Auteur: Flo-de-Miel

Base: Gundam Wing

Genre: angst, aventure.

Réponses aux reviews: merci a tacki-chan, iriachan, Sailor Sayuri, yuya chan, Isis, lihiel, ephemeris, neko, Syt', kaoru, ame sœur, AkinoSabaku, kikunosuke, magigal girl kiki, echizen, yat, babou, hanako 32, Dame Emma, Florinoir, Onizuka et onarluca. J'espère que tous vous aimerez cette suite. :-D


Chapitre 2 : Running Instinct

Duo était totalement abasourdi par la proposition de son mentor.
G lui donnait tout simplement la possibilité de coucher avec Heero, tous les soirs, sans que celui-ci ne puisse le refuser.
Tout ça pour soigner les effets secondaires d'un stupide remède.

-Hors de question ! S'exclama le natté en mesurant les invivables conditions que cela engendrerait. Tu ne téléphoneras pas à J ! C'est abject : je ne veux pas forcer Heero à faire une chose dont il n'a nullement envie!

- Parce que tu penses peut-être que 01 a choisi sa position de soldat? Qu'il avait envie de se battre pendant la guerre, de tuer des gens ? Crois-moi, ce petit service ne le fera pas frémir ! C'est un bon élément de guerre, il est donc habitué à exécuter des choses qui le répugnent.

- Et c'est bien là le problème : je ne veux pas paraître à ses yeux comme une chose répugnante !

- Mais que faire, alors?

La tête du natté se rabaissa et il déclara tristement:

- Peut-être que j'aurai de la chance, pour une fois. Peut-être que je n'aurais qu'à me balader dans la rue pour faire la connaissance d'une fille chouette, sympa et pas compliquée. Une fille qui accepterait que je lui offre un verre, que je pourrais ramener chez moi le soir et ... et qui m'aidera.

- Une fille à qui tu ne pourras rien répondre quand elle te demandera ton âge? Une fille qui restera ignorante de ton passé de meurtrier ? Qui se demandera à quoi tu as exercé ta jeunesse et pourquoi tu ne veux rien lui avouer… ? Hum ! Tu peux toujours rêvé, petit !... Je te le dis : ma proposition est la meilleure. Une cure d'une semaine en compagnie de Heero, et tout s'arrangera.

- JAMAIS ESPECE DE VIEUX FOU ALCOOLIQUE ! Hurla Duo en se redressant. J'ai assez perdu de temps ici à écouter tes ignobles solutions! Je vais rentrer chez moi, expliquer la situation à Hilde, et à deux, on trouvera une bien meilleure solution ! … Sur ce, au revoir !

Il fit volte face et se dirigea vers la sortie.
Juste avant qu'il ne claque la porte, G parvint à lui dire :

- Tu as mon numéro de téléphone, au cas où tu changes d'avis.

°°°

Il faisait nuit, il faisait noir. Les rues de la colonie L2 étaient plongées dans l'obscurité humide d'un crépuscule hivernale.
Les trottoirs ? Tous déserts…
Les boutiques ? Toutes fermées…
Les maisons ? Sans lumières…
Le silence ? Partout empreint…

Et pourtant, parmi ces asphaltes sans bruits, un son de pas précipité résonnait lugubrement. C'était un homme, seul, apeuré, qui courrait. Il transpirait, pleurait, se maudissait. Il errait à s'en fendre le cœur dans ce désert noir. Sa natte balançait derrière lui comme un membre mort, son visage était déformé par la colère et la tristesse.

Colère contre lui.
Tristesse envers elle.

Il gémissait misérablement, sans perdre la vitesse de sa course douloureuse. Il s'essoufflait dans des paroles égarées:

- "uh… ah… ah…Pardon, Hilde. Pardonne-moi…ah… je voulais pas… ha… pas… ah… ah…"

Sa respiration saccadée lui creva les poumons jusqu'à ce qu'il ne puisse plus faire un pas de plus. Il s'écroula alors comme un misérable pantin de bois sur le dallage gris d'un trottoir souillé. Ses sanglots rauques perçaient le silence de la nuit. Il regarda ses mains ensanglantées… Il ne comprit qu'après quelques secondes d'égarement que ce n'était pas son sang, mais bien celui de Hilde.

Il avait brisé une fleur pure, et la fleur avait saignée…
Il se dégoûtait.
Elle dormait paisiblement, dans son lit de petite fille. Il s'était approché dans le noir, un sourire malsain aux lèvres.
Il se dégoûtait.
Il lui avait soudain sauté dessus, et elle s'était réveillée. Elle s'était débattue en vain parmi les oreillers, alors qu'il lui avait arraché son pyjama. Le drap l'avait emmêlée, les bras de Shinigami l'avaient retenue violement.
Il se dégoûtait.
Sans qu'elle ne comprenne, une douleur lancinante lui avait déchiré son bas-ventre. Elle avait hurlé comme une folle, mais il avait été encore plus fou qu'elle.
Et il avait prit du plaisir, cette infâme crapule de démon. Cette bête incontrôlable qui ne fonctionnait… qu'à l'instinct.
Il se dégoûtait.

Il l'avait violée dans son sommeil.

Et Dieu, Ciel… il se dégoûtait, maintenant! Il se dégoûtait!
Seul, perdu, avec un passé si proche qui ne semblait pas lui appartenir, il était terrorisé. Une folie d'incompréhension s'était colée comme un masque à sa face. Les larmes inondaient ses joues en même temps que les gouttes de sueurs. Appuyé dos contre le mur, il se mit à battre des jambes dans l'air, comme s'il se noyait, comme s'il tombait dans un gouffre étroit et qu'il essayait de se rattraper vainement. Ses semelles crissèrent contre les pavés, alors que ses jambes et ses bras meurtris encaissaient des coups supplémentaire.

Le silence de la nuit reprit bientôt le dessus quand Duo, mort de fatigue, s'écroula comme un pauvre pantin sur le sol. Ses yeux où s'animaient une étrange lueur d'incompréhension restaient à fixés ses mains ensanglantées.

Le temps passa, et chaque seconde semblait plus pénible pour la pauvre conscience de Duo. Un reflet lumineux de vitre, étalée comme un drapeau blanc sur la route, attira son attention. Il releva le menton pour déceler la source de ce rayonnement nocturne incongru.

C'était la lune… La lune qui reflétait sa pâle lueur contre une cabine téléphonique en verre, qui elle même renvoyait le rayon au sol, là, juste à quelques mètres de Duo.

Le natté se releva lentement. Par réflexe, il appuya soudain sa main contre une épaule douloureuse qu'il avait sans doute fracturée en se débattant tout seul. D'une démarche lente, silencieuse et tibutante, il s'approcha de la cabine téléphonique. Il y pénétra sans se soucier de la souffrance qui émanait chacun de ses muscles et qui lui criait de ne plus bouger. D'une main sec et précise, il saisit le combiné, tapa un numéro puis… attendit. Après une dizaine de sonnerie, la voix endormie d'un vieil homme lui répondit:

- Allo?

- j…j… G? umpf… C'est moi… J'ai… J'ai fait quelque chose d'horrible.

°°°

6 jours que Duo était dans cette base. 36 heures maintenant qu'il était plongé dans un sommeil hypnotique, dans un état profond de catalepsie. Etendu sur un lit blanc, immaculé, sa silhouette chétive, les yeux grand ouvert, fixait un plafond lumineux. Ses cheveux, étendus comme une auréole sainte autour de son visage endormi, semblaient aussi morts et ankylosés que son corps.

Sur son bras gauche, on pouvait remarquer la trace de piqûres anciennes. G lui avait fait plusieurs analyses sanguines, ainsi que de nombreux autre tests, afin de mieux saisir le concept des ses crises. Qu'est ce qui les provoquaient? Quelles étaient leur degrés de puissance? Leur fréquence? Commet les arrêtés? Les réponses n'étaient désormais plus en suspend, mais il semblait que la vie du natté, elle bien.

- Duo? Duo, est ce que tu m'entends?… C'est le professeur G. Si tu m'entends, cligne une fois des yeux.

Un battement de cils.

- Bien. Je vais te faire un bilan de la situation, d'accord? Le détecteur que je t'ai envoyé dans le corps t'a beaucoup affaibli, tu as dormis pendant 36 heures d'affilés. J'ai cependant put en tirer toutes les informations que je désirais. J'ai des bonnes nouvelles pour toi: tes crises peuvent facilement être arrêtées. Pour l'instant, j'ai réussi à les faire disparaître grâce à des calmants. Mais si tu continues d'en prendre, cela pourrait t'abrutir. … Il y a une autre solution, que j'ai pu étudier plus un profondeur, et qui est réalisable.
- Hi… Hilde?
- Tu parles…! C'est bien! Ton amie est parfaitement entourée. Je tiens cette information de source sûre. Elle est actuellement logée dans un hôpital psychiatrique où elle suit une suivi psychologie très performant. Elle a accepté d'étouffer l'affaire. Elle ne dévoilera pas le nom de son agresseur. Tu es couvert, Duo.

-… Je suis un monstre.
- Ne t'inquiètes pas: tu guériras. Je t'en fait le serment. Comme je t'en ai déjà parlé, il faut dans ton cas combattre le mal par le mal. Le seul moyen de faire disparaître ses crises est d'avoir des rapports sexuels avant même que ton corps ne le désire. Selon les tests que j'ai fait, il semblerait que l'I.A. apparaisse toutes les 12 heures. Deux fois par jour, quelqu'un devra donc te soulager. Pendant environ trois mois. Car les rébus de particules qui troublent ton organisme ont besoin de tout ce laps de temps pour être évacués. Mais peut-être que cela prendra moins longtemps: nous ferons des tests ultérieurement pour voir l'avancement de ta guérison.

-…
- Duo, tu restes silencieux?… Te souviens-tu que nous avions parler de Heero? … Et bien… Tout est arrangé. Il le fera.

- t.. é… a
- Comment?
-T.. é… a

Le professeur G se pencha pour mieux saisir les mots du natté. En un soubresaut de vie, Duo parvint à soulever son cou et dit très clairement:

- Tuez… moi.

G se redressa de surprise en écarquillant des yeux. D'une voix pleine de compassion, il expliqua alors:

- Mais mon pauvre ami, regarde toi!… Tu es déjà mort.

a suivre…