Auteur: Flor-de-Miel
Notes: ... euuuh. je suis... inexcusable? chiante?... absente, oui.
Chapitre 4: Le malaise
La guerre.
Pour Duo, cela semblait remonter à si loin qu'il aurait pu penser se trouver dans une autre vie.
- Heero ! Aï ! N'appuie pas si fort !
- Désolé.
Le nippon enleva le trop d'ouate du nez du Natté puis, d'une main ferme, releva le menton de son comparse.
- Reste la tête bien en arrière. Comme ça.Ca va passer.
- hn... Ok, merci monsieur l'infirmier.
Heero se retira du lit en lançant un discret « de rien » puis se dirigea vers la petite corbeille, juste à côté de la penderie, où il jeta le surplus d'ouate. Duo, les yeux au plafond, se laissa à réfléchir.
Pour finir, Heero était beaucoup plus gentil et attentionné qu'il l'aurait cru.
Pour finir, ça ne lui déplaisait plus trop d'être ici.
- Dis, Heero…? Commença Duo d'une voix intriguée tout en s'adossant au montant de son lit.
- Hn ? Fit celui-ci en se retournant pour le fixer.
- Je m'excuse pour tout à l'heure. J'ai mal réagi.
Le Nippon lui lança un regard en coin, comme intrigué par une telle annonce.
- Tu pourrais me passer des fringues, et un pyjama ? Histoire que je ne me balade pas tout nu durant le temps que tu me tiendras enfermé ?
Quelques secondes de silence.
Heero refléchirait-il donc à la possibilité de laisser Duo tout nu? (tentant comme proposition, c'est vrai)
Le natté aurait bien aimé juger de la réaction du Nippon, mais il ne le pouvait pas, sa tête étant trop lancée en arrière que pour apercevoir autre chose que le plafond.
- Je vais t'en apporter un tout de suite. Déclara enfin Heero. Tu aimes bien les pâtes à la sauce tomate ?
- Mouai, ca va. Je suis habitué à manger mieux, mais bon… ! Je voudrais pas te forcer à préparer des marinières de moules, à la sauce blancheparfumée dezestes de citron et de coriandre émincé, surun coussinde fenouille vaporeux. Hin, hin...
Sans relever la chose,Heero quitta la pièce et revint quelques minutes plus tard, chargé de quelques boxers, d'une espèce de grandpull noir en cachemire, et d'un pantalon large tout aussi noir et duveteux. Duo enfila l'immense dessus qui lui retomba plus bas que les épaules.
- Je sais que j'ai grandi depuis, mais quand même, Heero… ! T'abuses ! Je ne suis pas devenu obèse non plus !
- Ca te va bien. Se contenta de répondre l'autre, ne pouvant s'empêcher de constater que Duo avait toujours une magnifique peau laiteuse.
- J'ai froid aux épaules ! Geignit le natté comme un enfant frustré.
- Mets ton pantalon et tais toi.
Duo rougit un peu, puis fit glisser un boxer sous son drap et l'enfila par une pathétique gymnastique. Heero, sans rien dire, restait à le regarder.
Quand il eut revêtu son pantalon, Duo enleva l'ouate imbibée de sang qui pendait à son nez et la lança vers la poubelle.
Manqué, hélas.
- Rah, merde ! Elle est tombée à côté !
En silence, Heero se leva, alla ramasser l'ouate puis la mit dans la corbeille. Duo, en le voyant faire, ne put s'empêcher de se poser un tas de questions, dont celle qui revenait le plus était : « pourquoi Heero ? Pourquoi m'a-t-il emmené ici ?»
- Heero, je… Tu pourrais m'expliquer, s'il te plait ?
- Quoi ?
- Tout, nom de Dieu ! Tout !
- Je te l'ai déjà dit : tu es en cure de désintoxication.
- Mais pourquoi ? Et pourquoi toi ?
- Charité.
- Me prend pour un con.
- …
- Bon, tu vas me dire la vérité, oui ! Pour commencer déjà, dis moi où on est ?
- Cette villa appartient à la famille de Quatre. Pendant le temps qu'il faudra, nous y resterons.
- Le temps qu'il faudra pour me désintoxiquer, c'est ça ?
- Affirmatif.
- Et je n'ai pas le choix, c'est ça ?
- Affirmatif.
- … Comment ça va se passer alors? Tu sais ?
- Ce sera dur, surtout pour toi. Avoua le nippon. Dans un premier temps, tu essayeras de lutter contre l'envie, puis tu essayeras de trouver un moyen de compensation. Mais le manque ne sera jamais totalement atténué. Tu vas rentrer dans une profonde dépression. Ton organisme va s'affaiblir. Tu deviendras soit violent, soit amorphe. Souvent, on a à faire à un refus de s'alimenter, de se laver, et de communiquer de la part du patient. Mais par la suite, le manque va s'apaiser, et, doucement, tu remonteras la pente. Jusqu'à arriver à terme.
Il y eut un moment de silence, puis, ironiquement, Duo fit la grimace en disant :
- Cool ! On va s'amuser comme des petits fous, dis moi ! Et pourquoi toi, et pas une équipe spécialisée dans une clinique privée hors de prix ?
- Parce que,…
Heero le regarda dans les yeux, puis s'approcha d'un pas déterminé du lit.
L'échine de Duo fut parcourue d'une vague de frisson. Il y avait, dans cette marche, quelque chose d'à la fois plaisant et inquiétant. Le nippon s'assit sur le drap, à quelques centimètres de Duo, puis leva ses mains et avec une lenteur exacerbant, et les porta au visage de Duo.
Les doigts d'Heero étaient doux, caressant. Duo ferma les yeux et prit une grande inspiration, comme pour absorber toute la tendresse qui allait en découler. A la fois totalement charmé et totalement béat, il n'osait même plus respirer.
Et là, retournement de situation ! Heero fit pivoter d'un geste brusque la tête de son compagnon en arrière et brisa la magie de la situation en annonçant :
- Ton nez se remet à saigner !
Désabusé, le natté se sentit tout d'un coup bien idiot d'avoir cru que Heero pouvait lui témoigner de l'affection.
- … crétin. Pas besoin de me tenir le menton, c'est bon ! Je vais y arriver tout seul ! Et maintenant répond moi : pourquoi toi?
- J'en avais assez, c'est tout.
- Assez de quoi ?
- D'entendre Quatre me crier dessus au téléphone en me disant que j'étais le seul à pouvoir t'aider.
Il y eut un moment de silence où Duo prit le temps de comprendre la profonde signification de ses paroles.
- Qua… Quatre s'inquiète à cause de moi ?
- Oui. Et Hilde aussi. Beaucoup.
- Hi… Hilde ! Elle… elle ne me déteste pas ? Malgré que… je… Je pensais qu'elle me considérait comme un monstre, dit tristement Duo en repensant à ce qu'il avait fait subir à la jeune fille.
- Tu pourras en juger par toi-même. Elle est ici.
Les pupilles de Duo se dilatèrent. Il redressa son cou, oubliant le sang qui se remit à couler et hurla littéralement de surprise :
- Q… QUOI ? Hilde est dans la maison !
- Oui.
- Et c'est maintenant que tu me le dis !
Heero continua ses explications, indifférent:
- Elle te cuisine des pâtes. Elle te portera le plat elle-même. D'ici là, repose toi. Moi, je vais en ville t'acheter des vêtements. Sois gentil avec elle. Depuis l'incident, elle est devenue un peu… … …
Heero leva les pupilles au plafond, comme si le mot qu'il cherchait s'y trouvait.
- Quoi ? quoi ? Elle est devenue un peu quoi ?
- Je dirais,… un peu égarée.
Alors, Heero quitta le matelas, fit volte face et sortit de la pièce, laissant Duo abasourdi. Quand la porte fut claquée,
Duo, seul, tourna les paumes de ses mains et les observa comme si elles évoquaient d'anciens souvenirs.
- Ca veut dire quoi ça, « égarée » ?
Quelques minutes plus tard, Hilde fit son apparition.
Duo, debout devant la baie vitrée de la chambre, se retourna au son de la porte grinçante. Ses pupilles s'écartèrent de surprise en découvrant la silhouette de sa tendre, sa pauvre, sa si chère amie brisée.
Hilde avait la mine d'une gosse de 6 ans. Ses grands yeux fiévreux ne cessaient de bouger, et ses jambes se serraient fortement l'une contre l'autre, comme terrifiées à l'idée de faire un pas de plus.
Elle élança d'une voix étrangement aigue :
- Bonjour… Du..o.
Ses mains se mirent à trembloter nerveusement, faisant bouger l'assiette de pâte qu'elle soutenait.
Le Natté resta immobile ; milles pensées et horribles souvenirs s'entrechoquèrent dans sa tête. Sans pouvoir rien y faire, il rougit ; il rougit atrocement de honte. Dans un réflexe stupide, il tenta de ramener le fin pull qu'il portait sur ses épaules dénudées, mais l'étoffe trop large retomba aussitôt, intensifiant encore plus sa gêne.
Pourtant, ce n'était plus comme s'il était devenu un Saint.
D'ailleurs, depuis Hilde, il en avait connu des filles rétives qu'il avait tout de même fini par allonger.
Mais là, c'était différent.
La, c'était Hilde. La première.
Et ce n'était y'a pas si longtemps… Juste 3 mois.
Elle s'avança à petit pas dans la pièce avec un sourire crispée de gamine polie. Elle alla poser l'assiette sur le premier meuble qu'elle rencontra : la commode, puis s'arrêta et resta sans bouger, sans rien dire.
Ils se jaugèrent pendant quelques secondes. Ce court temps suffit à mettre la gorge du natté en feu, et à faire brûler ses paupières.
Les larmes arrivaient, là, juste sous ses yeux. Il ne put les retenir.
Aussitôt qu'elle le vit larmoyer, Hilde sembla comme prise d'un transport affectueux salvateur.
Elle s'exclama un « Oh, Duo.. » poignant avant de se précipiter contre son torse.
Le natté se mit à chialer de plus belle en l'accueillant, non sans émotion, au creux de ses bras. Il la serra de toutes ses forces en gémissant des pardons entre deux raclement de gorges et plaintes incontrôlables.
- Dis, Hilde, tu me pardonnes, dis,… Hein ? urh !...je suis un dégelasse, pardonne moi… urh.
- C'est rien, Duo, c'est rien.
Le Natté déforça alors leur étreinte et regarda Hilde dans les yeux, à la fois soulagé et honteux. Il posa sa main sur le visage de la jeune fille et en retraça les contours, finissant par remettre une mèche de cheveux derrière l'oreille de celle-ci.
- Je t'ai fait beaucoup de mal. Je suis désolé… désolé…
Elle passa une manche de son cachemire sur ses yeux rougit pour y sécher les larmes.
- Et maintenant, ça va ? Tu es guérit ?
- Oui, totalement. C'est du passé cette connerie de réactions physiques. Mais je m'en veux terriblement. Et, toi, tu vas bien ?
- Hum, hum.
Elle acquiesça en baissant des yeux, puis dit précipitamment.
- Va manger avant que ça ne devienne froid. Je… vais aux toilettes un instant. Je reviens.
Puis, elle tourna les talons et sortit en courrant de la pièce, une main devant la bouche. Duo l'entendit courir vers les toilettes sans comprendre.
- Duo ? C'est moi, Heero, je peux rentrer ?
- Oui, je t'en prie.
Le Natté se leva de la chaise sur laquelle il s'était assis pour réfléchir et s'avança vers son ami.
- Hilde va bien ? On dirait qu'elle a eu un malaise après que je lui aie parlée.
- Elle se sent mieux. Le voyage jusqu'ici la sûrement beaucoup éprouvée.
- Elle a mal à la tête ?
- Non, elle a vomit.
- QUOI ?
- Calme toi. J'ai appelé un docteur par prévention, mais, à mon avis, il ne s'agit que d'une petite indigestion. Il va arriver d'une minute à l'autre pour l'examiner.
- C'est à cause de moi. Ca a du être si dure pour elle de me revoir… je…
- Il m'a pourtant semblé que votre entretien s'est bien passé.
- ben,… il a plutôt été court.
Heero jeta un coup d'œil sur l'assiette de pâte.
- Si tu ne manges pas, dit-il, Hilde sera vexée.
- Je préfère aller la voir, répondit Duo en se dirigeant vers la porte.
L'autre s'intercala.
- Non. Pas avant que le docteur ne soit passé. S'il s'agit d'une grippe intestinale, cela peut devenir contagieux. Il ne faudrait pas que tu tombes malade. Tu as besoin de toutes tes forces pour combattre ta dépendance à la drogue.
Duo croisa ses bras d'un air vexé, puis il se détourna et alla se rassoire face à son bureau. Là, regardant le sol, il se mit à bouder. La sonnette de la maison retentit alors.
- Mange, conseilla Heero. Je m'occupe de tout.
Et il abandonna une fois de plus son ami à la solitude.
Tatataaaamm tataaaam.
POURQUOI Hilde a t'elle vomit?
Une indigestion? allons cela fait deux jours qu'elle n'a rien mangé, tellement stressée par l'idée de rencontrer Duo.
Alors... Quoi?
