Disclaimer : Les personnages et le MI-6 ne m'appartiennent pas.

NDLA : J'ai fait une toute petite erreur... John et Helen ne sont pas encore mariés quand John rencontre Ash. M'enfin bon, c'est une fiction, c'est pô grave, et pis c'est qu'un tout petit détail...

NDLA 2 : J'ai oublié de préciser dans le chapitre d'avant... dans cette fic', gros, gros, gros spoilers sur le tome 7 ! Si vous n'avez pas lu Snakehead, ne lisez pas cette fiction !!!! Pour l'instant c'est bon, y a pas vraiment de spoiler... enfin si, mais que sur le 5 : le fait que John travaille au MI-6. Mais attention, si vous lisez la fin de cette fiction, ça sert à rien de lire le tome 7, il y aurait aucun suspens !!


Le voyage lui avait en tout pris ... deux jours. L'aéroport le plus proche était à quatre heures de routes. Un officier l'y avait conduit en Jeep. Là, il avait pris un avion pour Paris - car aucun billet Irak-Angleterre n'était disponible. Puis, après avoir passé la nuit à Paris, il avait pris le train jusqu'à Coquelles, puis emprunté l'Eurostar et enfin pris le train de Folkestone jusqu'à Londres. Pour finir ici.

Une fois sorti de la gare, John héla un taxi. Après un temps d'hésitation, il annonça sa destination.

- St Thomas' Hospital, s'il vous plait.

Durant le trajet, il réfléchit. Son premier réflexe avait été d'annoncer sa propre adresse ... mais au dernier moment, le nom de l'hôpital avait jailli de ses lèvres sans qu'il puisse s'en empêcher, et cela lui avait paru normal.

Est-ce normal de faire passer son amant avant sa femme ?

John soupira en donnant l'argent au chauffeur. Plus tard, les remords. Il passait voir un ami blessé, et c'était tout a fait compréhensible. Celui-ci lui avait déjà communiqué le numéro de sa chambre d'un simple message - indiquant 87-2. Le message était simple mais clair.

L'agent du MI-6 prit l'ascenceur jusqu'au deuxième étage et se dirigea vers la chambre n°87. Il poussa doucement la porte et un sourire tendre adoucit son visage lorsqu'il découvrit Ash endormi. Il referma silencieusement la porte et s'approcha du lit. Les boucles brunes du jeune homme à présent propres et brillantes encadraient son visage calme et apaisé. John s'assit sur la chaise des visiteurs et effleura tendrement sa joue du bout des doigts. Ash ouvrit immédiatement les yeux, une lueur de panique dans le regard, et soupira de soulagement en voyant son ami.

- Tu m'as fait peur !

John rit doucement.

- Tu t'attendais à ce que ça soit qui ? Alan Blunt, peut-être ?

- Ha, ha, ha. Tu te marre, mais le pire c'est que quand tu es réveillé par quelque chose qui te caresse la joue dans un hôpital, tu envisage toutes les possibilités.

- Et c'est laquelle, ta préférée ?

- Celle où mon beau prince vient me réveiller d'un doux baiser pour bien commencer la journée ?

John, après un rapide regard vers la porte, se pencha vers Ash et l'embrassa tendrement.

- Tu m'as manqué, souffla le plus jeune.

- Toi aussi... c'était dur, l'Irak sans toi. En plus, mon nouveau camarade de tente ronflait.

Ash éclata de rire.

- Et je suppose que la nuit tu ne faisais que dormir.

- Bien sûr. Il faut au moins un apollon comme toi pour m'inciter à tromper ma femme.

Le regard du cadet se voila.

- Quand tu l'auras retrouvée, ce sera fini, nous deux ?

John soupira et prit la main du blessé pour la porter à ses lèvres.

- Non.

- Non ?

- Non. J'ai besoin de toi.

- Et ... elle ?

- J'ai aussi besoin d'elle.

Ash se mordit la lèvre.

- John, ça ne me dérange pas d'être l'amant de l'ombre, et je me fiche de ce que tu fais avec ta femme. Enfin je m'en fiche ... c'est ta femme, et ce que tu fais avec elle ne me regarde pas. Mais toi, est-ce que tu te sens capable de lui mentir ?

Le regard dans le vague, John haussa les épaules et marqua une pause.

- Je vis dans deux univers différents. Mon appartement, et le MI-6. Si je considère qu'elle appartient au premier et toi au second, je devrais pouvoir y arriver.

Ash sourit tristement et caressa le visage de son amant.

- Tu sais, ça me tue de te mettre dans cette situation.

- Moi aussi. Je tiens à toi, autant qu'à ma femme, et pourtant je te réduis à ...

- Ne t'occupe pas de moi. Ma situation me convient tant que je peux être avec toi. La tienne est plus critique.

- La mienne n'a aucune importance tant que ma femme ne sait rien, Ash.

Dieu qu'il aimait quand John prononçait son nom.

Pris d'une impulsion soudaine, il se redressa et embrassa John comme si sa vie en dépendait. Sa jambe lui fit mal : il ignora la douleur et passa ses bras autour du cou de son amant. Celui-ci promena ses lèvres sur sa peau, embrassant ses yeux, son nez, sa mâchoire, son cou. Une fois leur fièvre calmée, ils restèrent comme ça, en silence, enlacés.

Lorsque John sortit de l'hôpital, il était perdu. Il ne se ressemblait plus. Il était marié ! Quels que soient ses sentiments pour Ash, et les sentiments de celui-ci à son égard, il devait laisser tomber !

Helen ne méritait pas ça. Et Ash non plus. Le pire était qu'il aimait les deux, et que choisir l'un ou l'autre était tout simplement impossible. Helen était une femme brillante, adorable, rayonnante et aimante. Ash était ... séduisant, attirant... pas seulement physiquement. Sa personne avait quelque chose d'extrêmement attractif. Et, surtout, il comprenait John. Il vivait comme lui - à ceci près qu'il n'était pas marié.

Et quand il était avec Ash, il avait l'impression d'être seul au monde avec lui, d'être le plus important dans sa vie.

Mais était-ce le cas ? En fait, John ne savait rien de lui. Il savait que Ash travaillait au MI-6, que ses initiales étaient A.S.H. et qu'il était probablement plus jeune que lui. Il ne connaissait même pas son âge exact.

A la réflexion, il n'était même pas certain que Ash soit amoureux de lui. Bien sûr, il en avait l'impression. Mais après tout, leur relation avait commencé par un baiser impulsif et une histoire de fesses. Et si Ash jouait la comédie dans le seul but de coucher avec lui ?

Un instant, John s'en voulut de douter de lui. Ash avait vraiment l'air sincère.

Mais il se posait des questions.

Quoi qu'il en soit, pensa-t-il, il met en péril ma relation avec Helen. S'il y a des chances qu'il ne soit pas réellement amoureux de moi - qui le serait en si peu de temps ? - mieux vaut arrêter là.

Le coeur gros, il décida d'éviter Ash et de rompre tout contact avec lui.

Son coeur s'allégea un peu lorsque sa femme lui sauta dans les bras. Je fais ça pour elle, se consola-t-il, et elle mérite mon amour et ma fidélité.

Le lendemain, il resta chez lui. Aucun risque de le croiser. Le jour d'après, il lui téléphona. John regarda le téléphone sonner et bloqua le numéro. Le coeur lourd mais la conscience tranquille, il faisait peu à peu une croix sur cet homme dont il avait eu le malheur de tomber amoureux.