Salut tout le monde ! Comme promis, le nouveau chapitre avec une semaine de retard … L'avantage c'est qu'il est plus long que les autres, donc … On ne lynche pas l'auteur, merci !

Un énorme merci à tout les reviewers, vos commentaires me font toujours aussi plaisir !

Maelys : hemm oui, le Poufsouffle de Sarah s'appelle Joan … Je n'avais pas remarqué que ça pouvait plus se donner à une fille … C'est un peu tard pour changer, par contre. Désolée pour Joan, il portera un prénom de fille !

Tinn-Tamm : Contente de voir que tu apprécies Remus autant que moi ! J'ai hâte de lire ta fic, préviens-moi quand tu la posteras !

Chapitre 16 : Saint Valentin

Une bûche craqua, et le bruit résonna dans la pièce presque vide. Remus s'étira et ferma les yeux quelques secondes, fatigué. Il fallait qu'il aille se coucher … Il commençait à avoir mal dans le dos, dans la nuque, et il perdait patience.

Il jeta un coup d'œil aux escaliers qui menaient aux dortoirs des filles, mais il savait bien que personne ne descendait les marches. Il poussa un soupir et regarda sa montre. Il était tard, elle n'était toujours pas là. Ils n'avaient pas précisé d'heure pour se retrouver, à vrai dire ils n'avaient même pas dit clairement qu'ils se retrouveraient ce soir, mais il était descendu en espérant qu'elle serait là. Et elle n'y était pas.

Encore cinq minutes et il remonterait, promis. La pleine lune était dans quatre jours, il avait sans doute mieux à faire que d'attendre en vain dans cette salle commune, alors qu'il pourrait être en train de dormir. Mais il n'arrivait pas à dormir … Non, c'était faux. Il n'avait même pas essayé de dormir. Il était descendu dès qu'il avait été certain que les autres dormaient, dans le dortoir.

Des bourrasques de vent soufflaient, dehors, et il entendit une chouette hululer. Il regarda sa montre. Cela faisait six minutes. Il pouvait remonter, elle ne viendrait pas. Il soupira, et jeta à nouveau un coup d'œil vers l'escalier. Encore cinq minutes.

On était jeudi, ils s'étaient déjà vu la veille au soir, et encore le soir d'avant. Elle avait le droit de ne pas venir, ce soir, elle pouvait vouloir dormir, récupérer son sommeil en retard. C'était même très raisonnable de sa part, et il aurait du en faire autant. Mais voilà, il avait prit goût à ces rencontres nocturnes, et c'était le seul moment où ils pouvaient parler librement … S'embrasser librement.

C'était la première fille à qui il tenait autant, c'était la première avec qui il était aussi téméraire. Il commençait par lui adresser la parole sans qu'elle ne demande rien, puis il se mettait à apprendre le français … Il passait même une nuit avec elle, et voilà qu'il l'embrassait ! Lui, l'embrasser, elle ? Décidemment, il ne se reconnaissait plus. On lui aurait dit ça une semaine plus tôt, il aurait fait enfermer son interlocuteur. C'était une idée inconcevable. D'abord parce qu'il n'était pas amoureux d'elle. Enfin, ça c'était ce qu'il disait. Et ensuite, parce qu'il était sûrement le plus timide de tout Poudlard. Faire le premier pas avec une fille ? Impossible. Improbable, plutôt, puisque cela s'était finalement produit. Comme quoi … Il se surprendrait toujours. Mais celle qui l'avait le plus étonné, c'était bien elle. Clara. Elle ne l'avait pas repoussé …

Quand elle était venue le rejoindre, mardi soir, elle avait parue hésitante. Elle lui avait demandé si elle n'était pas encore en train de rêver … Quelle idée ! Est-ce qu'elle rêvait souvent de lui, pour se demander si ce n'était pas un rêve ? Pour lui, il n'y avait rien de plus réel … Et pour une fois la réalité surpassait ses rêves.

Soudain, un grincement, une porte qui s'ouvrait. Remus se redressa dans son fauteuil, sa fatigue envolée, son envie d'aller se coucher disparue … Il ne manquerait plus que ce ne soit pas elle. Mais à cette heure, qui cela pourrait-il être d'autre ? Tout les élèves sains d'esprits dormaient.

La porte se referma doucement, et il entendit quelqu'un descendre les marches. Bientôt, Remus vit apparaître une jeune fille en pyjama, les cheveux ébouriffés, pieds nus, dont les yeux vinrent immédiatement se poser sur lui. Son visage s'éclaira d'un sourire quand elle le vit et elle le rejoignit rapidement. Elle vint se pelotonner contre lui et il passa un bras autour de son épaule.

- Désolée, mais Mary a mit un temps fou avant de s'endormir, j'ai cru que je ne pourrais jamais descendre … J'ai bien faillit m'endormir avant elle, murmura Clara.

Il eut un léger sourire. Et elle était venue quand même ?

- Tu aurais du rester dormir …

Elle haussa les sourcils et le regarda en secouant la tête.

- On ne se parle déjà pas le jour, alors si on ne se parle pas non plus la nuit …

- On peut s'adresser la parole quand même, la journée, tu sais, remarqua-t-il.

- Mmmh … J'ai trop peur de faire une gaffe. Déjà, l'autre fois, c'était juste …

Remus eut un sourire moqueur à ce souvenir. L'exclamation indignée qu'elle avait poussée, quand il avait dit que le physique n'était pas le plus important … Comique à souhait ! Il n'avait pas pensé qu'elle réagirait à ce point … Mais si Sirius ne l'avait pas prit pour lui, elle aurait sans doute eut du mal à s'expliquer. Et il ne valait mieux pas que Sirius apprenne leur histoire … En tout cas, pas tout de suite. Remus n'osait pas imaginer sa réaction. Sirius appréciait énormément Clara et il ne le cachait pas. Il ne leur avait pas non plus franchement caché que leur séparation ne lui avait pas fait vraiment plaisir. Alors s'il apprenait que Clara avait un nouveau copain … Et un de ses meilleurs amis !

- Mais c'est de ta faute ! A faire des sous-entendus comme ça … Grogna-t-elle sur un ton qui se voulait vexé.

- Ce n'était même pas un sous-entendu ! Se défendit-il.

- C'est ça ! Ne me dis pas que ça ne m'étais pas adressé, je ne te croirais pas …

- Ca ne t'était pas adressé, dit-il en souriant. Il fallait juste que je trouve quelque chose à répondre à Sirius … Je me voyais assez mal en train de lui annoncer que je voulais passer la St Valentin avec toi.

Elle le regarda avec de grands yeux étonnés, puis elle eut un sourire attendri. Il n'avait pas voulu dire ça comme ça, pas maintenant … C'était sorti tout seul. Bien sûr qu'il voulait passer le samedi avec elle, mais il comptait l'inviter en bonne et due forme … Et pas pour aller à Pré-Au-Lard.

- Alors c'est une invitation ? Demanda-t-elle avec un sourire taquin.

Il détourna le regard et alla poser ses yeux sur le feu, qui lui au moins ne lui faisait pas de sourires déstabilisants. Il la regarda à nouveau, un sourire maladroit aux lèvres. Cette fille avait le don pour le mettre mal à l'aise.

- Une invitation à rester ensemble au château pendant que les autres seront à Pré-au-Lard, si ça te dit.

Elle haussa les sourcils, surprise. Elle ne devait pas s'attendre à ça, c'était bien normal. Mais il était hors de question qu'ils aillent main dans la main au village, alors que tout l'école y serait.

- C'est pas génial comme invitation, je sais, mais au moins, on aura notre après-midi tout les deux … Se rattrapa-t-il.

- Ca me va ! Mais tu me devras une sortie à Pré-au-Lard quand même …

- Promis, je t'y amènerais un de ces jours. Tu y es déjà allée avec Lily et Sarah, non ?

La question était maintenant de savoir s'il l'y amènerait pendant une sortie officielle ou pas. Elle n'était pas encore au courant que les Maraudeurs s'y rendaient régulièrement en dehors des week-end autorisés … Mais il n'y avait sans doute pas de problème à le lui apprendre. Après tout … Il s'était promit de ne plus lui mentir.

- Oui, avant le bal de Noël. On a fait tout les magasins de vêtements, il me fallait absolument une superbe robe pour plaire à Sirius, expliqua-t-elle avec un sourire taquin.

Il pinça les lèvres, un tout petit peu jaloux. La robe qu'elle avait mit ce soir là avait beaucoup plu à Sirius … Et à lui aussi. Mais à ce moment là, il avait usé de tout les stratagèmes pour ne pas le reconnaître.

Elle eut un petit rire en voyant sa moue agacée.

- Mais à pars ça, je n'ai rien vu … On n'est même pas rentrées dans le bar. Donc je compte sur toi pour me faire rattraper toutes ces lacunes … Qu'est-ce qu'il y a de bien à voir ?

Il fit mine de réfléchir un moment, mais il n'y avait pas tant de choses que ça à voir absolument à Pré-Au-Lard. Il y avait bien sûr quelques incontournables qui faisaient la réputation du village, mais on en avait vite fait le tour.

- Il y a Zonko, un marchand de farces et attrapes que James et Sirius adorent, et qui vend des trucs assez sympas. Il faut aussi obligatoirement passer par chez Honeydukes, une des meilleures confiseries du pays. Les Trois Balais aussi, c'est un bar très réputé pour sa Bierraubeurre … Et Peter aime beaucoup la propriétaire, Mme Rosmerta. Après, il y a les alentours, un parc …

Elle hocha la tête, l'air pensive, les sourcils légèrement froncés.

- Il y a aussi autre chose que je voulais voir … Je l'avais vu dans un bouquin … Ah, j'ai perdu le nom ! Fit-elle. Un endroit qui est très connu, il paraît … Avec des fantômes !

- Des fantômes ? Il n'y a pas de …

Il éclata de rire en comprenant de quoi elle voulait parler. Elle fronça les sourcils, mais il ne se rendit pas compte qu'elle était vexée.

- Tu parles de la Cabane Hurlante ?

Elle hocha la tête, la mine un peu méfiante.

- Je ne savais pas que c'était si connu que ça … Mais il n'y a aucun fantôme, crois-moi !

- Ah bon ? Pourtant, c'est ce que tout le monde dit. Je l'ai lu dans le journal ! Les gens savent de quoi ils parlent, non ?

- Pas vraiment, non … Répondit-il en souriant légèrement.

-Toi, par contre, tu connais l'explication, et tout ceux qui parlent de fantômes ont tord …

Il esquissa un sourire. Effectivement, il l'avait vexée. Et elle devait croire qu'il était encore en train de se moquer d'elle. Mais ce n'était pas de sa faute, il n'arrivait pas à s'empêcher de sourire … Elle savait qu'il était un loup-garou, mais elle n'était pas au courant de ce qu'il faisait les nuits de pleine lune. C'était d'ailleurs assez étonnant qu'elle ne lui ai jamais posé la question.

Il haussa les épaules.

- C'est à peu près ça, répondit-il.

Elle ouvrit de grands yeux, outrée par tant de suffisance.

- Te fâches pas ! Je sais que ce ne sont pas des fantômes, parce que c'est moi qui pousse tout ces hurlements.

- Hein ?

Elle semblait abasourdie. Elle le regardait comme s'il était en train de lui raconter qu'il avait couché avec Rogue la nuit précédente. Elle ne le croyait pas, en somme.

- Les habitants de Pré-au-Lard n'entendent des hurlements que les nuits de pleine lune … La Cabane Hurlante a été construite quand je suis entré à Poudlard, pour que je puisse passer mes pleines lunes sans blesser personne. Il n'y a jamais eu de fantômes, c'est Dumbledore qui a lancé cette rumeur.

- C'est vrai ? Demanda-t-elle d'un ton incertain.

- Pourquoi est-ce que je te mentirais ?

Elle sembla y réfléchir une seconde, puis hocha la tête. Elle ne semblait plus si fâchée que ça … Mais il sentait quand même qu'il n'avait pas eu la meilleure réaction possible. Il était très doué pour la mettre en rogne, ces temps-ci ! Ce n'était pourtant pas ce qu'il voulait.

- Alors c'est là que tu vas les nuits de pleine lune ? Murmura-t-elle après quelques secondes de silence.

Son ton s'était considérablement radouci, il n'y avait plus aucune trace de colère dans sa voix. Il hocha la tête. Et dire qu'il y retournerait dans quelques jours …

- Mais c'est loin d'ici, non ? Les gens ne se posent pas de questions, quand ils te voient y aller, le soir ?

- Je ne traverse pas tout Pré-Au-Lard pour y aller. Il y a un passage secret, dans le parc … Sous le Saule Cogneur, qui me permet d'y aller directement.

- Sous le Saule Cogneur ? Et bien dis donc ! Quand tu m'auras tout dit, aussi … La Forêt Interdite aussi a été plantée pour toi ? Demanda-t-elle d'un ton moqueur.

- Bien sûr, et ils ont construit la tour des Gryffondor en mon honneur, tu ne le savais pas ?

- Espèce de … Espèce de James Potter !

Il haussa les sourcils, surpris, et éclata de rire.

- Est-ce que tu ne verrais pas James comme un gros vantard, par hasard ?

- A peine, répliqua-t-elle. Mais Sirius n'est pas mal non plus dans sa catégorie … Et toi non plus, finalement ! Tu caches bien ton jeu …

- Je ne suis pas vantard, je suis réaliste, expliqua Remus en reprenant une des phrases favorites de Sirius.

- Et tu arrives à passer les portes avec une tête aussi enflée ?

Il lui fit un large sourire en guise de réponse et elle secoua la tête.

Elle passa son bras derrière sa nuque, approcha son visage du sien, un léger sourire aux lèvres. Ses lèvres frôlèrent celles de Remus mais ne s'y arrêtèrent pas, pour sa plus grande déception. Elle vint s'asseoir sur ses genoux, les bras passés autour de son cou, et il la prit par la taille, essayant au passage de l'embrasser … Elle tourna la tête pour l'éviter, toujours avec ce petit sourire aux lèvres. Elle était vraiment très proche de lui, maintenant, et elle lui murmura à l'oreille :

- C'est pas beau de mentir …

Son souffle chaud lui chatouilla le cou et il eut un léger frisson.

- Si j'étais parfait, ce serait moins amusant … Répliqua-t-il sur le même ton.

Son rire résonna à ses oreilles.

- Tu es loin d'être parfait, mister Lupin !

Il sentit ses lèvres se poser à la base de son cou, puis son visage revint dans son champ de vision. Elle le regardait avec une petite moue, comme si elle essayait de déterminer s'il était digne de ses baisers.

- Tu es cruelle … Gémit-il.

Le sourire de Clara s'élargit et elle lui tira la langue.

- Chacun ses défauts !

- Aie pitié d'un pauvre loup-garou …

- Pas de pitié pour les vantards ! Répliqua-t-elle. Loup-garou ou pas !

Il prit un air malheureux, celui que Sirius aimait tant utiliser pour faire craquer une fille ou McGonagall …. Si ça marchait pour Sirius, pourquoi cela ne marcherait-il pas avec lui ?

Clara le regarda faire et éclata de rire.

- Oh, pauvre petite chose …

- Je ne …

Il n'eut pas le loisir de terminer sa phrase, elle venait de poser les lèvres sur les siennes. Il avait gagné …

Remus regarda Clara, la tête légèrement rentrée dans les épaules. Elle allait crier. Il le sentait. Elle n'apprécierait pas.

- QUOI ??

Elle n'avait pas apprécié.

James et Sirius échangèrent un regard, un peu surpris par une telle réaction. Peter regardait avec attention ses mains, le dos voûté, en attendant que la tempête passe.

- Attendez un peu. Vous êtes encore en train de vous ficher de moi, c'est ça ?

- Heu … Pas vraiment, non. Remus ne t'avait pas dit ?

- Bien sûr que non ! S'exclama-t-elle. Mais ce n'est pas possible !

Les jours avaient passés, la pleine lune se lèverait dans une heure et demie, environ, et Remus commençait à se sentir mal. Il n'avait absolument pas envie d'entendre Clara se mettre à crier maintenant, et il maudissait Sirius et sa discrétion légendaire. Quelle idée avait-il eu de dire à Clara qu'ils l'accompagnaient à la Cabane Hurlante ? Elle n'était pas au courant qu'ils étaient des Animagi ! Encore une chose qu'il ne lui avait pas dit … Mais il avait pensé que ce n'était pas à lui de lui dire ça. Ce n'était pas lui, l'Animagus ! Alors bien sûr qu'elle n'y croyait pas. Sirius avait dit ça sur un ton désinvolte, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps. Il semblait avoir oublié que devenir Animagus relevait d'une prouesse, et que ce n'était pas censé être possible pour des adolescents.

A nouveau, James et Sirius échangèrent un regard perplexe, puis ils se tournèrent vers Remus.

- Tu ne lui as pas dit ?

- Non, effectivement ! J'ai pensé que c'était votre rôle !

- Quoi ? Mais … Vous êtes réellement des Animagi ? Demanda Clara en se retournant vers Sirius, l'air plus sceptique que jamais.

James, Sirius et Peter hochèrent la tête d'un même mouvement, et Clara ouvrit de grands yeux. Elle secoua la tête d'un air agacé, comme si elle réprimandait un enfant qui mentait effrontément.

- Prouvez-le moi, dit-elle soudainement.

Remus poussa un long soupir. Il en avait assez … Le loup était en train de prendre possession de ses sens, de son humeur, de ses pensées … Il ne souhaitait plus qu'une seule chose : s'en aller.

Remus regardait sans le voir Sirius, qui semblait en plein dilemme. Et soudain … Plus de Sirius. A la place, un gros chien noir remuait la queue, la langue pendante, la tête tournée vers Clara. La jeune fille poussa un cri de surprise, mit sa main devant sa bouche, les yeux écarquillés. Elle n'en revenait pas. Elle regardait Sirius en clignant des yeux, comme si elle n'avait jamais vu de magie de sa vie. Et puis … Elle éclata de rire et s'accroupit à côté de Sirius et commença à lui gratter les oreilles. Remus sentit la jalousie lui tordre le ventre et il détourna le regard.

James se transforma en un cerf majestueux, après avoir prit soin de fermer la porte avec un sortilège, tandis que Peter se changeait en rat. Clara se tourna vers eux, les yeux agrandit par la surprise. Elle avait le même visage émerveillé que les premières années qui découvraient Poudlard pour la première fois. Elle caressa James du bout des doigts, passant sa main dans sa fourrure avec un peu d'appréhension, mais il vint frotter sa tête contre son épaule, et la jeune fille s'enhardit jusqu'à lui caresser les bois. Elle n'avait sans doute jamais vu de cerf d'aussi près … Et elle avait du oublier que c'était un de ses camarades d'école qu'elle caressait comme ça.

- Vous avez fini ? Grogna Remus d'un ton sec.

Clara tourna la tête vers lui et retira précipitamment ses doigts de la fourrure de James, avec l'air coupable d'une enfant prise en faute. Cornedrue tourna la tête vers lui et Remus détourna la tête. Il ne voulait pas que le cerf voie la jalousie dans ses yeux.

Les Maraudeurs redevinrent de simples adolescents, et Remus se rendit compte que tout le monde le regardait. Ils n'avaient jamais vu un loup-garou jaloux ? Non, sans doute pas. Il fallait qu'il se calme, il était en train de se laisser aller. Il ne se conduisait pas comme ça, habituellement, et la pleine lune n'était pas une excuse.

James se racla la gorge et regarda sa montre, l'air relativement gêné.

- On va y aller, c'est bientôt l'heure.

Remus se leva brusquement, évitant du mieux qu'il pouvait le regard de Clara. Oui, l'heure approchait, et il n'avait pas spécialement envie de se transformer ici, dans cette salle, devant Clara. Il n'aimait déjà pas beaucoup les regards qu'elle lui lançait depuis ce matin, depuis qu'elle avait réalisé que c'était ce soir, la pleine lune … Ce n'était pas la première fois qu'il y allait, pourtant, elle le savait ! Et ce n'était pas parce que c'était sa première pleine lune depuis qu'elle était au courant de son secret qu'elle devait se faire du soucis. Comme d'habitude, il survivrait …

- Remus, je peux te parler ? Juste une seconde.

Sans lui laisser le temps de répondre, Clara le prit par le bras et l'entraîna dans le couloir. Elle ferma soigneusement la porte derrière elle et se planta devant lui sans rien dire. Il la regarda d'un air méfiant, certain qu'elle allait à nouveau le couvrir de reproches. Mais elle ne se mit pas à crier. Elle le prit dans ses bras, tendrement, et le serra contre elle. Un peu surpris d'abord, il finit par se laisser faire. Ce n'était pas si désagréable que ça …

- Je … Je sais que c'est stupide, hein, mais … Fais attention, d'accord ?

Effectivement, c'était stupide.

Il se laissa tomber sur le lit blanc, épuisé. Il laissait faire l'infirmière, comme d'habitude. Et il évitait son regard, comme d'habitude. Il savait qu'il n'avait pas bonne mine, il savait qu'il devait faire pitié, voire même faire peur, mais il ne voulait plus le voir dans ses yeux. Six ans que ça durait, et ni lui ni elle ne s'étaient habitués au rituel de l'après pleine lune.

Elle nettoya ses plaies, les banda, lui donna à boire sa potion de sommeil, sans qu'aucune parole ne soit échangée. Il n'avait jamais envie de parler. Qu'est-ce qu'il aurait pu dire ? Il n'y avait rien à dire.

Elle le laissa tranquille, il ferma les yeux et oublia enfin la douleur. Le sommeil artificiel dans lequel le plongeait la potion de sommeil avait au moins cet avantage : il oubliait tout et dormait sans craintes, sans risques de rêver d'une bête enragée qui dévorait les élèves dans leurs dortoirs. Et cette fois, pas de risques non plus au réveil, à moins de tomber nez à nez avec une Poufsouffle qui s'était cassé le poignet ou une idiotie dans ce genre. Mais il n'y avait bien que Clara pour avoir la curiosité et le culot d'aller ouvrir ses rideaux pour voir qui se cachait derrière. Mais ce matin, elle avait cours et ne viendrait pas lui rendre de petite visite. Elle l'avait déjà vu une fois dans cet état, pas besoin de recommencer.

Clara … Il avait été assez désagréable avec elle, la veille. Et bien qu'il mette ça sur le compte de la pleine lune … Ce n'était pas excusable. Est-ce qu'elle lui en voudrait ? Il était parti sans rien dire, accompagné des Maraudeurs, et il l'avait laissée là, seule dans la salle de classe qu'ils avaient investis soi-disant pour travailler. Il l'avait laissée s'inquiéter pour lui sans rien dire pour la réconforter, c'était James qui s'était chargé de lui dire que tout se passait toujours très bien et qu'il n'y avait aucune raison pour que ça change. Il ne voulait pas savoir ce qu'elle avait fait cette nuit, il ne voulait pas savoir si elle avait réussi à dormir … Lui, à sa place, il aurait passé une nuit blanche à se faire un sang d'encre pour elle, mais il espérait que ce n'était pas son cas.

Pourquoi est-ce qu'il avait été si froid avec elle ? Il ne savait pas trop. Il ne voulait pas qu'elle le voie dans le sale état où le mettaient ses métamorphoses, mais ça, elle l'avait déjà vu. Mais même en sachant ça, il avait persisté et il s'était refermé. Pire que quand il ne la connaissait pas. Il espérait qu'elle ne lui en voudrait pas, et en même temps, il savait qu'elle aurait raison de le faire.

Remus plongea lentement dans la torpeur, les rideaux blancs s'effacèrent, la douleur s'estompa, et Clara disparut de ses pensées. Il ne se posait plus de questions, tout allait bien, au moins pour quelques heures …

La douceur ouatée de ses rêves s'estompa et il retrouva peu à peu ses sensations. Il resta les yeux fermés, alors que le sommeil bienfaiteur le quittait, et il sentit son cou l'élancer douloureusement, ainsi que son dos. C'était tout de même mieux que certaines nuits, où il se réveillait bien plus amoché que ça. Les Maraudeurs avaient vraiment un effet bénéfique sur lui. Il leur en était redevable à vie … Ils ne savaient pas à quel point leur présence était un soulagement.

Il ouvrit les yeux et vit Clara, debout en face de lui, les bras croisés sur sa poitrine. Cela le réveilla instantanément et il se redressa légèrement dans son lit, malgré son dos qui protesta vivement contre ce traitement.

- Clara ! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Bonjour Remus, moi aussi je suis contente de voir que tu vas bien, dit-elle avec un léger sourire.

Il se laissa retomber sur son oreiller sans quitter la jeune fille des yeux. Il pouvait râler autant qu'il voulait, il était content qu'elle soit là. Il préférait ne pas imaginer la tête qu'il avait, mais elle avait déjà vu pire. Finalement, ce n'était pas un drame … Ah, il devait être de bien meilleure humeur que la veille pour penser une chose pareille.

Elle se rapprocha de lui et se pencha pour l'embrasser rapidement, après avoir vérifié que les rideaux étaient bien fermés autour d'eux.

- Tu n'es pas censée être en cours ?

- Officiellement, je suis aux toilettes pour l'intercours. D'ailleurs, il va falloir que j'y aille, sinon Slughorn va me poser des questions …

- Tu n'aurais pas dû venir, je sors ce soir.

- Mais ce soir, tu iras te coucher tôt, tu as trois baby-sitter qui y veilleront.

- Et j'en ai récolté une quatrième, on dirait …

Elle fit la moue et lui tira la langue.

- Bien, puisque tu apprécies tellement ma présence, je te laisse.

Sur ces mots, elle tourna les talons, mais il lui attrapa le poignet et la retint à côté de lui quelques secondes. Il se redressa à nouveau et l'embrassa, puis se recoucha normalement, un petit sourire aux lèvres. Elle secoua la tête, amusée, et s'en alla réellement, cette fois. Il la regarda fermer précautionneusement les rideaux … Et quand l'infirmière vint s'enquérir de sa santé, une bonne heure plus tard, il avait toujours un sourire béat accroché aux lèvres.

Clara avait vu juste. Le soir venu, une fois sorti de l'infirmerie, il eut sur le dos trois Maraudeurs et une jeune fille qui furent aux petits soins pour lui, et qui l'obligèrent à aller se coucher de très bonne heure. James refusa de lui donner les cours qu'il avait manqué, en lui promettant qu'il les aurait le lendemain matin, à condition qu'il aille se coucher tôt. Et il eut beau râler de toutes ses forces, invoquer le retard qu'il prendrait s'il ne travaillait pas dès ce soir, il n'arriva pas à récupérer ses cours, et il du bien aller se coucher à une heure qui frisait l'indécence. Mais une fois au lit, il reconnut qu'il était épuisé … Même s'il n'aurait avoué ça pour rien au monde aux Maraudeurs.

Il s'endormit sans peine, et il ne se réveilla que quand le réveil sonna, le lendemain, après ce qui lui avait parut à peine quelques minutes. Ce qu'il aurait aimé rester au lit … Il s'enfonça sous ses couvertures en espérant que le réveil se tairait, mais il entendait déjà James se lever, et murmurer plus ou moins discrètement à Sirius de ne pas faire de bruit. Perdu, il était déjà réveillé … De toute façon, il devait se lever, il ne pouvait pas rater les cours. S'il avait le malheur de montrer quelques signes de fatigue, il savait que James allait l'immobiliser magiquement dans son lit et ne viendrait le libérer qu'une fois qu'il aurait vraiment récupéré sa nuit. Et Remus était malade rien qu'à l'idée de rater une nouvelle journée, de devoir rattraper encore huit heures de cours, et de ne pas voir Clara pendant toute une journée … Beaucoup trop de raisons qui le poussèrent à se lever et à effacer toute trace de fatigue de son visage. Il n'était pas fatigué.

Mais comme à chaque fois, il eut du mal à suivre les cours de la journée. Il prit ses notes avec autant de soin que d'habitude, mais il s'accorda tout de même une petite sieste en cours d'Histoire. Sa conscience avait bien fini par se taire en voyant que personne ne suivait ce que disait Binns … Et Clara était juste devant lui, il avait une vue superbe qui lui donnait tout le loisir de rêvasser. Les yeux fixés à la nuque de Clara, à moitié endormi, il ne vit pas les regards inquisiteurs que lui jetait James, assit à côté de lui.

La journée s'écoula lentement, difficilement. Remus se contenta d'agiter sa baguette négligemment pendant le cours d'enchantements, les yeux dans le vague, suivant à peine la conversation entre James et Sirius. Les deux garçons avaient sans peine réussi le sortilège que le professeur avait demandé, et après avoir récolté les félicitations de celui-ci, ils s'étaient plongés dans une grande conversation sur le week-end à venir. Dans la classe, tout le monde discutait en essayant plus ou moins d'effectuer correctement leurs sortilèges, leur conversation était donc noyée par le brouhaha des autres discussions.

James avait accepté d'aller à Pré-au-Lard avec une Poufsouffle dont Remus ne retint pas le nom, et qui semblait avoir plus d'avantages physiques qu'intellectuels. Sirius racontait la réaction de Sylvia, quand elle avait apprit qu'il allait déjà au village avec quelqu'un … Et pas avec une française fraîchement débarquée, cette fois. Elle avait d'abord projeté de tuer l'heureuse élue dans d'horribles souffrances, mais quand elle avait vu que la fille en question était Amy Peterson, elle avait finalement comprit qu'elle n'était pas de taille … En effet, Amy, en plus d'avoir de superbes poumons, était aussi une des finalistes du tournoi de duels qui avait eu lieu l'an dernier, et avait la baguette facile. Mais le fait qu'Amy pouvait retourner sa baguette contre lui n'avait pas effleuré l'esprit de Sirius, apparemment. Il fallait préciser qu'il avait battu la jeune fille à ce même tournoi avant de se faire éliminer par un Serdaigle de septième année …

- Remus ! Tu n'as toujours personne avec qui aller à Pré-au-Lard, samedi ? Demanda soudain James.

Remus cessa d'agiter sa baguette et releva la tête vers son ami, qui le regardait d'un air interrogateur. Du coin de l'œil, il vit Clara qui avait redressé la tête pour l'observer, mais elle se replongea rapidement dans son sortilège.

- Toujours pas. Mais je t'ai dit que ça ne m'intéressais pas …

Sirius leva les yeux au ciel.

- C'est de devoir passer un après-midi entier avec une fille qui t'effraie ? Tu sais, on va se retrouver chez Zonko et aux Trois Balais, tu ne seras pas entièrement seul, si ça peut te rassurer …

Remus esquissa un sourire. Sirius se trompait complètement, et il ne savait même pas à quel point. Il allait passer son premier après-midi seul avec une fille et rien ne pouvait lui faire plus plaisir. Surtout qu'ils seraient tranquilles, et qu'ils pourraient se balader dans le château sans se cacher. Il avait hâte d'y être …

- Je ne suis pas coincé à ce point, Sirius, mais merci de t'inquiéter autant. Après, ça me regarde s'il n'y a aucune fille avec qui j'ai envie de passer toute la journée. On va se regarder dans le blanc des yeux et je ne saurais pas quoi lui dire, ça sera vraiment génial … Au pire elle me racontera sa vie, je n'en aurais rien à faire mais je serais bien obligé de l'écouter poliment, et à la fin elle s'en ira complètement dégoûtée de moi parce que je n'aurais pas aligné plus de deux mots, et je ne serais pas plus avancé. Alors entre nous, je préfère rester ici et avancer mes devoirs, voir même lire tout l'après-midi, ça sera plus constructif.

Sirius soupira et James eut un sourire résigné. Allaient-ils enfin le laisser tranquille avec cette histoire de St Valentin ?

- T'es impossible … Pour le bal, ok, tu étais malade, pas de chance. Mais là ! Il n'y a vraiment aucune fille qui te fait envie ? C'est le moment pour tenter ta chance ! Ne me dis pas qu'il n'y a pas une seule fille dans tout Poudlard qui t'attire un minimum ?

Remus regarda Sirius d'un air condescendant, et ce dernier parut enfin comprendre que non, il n'y avait aucune fille qui arriverait à le convaincre d'aller à Pré-Au-Lard avec elle pour la fête des amoureux.

Le samedi tant attendu par la plupart des filles de l'école était enfin arrivé. Tout les ans, c'était la même chose, les filles devenaient hystérique, des dizaines de lettres sur parchemin rose atterrissaient sur les tables à l'heure du courrier … Plusieurs groupes de filles tournaient autour de James et de Sirius, et la déception fut intense quand les deux Maraudeurs rejoignirent leurs cavalières d'un jour, en bas des escaliers de marbre. C'était là que tout les couples se retrouvaient avant d'aller à Pré-Au-Lard … Et là aussi que les célibataires se rejoignaient pour aller passer une journée à se serrer les coudes et à ricaner sur le dos de tout ces amoureux de pacotilles. Remus était descendu avec les autres et observait la scène avec un peu de recul, un léger sourire flottant sur les lèvres.

Une tornade blonde avait sauté sur James dès qu'il avait posé le pied dans le hall. La Poufsouffle, que Remus n'arrivait toujours pas à nommer, semblait enchantée de sortir avec le Maraudeur. Et James ne semblait pas particulièrement triste non plus … Il fallait avouer que sa cavalière était très mignonne : les cheveux blonds comme les blés, des yeux bleus limpides, un visage anguleux, un sourire d'une blancheur suspecte, elle avait une taille de guêpe mise en valeur par sa robe peu adaptée à la saison, et Remus sentait son parfum d'ici. Par contre, elle avait un rire horrible, qui lui résonnait désagréablement dans les oreilles. Et elle riait à chaque fois que James ouvrait la bouche.

Sirius avait retrouvé Amy Peterson, déjà plus discrète. Elle aussi était très jolie … Une poitrine généreuse, un sourire aguicheur, elle savait où étaient ses charmes et n'avait aucun mal à en user. Beaucoup de regards se tournaient vers elle mais elle ignorait tout le monde et n'avait d'yeux que pour Sirius. Ils avaient immédiatement engagé la conversation, et elle avait le bon sens de ne pas rire comme une demeurée quand c'était à lui de parler. Elle remettait fréquemment ses cheveux derrière ses épaules d'un mouvement gracieux de la tête, et en profitait pour sourire d'un air charmeur. Remus avait l'impression de voir un mannequin dans une publicité pour un shampoing miracle.

Peter, quant à lui, était avec une petite rousse de troisième année, une Gryffondor elle aussi. Il n'était pas avec Bertha Jorkins ? Quelle surprise … Il aurait beaucoup de choses à raconter, ce soir. La jeune fille lui souriait d'un air candide, et Peter semblait aux anges. Bien sûr, elle n'était pas aussi jolie que la cavalière de James, mais elle aurait peut-être plus de conversation. Et si elle n'attirait pas les regards comme Peterson, au moins il était sûr qu'elle resterait avec lui tout l'après-midi …

Remus promena ensuite son regard vers les autres petits groupes qui s'étaient formés. Il vit Sarah Wyllers tenir la main d'un garçon aux cheveux noirs, sans doute le Poufsouffle dont elle avait parlé le jour du match. Lily, à côté de Sarah, était en grande discussion avec Nathan Anderson, un Serdaigle de la même année qu'eux, un grand brun qui avait la côte auprès des filles, et qui semblait enchanté par la promesse de passer un après-midi entier avec Lily Evans. Et à côté d'eux, légèrement en retrait, les bras croisés sur la poitrine et un sourire moqueur aux lèvres, se trouvait Clara. Elle n'avait pas de sourire éclatant, pas la tenue d'un mannequin, mais elle ne regardait pas les gens de haut et son rire ne lui perçait pas les tympans. Et elle était bien la seule à attirer comme ça son regard …

Une main passa dans son champ de vision et il cligna des yeux, tiré brutalement de ses pensées. A côté de lui, James souriait d'un air narquois.

- Quoi ? Demanda Remus.

- Rien, rien … Répondit James sans se départir de son sourire entendu. Je venais juste te souhaiter de passer une bonne journée, seul avec tes chers livres … Enfin, tu ne seras pas vraiment seul, j'ai entendu dire que Clara aussi restait là. Vous pourrez travailler ensemble …

- Oui, on va peut-être se mettre ensemble, ça ira plus vite. Bon après-midi à toi aussi, Cornedrue …

Le sourire de James s'agrandit et il lui fit un signe de la main avant de sortir dans le parc avec les autres élèves.

Clara le rejoignit et se plaça à côté de lui, tout en continuant de faire des signes à Lily et à Sarah. Quand Rusard, le concierge, ferma les lourdes portes derrière lui, ils se retrouvèrent seuls dans le hall. La main de Clara vint prendre la sienne, et elle se tourna vers lui, un grand sourire aux lèvres.

- Tu es sûr que tu ne vas pas trop t'ennuyer, seul avec tes livres et moi ? Demanda-t-elle d'un ton moqueur.

Il la prit dans ses bras et l'embrassa.

- Bonne réponse … Murmura-t-elle finalement.

La journée promettait d'être agréable … Les seuls élèves encore dans l'école étaient les premières et deuxième années, ainsi que quelques élèves qui avaient sans doute mieux à faire que de passer un superbe après-midi à Pré-Au-Lard. Autant dire qu'ils étaient tranquilles …

- Je te propose qu'on ne travaille pas tout de suite. Je sais que tu meurs d'envie de te mettre à tes devoirs, mais si tu pouvais attendre un peu … Se moqua-t-elle.

Il eut un petit rire et l'embrassa à nouveau. Elle passa sa main dans son dos et la remonta jusqu'à ses cheveux. Elle allait le décoiffer, et il ressemblerait à James, dans quelques minutes … Bizarrement, c'était le cadet de ses soucis.

Il recula légèrement, gardant le visage très proche du sien, et murmura :

- Alors propose-moi quelque chose de plus intéressant !

- C'est toi qui m'as invitée … Surprends-moi !

Il n'eut pas besoin de réfléchir beaucoup, le Maraudeur en lui savait exactement quoi faire. Il l'entraîna dans les couloirs, gardant toujours précieusement sa main dans la sienne.

- Où est-ce que tu m'emmènes ? Demanda-t-elle.

- On va visiter un peu …

- Visiter ? Ca fait six mois que je suis là, je dois commencer à connaître le château, je pense … Répondit-elle, peu enthousiaste face à sa proposition.

Il se tourna vers elle et lui fit un sourire énigmatique. Elle pensait tout connaître de Poudlard ? Alors que lui-même, Maraudeur aguerri, découvrait encore de nouvelles salles, au bout de six ans d'exploration ? Elle avait encore des choses à apprendre …

- Fais-moi un peu confiance, pour une fois !

- Pour une fois ! S'exclama-t-elle d'un ton faussement indigné.

- Hmm, bon, d'accord, fais-moi confiance une fois de plus, rectifia-t-il en souriant.

- J'aime mieux ça, marmonna-t-elle. Alors, qu'est-ce que je ne connais pas ?

Elle avait toujours ce ton sceptique, qui montrait bien qu'elle ne le croyait pas capable de l'impressionner avec de simples salles.

Il tourna à l'angle d'un couloir et dévala quelques marches, puis souleva une tapisserie et entraîna Clara à travers un passage sombre et étroit. Ils marchèrent quelques secondes dans le noir, plus lentement, pour ne pas trébucher, sans allumer leurs baguettes, quand la voix de Clara s'éleva derrière lui, moqueuse :

- Un coin sombre, à l'abris des regards … Décidemment, Remus, tu es pire que ce que je pensais !

Il se retourna pour la regarder. Dans le noir, il ne voyait qu'une partie de son visage, mais c'était suffisant pour distinguer son sourire. Et c'était aussi suffisant pour cacher la rougeur qui était soudainement apparue sur ses joues. Il n'avait pas eu les idées aussi mal placées !

- C'est un raccourci … Se défendit-il mollement.

Elle éclata de rire et passa ses mains autour de sa nuque. Il se laissa faire et approcha ses lèvres de celles de la jeune fille. Il la prit dans ses bras, lui caressant doucement le dos.

Il ne su pas combien de temps ils restèrent dans le couloir, en tout cas bien plus qu'il ne leur en aurait fallut pour aller à l'autre de bout de Poudlard sans prendre un seul passage secret. Mais il était tellement bien … Elle avait les mains chaudes, elle avait un parfum envoûtant, et ses lèvres étaient toujours plus attirantes … Mais ils n'avaient qu'un après-midi pour eux, et même si cela ne l'aurait pas dérangé de rester là jusqu'à ce que les autres reviennent … Il voulait lui montrer certaines pièces avant qu'ils ne fassent à nouveau comme si rien ne s'était jamais passé.

Il se recula, et se détacha de Clara à regrets. Il garda pourtant la main de la jeune fille dans la sienne, et ils se remirent à marcher dans l'étroit passage.

- Pratique, les raccourcis … Le taquina-t-elle.

Il était parfaitement d'accord.

Finalement, il souleva une nouvelle tapisserie et ils se retrouvèrent dans un nouveau couloir, sans fenêtres, éclairé seulement par des torches. Un unique tableau trônait sur un mur, égayant à peine le sombre couloir. Clara tourna sur elle-même, désorientée.

- D'accord, tu as réussi à me perdre … Où on est ?

- Je croyais que je n'avais rien à t'apprendre … Ironisa-t-il.

- Je n'ai pas l'habitude de visiter les cachots … Répondit-elle.

Il esquissa un sourire et se dirigea vers le tableau. Elle le suivit, et quand il s'arrêta devant la peinture, elle croisa les bras sur sa poitrine, toujours plus perplexe. Il chatouilla une poire, qui se mit à gigoter et à rire, et finalement, le tableau coulissa et révéla une ouverture dans le mur. Il se tourna vers Clara et la poussa doucement vers l'ouverture.

- Bienvenue aux cuisines !

Clara entra par le passage et se retrouva dans la vaste pièce, et les elfes se précipitèrent vers elle. Remus entra à la suite de la jeune fille, un léger sourire aux lèvres. Il l'aurait bien emmenée autre part mais … Il était affamé.

- Bonjour mademoiselle, bonjour monsieur Lupin !

Clara se retourna vers Remus, alors que les elfes de maisons les entouraient en leur piaillant qu'ils allaient amener tout de suite de quoi les contenter.

- Tu avais faim, j'espère ? Demanda Remus.

- Pas spécialement … Je suppose que toi si ? Les cuisines … Et moi qui me demandais où est-ce que vous alliez à chaque fois que vous loupiez des repas …

- On en a pas loupé tant que ça ! Marmonna Remus.

- Ca c'est le point de vue Maraudeur … Se moqua-t-elle.

Elle fut interrompue par un elfe qui amenait un grand plateau, sur lequel trônait une multitude de gâteaux, de desserts, de fruits et plusieurs pichets de jus de citrouille. Le pauvre titubait sous son poids, mais semblait très fier de contenter tout seul les deux élèves. Elèves qui n'avaient pourtant rien demandé …

Clara regardait toute la nourriture que la créature amenait et regarda autour d'elle, comme si elle cherchait quelqu'un. Et quand l'elfe lui tendit le plateau, elle se tourna à nouveau vers Remus, un sourire incertain aux lèvres.

- Je suis censée manger tout ça ? Ils veulent m'engraisser, c'est ça ?

Remus eut un petit rire. Il déchargea l'elfe de son fardeau et alla poser le plateau sur la table, où il invita Clara à s'asseoir avec lui.

- Les elfes de maison sont un peu trop serviables … Mais tu n'es pas obligée de tout manger, tu sais.

- Ah, parce que toi tu ne vas pas te gêner !

- Je ne voudrais pas les vexer … Fit-il avec un sourire.

Elle éclata de rire et il se servit d'un fondant au chocolat, son préféré. La cuisine était vraiment un endroit merveilleux pour les gourmands … Et il se défendait assez bien dans cette catégorie. Il pouvait engloutir des quantités de nourritures assez phénoménales sans prendre un seul gramme de graisse, et il ne se privait pas. Sirius aimait beaucoup le charrier avec ça, en criant sur tout les toits qu'il avait toujours une faim de loup et qu'il était prêt à dévorer tout ce qui lui tombait sous la main … Cela ne faisait pas vraiment rire Remus, mais il fallait avouer qu'en période de pleine lune, il mangeait énormément aux repas, et la nuit … Il avait bien du mal à ne pas aller assouvir sa faim dans les dortoirs.

Clara, pendant qu'il mangeait, promenait son regard sur la pièce. Elle semblait trouver les elfes très drôles, et Remus s'étonna qu'elle n'en ait jamais vu auparavant. Elle venait pourtant d'une famille de sorciers … Quand il lui fit la remarque, elle éclata de rire et lui répliqua d'un ton moqueur :

- En France, on n'est pas des barbares, l'esclavage a été aboli depuis longtemps, tu sais.

- C'est pas de l'esclavage ! C'est une tradition … Demande-leur s'ils sont malheureux, tu verras ce qu'ils vont te répondre. Ils sont enchantés de travailler ici …

- C'est du bourrage de crâne, c'est tout. Tu as un elfe de maison, chez toi ?

- Non, ma mère préfère tout faire toute seule.

Clara prit une part de son gâteau au chocolat et releva la tête vers lui.

- C'est la première fois que tu parles de ta mère.

Il baissa les yeux, reprit un morceau de gâteau, et le mâcha lentement avant de répondre. Non, il ne parlait jamais de sa mère. Il ne parlait non plus jamais de sa famille, ni de sa vie en dehors de Poudlard, ni de son passé. Il n'aimait pas parler de lui, mais parler de ça … Encore moins.

- Il n'y a pas grand chose à dire.

Elle fronça les sourcils, bien trop attentive soudain à ce qu'il disait. Pourquoi est-ce qu'elle n'allait pas plutôt demander aux elfes si les quatre grandes tables correspondaient à celles de la Grande Salle ?

- C'est encore un sujet tabou ? Demanda-t-elle doucement.

Il releva la tête et haussa les épaules.

- Ce n'est pas tabou. Il n'y a rien à dire, c'est tout.

Il aurait bien eu des choses à raconter, sans doute, mais ce n'était pas assez intéressant pour qu'il les lui dise. C'était du moins ce qu'il se disait, pour ne pas avoir l'impression qu'il lui cachait des choses. Mais après tout, ce n'était pas mentir de ne pas lui parler de sa mère.

- D'accord … Murmura Clara en picorant son bout de gâteau du bout des lèvres.

La seule chose qu'il voulait, c'était qu'elle ne pense pas qu'il ne lui faisait pas confiance. Ce n'était pas une question de confiance, il ne parlait pas de sa mère non plus aux Maraudeurs. Et encore moins de son père, mais c'était une autre histoire … Il ne parlait jamais de son père. Jamais.

- Je n'aime pas parler de ça, c'est tout. Crois-moi.

Elle releva la tête et sourit.

- C'est bon, pas besoin de te justifier.

Elle avait comprit qu'il ne voulait pas en parler, tant mieux. Ou au moins … Elle n'essayerait pas de le faire parler, pour le moment. Il préférait retarder le moment où il devrait lui parler de sa famille …

Une fois qu'il eut fini sa collation, que Clara avait plutôt qualifiée de festin en voyant ce qu'il avait englouti, ils quittèrent la cuisine et il l'emmena à nouveau à travers les couloirs du château. Ils s'arrêtaient assez fréquemment pour s'embrasser, et plus d'une fois, l'ouïe plus développée de Remus les sauva. Pourquoi est-ce que les élèves choisissaient toujours de traverser le couloir où ils se trouvaient justement quand ils étaient en train de s'embrasser ? En tout cas, cela faisait beaucoup rire Clara, de prendre un air innocent en attendant que l'élève ait tourné à l'angle du couloir. Elle semblait soudainement passionnée par un tableau ou par une lézarde dans le mur, ou alors elle se mettait à inventer des sujets de conversation complètement loufoques, et à chaque fois, le gêneur leur jetait des regards en coin comme s'ils étaient deux échappés de l'asile. Le fait qu'ils rigolaient comme des bossus y était peut-être pour quelque chose, à bien y réfléchir.

L'après-midi passa bien trop rapidement au goût de Remus. Il montra à Clara une salle de musique désaffectée, où un orgue gigantesque trônait au centre de la pièce, entouré par pleins de pupitres et d'instruments divers, tous plus poussiéreux les uns que les autres. Cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait plus ni cours ni clubs de musique à Poudlard … Ils descendirent dans les cachots et il lui ouvrit la porte de l'ancienne salle de retenue, celle que Rusard aimait tant … Au plafond pendaient encore des chaînes qui avaient servi, il y a bien longtemps, à pendre les élèves par les bras ou par les pieds. Et Remus se fit un grand plaisir d'expliquer à Clara toutes les sortes de retenues qu'il supposait effectives dans l'ancien temps. La plupart sortaient tout droit de son imagination, mais il n'avait pas inventé les fouets qui reposaient encore sur une étagère, ni le brasero , dans le coin de la pièce. À se demander si les anciens directeurs se rappelaient bien que c'étaient des élèves qu'ils punissaient, et pas des criminels … Clara ressortit rapidement de cette salle, en marmonnant que les anglais n'étaient décidemment que des barbares et qu'en France, personne n'aurait eu l'idée de torturer des élèves. Remus montra ensuite à Clara un laboratoire de potions où Slughorn se rendait quelquefois, et que les élèves n'étaient pas censés connaître. Et pour cause, il y avait dans cette salle beaucoup de matériel de valeur, qui allait des chaudrons spéciaux aux balances en argent, sans oublier un placard plein d'ingrédients divers. Remus oublia seulement de préciser que Sirius et James venaient quelquefois se servir ici pour créer leurs farces contre les Serpentard …

Et finalement, ils retournèrent à la salle commune une heure avant la fin de la sortie à Pré-au-Lard, et se mirent à contrecoeur à leurs devoirs. Il fallait qu'ils aient avancé un minimum pour ne pas que cela paraisse suspect aux autres …

Assis côté à côté à une table, seuls dans la salle commune, ils ne travaillèrent cependant pas beaucoup. Pourtant, c'était parti d'une bonne intention ! Remus avait sortit son devoir de métamorphose, il avait même commencé à aider Clara. Malheureusement, et ce n'était pas de leur faute, il fallait le dire ! Ils étaient un peu trop proches … Et la métamorphose passa rapidement à la trappe. Entre deux bisous, ils parlaient des salles qu'ils avaient visité, qu'il faudrait qu'ils se refassent une journée comme ça … Remus ne demandait que ça. C'était la première fois qu'il sortait réellement avec une fille, qu'il se conduisait aussi naturellement avec elle, et qu'il pouvait se balader dans les couloirs avec elle sans craintes. Il voulait pouvoir recommencer comme ça tout les jours, et annoncer à tout le monde que oui, il était amoureux de Clara et que c'était génial … À cette idée, il sentit son estomac se tordre. Il était en train de goûter à ce qu'il pourrait avoir s'il ne devait pas se cacher. Et c'était tellement meilleur … Mais le visage de Sirius, furieux, s'imposa à lui, et il sentit la culpabilité naître en lui. Il reconnu que c'était impossible. Péniblement impossible.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Souffla Clara alors qu'il se reculait imperceptiblement.

Il soupira légèrement, gardant Clara serrée contre lui. Il fallait seulement profiter de ces instants, parce que bientôt, ils devraient s'éloigner et faire comme s'ils étaient seulement amis. Ne plus la toucher, ne plus l'embrasser, lui adresser à peine la parole …

- Rien. Mais … Cette journée a été vraiment géniale, et … C'est terminé.

- On pourrait leur dire, tu sais. Ce ne serait pas dramatique …

Remus repoussa Clara, et regarda vers l'entrée de la salle commune.

- Qu'est-ce que … ? Commença Clara.

Elle fut interrompue par le tableau qui pivota et qui laissa apparaître Sirius, James et Peter. Les trois garçons avaient les joues rougies par le froid et étaient en grande conversation. Peter semblait très heureux de son après-midi avec sa petite Gryffondor. Par contre, James avait les mains enfoncées dans les poches et semblait plutôt contrarié. Sirius, égal à lui-même, arborait un immense sourire.

Ils s'approchèrent d'eux, et Remus jeta un coup d'œil à Clara. Tournée vers eux, elle souriait à peine, les lèvres pincées. Elle semblait agacée qu'ils soient revenus plus tôt … Remus aussi aurait voulu que cela dure plus longtemps, mais voilà, leur moment de complicité était terminé. Ils n'avaient même pas terminé leur conversation …

- Alors les bosseurs, bon après-midi ? Demanda Sirius en s'asseyant en face d'eux.

Clara se tourna vers Remus, lui laissant le loisir de répondre.

- Ca va … Répondit-il simplement. Et vous ?

- Attends attends, on veut d'abord savoir ce que vous, vous avez fait, ça devrait durer moins longtemps que nous, ironisa James.

Clara secoua doucement la tête, un léger sourire aux lèvres.

- Je suis resté quelques heures à la bibliothèque, et je viens de revenir pour travailler avec Clara. On voulait faire de la métamorphose, mais vous êtes rentrés plus tôt que prévu, mentit Remus avec aplomb.

- On ne voulait pas vous laisser tout seuls trop longtemps, on s'est dit que vous deviez vous ennuyer sans nous, fit Sirius en souriant.

- Dis donc, tu n'es pas le centre du monde … Ce n'est pas parce que tu n'es pas là qu'on va s'ennuyer ! S'exclama Clara.

James éclata de rire et Remus esquissa un sourire. Clara savait que c'était à cause de Sirius qu'il ne voulait pas avouer qu'ils étaient ensemble … Et elle ne semblait pas apprécier.

Sirius sembla étonné que Clara s'en prenne à lui avec autant d'agressivité, mais il avait tellement envie de raconter sa journée qu'il en oublia de se vexer.

Et les trois garçons commencèrent à raconter leur journée … Peter était sur un petit nuage. La jeune fille qui l'avait accompagné pour la St Valentin se nommait Nina Bohrs, et elle était très gentille. Ils étaient restés tout les deux tout l'après-midi, il l'avait emmenée chez Zonko, aux Trois Balais, et même chez Mme Pieddodu, le repaire des amoureux. Et si rien n'était encore officiel, il avait bon espoir que leur relation évolue … Autant dire que Remus ne l'avait pas vu aussi euphorique depuis longtemps. Peter était un garçon timide, un peu maladroit et assez effacé, et il avait bien moins de conquêtes que James ou Sirius. Et il avait déjà avoué à Remus que cela lui pesait un peu, de rester dans l'ombre de ses deux amis … Remus était donc très content pour lui qu'il se soit enfin trouvé une – future – petite amie, et sans l'aide de James et Sirius. Ces deux derniers n'arrêtèrent pas de le charrier, mais il était clair qu'ils étaient aussi ravi que lui que le jeune fille se soit plue avec lui.

James avait passé un après-midi moins agréable. La Poufsouffle qui l'accompagnait, une certaine Kalia Rutherford, était certes très jolie, mais n'avait vraiment que ça d'intéressant. Il avait cru un moment qu'il pourrait passer un bon moment avec elle, quand elle avait commencé à lui parler de Quidditch, mais il s'était avéré qu'elle n'y connaissait pas grand chose … Et elle avait un autre gros défaut : elle supportait l'équipe de Sheffield … Alors que James trouvait cette équipe pathétique, complètement dépassée, et incompétente. Il ne le cachait pas, et quand elle l'avait appris, elle avait été très mécontente. Ils avaient passé le reste de l'après-midi chacun de leur côté, James ayant rejoint Sirius, et Kalia … Il ne savait pas ce qu'elle était allée faire, mais il s'en fichait légèrement. James Potter n'avait plus rien à faire avec une fille qui supportait les Crécerelles de Sheffield. Remus sourit largement en entendant James raconter son après-midi, avec grandiloquence et une quantité incroyable de soupirs, comme s'il avait passé le pire après-midi de sa vie … Et tout de suite après, se mettre à parler de Lily avec enthousiasme. Il avait croisé la jeune fille aux Trois Balais ! D'accord, elle était accompagnée par ce prétentieux d'Anderson, mais elle l'avait regardé ! Alors qu'en temps normal, elle l'ignorait complètement. Tout n'était peut-être pas perdu ! James ne changerait donc jamais … Remus avait cru que Kalia lui changerait les idées et lui ferait oublier Lily, mais peine perdue.

Quand James eut terminé de détailler la tenue que portait Lily quand il l'avait croisée, Sirius raconta à son tour son après-midi. Lui n'était pas fou amoureux d'Amy Peterson, mais il n'était pas non plus déçu de son après-midi. Dommage, pensa Remus, s'il avait pu oublier Clara et sortir avec Amy, les choses auraient été simplifiées … Mais ce n'était pas le cas. Pourtant, Sirius appréciait beaucoup la jeune fille. D'accord, elle était un peu superficielle, son regard était aussi vide que celui des filles en couverture de Sorcière Hebdo, et elle le regardait comme s'il était un Dieu réincarné (ce dont il ne se plaignait d'ailleurs pas) mais elle avait quand même réussi à parler avec lui tout l'après-midi sans l'ennuyer. Ils avaient principalement parlé de farces, de celles que les Maraudeurs avaient déjà fait aux Serpentard, et qu'elle trouvait absolument « sensationnelles ». Bien sûr qu'elle n'avait pas arrêté de le complimenter, mais ce n'était pas désagréable, de temps en temps … À ce moment, James et Remus poussèrent des exclamations scandalisées, mais Sirius ne voulut pas reconnaître qu'il était un peu narcissique. Oui, il aimait les compliments, mais cela voulait-il obligatoirement dire qu'il était égocentrique ? Clara s'exclama que oui, mais il n'en tint pas compte et continua son récit. Il n'y avait plus grand-chose à dire, en fait, car James était venu rapidement les rejoindre, et Amy était retournée avec ses amies. James et Sirius finirent donc leur après-midi comme d'habitude, c'est-à-dire entre Zonko, Honeydukes et les Trois Balais. Et ils osaient dire que leur journée avait été meilleure que la leur ?

Remus et Clara échangèrent un regard rapide : ils n'avaient rien raté, finalement … Et quand tombait la prochaine St Valentin, pour qu'ils se refasse le même après-midi ?

Le week-end de la St Valentin était passé, et Remus ne s'était toujours pas décidé à avouer aux Maraudeurs qu'il était avec Clara. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui manquait … À chaque fois qu'il la voyait, il avait envie de la prendre dans ses bras, de l'embrasser, ou même seulement d'engager la conversation avec elle ou de se mettre à côté d'elle en cours. Mais il suffisait qu'il regarde Sirius pour qu'il abandonne toute envie de lui révéler la vérité, et la culpabilité lui tordait le ventre. Sirius était un de ses meilleurs amis, et avec James, c'était le premier vrai ami qu'il avait eu. Il tenait à son amitié, il ne savait pas ce qu'il ferait sans. Il ne pourrait pas supporter de regards de reproches de sa part, et encore moins de colère. Et Sirius ne sortait pas avec Peterson. Et Sirius leur avait avoué, le soir de la St Valentin, que depuis Clara il n'avait plus les même critères pour « choisir » les filles. Et Remus avait encore repoussé le moment pour leur dire. Si Clara avait réussi à faire changer Sirius … C'était qu'elle ne l'avait vraiment pas laissé indifférent. Et donc qu'il leur en voudrait, à tout les deux, s'il apprenait la vérité.

La semaine avait repris son cours. Remus évitait de regarder Clara trop souvent, parce qu'à chaque fois qu'il laissait son regard s'arrêter sur elle quelques instants, il voyait toujours James, pas très loin, qui le regardait, lui. Les seuls moments où il était vraiment tranquille avec elle, qu'il pouvait la regarder, l'embrasser, étaient les soirs, dans la salle commune. Leur rendez-vous habituel …

On était mercredi, quatre jours après la St Valentin. Remus sortit du dortoir prudemment, après s'être assuré de la respiration profonde et régulière de chacun de ses camarades de chambre. Il descendit les escaliers en silence, et trouva Clara qui fixait le feu, un parchemin entre les mains. En la voyant, il se figea en bas des marches. Encore Joram ? Il ne voyait pas son visage, de là où il était, mais elle était complètement immobile, et son dos était raide. Sans doute des mauvaises nouvelles, encore.

Il s'avança vers elle sans bruit, mais elle ne l'entendit pas. Elle ne tourna pas la tête vers lui, elle continuait de fixer le feu. Il fut un peu rassuré de voir qu'elle ne pleurait pas. Il s'assit à côté d'elle et passa son bras autour de ses épaules. Elle sursauta et tourna la tête vers lui. Son visage était impénétrable, mais quand elle parla, sa voix ne trembla pas.

- Je retourne en France ce week-end, annonça-t-elle d'un ton indéchiffrable.


Hem hem … Voilà, terminé ! Je répète ce que j'ai dis au début : on ne lynche pas l'auteur, merci … Même si la fin peut paraître frustrante

J'espère en tout cas que ça vous aura plu !

Enjoy !