrance psychologique, rien de bien méchant ! Mais merci d'apprécier quand même cette torture :p !
Tinn-Tamm : La seule chose que je te demande, c'est de me laisser terminer ma fic, après tu pourras me tuer, si tu veux. Et moi, mon personnage préféré c'est Remus, pas Sirius, alors … Désolée si je brutalise un peu le ptit chiot ! Mais en tout cas, merci beaucoup, au moins ça prouve que tu t'es attachée au coupe ! Et ça me fais très plaisir !
Maelys : Et bien … Merci !
Grande Troll : Vi, il souffre le pauvre Mumus. Et il a pas fini d'en voir de toutes les couleurs avec Clara, c'est moi qui te le dis … Oups ! Fais comme si je n'avais rien dit !
Chapitre 11 : Full Moon
Clara avait passé des vacances géniales. Elle s'était rapprochée des Maraudeurs, elle garderait toute sa vie les souvenirs mémorables des batailles de boules de neiges dans le parc de Poudlard, et surtout … Elle n'avait plus de soucis à se faire pour Lucas. Il fallait avouer que jusqu'à Noël, elle avait eu beaucoup de mal à ne pas fondre en sanglots, le soir, quand elle était seule dans son lit. La journée, il y avait les garçons, et notamment Sirius, qui lui changeaient les idées et l'empêchaient sans le savoir de penser à son frère. Mais la nuit … La nuit, elle tremblait. Plus le temps passait et plus elle s'inquiétait. Et elle ne pouvait pas en parler.
Elle était descendue plusieurs fois dans la salle commune, la nuit, mais Remus n'était pas venu une seule fois. Elle ne s'en était pas vexée, elle savait qu'il était fatigué à cause de sa maladie et qu'il avait sûrement envie de dormir. Mais il était le seul à qui elle pouvait se confier … Même à Sirius, elle n'avait rien dit à propos de Joram. C'était assez étrange, d'ailleurs. Mais elle n'arrivait pas à lui parler aussi franchement qu'à Remus. Ou du moins … Elle lui parlait franchement, lui disait ce qu'elle pensait de lui et de ce qu'il faisait, mais elle ne lui avait rien dit de sa vie. A part pour ses parents … Elle lui avait finalement dit qu'ils étaient mort la veille de Noël, parce qu'il s'était inquiété de la voir aussi sombre. Elle n'avait pas pu lui mentir, et avait senti comme un poids qui s'ôtait de ses épaules en le lui disant.
Mais c'était terminé. Plus d'inquiétudes, plus de nuits blanches. Elle pouvait se remettre à vivre sans craindre constamment de recevoir un hibou avec une nouvelle macabre à l'intérieur. Bien entendu, la menace Joram pesait toujours, mais bien moins lourd qu'avant. Et Dumbledore lui avait fait entendre que les Aurors allaient bientôt le retrouver …
La rentrée scolaire arriva rapidement mais ne parvint pas à entacher la bonne humeur de Clara, qui retrouva Lily et Sarah avec plaisir. Dans le hall, les élèves entraient chargés de leur valises et venaient se mettre à l'abris de la tempête de neige. C'est là que Clara retrouva les deux jeunes filles, couvertes de neige, habillées chaudement, Lily à la mode moldue, et Sarah à la mode sorcière. Clara les accueillit avec de grands sourires, mais elle resta à distance le temps qu'elles ôtent la neige dont elles étaient couvertes.
Les deux jeunes filles avaient été mises au courant pour elle est Sirius le soir même du bal, et c'est donc un des premiers sujets qu'elles abordèrent quand elles furent changées et séchées, bien installées devant le feu. Mais Clara n'avait pas vraiment envie de passer sa soirée à parler d'elle et de Sirius, ni de leur raconter tout ce qu'ils avaient fait ces vacances. Et avec les oreilles qui traînaient autour d'elles … Elle ne voulait pas que tout Poudlard sache qu'elle était vraiment avec Sirius. En deux semaines, la rumeur avait du disparaître, et maintenant que c'était la réalité, et pas qu'une rumeur, Clara préférait que cela ne se sache pas.
- Il t'a offert un cadeau ? Demanda finalement Sarah.
- Un cadeau ? Non ! Ca ne fait que deux semaines qu'on est ensembles ! Répondit Clara, surprise.
Elle n'avait pas du tout pensé à ça, et encore moins à lui en offrir un, à lui. Elle espérait qu'il ne s'était pas vexé pour ça … Il ne lui en avait pas du tout parlé, donc … Cela signifiait sûrement qu'il s'en fichait. Et franchement, elle ne se voyait pas lui offrir un cadeau après seulement deux semaines, même pour Noël !
Sarah parut un peu déçue, sans doute qu'elle aurait aimé savoir ce que Sirius Black pouvait offrir comme cadeaux à ses petites amies. Clara avait du mal à se voir comme telle. Elle savait que Sirius était du genre tombeur, qu'il avait eu d'innombrables copines avant elle, et que cela ne durait généralement pas longtemps. Mais elle avait vu aussi certaines de ces filles et elle souhaitait sincèrement qu'elle ne leur ressemblait pas. La plupart regardaient Sirius avec des yeux de merlans frits, c'en était pitoyable. Clara espérait vraiment qu'elle ne regardait pas Sirius comme ça. Elle s'en serait sûrement rendue compte … Et elle ne se sentait pas amoureuse comme ça. Sans doute qu'elle regardait Joram comme ça, l'année dernière. Mais c'était terminé. Plus jamais elle ne se soumettrait comme ça à un garçon. Plus jamais.
Bon, bien sûr, elle s'était aussi juré, il y a quelques mois, de ne plus jamais avoir d'histoires avec des garçons, ni de tomber amoureuse, mais … Sirius, c'était Sirius. Elle s'entendait merveilleusement bien avec lui, il la faisait rire, il ne la regardait pas seulement comme une potiche ou comme une décoration, et elle avait l'impression qu'il la respectait. Cela faisait une énorme différence avec Joram …
- En parlant de cadeaux … Merci beaucoup pour les vôtres ! Fit Clara.
Lily lui avait offert un bracelet avec pleins de petits pendentifs en argent de différentes formes, que Clara ne quittait plus. Et Sarah lui avait envoyé une tunique chinoise en soie rouge, que Clara trouvait tellement belle qu'elle n'osait pas la mettre. Elle l'avait essayée juste une fois, et elle ne savait pas quand est-ce qu'elle pourrait la porter. C'était bien trop beau pour qu'elle puisse la porter tout les jours … Pourtant, Sirius avait insisté pour qu'elle la remette !
- Bah, ça nous a fait plaisir ! Merci à toi aussi, fit Lily en souriant.
- Je ne savais vraiment pas quoi vous offrir … S'excusa Clara.
Elle avait eu beaucoup de mal à leur trouver un cadeau à chacune, et finalement avait opté pour deux CD de rock français pour Lily, et un pendentif en pierre enchantée en forme de lune pour Sarah.
La conversation dériva sur les cadeaux que les filles avaient reçu, et finalement elles se mirent toutes trois à gémir en cœur sur les cours qui reprenaient, le lendemain. Clara aurait voulu que ces vacances continuent encore longtemps …
La semaine commença sur les chapeaux de roue. Les professeurs semblaient penser que les élèves avaient prit trop de repos pendant les vacances et qu'il fallait les remettre rapidement au travail. Les sixième année de Gryffondor eurent donc une montagne de devoirs à rendre dès le premier soir, et Clara se mit vraiment à regretter les vacances. Le rythme de la première journée avait été infernal, et cela ne présageait rien de bon pour les jours prochains. Sans compter qu'elle n'avait pas pu voir Sirius très souvent …
Avant la rentrée, elle avait posé des conditions : elle ne voulait pas que tout Poudlard les voit ensembles, elle ne voulait pas qu'on les regarde comme des bêtes curieuses quand ils passeraient dans les couloirs. Alors ils se voyaient plus ou moins en cachette … En cours, ils ne se mettaient pas ensembles, mais à table et dans les couloirs, elle se rapprochait des Maraudeurs pour pouvoir discuter avec lui. Discuter seulement … Et quelquefois, ils s'écartaient, allaient dans un couloir un peu plus désert, et la conversation tournait court. Mais ces moments étaient trop courts et trop rares pour eux deux. Elle voyait bien que Sirius n'était pas très satisfait par cette situation, et il fallait avouer que elle non plus n'aimait pas trop ces moments trop fugaces, mais elle restait intransigeante. Si peu à peu, des élèves se rendaient compte qu'ils étaient ensembles, elle ne voulait pas en faire une affaire d'état ni s'afficher clairement avec lui. C'était comme ça, elle n'aimait pas ça.
Au moins, cela avait eu comme effet de rapprocher Sarah et Lily des Maraudeurs, pour le plus grand plaisir de James. En effet, si Clara se mettait à table avec eux, les deux filles s'asseyaient avec elle. Et elles n'arrivaient généralement pas à ignorer les Maraudeurs bien longtemps … Sirius et James étaient constamment en train de leur parler, de leur demander leur avis, comme si elles étaient réellement amies avec eux. Sarah était très contente de cette situation. Lily … Un peu moins. Mais elle s'y faisait, et la plupart du temps elle discutait avec Remus plus qu'avec James ou Sirius.
Une semaine passa ainsi, avec son rythme infernal et ses devoirs à la pelle. Clara passait beaucoup de temps à la bibliothèque avec Lily et Sarah pour terminer ses devoirs, et de moins en moins de temps avec Sirius. Elle aurait vraiment voulu profiter un peu mieux des moments qu'elle passait avec lui, mais avec les montagnes de devoirs qu'ils avaient, et les élèves qui passaient dans les couloirs, de plus en plus nombreux à les regarder avec de grands yeux curieux, n'étaient pas vraiment pour les rapprocher.
Clara était de plus en plus fatiguée, la bonne humeur de la lettre de Dumbledore s'était définitivement envolée. Elle essayait de passer le plus de temps possible avec Sirius, c'était le seul moyen qu'elle avait pour décompresser. Mais même ça, ça la faisait stresser. Plusieurs fois, elle lança des regards furieux à des filles de deuxième et troisième année qui s'étaient arrêtées au détour d'un couloir en les voyant tout les deux enlacés.
Clara et Sirius étaient installés dans la Salle sur Demande, pendant un de leurs rares moments où ils étaient seuls, et totalement seuls. D'une cheminée en pierres un feu flambait joyeusement, réchauffant agréablement la pièce. Clara aimait venir ici, surtout quand c'était Sirius qui la décorait. Sur un mur, on voyait de grandes affiches animées des équipes de Quidditch préférées de Sirius, et quelques-unes françaises que Clara avait fait découvrir au jeune homme. Quelques torches éclairaient faiblement la pièce, lui donnant un air accueillant. Un canapé rouge, très confortable, était placé face au feu, avec une multitude de coussins et de poufs un peu partout dans la pièce. Un épais tapis de laine recouvrait le sol, et Clara passait plus de temps par terre que sur le canapé. Sirius avait catégoriquement refusé d'ajouter des décorations qui auraient pu lui faire penser à chez lui.
- Tu ne veux toujours pas qu'on se voie ailleurs qu'ici ? Demanda Sirius pour la énième fois.
Il était allongé par terre, les bras croisés sous la tête, et regardait le plafond. Clara était couchée sur le ventre à côté de lui, les coudes appuyés par terre, le menton entre les mains. Elle poussa un soupir et il se redressa, une moue irritée sur les lèvres. Ils se voyaient aussi ailleurs, ils le savaient tout les deux, mais c'était le seul endroit où ils étaient tranquille, et ils venaient rarement.
- Non, franchement.
- Tout le monde sait qu'on est ensemble. Pourquoi tu continues à faire comme si c'était pas le cas ?
Elle se mordit la lèvre. Elle ne savait pas pourquoi. Mais elle n'allait pas lui avouer ! La dernière fois qu'elle était sortie avec quelqu'un, elle l'avait fait devant tout le monde et ça s'était très mal passé. Au fond d'elle … Elle devait redouter qu'il se passe la même chose. Elle essayait de mettre le plus de différences possibles entre cette histoire et celle avec Joram.
- Parce que je n'ai pas envie qu'on me mette dans la même catégorie que tes anciennes copines.
Il haussa les sourcils et claqua sa langue d'un air agacé. Elle savait bien que ce n'était pas très subtil de dire une chose pareille … Cela pouvait sous-entendre certaines choses plutôt désagréables pour Sirius.
- Tu pourrais être plus explicite ? Demanda-t-il.
Son ton avait changé, Clara sentait qu'elle commençait à toucher une corde sensible. Mais elle ne pouvait plus vraiment reculer.
- C'est bon, t'énerve pas. Je voulais juste dire que … Tu es sorti avec des filles …
- Pour l'instant t'as pas tord, ironisa-t-il. C'était effectivement des filles. Mais encore ?
- Je sais pas moi, qu'est-ce que tu leur trouvais ? On dirait que … Elles te regardent comme si tu étais un Dieu personnifié ! Elles doivent pas avoir beaucoup de cervelle …
Sirius la regardait à présent comme s'il hésitait entre rire et se fâcher, et Clara se rendit compte de l'énormité de ce qu'elle venait de dire.
- Tu rigoles, là, non ?
Il était vexé, et c'était bien compréhensible.
- Je me suis mal exprimée … Marmonna-t-elle.
- Clara ! On sors ensemble ! Ca veut quand même dire que … Un minimum … Que tu m'apprécie, non ?
- Bien sûr que oui ! Se défendit-elle.
- Alors c'est quoi le problème ? On dirait que … Je sais pas, que tu trouves que mes ex sont assez bêtes pour avoir voulu sortir avec moi !
- J'ai jamais dit ça ! J'ai juste dit que … Je sais pas comment te l'expliquer !
- Tu es jalouse ? Finit-il par demander.
- Quoi ? Jalouse d'elles ? Ca va pas non ? S'exclama Clara.
Cette réponse ne sembla pas du tout convenir à Sirius.
- Alors dis-moi clairement ce qui ne va pas ! Tu as honte d'être avec moi ? Tu ne veux jamais qu'on nous voie ensemble !
- Je n'ai pas honte ! Tu ne comprends pas !
- Non, effectivement, je ne comprends pas ! Tu m'expliques tellement bien, en même temps, je dois être complètement bouché !
- Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Même moi je ne sais pas … C'est compliqué !
Il soupira et s'assit en tailleur en face d'elle. Il essayait de se calmer, pour avoir une conversation qui ne finirait pas avec des cris. Clara savait qu'elle devrait faire la même chose, mais elle n'y arrivait pas. Elle s'était énervée toute seule, mais elle ne voulait pas l'admettre, et préférait chercher des reproches à faire à Sirius plutôt que de reconnaître qu'elle avait tord. Elle s'assit elle aussi en face de lui, fuyant son regard. Au fond d'elle, elle savait qu'elle avait tord et s'en sentait coupable, mais elle était trop énervée. Elle avait envie que cette conversation se termine, qu'ils oublient ce qu'il s'était passé. Elle voulait aller parler avec quelqu'un d'autre, pas rester avec Sirius. Parce que décidemment, cette histoire était trop compliquée. Elle regrettait de s'être engagée avec lui, cela ne lui créait que des soucis. Pourtant, elle l'appréciait vraiment. Elle ne pouvait pas dire qu'elle était amoureuse de lui, mais elle aimait être avec lui. L'embrasser, être dans ses bras, rire et parler avec lui, c'était agréable. Mais si elle le considérait juste comme ça, ça n'irait pas. Pour qu'ils continuent, il fallait qu'il y ait quelque chose de plus entre eux.
- Bon. Je t'écoute, dit-il calmement.
Elle soupira une nouvelle fois. Que voulait-il qu'elle dise ? Elle venait de se rendre compte que leur histoire ne les mènerait à rien. Elle n'était pas amoureuse de lui. Et elle n'avait pas l'impression qu'elle pourrait le devenir. Il valait mieux qu'ils soient amis. Seulement amis.
- Il n'y a rien à dire. Je crois que … Je ne veux pas qu'on soit toujours ensemble, comme un couple normal, parce que … Cela voudrait dire qu'on est un couple normal.
Il fronça les sourcils, mais il n'y avait plus de traces d'agacement dans son regard. Et cela mit Clara plutôt mal à l'aise.
- Mais alors quoi ? Qu'est-ce qu'on est ?
- Je sais pas. Je … C'était plus simple quand on était pas ensemble.
- Ce n'est pas fait pour être simple. J'essaye de faire des efforts, je te jure. Mais on dirait que tu t'en fiches ! Tu ne te rends pas compte ? Pour toi, j'ai changé. Vraiment. Demande à James ou à Remus. Je n'étais pas comme ça avec les filles, avant toi.
Clara l'écoutait avec effarement. Elle ne voulait pas entendre ça. Elle ne voulait pas qu'il soit amoureux d'elle. Parce que ce serait encore plus dur d'y mettre fin.
- Mais je ne peux pas faire de miracles. Je suis Sirius Black, je ne peux pas devenir un autre, même avec une baguette magique. Et il y a des choses … Que je ne peux pas changer.
Je ne peux pas devenir un autre. C'était peut-être ça, le problème. Elle attendait de lui quelque chose qu'il ne pouvait pas lui donner. Elle avait accepté cette relation en sachant dans quoi elle s'engageait, mais elle avait pensé, peut-être, que ça pourrait changer. Est-ce qu'elle s'était trompée ? Sans doute. Cela aurait peut-être marché avec quelqu'un d'autre. Un mélange de ce qu'elle aimait de Sirius, et de ce qu'elle attendait de lui mais qu'il ne pouvait pas lui donner. Mais qu'est-ce qu'elle attendait vraiment de lui ? Elle ne le savait même pas !
Elle leva les yeux vers lui. Il s'était tu, il la regardait sans rien dire, attendant sûrement une réaction, une réponse. Qui ne venait pas. Elle ne savait pas quoi lui dire. Elle voulait fuir, s'en aller de cette salle et faire comme s'il ne s'était rien passé. Ca aurait été tellement plus simple. Mais elle avait commencé quelque chose avec lui, et elle devrait le finir. Aujourd'hui, si possible, si elle en avait le courage.
Elle prit une inspiration.
- Je ne suis pas amoureuse de toi, Sirius.
- Je sais, répondit-il à voix basse.
Elle haussa les sourcils, surprise.
- Je pensais que ça pourrait changer, avec le temps. Ca ne fait que trois semaines, Clara. Ca peut encore changer.
Même lui ne semblait plus trop y croire, après ce qu'elle lui avait dit. Elle ne fit rien pour l'encourager. Elle se sentait assez ignoble.
- Je … Je suis désolée, Sirius. Mais … Je ne m'étais pas rendue compte de ce que tu as fait pour moi. C'est super, vraiment. Et j'ai été plus heureuse avec toi qu'avec … Mon ex … Pendant les vacances, c'était vraiment … Bien. Et je t'apprécie beaucoup. Mais c'est de l'amitié, c'est tout.
Il ne répondit pas tout de suite. Finalement, un sourire vint soulever le coin de ses lèvres et Clara se sentit un peu rassurée. Il n'avait pas l'air de trop lui en vouloir.
- C'est ta manière de me faire comprendre que c'est fini ? J'imaginais que les Françaises avaient des manières plus violentes de le dire.
- Quoi ? Les Françaises ne sont pas violentes, juste impulsives ! Se défendit Clara avec force.
- Impulsives ! C'est un doux euphémisme ! J'ai côtoyé une Française, et je peux te dire qu'elle n'était pas seulement impulsive !
Clara croisa les bras sur sa poitrine et regarda Sirius avec un air provocateur.
- Ah oui ? Et bien, moi j'ai côtoyé un Anglais ! Et ce n'était pas un cadeau non plus !
Il eut un sourire moqueur.
- Les Anglais sont de vrais cadeaux, si tu ne prends pas en compte Rogue, qui dois être un bâtard.
- Des cadeaux ! Laisse-moi rire …
Les choses étaient redevenues comme avant. En apparence, du moins. Mais Clara était contente que Sirius ait réagi comme ça. Sans doute qu'il était plus peiné, ou plus vexé qu'il ne voulait le montrer, mais il avait choisi d'en rire, et c'était mieux pour tout les deux. Elle ne voulait pas qu'ils se perdent en excuses et en explications. L'essentiel, c'était qu'il restent amis. Et elle espérait bien que c'était le cas.
- Quoi ? Vous n'êtes plus ensemble ? Mais pourquoi ? S'exclama Sarah.
Elle semblait sidérée. C'était si étonnant que ça ? Clara avait rejoint Lily et Sarah dans une salle d'étude vide où elles avaient rendez-vous pour travailler leurs Enchantements. Mais Clara avait eu le malheur de leur dire qu'elle avait rompu avec Sirius …
Lily n'avait rien dit, mais la nouvelle ne semblait pas trop l'étonner, ni l'émouvoir, d'ailleurs. Elle souriait, d'un air un peu moqueur. Sarah, par contre, n'en croyait pas ses oreilles.
- Comme ça, on allait pas ensemble, c'est tout.
- Vous alliez très bien ensemble ! Fit Sarah, le ton légèrement déçu.
Cela étonna un peu Clara, mais elle ne fit pas de commentaire.
- C'est toi qui le lui a dit, je suppose ?
- Oui ..
Sarah et Lily eurent un petit rire narquois, et Clara fronça légèrement les sourcils. Qu'est-ce qu'il y avait de drôle là-dedans ?
- Tu dois être la première à lâcher Sirius Black avant qu'il ne le fasse, expliqua Sarah.
- Et comment il a prit la nouvelle ? Demanda soudain Lily.
- Pas si mal, j'ai eu l'impression. En tout cas, quand je suis partie on s'entendait assez bien. Dommage pour toi, mais je crois que je vais continuer à aller m'installer avec les Maraudeurs, le midi.
Lily leva les yeux au ciel, un sourire amusé aux lèvres. Cela ne semblait pas la déranger plus que ça …
- Ah ? Finalement, tu ne les trouve plus si puérils … Remarqua Clara.
- Bien sûr que si ! Ce sont des gamins arrogants et immatures, se défendit Lily. Mais je suis bien obligée de te tenir compagnie, sinon ils auraient vite fait de t'enrôler dans leurs plans pour faire perdre des points à Gryffondor.
- Je me disais bien … C'est pas pour moi, c'est pour la Coupe de fin d'année !
Lily haussa les épaules, un petit sourire du genre « bien sûr, pour quoi voulais-tu que ce soit d'autre ? » sur les lèvres.
- Miss Préfète-Parfaite … Fit Clara d'un ton moqueur.
- Arrête de m'appeler comme ça ! On dirait J… Potter !
Clara et Sarah échangèrent un regard : elle avait bien faillit dire James ! Elle qui ne l'appelait que par son nom de famille, et seulement quand elle n'avait pas le choix de le nommer ! La plupart du temps elle parlait de « lui » comme si c'était le pire des Serpentard.
Lily surprit leurs sourires narquois et fit mine de se vexer : elle redressa le dos, pinça les lèvres et détourna le regard d'une manière très digne, très hautaine. Outrée de s'être fait démasquer ? Mais elle semblait ne plus détester James autant qu'au début d'année … Même si elle était loin de l'avouer !
Le week-end se termina, sans que Clara ait vraiment eu le temps de se reposer. Elle avait travaillé avec les filles tout le samedi, et le dimanche elle était allée voir un entraînement de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Elle avait fini par céder à James et à Sirius qui tenaient absolument à ce qu'elle vienne les voir au moins une fois. Et il fallait avouer qu'elle avait apprécié. Et en même temps, elle n'était pas sûre d'y retourner une autre fois. Le Quidditch, pour elle, c'était définitivement rattaché à la mort de ses parents, comme beaucoup de choses, d'ailleurs. Elle avait fait des efforts pour crier des encouragements et des critiques à James et à Sirius, du haut de son gradin, mais elle en était sortie déprimée.
Même si elle savait que son frère était en sécurité, et que Joram ne pouvait théoriquement pas venir la chercher ici, elle n'avait toujours pas fait son deuil. A Noël, elle avait ressenti plus forte l'absence de ses parents, mais elle avait été éludée par la lettre de Dumbledore. Maintenant, la grisaille revenait, la déprime aussi.
Elle était restée très proche des Maraudeurs, malgré sa séparation avec Sirius. Ils avaient accueilli la nouvelle sans faire de commentaires, du moins pas devant elle, et ils avaient continué de se conduire avec elle comme s'il ne s'était rien passé. Elle ne regrettait donc pas vraiment son geste. Pas vraiment. Mais quand elle sortait avec Sirius, elle n'avait plus d'idées noires. Pas le temps ? Sûrement. Mais maintenant, elle y repensait, et elle s'était mise à regretter ces moments avec Sirius où elle ne faisait que rire pendant des heures, comme protégée par ses bras et son sourire.
Et comme pour confirmer son humeur, une mauvaise surprise l'attendait le vendredi, au petit déjeuner. Comme s'il avait prit l'habitude de lui envoyer de ses nouvelles le matin, afin de lui gâcher entièrement la journée. Comme s'il avait deviné qu'elle n'avait plus de remparts contre lui, Joram lui envoya une nouvelle lettre.
Cette fois, Clara savait que c'était lui qui lui écrivait. Comme un pressentiment … Comme si elle attendait cette lettre depuis le début de la semaine. Avec une certaine ironie, elle pensa qu'au moins, elle avait une raison de déprimer, maintenant. Avant même d'ouvrir la lettre, elle sentit une chape de plomb s'abattre sur ses épaules, une boule lui nouer la gorge. Qu'est-ce qu'il allait lui dire ? Il était curieux de voir avec quel détachement elle prenait cette lettre. Quelques mois plus tôt, elle aurait été terrorisée. Là … Elle était fatiguée. Elle ne voulait pas savoir ce qu'il lui disait, parce qu'elle savait que cela lui ferait du mal.
Une nouvelle fois, elle quitta la Grande Salle pour aller ouvrir sa lettre. Elle ne remarqua pas le regard que lui lança Remus quand elle passa devant lui. Elle n'avait d'yeux que pour ce parchemin cacheté qui allait l'abattre et lui miner le moral pour les jours à venir.
Une fois seule, dans un couloir, elle remarqua qu'elle tremblait. La peur avait finit par arriver, et une curiosité morbide la poussait à décacheter la lettre, alors qu'elle aurait pu la lancer dans un feu sans même l'ouvrir. Cela lui aurait évité bien de la douleur … Et elle était loin de s'imaginer à quel point.
Elle brisa le sceau et se mit à lire. Joram était furieux, cela se sentait au ton de ses phrases. « Je suis affreusement déçu que tu ne sois pas venu quand je te l'ai demandé. Jusqu'à maintenant, j'ai été gentil. C'est fini. Tu pensais que j'avais été cruel avec toi ? Tu ne sais même pas jusqu'où je peux aller pour te faire revenir. Tu penses être en sécurité auprès de Dumbledore ? Profites-en bien. Il ne sera pas éternellement là pour te protéger. » Puis venaient les menaces. D'un autre genre, cette fois. Il ne voulait plus s'en prendre à elle ou à son frère, mais « à tes amis. Je sais que tu t'es fait de très bons camarades, dans ton école anglaise. Profite bien d'eux tant que tu le peux encore, tu pourrais très vite devoir les pleurer comme tu as pleuré tes chers parents. Dès l'enceinte de Poudlard franchie, ils sont à ma merci. Et je peux te jurer que tu me supplieras de les achever quand tu les auras entendus hurler. Je sais avec qui tu discutes, je sais avec qui tu sors, je sais avec qui tu travailles, je sais qui tu aimes et qui tu n'aimes pas et je sauras qui frapper le moment venu. » Clara avait l'impression d'étouffer. « Je ne suis pas seul. Tu peux m'enfermer, il y aura toujours quelqu'un pour terminer ce que j'ai commencé. Je ne suis pas le seul à vouloir une vengeance. Tu pensais avoir peur ? C'est maintenant que tu vas vraiment savoir ce que peur veut dire. Tu penseras à moi toutes les nuits avant de t'endormir, et si tu arrives à dormir avec la mort des tes amis sur la conscience, tu penseras aussi à moi quand tu te réveilleras. Et il y a une chose que tu dois savoir. Jusqu'à maintenant, je voulais juste que tu revienne. C'est fini. Je veux te tuer, mais revenir ne servira plus à rien. Je viendrais te chercher et tu seras la dernière à mourir. »
Il bluffait. Sans aucun doute. Il ne pouvait pas faire une chose pareille. Venir en Angleterre, s'en prendre à des élèves de Poudlard juste devant Dumbledore, c'était du suicide pur et dur. Surtout maintenant qu'il avait mit des Aurors à sa recherche. Et comment pouvait-il savoir qui frapper ? Il ne connaissait pas vraiment le nom des gens avec qui Clara discutait. Non, elle était presque sûre qu'il bluffait. Du moins, elle essayait de s'en persuader …
La journée passa et comme toujours elle fit comme si rien ne s'était passé. Aux yeux des autres, elle essaya de se comporter normalement et de vivre, tout simplement. Contrairement aux autres fois, elle n'avait pas envie de s'effondrer en larmes ni de partir au plus tôt pour Paris. Elle avait l'impression d'être dans un cauchemar. Ce n'était pas possible, tout simplement. Elle avait presque réussi à s'en convaincre. La réalité était trop monstrueuse pour qu'elle la regarde en face et qu'elle l'accepte. Non, décidemment, une horreur pareille n'était pas possible. Elle ne voulait même pas imaginer Joram en train de s'en prendre à Lily, à Sirius, à Remus, ou à n'importe qui.
Mais à mesure que la journée avançait, et que la nuit tombait, elle se rendait compte de ce que Joram avait dit. Et s'il était sérieux ? Et s'il mettait vraiment ses menaces à exécution, cette fois ? Jusqu'où était-il réellement près à aller pour la tuer ?
Elle remarqua à peine que Sarah et Lily montaient se coucher, leur promettant qu'elle monterait rapidement, et elle resta assise à sa table à ruminer ses questions sans y trouver de réponses. Elle vit les Maraudeurs descendre de leur dortoir, s'étonner qu'elle soit toujours là et finalement sortir dans les couloirs. Il était tard, elle était seule. Ils n'étaient toujours pas revenus. Sûrement en train d'explorer le château …
Clara avait froid. Elle tremblait de tout ses membres, mais elle n'osait même pas bouger. La lune, bien ronde, éclairait sa table d'une lumière froide, et pour une fois Clara trouva cette lumière sordide. Sirius avait raison, finalement. La pleine lune, c'était désagréable. Elle mettait à nu ses pensées et ses peurs. Le fantôme de Joram était plus présent que jamais, et Clara réalisait qu'il pouvait s'en prendre à ses amis. Qu'il pouvait les tuer sans états d'âmes comme il avait tué ses parents. Il allait venir en Angleterre, s'il n'y était pas déjà, et allait traquer tout les amis de Clara jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'elle. A la lumière de la lune, comme ce soir, il les égorgerait de ses mains et ferait couler leur sang. Elle entendrait leurs hurlements et ne pourrait rien faire, sinon pleurer pour qu'il arrête. Mais il ne s'arrêterait pas, au contraire. A coup de sortilèges Impardonnables et de Magie Noire, il ferait souffrir ceux que Clara aimait et quand ils seraient tous mort, ce serait elle qui souffrirait. Mais y avait-il pire supplice que de voir couler le sang de ses proches ? Voir la douleur sur un visage aimé … Elle ne pourrait pas le supporter.
Minuit était passé depuis longtemps quand Clara sortit de ses cauchemars éveillés. Suffocante, couverte de sueur froide, elle ne savait plus où elle était. La lumière blanche qui l'éclairait lui faisait mal aux yeux et l'inquiétait. Où était Remus ? Pourquoi n'était-il pas là pour la consoler, pour la prendre dans ses bras, pour la réchauffer, comme il savait si bien le faire ? Elle avait besoin de lui, ce soir plus que tout les autres. Elle avait besoin de sentir qu'il était toujours vivant, qu'il n'était pas encore mort à la lumière de la lune. Mais il n'était pas là et elle n'avait aucun moyen de savoir s'il était toujours vivant. Et s'il avait rencontré Joram, cette nuit justement ? Un sanglot franchit les lèvres de Clara. Pas Remus …
La lumière de la lune, cette lumière blafarde et porteuse de malheur, finit par disparaître au profit de l'aurore. Clara n'avait pas bougé de sa chaise, elle ne s'était pas rendue compte qu'il s'était passé autant de temps. Engourdie, les muscles tendus à l'extrême, elle ressenti seulement à ce moment une fatigue sans nom s'abattre sur elle. Mais elle n'irait pas dormir, pas en sachant que Joram l'attendait sinon dans son lit, au moins dans ses rêves.
Elle sursauta violemment en entendant le portrait s'ouvrir, puis se refermer sans bruit, sur … Sur rien, sur personne. Elle écarquilla les yeux, mais ne vit personne. Elle frissonna, glacée de peur. Les fantômes, à Poudlard, n'étaient pas invisibles. Ce n'était pas un fantôme. Et dans l'état de fatigue et de paranoïa où elle était, Clara n'imaginait pas que le portrait se soit ouvert sans raison.
Soudain, elle entendit un murmure, un souffle. Elle se tourna brusquement, mais il n'y avait toujours personne. Et elle pouvait bien regarder partout, elle ne voyait rien. Elle eut un rire nerveux : elle délirait. Elle n'avait rien entendu et le portrait ne s'était pas ouvert. Elle était fatiguée, il fallait qu'elle dorme. Mais un simple regard au dortoir la pétrifia de frayeur. Elle n'avait pas le courage d'aller se coucher. Elle avait peur des cauchemars qu'elle ferait, et rien que le fait d'y penser lui tordait l'estomac.
Mais elle avait des vertiges de fatigue, elle devait se coucher et dormir, au moins quelques heures. Cette nuit avait été éprouvante. Mais elle ne dormirait que si elle était sûre de pouvoir le faire tranquillement, sans avoir peur de faire des cauchemars et de se réveiller en hurlant. Est-ce que l'infirmière accepterait de lui donner une potion de Sommeil ? A Beauxbatons, elle en avait déjà pris, pendant les périodes d'examens. Ici, elle ne savait pas si c'était autorisé. Mais elle ne risquait rien à demander … Elle avait même tout à gagner.
Elle s'enveloppa dans sa cape et sortit de la salle commune. Elle savait vaguement où était l'infirmerie, et par chance, elle retrouva facilement son chemin. Il était vraiment très tôt, il n'y avait pas un chat dans les couloirs. L'infirmière ne serait même pas levée … Clara se traita d'idiote. Mais elle n'avait pas le courage de remonter tout les étages jusqu'à la tour des Gryffondor. Elle irait frapper chez l'infirmière, et si elle n'y était pas … Elle attendrait devant la porte. Ou alors elle s'en irait, elle verrait sur place.
Un soupir soulagé franchit ses lèvres quand elle vit que la grande porte de l'infirmerie était ouverte. Elle entra, sans faire de bruit, mais avant d'avoir vraiment franchi la porte, elle se figea. Elle venait d'entendre une voix, une voix qui avait prononcé un nom. « … votre potion, Remus. Dormez, vous irez mieux après. »
Elle voyait l'infirmière, qui lui tournait le dos, et qui s'adressait à quelqu'un couché sur un lit, dont elle ne voyait pas le visage, mais qu'elle devinait aisément. Remus. Le cœur de Clara se serra douloureusement et se mit à battre la chamade. Les images d'horreur de sa nuit défilèrent dans sa tête et elle cru qu'elle allait s'évanouir.
L'infirmière tira les rideaux autour du lit et quitta Remus puis entra dans son bureau, sans voir Clara. La jeune fille s'avança en silence dans l'immense salle. Elle cru que le chemin jusqu'au lit de Remus était interminable, chaque pas était un supplice. Elle craignait de voir ce qu'il y avait derrière ces rideaux. Au fond d'elle, elle espérait que c'était seulement une mauvaise coïncidence, qu'il était tombé malade et que par malchance c'était tombé aujourd'hui. Si ce n'était que ça … Mon Dieu, elle aurait ri d'elle-même pendant très longtemps après ça. Ri d'avoir eu aussi peur pour une simple grippe ou un virus dans ce genre. Et quand elle atteignit les rideaux, elle était presque sûre qu'elle allait le voir avec le nez rouge, le teint pâle, et qu'il lui dirait que, pas de chance, il avait attrapé un refroidissement.
Clara passa la main par l'entrebâillement du rideau et l'écarta doucement, mais elle eut un haut-le-cœur quand elle vit le corps allongé sur les draps. Elle eut du mal à le reconnaître. Des bandages rouges de sang lui entouraient les bras, l'épaule, le torse. Des contusions bleuissaient petit à petit un peu partout sur sa peau. Les traits tirés, des cernes presque noires sous ses yeux clos, une griffure tout le long de la joue droite … Remus était dans un triste état.
Clara ouvrit la bouche en grand, cherchant de l'air, pliée en deux comme si on venait de lui asséner un coup dans le ventre. Elle ne supportait pas ce spectacle et pourtant elle n'arrivait pas à détourner ses yeux du visage de Remus. Les larmes coulèrent le long de ses joues sans qu'elle ne s'en aperçoive. Le monde s'était à nouveau arrêté de tourner. Par sa faute. Par sa faute Remus avait été blessé. Elle voyait son sang à travers la gaze et ne pouvait s'empêcher d'imaginer Joram en train de le faire couler. Remus avait souffert, cela se voyait. A cette pensée, Clara se sentit mal. Elle ne pouvait pas le croire, et pourtant c'était vrai. La réalité l'avait rattrapée.
Soudain, il ouvrit les yeux et les planta dans les siens. Clara recula de quelques pas, le cœur battant à tout rompre, les larmes aux yeux, et balbutia :
- Sorry …
Que pouvait-elle dire d'autre ? Aucun mot ne pouvait excuser ce qu'elle avait fait. Aucun mot ne pourrait effacer les blessures de Remus.
Avant qu'il n'ait pu réagir, elle tourna les talons et s'enfuit en courant de l'infirmerie, hantée par le regard de Remus. Elle qui n'avait pas fermé l'œil de la nuit se sentait poussée par une énergie qui semblait inépuisable. Elle marcha pendant un bon moment dans les couloirs, sans but, laissant ses pas la mener, empruntant des passages secrets qu'elle ne se rappelait pas avoir déjà emprunté.
La main tendue vers le mur, elle effleurait les pierres froides pour garder un contact avec la réalité, pour être sûre qu'elle ne rêvait pas. C'était pire qu'un cauchemar. Elle avait vu Remus blessé, souffrant, elle avait entendu sa respiration hachée par la douleur. Il ne lui en fallait pas plus pour imaginer les pires scènes de torture. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il s'était passé mais elle était sûre d'une chose : Joram avait mit ses menaces à exécution, le soir même où elle avait apprit ce qu'il projetait. Et il s'en était prit à Remus. Remus qui avait toujours été là pour elle, Remus qui était le seul au courant de la vérité dans sa totalité.
Clara ne s'était pas sentie aussi mal depuis la mort de ses parents. A nouveau, elle était responsable de la souffrance d'autrui. Ou du moins, elle s'en rendait à nouveau responsable. Pour ses parents, elle n'avait pas été là pour mourir avec eux, et elle pensait, un peu naïvement sûrement, que si elle avait été là ils seraient peut-être toujours vivants. Et aujourd'hui, c'était pire. Elle était réellement coupable. Sans elle, Remus ne serait pas à l'infirmerie.
Elle aurait tout donné pour être à la place de Remus dans ce lit. Tout. Elle était prête à mourir pour réparer ces erreurs. Pour que Remus lui pardonne.
A cause de Joram, elle avait tout perdu. Sa famille, sa maison, ses amis français, et maintenant la seule personne en qui elle avait vraiment confiance.
…
Pas de meurtre, ok ? Je tiens pas à mourir avant d'avoir fini d'écrire ma fic.
Bon, alors désolée pour ceux qui pensais que l'extrait serait un baiser, c'était pas vraiment ça, hein … C'était bien Remus qui ouvrait les yeux, par contre. Bravooo ! En même temps, si vous aviez deviné ce que c'était vraiment, je vous aurais pas cru. :p
(Et c'est la fin du couple Clara / Sirius, désolée, il y en a qui m'ont dit qu'ils aimaient bien ce couple … Mais franchement, Clara, avec Sirius ? Naaan … )
Laissez-moi une ptite review, je veux savoir vos réactions ! Surtout pour ce chapitre, parce que au départ il ne devait pas tourner comme ça … Dans le script, j'avais pas prévu la dernière scène comme ça, mais Clara a réagi un peu différemment de ce que je pensais … Mais ça m'a bien fait marrer d'écrire ça comme ça.
Hem … Oui, je sais, j'arrête de vous raconter ma vie. A la semaine prochaine tout le monde !
