Et voici la suite des aventures de nos deux tourtereaux^^
Merci pour vos reviews!! et pour ceux qui se demande qui est la souverain de ce pays je n'ai qu'une chose à dire...reliser le manga héhé
bon je ne m'attarde pas davantage, bonne lecture!! vos impressions sont bien sur la bienvenue !!(surtout pour ce chapitre(sort)
Chap 3 : When the body speaks…
Plusieurs jours s'écoulèrent, mais cette fois, son état ne demandant pas une surveillance bien poussée, le jeune roi se retrouva seul. Parfois cependant, You-ou passait le voir, posait sa main sur son front encore légèrement chaud, et, constatant qu'il allait bien, repartait aussi vite qu'il n'était venu. Sans qu'il n'en comprenne la raison, sa présence lui manquait. Ses cauchemars refluaient et ne repartaient que brièvement en la présence de son gardien. Un instant, il voulut lui demander de rester, mais il ne désirait pas s'imposer à lui, il en avait déjà bien assez fait et Fye ne supportait pas l'idée d'être un poids pour une personne supplémentaire.
Non, You-ou avait déjà donné bien plus qu'il ne l'aurait dû. Après tout, n'était-il pas son ennemi ? Il savait qu'il faisait partie du clan Flowright et pourtant, il n'avait rien fait de néfaste à son encontre ; bien au contraire, il avait veillé sur lui, et, peu à peu, il lui avait donné la force de se battre, et l'avait poussé à s'accrocher. Quand il n'était pas auprès de lui, le blond ressentait comme un vide, sa poitrine le serrait douloureusement et ses mains tremblaient. Il redevenait le jeune prince sans vie, qui regardait à travers un prisme un monde déformé, dont il se sentait totalement étranger et inutile. Mais quand You-ou était là, tout était différent. Il revoyait le monde à travers ses yeux, reprenait le gout à la vie et au plaisir simple qu'elle pouvait lui donner, comme par exemple manger, ou tout simplement sourire, et s'amuser à taquiner son protecteur.
Finalement, un matin, il se décida. Fye se leva, et marcha avec un peu de raideur jusqu'au rebord du balcon. La matinée était un peu fraiche, et un vent printanier caressa son visage. Après être resté aussi longtemps alité, cela lui faisait du bien de pouvoir se délier les muscles et de sentir un air nouveau l'envelopper. En contre bas, il pouvait voir la ville s'éveiller peu à peu, le soleil commençant seulement à baigner de ses rayons les habitants. Les flammes d'une forge perçaient au loin, et il pouvait déjà entendre les hommes s'entrainer au combat dans divers dojos. Malgré lui, il chercha celui qu'occupait You-ou, se demandant si lui aussi était déjà levé. Bientôt, une servante passa distribuer le petit déjeuné, et Fye, se sentant beaucoup mieux, se dit qu'un bon bol de riz lui ferait le plus grand bien. Il resta ainsi de longues heures à regarder le paysage, tendant l'oreille par instant, pour guetter le pas caractéristique de son gardien, léger et sûr.
Et pourtant, You-ou ne vint pas de la matinée, et, arrivé midi, Fye commença à désespérer. Intérieurement, il finit par se maudire de ressentir une telle dépendance vis-à-vis de cet homme. Que lui avait-il bien fait ? Pourquoi ressentait-il ce besoin constant de sentir ces yeux rouges se poser sur lui ? Ses pensées étaient tellement focalisées sur lui, que ses yeux ne voyaient que lui, son regard de sang, ses mèches brunes, sa carrure de guerrier, ses grandes mains calleuses qui se posaient toujours sur son front… Son image le hantait à tel point qu'il ne prit pas conscience que l'illusion s'était dissipée, et que You-ou se tenait à présent devant lui, ses sourcils froncés barrant son front. Ce ne fut que lorsqu'il s'approcha de lui, que Fye sentit son souffle chaud caresser sa peau, qu'il prit conscience que l'homme qui était devant lui était bien réel, et non pas une illusion. Il sursauta intérieurement, essayant de faire preuve de la plus grand maitrise dont il était capable pour ne pas montrer son trouble à son gardien.
« B.. Bonjour You-ou san, ça va ? » Finit-il par dire, un grand sourire sur les lèvres.
« Ouais, … » répondit-il, le regard quelque peu étonné de voir un tel changement d'attitude. « Et toi, comment te sens-tu ? »
« Beaucoup mieux merci !! Je dors à nouveau à un rythme normal, et, comme tu peux le voir, j'ai pu enfin m'extraire du lit » Dit en tournant sur lui-même, riant presque.
Le brun ne dit rien sur le moment, continuant de fixer de son regard incisif son protégé. Que devrait-il lui dire ? Qu'il voyait bien que son sourire et son rire n'avaient rien de vrai et qu'il ne devrait pas continuer ? Mais était-ce mieux de voir cette profonde tristesse qu'il ressentait s'afficher ouvertement sur son visage ? Non, sans doute pas.
« Dis-moi… Cela te dirait d'aller te baigner ? On a un onsen tout près donc si ça te dit… » Finit-il par dire, une légère rougeur montant à ses joues sans qu'il n'en comprenne la raison.
« Oui, pourquoi pas ? »
« Ok, alors allons-y. »
Fye suivit You-ou jusqu'à la source d'eau chaude, qui était désert à cette heure. Après tout c'était le milieu de l'après midi, et les gens s'y rendait plutôt le matin ou le soir après une dure journée de labeur. Mais voilà plusieurs jours qu'il était alité, et maintenant qu'il pouvait enfin marcher d'un pas sûr, peu lui importait le moment, un bon bain lui ferait du bien. You-ou veillait toujours sûr lui en parfait gardien, et, il devait bien l'avouer, il adorait ça. Sa présence était rassurante, comme s'il matérialisait un mur protecteur entre eux et le reste du monde.
Depuis qu'il était à ses cotés, il ne faisait plus de cauchemars, et dormait paisiblement. Parfois il se demandait ce qu'aurait pu être sa vie s'il l'avait rencontré plus tôt, et avec le temps, il finissait par oublier tout ce qui se passait au dehors, et ne souhaiter ne voir que lui, pour toujours. Ses joues s'enflammèrent à cette simple pensée, alors qu'il franchissait la porte qui le conduirait à des vestiaires où il pourrait déposer ses affaires. Le brun lui jeta un regard surprit en voyant le rouge lui monter aux joues. S'inquiétant qu'il ait pu faire une rechute, il posa sa main sur son front pour vérifier qu'il n'avait pas de fièvre, ce qui le fit trembler.
« Je… je vais bien » Répondit-il en détournant la tête et s'engouffrant dans les vestiaires.
You-ou le regarda s'éloigner en se demandant bien qu'elle mouche avait bien pu le piquer. Il soupira, parviendrait-il un jour à le cerner ? Plus il tentait de le comprendre, de lire dans les saphirs de ses yeux, moins il y arrivait. Rentrant à son tour, il alla se déshabiller un peu à l'écart, se disant que le blond désirait un peu d'intimité. En effet, cela l'arrangeait bien, mais pas forcément pour la raison à laquelle aurait pu penser You-ou. Certes, sentir son regard n'aurait pu que le mettre davantage mal à l'aise, mais il y avait surtout une chose qu'il ne voulait pas qu'il voie, une chose qui révèlerait instantanément son identité :
La pierre de flourite qu'il portait constamment autour du cou en pendentif, le symbole de sa famille; une pierre qui avait la particularité de s'illuminer au contact de son sang. Si jamais You-ou la découvrait, tout serait fini. Il cacha la flourite entre les tissus de ses vêtements et s'enroula dans une serviette le temps de se glisser dans l'eau chaude du bain. Quand il entra dans la pièce, une légère buée enveloppait l'air chaud et moite. You-ou était déjà dans l'eau, lui tournant le dos à son entrée. Tant mieux, cela l'arrangeait. Car il devait bien l'avouer, il était un poil pudique. Laissant la serviette glisser le long de son corps, il la posa délicatement sur le sol avant de se glisser dans l'eau agréablement chaude. Un soupir d'extase s'échappa de ses lèvres. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas pris un bon bain qu'il avait oublié à quel point s'était plaisant.
L'observant à la dérobée, il laissa malgré lui ses yeux suivre la courbure de son dos, alors que le brun ne bougeait toujours pas d'un iota. Un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres, c'était bien trop tentant… Nageant furtivement, il s'approcha doucement du brun de sorte que celui-ci ne le vit qu'à la dernière seconde. Au moment où il se retournait enfin, il fut accueillit par une gerbe d'eau en pleine figure. You-ou le regarda interloqué. Le blond avait eu la mine si sombre et si renfermée depuis son arrivé, qu'il l'avait cru incapable de telles choses. Fye, quant à lui, ne put se retenir d'exploser de rire en voyant la mine stupéfaite de son comparse. Il rit tellement qu'il sentait ses boyaux se tordre et sa cage thoracique lui faire mal.
« Toi si je t'attrape tu vas déguster ! » s'écria le brun, vexé malgré lui.
« Hyu !!! Esquive ! » Répliqua le blond, s'échappant de justesse des mains de son adversaire qui allait le saisir.
Nageant telle une anguille, il continua à se dérober à la poigne du guerrier qui fulminait de ne pas pouvoir l'attraper. Fye fuyait encore et toujours, rapide comme l'éclair. A chaque fois que ses doigts frôlaient ses cheveux ou sa peau, et que You-ou manquait de peu de le saisir, il s'enfuyait de plus belle. Seulement, il avait méjugé la taille du bassin et l'esprit de fin stratège de You-ou qui finit par réussir à anticiper ses mouvements et le bloquer contre le rebord. Fye s'arrêta net, constatant qu'il lui était impossible de s'échapper. You-ou s'approcha si près que leurs corps se frôlaient sous l'eau. Lui-même n'était plus sûr de ce qu'il faisait, cette soudaine proximité lui faisant perdre la tête. Le contact de sa peau si douce, ses longues mèches blondes flottant tel un voile sur la surface de l'eau, ses joues rosies par la chaleur, ses yeux d'un bleu nacré …
Ses yeux… Il avait l'impression de se noyer à force de les regarder, de s'enfoncer dans un lac pur comme le cristal et d'y perdre son âme. Sans réfléchir, il attrapa l'une de ses mèches blondes qu'il fit glisser le long de ses lèvres, celles-ci s'approchant du visage du blond qui n'osait plus bouger, à la fois terrifié et envoûté par le regard plein d'assurance du brun… Deux rubis… Des flammes rougeoyantes qui brûlaient à leur surface et qui semblaient chercher à le consumer. Fye était subjugué par leur lumière, aussi captivé que le papillon par les flammes d'une bougie. Les lèvres du brun prirent les siennes délicatement, alors qu'il sentait son corps le coller doucement contre le rebord. Ses doigts partirent maladroitement à la recherche de sa tignasse brune, alors que le baiser se faisait plus intense, plus entreprenant. Le blond lâcha malgré lui un gémissement de plaisir tandis que You-ou plaquait littéralement son corps contre le sien, ses jambes entre les siennes.
Aucun des deux hommes ne comprirent, ou plutôt ne cherchèrent à comprendre ce qui leur arrivaient. Désir ? Pulsion ? Passion ? Amour ? Peu leur importait. La seule chose dont ils étaient sûrs, c'était qu'ils voulaient sentir le contact de l'autre, sa peau, sa chaleur, se perdre dans ses yeux… Mêler leurs corps, enlacer leurs doigts, le souffle saccadé de l'autre au creux de son cou, sa chaleur caressant sa peau… Des mots d'amour lâchés dans un dernier soupir d'extase tandis que le corps faisait un dernier effort et puis enfin, sentir l'étreinte de l'être cher, alors que la douce chaleur de l'eau les berçait comme s'ils étaient retournés dans la matrice originelle…
Ils restèrent un long moment ainsi, enlacés dans les bras de l'autre, leurs corps ne faisant qu'un, en une symbiose parfaite. Le monde avait cessé de tourner autour d'eux, ils étaient seuls et à la fois non, unis, corps et âme mêlés. Ce ne fut que lorsque des bruits se firent entendre dans les vestiaires, signe que d'autres personnes venaient profiter de l'onsen pour se détendre d'une dure journée, qu'ils se séparèrent. Ils sortirent de l'eau et s'enveloppèrent dans leurs serviettes respectives mais ne se quittèrent pas des yeux, comme si rien d'autre n'existait autour d'eux. Ils ne se séparèrent que le temps de se vêtir, Fye replaçant sa pierre de flourite contre sa peau, sa douce chaleur apaisant les battements de son cœur qui continuait de tambouriner dans sa poitrine.
Quand il fut sortit du vestiaire il retrouva You-ou, qui tout comme lui semblait sortir d'un rêve, un rêve si doux, mais qui rendait la réalité encore plus douloureuse. Fye sourit pour tenter de cacher sa gêne, mais dès qu'il croisait la mine sombre du brun, il sentait son cœur se serrer dans sa poitrine. Mais, après tout, quel avenir les attendait ? Comment You-ou réagirait-il quand il apprendrait qu'il avait couché avec son pire ennemi ? Le rejetterait-il ? Il secoua vivement la tête. Non, jamais il ne pourrait l'accepter ! Prenant une grande inspiration, il tenta de dire quelque chose au brun, mais celui-ci le devança.
« Je vais te conduire à ma chef de clan, elle m'a demandé de t'emmener auprès d'elle aujourd'hui. »
Fye ne sut rien dire en retour, étonné que You-ou se décide enfin à le conduire auprès de son seigneur, surtout après ce qu'il venait de se passer entre eux d'eux. Est-ce que cela voulait dire qu'il lui faisait enfin confiance, ou bien autre chose ? Il referma la bouche et serra les dents, quelque peu décontenancé suivant le brun à travers les couloirs, le cœur lourd.
C'était vrai, il était heureux de pouvoir enfin rencontrer son ennemi et essayer de régler une bonne fois pour toute la guerre qui faisait rage entre leurs deux clans, mais il ne pouvait pas s'en empêcher, il avait mal. Mal d'imaginer que toute cette joie qui l'avait submergé au point de lui donner le vertige allait lui être enlevée, qu'il ne verrait plus le brun, qu'il ne sentirait plus son regard de sang tenter de le percer à jour… Qu'il ne sentirait plus sa présence rassurante guider ses pas vacillants dans les ténèbres de cette vie… Oui, il en venait presque à regretter tout ça, et égoïstement vouloir peut-être encore rallonger le maigre temps qui leur était impartit.
Mais au fond de lui, il savait que c'était impossible. Jamais il ne pourrait sacrifier son peuple pour son seul profit personnel. Il n'était pas égoïste à ce point, non, c'était même l'inverse, il était capable de donner sa vie s'il le fallait pour arrêter cette guerre. Il se l'était juré avant de partir, et ce souhait restait fermement ancré dans son cœur, que You-ou soit là ou non. A cette pensée, sa tête se redressa et sa mine se fit plus sérieuse, plus royale aurait juré le brun qui l'observait en coin, essayant encore et toujours de lire en lui, même si cela lui semblait impossible.
Arrivé devant la double porte qui conduisait à la salle d'audience, il s'arrêta et attrapa la main de Fye pour le serrer contre lui, alors qu'il lui murmurait au creux de l'oreille :
« Quoi qu'il puisse se passer, sache que je ne regrette rien. »
Sa voix n'était qu'un murmure, tout juste audible à ses oreilles, mais la force de son ton faisait résonner ses paroles à l'infini dans sa tête. Fye le regarda interloqué, essayant de comprendre où il venait en venir, mais rien ne transparaissait dans ses yeux grenat sinon la force de ses sentiments. Le blond avait envie de sauter de joie, de bondir dans ses bras et lui dire que pour lui c'était pareil, mais sa mission et son devoir envers son peuple se faisait de plus en plus pressant. Plus tard, quand il saurait comment cette guerre se finirait, il pourrait lui dire la vérité, ses mensonges, mais aussi ses sentiments envers lui. Un doux sourire se traça sur son visage, alors que You-ou le relâchait.
« Merci … You-ou » Lui répondit-il, tout en déposant un baiser sur sa joue.
Il se tourna ensuite vers les portes battantes qu'il poussa d'un geste lent, jetant un dernier regard au brun qui continuait de le regarder encore et toujours. Il ne s'en lassait pas et voulait fixer cette image dans sa mémoire, le sourire du blond, et sa détermination. Tout était dit dans cet échange, nul besoin de mot ou de parole, chacun savait ce que pensait l'autre.
Fye entra d'un pas sûr dans la pièce qui était presque vide. L'air frais du soir enveloppait la pièce d'un parfum doux et printanier. Le bruit de ses pas claqua sur le sol, alors qu'un trône se profilait droit devant lui. Une femme sans âge y était assise, le port altier et le regard pénétrant, ses yeux fondirent sur lui tel un oiseau de proie. Le blond avala sa salive mais se fit encore plus sérieux. Maintenant qu'il avait atteint son but, il était hors de question qu'il fasse marche arrière. S'arrêtant à quelques pas, il fit une légère révérence, celle d'un seigneur à un autre, d'égal à égal.
« Pardonnez mon intrusion et mon empressement, mais je devais m'entretenir avec vous de toute urgence. » Il fit une pause avant de reprendre, « je me suis présenté à vos sujets sous le nom de Yuui, mais je suis en réalité Fye Flowright, chef du clan Flowright. Je suis venu pour mettre un terme à cette guerre qui déchire nos deux clans depuis bien trop longtemps… »
