Bonjour a tous , anciens ou nouveaux lecteurs .
Je tient d'abord a m'excuser du temps de publication impardonnable.
J'ai eu une année extrêmement compliquée, que ce soit d'un point de vue familial, amical ou amoureux . J'avais trop de chose a gérer pour réussir a écrire convenablement et il était hors de question de saboter la suite de cette histoire qui me tient vraiment a cœur . J'ai préférer tout mettre de coté.
Il y aura un quatrième chapitre , promis juré , et j'esserais de le publier plus vite que le précédent ! =)
Un sincère merci a ceux qui me suivent malgré tout , sa fait vraiment plaisir . Et un merci particulier a Anne laure qui m'a motivée , a Mathilde pour sa correction et a feliness dont la review m'a fait danser sur ma chaise(et oui on me lit encore malgré mon absence !) :D
Allez ,courez retrouver Harry et son Draco ! =)
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Je savais qu'il serait là.
Les battements désordonnés de mon cœur peuvent servir de boussole afin de le trouver.
L'instinct de survie peut-être, car sa présence m'est bel et bien né con. Fier, droit. Beau. Comme à son habitude.
Il est là, debout, dans son long caban noir, tranchant avec ses cheveux presque devant la tombe de ses parents, un lys à la vent glacé n'a l'air de déranger que ses cheveux, un peu trop longs. Ses pommettes sont rosies, ses yeux comme il m'a manqué ! Deux semaines à peine.
Les premiers jours j'ai pleuré, tant et tant que d'une nuit à l'autre mes draps n'étaient pas secs. Ensuite j'ai hurlé, les crises de fureurs succédant aux larmes. Plus un seul objet n'est entier chez j'ai tenté d'oublier.
La plus longue cuite de mon histoire, quatre jours interrompus seulement par les vomissements et les sorts de nettoyages. Puis ,n'arrivant pas à me noyer, j'ai décidé de passer à autre chose, de gré ou de y réussir, tous ces corps ne me faisaient rien, juste des regards vides, des étrangers de passages dans mon lit. Je les ai tous mis à la porte. A quoi bon ? Je ne voulais que son regard électrique, son corps sec et finement musclé, ses mots tendres ou même crus. Je le cherchais dans leurs étreintes, sans le ne voulais que ne veux que lui de son coté. Rien.
A part ses yeux qui n'ont jamais été aussi clairs et aussi brillants. Et ses mouvements un peu plus secs qu'auparavant. Et ses sourcils froncé dernière fois que je l'ai vu...
J'aimerais oublier cette nuit là. J'étais complètement défoncé, moi le sorcier modèle, je planais comme un dingue. Je me suis pointé chez lui, son bel appartement de Calt Streat.
Mes souvenirs sont trop précis. Je revois son visage ouvrir la porte, ses yeux qui se mettent a briller. Ensuite il me regarde plus attentivement : clope à la mains, complètement ivre, les cheveux en batailles, le pantalon crade, le regard flou, les pupilles dilatées…J'ai honte. Honte.
Si seulement je pouvais effacer cette vision de sa mé on aurait dit un ange. Chemise blanche, jean tout simple, juste un air un peu triste...Moi, qui ne devais pas ressembler à grand chose. Un pâle fantôme. Ou plutôt un revenant, un revenant dans sa vie. Un revenant dont il a l'air de bien se m'a ouvert la porte, fait entrer, et m'a regardé. Moi ça m'a dégrisé instantanément, il n'aurait pas pu mieux faire. Tant de... Déception, je crois dans ses yeux.
Malheureusement ça ne s'oublie reste je ne me rappelle plus, c'est m'a ramené chez moi, comment ? Je ne saurais même plus le dire. Je ne me rappelle même pas qu'il ait prononcé quoi que ce soit à part mon prénom, quand il m'a mis au lit à moitié croirais l'entendre encore murmurer mon prénom. J'aurais voulu l'attraper et lui dire que la vie sans lui c'est rien.
C'est me lever, manger, travailler, manger, travailler, rentrer, regarder la TV, dormir et me c'est pas ça la vie ! Je veux autre chose ! Je veux vivre pas survivre ! Je veux avoir une autre raison de me lever que 'parce qu'il le faut' !Avant, je me dépêchais de me lever parce que je sais qu'il passe une heure dans la salle de bain et si je voulais me laver, fallait devancer ma marmotte. Avant, je me dépêchais de sortir du boulot pour aller manger avec lui et me moquer de nos collègues et de leurs petites aventures journalières.J'aimais lire, aller au cinéma, au théâtre, pour le surprendre et pour pouvoir lui en , pourquoi je bouge ? Pour ne pas penser.J'en ai marre, je veux qu'il sorte de ma tête ! J'ai essayé la fuite, ça n'a pas marché. Je vais aller à la toute façon ça ne peut pas être pire comme situation, pire que 'rien' dans mon cas, ça n'existe pas…Et je dois être la, si je n'étais pas venu, je n'aurais plus jamais pu me regarder dans un miroir.
Ce matin en me levant pour la première fois depuis qu'on s'est séparés, j'ai eu une raison de me lever. Il fallait que je sois là pour lui ,Lucius et Narcissia Malefoy se sont fait exécuter. Comme je m'y attendais, seule silhouette dans le rang des proches, il se dressait, impassible sous les huées des sorciers venus au spectacle.
Je savais qu'il serait là, malgré ce qu'il m'avait bile me monte à la bouche alors que je vois ces petits salopards lui hurler des mots injustes : 'traître' ou 'va mourir' 'tu devrais pourrir avec tes 'parents'.
Où est l'humain... Celui qui a fait des erreurs et qui a fait du mieux qu'il a pu, ou celui qui se contente de se terrer en jugeant ? Lui qui a eu plus de courage qu'eux tous réunis…Salopards !
Je vois son visage se contracter imperceptiblement sous leurs insultes et je n'ai qu'une envie c'est de me mettre à coté de lui et de les faire taire à coup de sorts s'il le faut.
Un silence surnaturel tombe d'un seul coup. C'est un silencio lancé par une silhouette courbée, enveloppée dans une cape noire qui a monté les marches de l'estrade sans qu'on le remarque.
Neville se place à coté des guillotines et se met à parler, parle d'erreurs, de jugements, de souffrance, d'horreur et de parle de colère, de haine, de pitié et de parle d'amour perdu, de vies tranchées et de vies brisé . Il parle de tout ce qui a fait sa vie, il parle de sa guerre et de la guerre de tout à l'écoute et le regarde, subjugué.
Son visage ravagé d'une balafre lui partant de l'arcade sourcilière gauche jusqu'au menton, coupant son nez, rappellerait presque Maugrey. Il en a maintenant la prestance .
Ses longs cheveux longs ramassés en catogan, son corps qui se redresse au fur et à mesure qu'il parle. Sa voix qui, de bourru et timide, se fait puissante, assurée et pleine d'émotion. Le silencio n'est même plus nécessaire. Je regarde Draco, il a les yeux fixés sur l'ancien souffre-douleur de sa maison.
Lorsque Neville s'arrête de parler, une larme coule le long de sa joue qu'il essuie d'un air rageur. Et conclut avec des mots qui restent gravés en moi. "Tout le monde peut se tromper"…
Puis lentement il redescend et repart d'où il est venu lorsqu'un cri aïgu crève le silence magique. Monte alors les marches un Lucius très droit, yeux brillants et Narcissa en larmes qui ne peut le quitter des yeux. Tout deux se noient dans le regard de l'autre poussés par des hommes encagoulés. La foule repart en murmures instantanément, de plus en plus hostiles, comme si Neville n'avait jamais parlé.Pourtant l'image est tragique et belle à la fois. Tant d'intelligence et de talents gâchés.
L'un des hommes de mort annonce que Lucius va être exécuté de prime et qu'il a le droit à quelques mots d'adieu.
Lucius regarde Narcissa et, lentement son visage s'étire en un sourire doux et tendre comme on ne lui en a jamais vu. Il murmure et je me bénis de ne pas m'être mis trop loin, ça lui ressemble tellement peu que je ne l'aurais pas cru si je ne l'avait pas entendu.
-Tu sais déjà tout et plus encore Cissia... Ne leur donne pas ce qu'ils veulent, moi je sais déjà aussi…
avant de s'arrêter sur son fils .Voilà qui lui ressemble déjà plus.
Ses yeux transpercent le jeune Malefoy qui ne bouge pas sous le regard inquisiteur.
-Tu n'as jamais rien compris mais tu as toujours senti. Draco, plie mais ne romps jamais. Tend-toi vers le soleil et ,si tu peux pardonne moi,tu le mérites.
L'ex-Serpentard regarde son père. Son bourreau. Son maître. Sa pire haine. Son modèle. Celui qui le fit devenir ce qu'il ses lèvres forment les derniers mots que son père perçut 'va en paix, j'ai compris'.
Le père se détourne alors de manière à voir sa femme une dernière fois, met la cagoule lugubre qu'on lui tend et fièrement pose lui-même sa tête sur la machine de mort. Dernier pied de nez aux huées de la foule. La lame tranchante s'est abattue dans un bruit sourd une première fois faisant voler quelques longs cheveux blonds et répandant un sang soi-disant pur. Pour ou ça l'a mené...
Narcissia laisse échapper un cri étouffé de pure douleur, s'essuie les yeux hargneusement et se dresse de toute sa hauteur face à la foule qui l'insulte. Elle prononce ses derniers mots le regard fixé sur son seul enfant.
-Si j'ai une chose à te dire c'est d'oser pour ne pas regretter ,va fils, je n'ai plus rien à faire ici, et toi non plus .
Et très lentement elle va jusqu'au bourreau, prend sa cagoule avec douceur, se place sur la deuxième guillotine à côté de celle de l'homme qu'elle a suivi jusqu'au bout, s'agenouille avec grâce et laisse le bourreau l'installer .
Le couperet tombe une deuxième fois dans l'air glacé, laissant résonner en moi ces derniers mots hargneux. Draco se retourne ,ignorant les crachats qui pleuvent autour de lui essayant de l'atteindre. Il est tellement au delà d'eux, tellement plus haut. Tellement plus beau aussi. Dignes et fiers jusqu'au bout. Voilà les Malefoy, ou ce qu'il en reste.
L'enterrement s'est fait juste après, à la sauvette, à la va vite, presque dans la honte, privé cette fois-ci. Le public fut viré avec force, seuls quelques personnes furent présentes...Et heureusement! Je n'ose imaginer, si, comme l'exécution,l'enterrement eut été public.
Les gens sont tellement naïfs. Eh non, personne n'est jamais tout blanc ou tout noir !
Et oui, on peut aimer des criminels, et oui on peut détester des héros. Ça n'est pas aussi simple que ça.
Ça fait un moment maintenant que je le regarde. Que j'essaie de graver cette image en moi.
Je pense qu'il sait que je suis là, malgré la cape d'invisibilité revêtue pour suivre la mise en terre avant de la laisser glisser pour le contempler sans filtre. Il m'a certainement vu pendant les exécutions. Et il a certainement senti mon regard vrillé sur lui.
Je détaille une dernière fois cette vision, paradis et enfer mêlés.
Cheveux blonds au vent, tombe noire. Caban noir, neige blanche.
Puis j'avance, souillant le décor de mes empreintes de pas. Il se retourne vers moi alors que je suis à moins de cinq mètres de lui.
Yeux gris contre yeux verts.
-Va t'en ! Il feule presque. Son regard est embué, il tremble.
-Pas question.
J'essaie de rester calme et posé. Mais de le voir comme ça me déstabilise complètement, il a l'air brisé, fragile, je ne l'ai jamais vu comme ça, à ce point là ébranlé.
Je vois passer dans son regard incompréhension, colère, fierté.
Il essaie de se reprendre, ses yeux redeviennent secs mais il tremble de plus en plus alors qu'il se met à crier :
-DÉGAGE ! Je veux plus te voir putain ! C'est fini entre nous ! FINI ! Qu'est ce que tu comprends pas là dedans !?
Il dégagerait presque des étincelles. Quant à moi, je me sens m'éteindre.
C'est en quelque sorte les mots que je craignais d'entendre. Ce que je ne voulais pas savoir, pas comprendre.
Toute la misère du monde n'est rien à côté d'un adieu.
Merde, alors tout ça pour rien ! C'est vraiment fini ? Je pensais qu'on finirait par se remettre ensemble; à vrai dire, je n'arrivais pas à envisager autre chose. C'était comme une évidence !
Ses mots se figent en moi comme des lames affûtées. Je sens presque physiquement mon cœur se briser. Et ça fait mal, ça fait tellement mal !
Il a repris son regard froid, glacé.
Cette fois-ci c'est moi qui me mets à trembler de manière incontrôlable.
Ses mots tournent et retournent dans ma tête, dans une ronde infernale me détruisant chaque fois un peu plus.
Je n'ai plus le courage de soutenir son regard. Je baisse la tête comme si je contemplais la tombe de ses parents. Mais mon esprit est très loin.
-Va t'en.
Sa voix est très basse, presque douce.
Je ne l'entends que voilée. J'ai du mal à penser à autre chose qu'à ses mots de tout à l'heure.
Doucement je me retourne, fais quelque pas puis à cinq ou six mètres de lui je me retourne finalement pour une dernière image de ma vie.
Il est là, droit, le regard fixé sur moi, pleurant à chaudes larmes, un sourire tendre animant ses lèvres fines.
Instantanément un souvenir me revient en tête, une discussion enflammée, où les mots ont fusé, sincères et justes. C'était hier et il y a si longtemps à la fois, je ne sais plus rien…
« Promets-moi que jamais tu ne me laisseras !
-A condition que jamais tu ne t'en ailles ! »
Et sans que je comprenne, je cours jusqu'à sa hauteur, et sans que j'ai besoin d'y réfléchir, lui décoche un crochet du droit en criant à mon tour :
-SALAUD ! SALAUD ! T'avais promis que jamais tu me laisserais, connard !
Je ne vois rien à travers mes larmes à part sa silhouette tombée à terre. Pleure tristesse.
Et merde, qu'est ce que j'ai encore fait ! Réfléchir avant d'agir, je croyais que ça m'était passé d'agir par impulsion. A croire que non.
De la manche, j'essuie mes yeux et entends avec stupéfaction qu'il rit, tout en tenant son nez en sang.
Son rire est de plus en plus fort et de plus en plus incontrôlable alors moi aussi je ris. Alors nous rions ensemble, d'un même souffle.
Et j'essaie d'oublier qu'il n'y a plus de nous.
Le moment dure, une seconde, une heure, un jour, une éternité.
Finalement notre fou rire s'apaise.
Il se lève et me fait face, le flot de sang s'est tari mais il en a partout.
Il brise le silence, avec des rires dans la voix. L'air paraît ouaté, je ne réfléchis plus, ne sais plus rien, je suis comme ankylosé, je me raccroche juste à sa voix, à son sourire. Il me fait penser à l'arc en ciel, qui naît lorsque pluie et soleil se mêlent.
-Tu réagis toujours comme ça quand t'es contrarié Harry ?
La réponse fuse immédiate sans que j'y réfléchisse .
-Seulement quand la personne est assez stupide pour croire que je vais m'en aller bêtement.
-T'as été à deux doigts.
Sa voix s'est faite souffle.
-Je sais.
La mienne est encore plus faible si c'est possible.
On laisse le silence s'installer, laissant notre souffle et notre cœur reprendre un rythme plus normal. Corps et âmes.
Je regarde la tombe de ses parents sur laquelle son sang est répandu.
Il surprend mon regard et répond à ma question muette avec lenteur.
-Ça va aller. Aussi bizarre que cela puisse paraître après ce qu'il m'ont fait, ils vont me manquer.
-C'était tes parents …
Il vrille ses yeux acier dans les miens, ils brillent, c'est comme s'il essayait de se convaincre complètement en même temps que moi. Métal en fusion
.
-Tu sais, ils étaient persuadés d'agir au mieux, ils m'aimaient même si je les ai déçus à de nombreuses reprises.
-T'as pas à t'en vouloir, tu as fait tes choix, ils ont fait les leurs.
-Je sais mais j'ai quand même l'impression de les avoir abandonnés.
-T'as rien à te reprocher Draco. Tu as fait tout ce que tu as pu et bien plus encore.Tout le monde peut se tromper. Tes parents aussi.
Il semble perdu pendant quelques instants puis se reprend.
-Le discours de Londubat était vraiment beau.
-Oui, il a beaucoup souffert aussi.
-Si lui peut comprendre…
-Il n'a pas compris, il a pardonné.
Cette fois-ci c'est moi qui reprend.
-C'est dommage que tu n'aies jamais pu me pardonner a moi, Drake.
Il semble incrédule :
-Te pardonner quoi ?
-De ne pas avoir autant souffert que toi.
Son regard se trouble soudainement.
-Tu as bien assez souffert. Je ne t'en ai jamais voulu.
-Ce n'est pas vrai et tu le sais.
-Je suis désolé, je ne veux pas que tu souffres encore à cause de moi. Je ne pourrai jamais me le pardonner.
Ma colère remonte devant ce qu'il ne veut pas s'avouer et je lui crie les mots que je n'ai jamais osé lui dire.
Par peur de le blesser alors qu'ils nous empoisonnent depuis si longtemps.
-C'est moi qui ne te pardonnerai jamais ! Quand vas-tu comprendre que je suis plus solide que tu ne le penses. Quand vas-tu comprendre que je peux veiller sur moi-même ! Arrête de me prendre pour l'enfant que je n'ai jamais été ! Tu ne me protèges pas, tu TE protèges ! C'est toi qui as peur de souffrir pas moi ! T'as toujours eu peur d'être heureux !
Moi j'aime le soleil tout autant que la pluie, quand c'est avec toi !
Que tu me laisses, d'accord, mais ne le fais pas sous de faux prétextes, tu as peur, ça allait trop bien, hein ! C'est toi qui as tout fait capoter en te complaisant dans tes soucis ! Tu t'es fermé à moi et à ceux qui t'aiment pour pouvoir être malheureux en paix ! Drake; arrête de te voir comme un traître qui n'a le droit que de souffrir !
Tu sais pourquoi ça a commencé à partir en vrille, parce que tu te complais dans ton malheur et que tu n'es pas honnête avec toi-même. Arrête de m'idéaliser. Putain, t'as pas de quoi être jaloux. Arrête de te placer en inférieur merde ! Au fond tu sais que c'est pas vrai ! Sans toi je serais qu'un gros con médiocre. Au fond, il n'y a que pour toi que je suis plus que Harry le balafré…
Mes yeux se ferment à la fois pour oublier cet accès de rage, mais surtout pour oublier ma voix se brisant lamentablement sur les deux dernières phrases.
A ce moment là, je m'en veux d'être si faible. Être impulsif ne m'a jamais réussi. Et ça a beau être un petit con égocentrique, il avait pas besoin de l'entendre aujourd'hui, j'ai cassé la dernière possibilité de le récupérer un jour.
Les secondes passent, l'air s'est cristallisé, je garde les yeux clos, mon cœur se rebrise une deuxième fois. Plus insidieusement. Comme s'il gelait, éclatant sous la pression de l'eau, le criblant d'éclats de glace.
Son visage de fantôme avant que je ne ferme les paupières.
J'ai envie de lui dire qu'il faut oublier tout, oublier le temps des malentendus, du temps perdu. Qu'il oublie tout sauf nous, mais je n'ose même pas ouvrir les yeux.
C'est finalement un bruit de froissement qui me donne le courage nécessaire. L'image est encore une fois sublime, elle le serait juste parce qu'il en fait partie de toute manière.
Il s'est laissé glisser dans la neige poudreuse, devant le trou fraîchement rebouché.
Agenouillé, il se tient voûté, les yeux fixés sur la terre meuble.
J'hésite sur la conduite à tenir et sur l'interprétation à donner à ce tableau vivant. Finalement, la pensée que j'en ai assez fait me traverse, conforté par sa voix si douce, si réfléchie.
-Harry , tu veux bien t'en aller s'il te plaît …
Ainsi c'est fini. Tout est dit. J'ai tout gâché.
Sa voix paraît sortir d'une tempête, étrangement calme et distante. Il a pris une décision. Le métal de ses yeux a refroidi, figé en un gris bleu glacé et délavé. Il a pris sa décision, cette fois-ci, il est temps que je la respecte.
J'ai dit ce qui me brûlait depuis si longtemps. Ce n'était pas la meilleure chose à faire mais je ne regrette pas .
Chanceux soit celui qu'il aimera.
D'une voix calme à mon tour, je trouble son silence.
-Jamais je ne t'oublierai.
Ce n'est pas un appel au secours, une simple constatation. Je sens une espèce de grande plénitude qui s'installe, contrastant avec la tempête qui m'agite depuis le début de notre rupture. Ma décision est prise. Je sais ce qu'il me reste à faire. J'ai cependant quelques petites choses à lui dire. De ma poche je tire un papier plié, tapote ma baguette dessus, faisant s'inscrire à l'encre noire quelques mots, puis je le scelle.
-Tu liras ça demain matin, tu veux bien ? Merci pour tout Draco et désolé.
Son regard me fouille lorsque nos mains s'effleurent, mon message atterrissant dans sa poche, acquiesçant à ma requête. Mon visage se fait masque, affichant un sourire rassurant qui a l'air de le convaincre.
D'un pas enfin décidé je me retourne, traversant le cimetière désert, m'éloignant pour toujours de la silhouette au yeux d'acier qui fait battre mon cœur.
Sans me rendre compte que mes traits se sont figés et que mes yeux écarquillés sont devenus presque inquiétants , tellement fixes.
J'ai toujours pensé qu'il fallait aller au bout des choses. Il est ma vie. Je sais maintenant ce que j'ai à faire. Comme une évidence.
Chanceux soit celui qu'il aimera.
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Decevant ? Bien ?
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Allez , review oo)
