Salut tout le monde!! et voici la suite!!! Merci pour les reviews et désolé pour celles/ceux qui auraient voulu un lemon plus détaillé... bande de pervers(e) =)
Un gros kissu à Evangelysta qui a bêta ce chapitre X3
Le chapitre 05 devrait arriver dans 15 jours, je vais essayer de le finir cette semaine, mais avec la Japan Expo la semaine prochaine, je risque de manquer de temps _ Mais pour ceux que ça interesseraient, je posterai un One shot dans "un méli mélo de sentiment" pour vous faire patienter.
Bonne lecture !!!
Chapitre 4 : Révélations
« Pardonnez mon intrusion et mon empressement, mais je devais m'entretenir avec vous de toute urgence. » Il fit une pause avant de reprendre, « je me suis présenté à vos sujets sous le nom de Yuui, mais je suis en réalité Fye Flowright, chef du clan Flowright. Je suis venu pour mettre un terme à cette guerre qui déchire nos deux clans depuis bien trop longtemps »
La jeune femme ne bougea pas à ses paroles, mais le blond put discerner un sourire amusé sur son visage, presque provocant, comme si elle le testait et voulait savoir jusqu'où il était capable d'aller. Rester calme… Il ne devait surtout pas s'emporter, sinon ce serait terminé. Elle jouait avec lui, c'était évident. Si elle n'avait pas voulu l'écouter, elle l'aurait exécuté sur le champ. Et puis, il ne pouvait pas croire que le chef de You-ou, et de ce peuple si brave, puisse être mauvais.
Fye attendit quelques minutes, plongeant son regard de glace dans les yeux hautains de cette femme qui leva un sourcil, mi-étonnée, mi amusée. Non décidément, ce jeune homme lui plaisait… Finalement elle se redressa et s'avança vers le jeune roi qui ne bougeait toujours pas.
« Tu dis vouloir arrêter cette guerre… Mais sais-tu pourquoi nous continuons de nous battre ? » Lâcha-t-elle.
Fye la regarda, indécis. Il devait bien l'avouer, il ne savait pas, et c'était justement parce qu'il n'y avait aucune raison qu'il trouvait cela absurde. Mais la reine de Suwa semblait penser le contraire, ou du moins connaissait la vérité.
« Je vois que tu l'ignores… Ce qui ne me surprend pas, il a parfaitement su tromper tout le monde… Je vais donc te rafraîchir la mémoire, ou du moins, te donner un petit cours d'histoire. »
A cet instant elle claqua des doigts et une servante amena une chaise pour permettre au blond de s'asseoir, le temps qu'elle lui énonce les faits. Le temps, il jouait contre eux depuis bien trop longtemps. Voilà un bon moment qu'elle attendait cet instant où elle pourrait rencontrer le jeune prince. Cependant, elle n'aurait jamais cru qu'il viendrait de lui même à sa rencontre.
Les maigres informations qu'elle avait pu obtenir lui avaient donné l'image d'un jeune seigneur faible et absent, qui regardait sans les voir les souffrances de son peuple. Amateratsu avait eu du mal à le croire. Après tout, elle avait connu son père, ainsi que partiellement son frère. Tout deux avaient été des hommes forts et courageux, de redoutables adversaires qui se battaient avant tout pour le bien de leur clan. Ainsi, elle avait refusé d'y donner foi et avait attendu son heure.
Et maintenant qu'elle le voyait, elle savait qu'elle avait eu raison de réfuter ces informations erronées. Fye était loin d'être faible, bien au contraire. Il suffisait de croiser son regard pour y voir brûler une intense détermination et un amour profond pour les siens. Sans compter les rapports journaliers de You-ou... Elle sourit une fois de plus. Le jeune homme se doutait- il qu'il avait été percé à jour dès les premières minutes de sa présence en ces lieux? Sans doute pas. Sortant de ses réflexions elle retourna s'asseoir sur son siège et commença sa leçon d'histoire.
« Pendant très longtemps, il est vrai, nos deux clans se sont affrontés sans raisons apparentes. Quête de pouvoir? Expansion territoriale? Haine ancestrale? Personne ne se souvenait et, au fond, je crois qu'ils s'en fichaient bien. Ils savaient juste qu'à l'arrivée du printemps ils devaient se battre contre le voisin. Mais certains, comme toi, finirent par se poser des questions, la même question que la tienne. A quoi bon se battre sans but? A quoi bon détruire des vies si au final elles ne sont pas une menace? Mes prédécesseurs commencèrent à y penser, et finirent par demander une trêve, et à s'entretenir avec ton père. Notre précédent roi était un homme sage et avisé, sa femme, une prêtresse et une excellente conseillère. Au milieu de l'été, ils invitèrent ton père, qui, d'abord méfiant, reconnut des signes propices et accepta, accompagné de ton frère aîné. »
Fye fronça les sourcils. Pourquoi n'avait-il aucun souvenir de ce moment, certes peut-être était-il jeune, mais alors pourquoi ses conseillers ne lui avaient-ils pas dit que les précédents souverains avaient déjà tenté de trouver un accord de paix? Il secoua la tête et se concentra sur les paroles de la reine.
«C'était il y a maintenant dix ans. Ton père ne t'avait pas emmené pour deux raisons, la première parce qu'il te trouvait trop jeune et la seconde parce que pour lui, tu étais le cadet et donc, pas destiné à régner. Cependant, je dois te le dire, te présenter à nous sous le nom de Yuui fut ta plus grande erreur. Il fut très facile pour nous de faire le lien, d'autant que tu es le portrait craché de ton frère, » lâcha-t-elle, un léger sourire sur les lèvres.
Fye pâlit à ses dernières paroles. Depuis le début, ils connaissaient son identité mais n'avaient rien dit !... Ce qui voulait dire que You-ou savait depuis le début qu'il lui mentait! Et pourtant il s'était tu, pourquoi?
« Je vois le fil de tes pensées... Saches que You-ou était contre l'idée de ne rien dire, » elle sourit narquoisement, « il est bien trop franc pour accepter le mensonge, et j'ai dû lui forcer un peu la main pour qu'il accepte. Et puis… je crois qu'au final il a commencé à y prendre goût… Voila bien trop longtemps qu'il restait refermé sur ce qui l'entourait, refusant plus qu'un contact amical des autres. Mais ce n'est pas la question… Pour le moment.
Ton père et ton frère, vinrent donc ici, dans cette même pièce pour trouver un accord de pacification. Et après de longs débats, la paix fut déclarée entre nos deux clans et une fête s'organisa le soir même dans ce palais. Seulement, dans l'ombre quelqu'un veilla à ce que cela ne puisse pas sortir de ces murs…
Son regard se perdit un moment dans le vide, une vive douleur brûlant ses prunelles bleutées. Les souvenirs étaient tellement transparents que Fye pouvait presque les voir, les vivre. Finalement après quelques secondes de silence, elle reprit.
« La fête se poursuivit durant des heures, ne s'achevant que très tard dans la nuit, alors que la lune était au plus haut dans le ciel. Mais étrangement cette nuit là, le ciel était voilé, comme si une quelconque divinité avait pressentit les évènements et avait voulu nous avertir. Ce soir là, mes prédécesseurs moururent de la main de l'un des hommes qui accompagnait la suite de ton père. Oui… je pense que tu commences à comprendre maintenant, » acheva-t-elle, voyant toutes couleurs déserté le visage du jeune prince.
« Cet homme, j'en suis sûr, fait encore partie de ton entourage. Ton père l'a protégé, sous prétexte qu'il était l'un de ses amis les plus chers, et qu'il ne le laisserait donc pas se faire tuer. Il a choisit de protéger cet homme au mépris de la paix que tous attendaient depuis si longtemps. Comprends-tu pourquoi nous continuons cette guerre ? Cet homme mérite un châtiment, il doit être jugé, pour les vies qu'il a prises, pour la paix qu'il a compromise, et pour les parents dont le fils a été privé.
« Le fils ? Était-il trop jeune pour prendre la relève ? »
« Non, il avait parfaitement l'âge, le problème ne vient pas de là… Disons… Qu'il a préféré retourner dans l'ombre, tout comme les ombres ont fini par envahir peu à peu son cœur. Cet homme s'appelle Kurogane. A la mort de ses parents, ne se sentant pas prêt, ou plutôt je pense, se sentant coupable de ne pas avoir pu sauver ses parents, m'a demandé à moi, sa cousine, de prendre sa place, avec l'accord de notre conseil. Et suite à cela, le prince a reprit son nom de naissance, un nom qui porte une signification particulière. Le roi faucon, You-ou. »
Fye se figea sur place, tandis qu'Amateratsu se taisait de nouveau, comme pour le tester, comme pour essayer de découvrir le fond de ses pensées. Tout devenait clair à présent. Pourquoi les autres lui témoignaient autant de respect, pourquoi il n'aimait pas parler de son passé… La douleur qui transparaissait parfois dans ses yeux grenat alors que son regard se perdait dans le paysage qui l'entourait... Oui, à présent il comprenait tout. Mais en contrepartie, il se sentait vraiment stupide d'avoir essayé de lui mentir de la sorte. Plus que tout autre, il avait été amène de le reconnaître. Il y a dix ans, il avait sans doute vu son frère, peut être même s'était-ils bien entendus tout les deux… Enfin jusqu'à ce que ses parents se fassent tuer sous ses yeux. Fye avait tout de même du mal à comprendre certaines choses. Pourquoi son père avait-il rompu cette paix aussi facilement ? Si cet homme avait été réellement son ami, comment avait-il pu faire une chose pareille ?
Quelque chose clochait. Il ne savait pas encore quoi, mais il y avait anguille sous roche, c'était certain, quand il rentrerait chez lui, il se chargerait de régler cette affaire.
Le jeune roi se leva finalement, décidé. Il savait à présent quoi faire pour arrêter la guerre. Retrouver l'homme qui avait assassiné les parents You-ou. Mais il devait, de ce fait, déjouer une intrigue qui semblait s'être tissée chez lui ces dernières années. Il n'avait pas encore tout les éléments, mais s'il n'avait pas été au courant de ces faits pendant toute ces années, c'était que quelqu'un complotait pour mieux le manipuler dans l'ombre. Et ça, il ne le pardonnerait jamais.
« Bon je te laisse la nuit pour réfléchir à tout cela… Ah oui, dernière question… Comment te sens-tu ? »
« Hum bien… très bien même, pourquoi cette question ? » Répondit le blond, étonné.
« Excuse-moi, cela doit te paraître étrange… Enfin, je vais te répéter ce que le médecin m'a dit à ton arrivé. Si tu es resté aussi faible ces derniers jours, sans parler de tes crises de délires, c'est parce que ton corps réclamait une substance dont il était dépendant jusqu'alors. »
« Pardon ?! Vous voulez dire que... j'étais drogué ? » Répliqua le jeune prince, sidéré.
« Oui… You-ou m'a dit que tu pensais avoir une faible constitution… Il semblerait que cela soit dû cette drogue, puisque tu sembles aller bien mieux qu'avant », acheva-t- elle.
Fye baissa la tête et se tut, les sourcils froncés. Une rage sourde brûlait en lui, une rage qu'il n'avait jamais ressentie jusqu'alors, une colère dont il n'aurait pu soupçonner l'existence. Toutes ses années où il avait cru n'être qu'un bon à rien, un être faible sans consistance, un idiot incapable de protéger les siens, un poids mort dont personne ne voudrait… Et voila qu'il apprenait qu'en réalité, tout ceci n'avait été que mensonge, que jamais il n'avait été de faible constitution, qu'on l'avait juste drogué pendant des années pour mieux l'utiliser, le médicament de son mal n'en étant en réalité que la cause. Non… Quand il allait rentrer, il y aurait du changement, un changement que ses geôliers invisibles auront dû mal à accepter et supporter.
« Merci pour tout… je reviendrai demain, passez une bonne nuit, » finit-il par dire, plongeant son regard cobalt dans les yeux sincères et droits de la reine.
Fye soupira de soulagement en sortant de la salle du trône. Toute la nervosité qui l'avait assaillit à son entrée l'avait finalement quitté. Maintenant, il voyait un avenir se dessiner devant ses yeux, un avenir paisible ou leurs deux clans pourraient enfin vivre en paix, sans guerre, sans mort ni carnage, du moins, une fois qu'il aurait démasqué le coupable. Il sourit à cette pensée, même si certaines choses ne cessaient de trotter dans sa tête.
Ou Plutôt une personne : You-ou… Enfin Kurogane… Fye secoua la tête, quelque peu perdu. Lui aussi lui avait menti, sauf qu'au final, You-ou savait depuis le début qui il était vraiment. Quel idiot il avait été de croire qu'il pourrait venir ici incognito. Enfin en même temps, s'il avait su que son père et son frère étaient déjà venus, ici, cela aurait évité bien des problèmes. Mais You-ou se serait-il comporté de la même manière ? Amateratsu avait beau lui avoir dit quelle lui avait forcé la main pour qu'il ne dise rien, cela ne cessait de trotter dans sa tête. Si bien qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il s'était arrêté en plein milieu du couloir, le regard ailleurs et les sourcils froncés.
« Si vous cherchez Kurogane, il est sur la terrasse, » dit une petite voix.
Fye sursauta et se retrouva nez à nez avec une jeune fille aux cheveux longs et au visage souriant. Elle était assez jeune, mais le blond pouvait sentir en elle un certain pouvoir sans être capable d'en trouver la source. Ses grands yeux améthyste l'observaient avec un certain amusement qui n'était pas sans rappeler le regard de la reine. Se contentant de sourire, il releva la tête et dit :
« Merci beaucoup… Pourriez vous m'indiquer la route à prendre, je ne connais pas bien le palais. »
« Oh, excusez-moi de mon manque de politesse ! Je suis Tsukuyomi, la prêtresse du château et la sœur de la reine, mais vous pouvez m'appeler par mon vrai prénom, Tomoyo. Je me ferai un plaisir de vous guider jusqu'à Kurogane, Fye-san, » répondit-elle toujours en souriant.
Fye la suivit à travers d'interminables couloirs. La jeune fille ne parlait pas vraiment, mais s'était sans doute pour éviter de trop ébruiter son identité, encore inconnue de beaucoup. Cependant, il appréciait grandement l'aura de sérénité dans laquelle elle l'englobait, après toutes les révélations qui lui avaient été faites. Sa simple présence suffisait à l'apaiser, à le calmer. Qu'elle soit une prêtresse ne le surprenait donc pas, même si elle semblait encore bien jeune pour la prêtrise. Mais après tout, cela ne le regardait pas, ainsi, il n'en dit rien.
Après plusieurs minutes, ils le trouvèrent enfin. You-ou était là, juste devant lui, appuyé sur une rambarde, seule sa silhouette se profilant sous le ciel constellé d'étoiles. Le balcon était à peine éclairé par les lumières du couloir. Fye ne s'était pas rendu compte qu'il était aussi tard. Quand il l'avait amené devant Amateratsu, le soleil se couchait à peine alors qu'à présent, la lune était à son zénith et baignait de ses rayons le paysage, plongeant tout particulièrement sur la silhouette de You-ou qui regardait autour de lui, sans vraiment regarder, ses mèches brunes agitées par un léger vent frais. Mais son ouïe était fine, après tout, il n'était pas un puissant guerrier pour rien.
Cependant il resta de marbre à leur arrivée. Voila de longues minutes qu'il les avait entendus, mais il avait préféré faire comme si de rien était, et surtout, il ne voulait pas que la jeune princesse se mêle de ce qui ne la regardait pas, comme elle savait si bien le faire. Maintenant Fye était là et il avait tellement de choses à faire, à lui dire… mais il continua d'attendre.
La jeune fille fit un dernier signe de tête avant de s'éclipser. Elle connaissait suffisamment le brun pour savoir qu'il préférerait vider son sac seul face à Fye, pas besoin de témoin supplémentaire. Elle rit intérieurement à cette pensée, que le brun pouvait se montrer pudique par moments !
Une fois que Tomoyo fut partie, You-ou se retourna enfin pour faire face au blond. Celui-ci était bien plus nerveux qu'il ne voulait bien le laisser paraître. Il avait tellement de choses à annoncer qu'il ne savait pas par où commencer. Devrait-il commencer par s'excuser pour lui avoir caché son identité ? Pour lui avoir mentit ? Mais You-ou n'avait-il pas fait de même avec lui ? Tel est pris qui croyait prendre comme disait le proverbe. Malgré tout, Fye ne pouvait oublier les dernières paroles de You-ou. Celles où il disait qu'il ne regrettait rien. Finalement tout n'avait pas été que mensonge entre eux. Leurs sentiments, au moins, avaient été sincères. Et c'était bien le plus important.
« Tu as fini alors ? » Lança You-ou, plongeant son regard de sang dans le sien, comme pour essayer de le transpercer de part en part.
« Oui… La reine m'a tout dit,» répliqua-t-il, insistant sur le tout.
Un instant ils restèrent face à face sans mot dire, juste à se tester, à essayer de lire dans les yeux de l'autre, à tenter de percer ses pensées. Puis finalement le brun s'avança, et attrapa une mèche blonde qui voletait autour de lui. Une fois encore il la porta à ses lèvres et continua de dévisager Fye, comme dans l'attente d'une réponse. Le blond continua de lui faire face, un sourire taquin sur les lèvres.
La reine avait eu raison sur bien des points, surtout sur le fait qu'à présent, sa véritable personnalité ressurgissait. Adieu le jeune prince faible qui avançait tel un mort vivant, tiré par des fils invisibles. Cependant, il devait bien le reconnaître, l'absence de la drogue n'était pas le seul facteur. You-ou y était aussi pour beaucoup. Il n'y avait que lui pour réussir à le pousser dans ses derniers retranchements, à dévoiler ce qu'il était vraiment, et ça, il ne pouvait que l'en remercier.
« Et bien Kuro-sama, tu as perdu ta langue ? »
« Kurogane, espèce de… »
Il s'arrêta net au sourire amusé de son comparse. Comme il avait changé… Et cela lui plaisait, il préférait le voir comme cela que comme il avait été à son arrivé, mélancolique et renfermé. Un léger sourire se dessina malgré lui sur ses lèvres. Il ne s'en rendait compte que maintenant, mais le blond aussi l'avait changé. Pour la première fois depuis la mort de ses parents, il désirait être avec quelqu'un, discuter sincèrement avec lui, le toucher, le serrer dans ses bras… Avant que Fye n'ait le temps de réagir, il le rapprocha vivement de lui et prit ses lèvres avec force, comme pour lui communiquer ses sentiments les plus forts. Oui, le blond comptait pour lui, et il voulait le lui montrer.
Le jeune roi quant à lui se laissa aller à son étreinte, enlaçant ses épaules de ses bras, son corps totalement offert, tout comme son cœur, tout comme son âme. Peu à peu, il se sentait fondre dans ces bras qui le rendaient si fort, si vivant. Mais finalement l'étreinte s'acheva et leurs regards se croisèrent de nouveau, et encore une fois, ce simple regard suffisait à exprimer tout ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. Pas besoin de mots, juste le rouge contre le bleu. Fye se détacha peu à peu de ses bras et regarda le paysage qui s'étendait autour de lui. Tout était à la fois si semblable et dissemblable à chez lui, il aurait tant voulu pouvoir rester vivre ici…
Une question se posa alors dans son esprit. Qu'allait faire Kurogane une fois que tout serait fini? Allait-il rester ici ou bien le suivrait-il? Ses mains se serrèrent malgré lui à l'idée que Kurogane ne serait plus à ses cotés. Il avait besoin de lui, de sa présence, de sentir son ombre près de lui, son regard de sang essayant de lire en lui, de le pousser à montrer celui qu'il était vraiment. Il baissa les yeux et se mordit la lèvre inférieure, essayant en vain de chasser ses sombres pensées de sa tête. Mais le brun n'était pas dupe et perçut bien vite son petit manège. Passant ses doigts sous son menton il lui releva d'un geste doux mais ferme.
« Qu'est ce que tu as Fye?»
« Je me demandais… Ce que tu ferais quand tout serait fini… Je veux dire, moi je vais rentrer parmi les miens, alors… » Il détourna les yeux, essayant de fuir le regard pénétrant du brun.
« Hum… Si tes hommes n'ont pas peur d'être martyrisés je pourrais toujours les entraîner. Les soldats de Suwa seront plus que ravis de se débarrasser de moi, je crois,» répondit-il d'un air détaché, un sourire néanmoins amusé sur les lèvres.
Fye releva les yeux surpris, essayant de bien digérer les paroles que son compagnon venait de prononcer. Ils ne seraient pas séparés, Kurogane allait venir vivre chez lui… Un grand sourire fendit ses lèvres alors qu'il essayait de ménager sa joie et ne pas se montrer trop exubérant.
« Et toi tu penses que tu pourras me supporter ? Je ne suis pas facile à vivre Kuro-pon. »
« Kurogane ! Je m'appelle Kurogane ! » Rugit le brun.
« Hyu !!! Kuro-chan est en colère ! » Répliqua le blond.
« Tu vas voir !!! »
Et la nuit s'acheva sur une note plus joyeuse, Kurogane essaya encore d'attraper le blond, pour finir dans sa chambre, alors qu'il avait bien l'intention de venger l'écorchure de son nom…
