Auteur: Ainokomiel
Base: Gundam Wing
Couple: 1x2x1

Commentaires: Je sais ce que vous vous dite "deux ans d'arrêt, et puis un chapitre qui apparaît, comme ça?! Mais qu'est ce qu'elle a foutu tout ce temps là?"
Hé bien j'ai une très bonne excuse: en août dernier, un camion qui transportait du bétail a glissé sur de le neige, et m'a percuté alors que je traversais l'autoroute pour sauver un petit lapin, me plongeant dans un interminable coma. Je viens de me réveiller voila cinq jours, profondément affecté par ce long sommeil. Mais ne pensant qu'à mes lecteurs de fanfiction, dès que j'ai été capable de bouger les doigts, je me suis relancé dans l'écriture de cette fic!




Comment ça, vous ne me croyez pas?

:-p
Bon j'avoue je n'ai aucune excuse. Mais comme je termine toujours ce que j'ai commencé, il me fallait achever cette fic pour ne décevoir personne. Mea culpa, mea maxima culpa, comme dirait l'autre.

Now, enjoy your reading!


Chapitre 6: C-C-C-Cinamon lips

"Deux."

"Non, Duo. J'ai dis une, et ça restera une."

"Mais c'est pas nocif les aspirines. Tu peux au moins m'en donner deux, non?"

"Si tu en prends trop, tu deviendras dépendant."

"Hé quoi, bordel!? C'est quand même mieux d'être dépendant à l'aspirine qu'à l'héroïne, non?!"

"Ni l'un ni l'autre. Couche toi sur le lit, c'est l'heure de ta piqûre."

Duo souffla de dépit avant de s'exécuter. Il se laissa tomber sur le matelas et regarda le plafond pendant qu'Heero resserrait un garrot autour de son bras. Le Japonais était devenu un expert des piqûres. Chaque jour depuis un mois, il avait dû en faire une à Duo, puis une autre à Hilde.

"Comment va-t-elle?" demanda soudain Duo, d'un ton beaucoup plus calme que précédemment.

Heero enfonça la seringue dans la veine offerte avant de lever les yeux vers le natté. Après un bref moment de silence condescendant, il répondit.

"Bien."

Duo grinça des dents quand la douleur commença à se faire ressentir. Pour lui changer les idées, Heero continua à lui parler

"Elle m'a dit que… Elle… Elle prétend avoir senti le bébé bouger dans son ventre, ce matin."

"Oh!" fit Duo. "C'est vrai…? C'est… C'est cool…"

Un silence désagréable s'installa ensuite. La situation s'avérait en effet plutôt gênante.
Duo en papa toxicomane irresponsable, dépendant sexuel agressif.
Hilde enceinte et malade en pleine période post-traumatique.

Heero en soldat vétéran devenu maître du jeu, et transformé pour le moment en aide soignant inexpérimenté.

"C'est fini", annonça t'il en jetant la seringue contre un petit plateau métallique.

"J'ai droit à mon aspirine?" Réclama Duo en se léchant presque les lèvres de désir.

"Laisse moi le temps de la diluer."

Heero se saisit du paquet d'aspirine gardé dans sa poche, prit le verre d'eau posé sur le plateau et l'y trempa. Un bruit de dissolution se fit entendre en même temps que la pastille blanche se transformait en mille petites bulles blanches.

Duo regardait la boisson moussante avec envie. N'importe quelle drogue l'aurait contenté, pourvu que cela apaise son envie d'héroïne.

"Deux, Heero, s'il te plait. Met en deux, ça m'aidera!"

"J'ai dit non."

"Evidement tu t'en fiches! Tu sais pas ce que c'est de sentir chaque particule de ton corps te réclamer cette putin de dose!"

"Il fallait y penser avant de tomber dans la décadence", coupa Heero en lui tendant le verre. "Maintenant bois, et tais-toi."

Duo se saisit avidement de sa boisson et l'engloutit comme un mort de soif. Il se lécha ensuite le contour de ses lèvres en regardant Heero avec insistance. Heero ne se permit pas de rougir.

"Encore quelque chose?" Demanda le Japonais tout en rangeant le verre sur le plateau métallique.

"Oui", répondit le natté en s'appuyant contre le dossier de son lit, les genoux pliés, les jambes écartés.

Heero se tenait debout, prêt à partir et à remballer toutes ces affaires dans l'armoire à pharmacie. Qu'est ce que ce diable de nattée allait encore lui demander? Des œufs brouillés? Un film à regarder? Un ventilateur?... Il s'attendait à tout; les caprices de Duo ne cessaient de se succéder.

"Que veux-tu encore?"

"Ho, quelque chose de simple", avoua le natté en plissant ses yeux. "…Toi!"

Aï!
Là, il rougissait. Impossible de rester insensible face à ce genre de pique.

Duo éclata de rire face à l'air troublé du Japonais.

"Hahahaha! T'en fais pas Heero, je parlais pas de sexe. En faite, je veux juste que tu me lises une histoire, comme les sœurs qui s'occupaient de moi à l'orphelinat de la paroisse."

"Mais je ne connais aucune histoire", avertit Heero.

"Pas une?" S'offusqua le natté. "Blanche-Neige? La Belle au bois dormant? La petite sirène? Cendrillon? Peter Pan?"

"Aucune. Désolé."

"Bon, ben, alors je reviens sur ma décision. Il va falloir baiser. Ha ha ha ha!"

"Ça n'a rien de drôle."

"Pardon, c'est vrai."

"Mais on dirait que tu vas mieux", constata Heero. "Tu commences à retrouver ton sens humoristique douteux. Je vois que le traitement est efficace."

"C'est parce que je m'oblige à souffrir intérieurement, voila."

"Jusqu'au moment on tu vas essayer de m'étrangler dans mon sommeil pour me piquer les clés de la villa et courir t'acheter de l'héroïne, hn?"

"Ho, c'est bon hein!" Fit le natté d'un air blessé. "Cette histoire c'est passé il y a plus de trois semaines! J'étais encore en pleine crise. Tu ne veux pas écraser, pour une fois?"

"Désolé. J'ai tendance à difficilement oublier les tentatives d'assassinat sur ma personne."

"Mais je ne voulais pas te tuer…!" Se défendit le natté "... Juste t'asphyxier pour que tu t'évanouisses un moment."

"juste m'asphyxier pour que je m'évanouisses, hn. Merci d'avoir voulu épargner ma vie pendant que j'essayais de sauver la tienne."

"Je ne t'aurais jamais tué de sang froid, je le jure. Tu as un corps trop sexy pour ça. Ça aurait été du gâchis et je déteste le gaspillage."

"Bien, si tu n'as aucune autre requête je vais te quitter et aller m'occuper de la mère de ton enfant."

Le natté se renfrogna:

"C'est ça, barre toi!"

"De rien, Duo. Ce fut avec plaisir."

Le plateau dans les mains, Heero se dirigea vers la porte. Duo lui lança une chaussure sur la tête, mais son compagnon ne se retourna pas, continua à avancer et quitta la pièce.

"Crève, ordure!" Cria Duo derrière la porte. "En plus, t'es moche!"

Heero soupira d'exaspération face au caractère provocateur et hargneux du natté toxicomane. La vie devenait de plus en plus dure dans la villa. Heureusement, le paysage décontractant de la mer l'aidait à se relaxer, sans quoi il aurait laissé tomber depuis longtemps.

Heero préparait un nouveau plateau pour le traitement personnalisé de la jeune Allemande. Il ne l'entendit pas approcher de la cuisine.

"Heero?"

Hilde apparut dans l'ombre de la porte. Elle portait une robe de chambre bleue foncée à pois blanc, les deux mains sur son ventre, comme pour le soutenir.

"Oui, Hilde?"

"Je voulais juste te dire que… je crois que je n'ai plus besoin de piqûre. Je me sens mieux, tu sais."

"Vraiment?"

"Oui, je crois que c'est devenu inutile."

Soudain un cri grave suivi d'un énorme chambardement –comme une porte qu'on défonce ou une armoire qui se renverse- brisa la quiétude de la villa. Hilde se saisit:

"Huh! C'était quoi?"

Un deuxième cri de rage leur parvint. Heero claqua la porte de l'armoire dans lequel il venait de ranger son plateau.

"Duo", répondit-il avant de bondir hors de la pièce.

Il courut jusqu'à la chambre du natté et y pénétra sans plus de cérémonie. Le lit était retourné, l'armoire renversée, et Duo se tenait debout, sa table de chevet entre les mains. Il tentait vainement de fracasser la vitre en lui assénant de violent coup, mais le verre blindé résistait à ses assauts.

Heero s'approcha par derrière, lui saisit les bras, le souleva énergiquement pour finalement le plaquer sur le sol. La table de chevet retomba à côté d'eux et brisa un de ses battants en se crashant.

"Calme toi", commanda Heero.

Duo hurlait, se débattait.

"Lâche moi! Lâche moi, connard! Je veux quitter cette putain de baraque!! J'en peux plus!!"

"Calme toi, Duo. Tu sais que je suis là pour t'aider."

"T'en as rien à foutre de moi!! "Hurla le natté, le menton légèrement tremblant. "Tout ce que tu veux, c'est accomplir ta putain de mission!"

Duo se débattait vainement sur le sol. Sa natte à moitié défaite rebondissait comme un membre mort sur le sol de la pièce à chacun de ses coups de tête. Heero ne lâcha pas prise. Duo mélangea colère et tristesse dans ses expressions. Il se mit à pleurer de rage et répéta, hagard, épuisé, souffrant:

"T'en as rien à foutre de moi!! Tu me détestes! Tu veux juste me cacher…!"

"Qu'est ce que tu racontes?"

"La vérité…. Uhh… Lâche moi, j'en peux plus…"

Heero décrispa ses bras et se releva. Le natté resta recroquevillé au sol, les dos secoué par de violents sanglots. Hilde apparut sur le pas de la porte. Elle sembla vouloir se précipiter vers Duo pour le réconforter mais, d'un coup de tête, le Japonais l'en dissuada. La jeune Allemande se mordit les ongles avant de se résigner à partir.

Heero s'accroupit sur le sol et tendit une main au jeune homme. Celui-ci lui cracha au visage. Mais c'était bien peu comparé à toutes les larmes qui coulaient le long des joues du natté.

Heero se sentit soudain totalement dépassé par la situation. Il s'assit contre le mur de la chambre et enfoui ses mains dans ses cheveux en soufflant d'exaspération. Duo sécha ses pleurs d'une grande main maladroite avant de renifler.
Etonnement, il se mit à ramper vers le Japonais, s'approcha doucement de lui et vint déposer sa tête contre les genoux de ce dernier.
Heero ne comprenait plus bien le comportement de l'Américain, mais il perçut ce geste comme une espèce de réconciliation. Le soleil après la tempête.
Il tapota gentiment la tête de Duo pour le réconforter. Le natté renifla encore une fois bruyamment, puis demanda d'une toute petite voix "pardon".

ça ne fait rien, dit Heero.

Duo s'enserra encore plus contre son ami. Il vint se reposer contre son torse, enfouissant son visage dans la cambrure de son cou. Heero, tétanisé, n'osait plus bouger. Il laissa le natté usé de son corps comme d'une poupée sans vie, sur laquelle on pouvait frapper, pleurer ou étancher son manque de tendresse. Duo se consola ainsi.

"Les gens comme moi ne devraient pas avoir le droit d'exister", souffla tristement le natté.

"Alors les gens comme moi n'auraient plus de raison d'exister", répondit Heero.

Duo s'apaisa contre le torse berçant du Japonais qui se soulevait au rythme lent de sa respiration. Il ne s'était plus senti si bien depuis longtemps.

"Heero?"

"Oui?"

"… Merci."

Le Japonais regarda son petit malade blotti entre ses bras, et après un moment de silence condescendant, il répondit:

"De rien."

Hilde avait prit l'habitude de rester dix minutes par jour aux côtés du natté. Cette approche patiente les réconciliait en douceur.
Mais les paroles ne venaient pas.
Pas spontanément, en tout cas.
Pour contrer ce silence gênant dès qu'ils étaient en présence l'un de l'autre, elle avait eu la bonne initiative d'ouvrir un livre et de lire à voix haute une histoire. Chaque soir, à la tombée de la nuit, Hilde rejoignait le natté dans sa chambre et lui lisait un nouveau chapitre des Piliers de la Terre, une brique à plus de mille pages. Cette épopée pleine d'aventure et d'amitié réussissait à entraîner le malade loin de son état, à le passionner, et à lui faire oublier pour quelques instants son triste état.

Duo était passé par des dizaines de phases. Parfois il s'était comporté avec beaucoup d'agressivité, parfois il restait amorphe des jours entiers, parfois il s'énervait contre un rien, ou montrait une grande faiblesse physique.

Hier encore, il avait vomi toutes ses entrailles, la tête dans la cuvette des WC.
Heero s'était tenu derrière lui, et l'avait aidé dans ses efforts.
L'acidité des sucs gastriques et les différents médicaments qu'il avait ingurgités durant la semaine remontaient dans sa gorge, le faisant atrocement souffrir. Comme point final à cette horreur, les substances corrosives s'étaient infiltrées jusque dans ces conduits lacrymatoires. Les yeux du natté en avaient été atrocement brûlés. Depuis lors, il portait un bandeau noir sur son visage, afin que ses pupilles se reposent et guérissent. Il errait dans la villa comme un aveugle, trébuchant à chaque obstacle, jurant sur la table basse ou criant sur une porte ouverte. Sa sensibilité déjà mise à fleur de peau à cause de son manque de drogue n'en fut que plus exacerbée, au grand malheur de Heero et Hilde. On avait fini par l'obliger à rester dans son lit, bien calfeutré sous la couette.

Heero toqua à la porte de la chambre.
Le natté, à demi couché sur son lit, la tête appuyée contre son épaule, l'invita à entrer.

"C'est l'heure de ton traitement", annonça Heero.

"Ha, déjà ma piqûre?" S'étonna le natté en levant le menton à l'aveuglette.

Un bandeau noir lui recouvrait toujours les yeux. Il identifiait la présence d'Heero en écoutant chaque petit détail sonore qui émanait de son ami; le bruit sourd de ses pas, le froissement de ses habits, ou encore le léger glissement du verre contre le plateau en métal.

"Non. C'est fini, les piqûres. Tu n'en as plus besoin. Il ne reste plus que tes aspirines."

"Bien. C'est une bonne nouvelle."

Le natté semblait étrangement calme. Sans doute que son manque de vivacité était du à la pénombre dans lequel il régnait depuis 24 heures.

"Tu vas mieux?" Demanda Heero en déposant le plateau sur la table de chevet.

"Oui. J'ai juste des crampes au abdominaux. Mais sinon, les nausées ont disparues."

"Hn, bonne nouvelle."

Heero plongea l'aspirine dans le verre. La pastille blanche se dissout en quelques secondes, ce après quoi Heero pris le verre et le tendit au natté.

"Tiens, bois."

Le natté leva ses deux bras dans les airs, sans savoir quelle direction adopter. Tout doucement, il avança ses doigts vers la main d'Heero. Celui-ci le regarda faire.
Duo entra en contact avec le poignet d'Heero et fut parcourut d'un léger frisson. Arrivé à ce point, il aurait facilement pu faire glisser sa main et saisir le verre, mais, au lieu de cela, il continua son avancée tactile. Le souffle de Heero s'accentua et, à défaut de le voir, le natté l'entendit.
La gorge de Heero se serra. Le visage aveuglé du natté se trouvait à sa merci, à quelque centimètre du sien. Sa chétivité le rendait à la fois fragile et terriblement attachant.

Duo frôla la peau de son ami, ses doigts remontant doucement le long de ses bras.

"C'est doux", dit-il.

Il explora le cou du Japonais, remonta sur son visage, frôla ses lèvres.

"Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point ta peau était douce…"

Il fit glisser ses paumes jusqu'à son torse, parcouru le coton duveteux de son chemisier et finit par atteindre le bas-ventre, provoquant un soupir mal contenu de la part d'Heero.

Un moment, il hésita. Puis, calmement, il fit glisser ses main au dessous du chemiser, et remonta sur le ventre de Heero, cette fois ci à même la peau.

"Duo… Qu'est ce que tu cherches…?"

"J'en sais rien."

Les doigts du natté continuèrent leur exploration. Ils redessinèrent chacun des muscles, chacune des courbes qu'ils trouvaient sur leur passage, arrachant de nouveau soupirs au Japonais. Duo sentait la peau de son compagnon vibrer sous ses doigts, se contracter puis s'apaiser sous ces caresses. Il finit par avoué à mi-voix, comme honteux de son effronterie:

"Je cherche…le… le contact, peut-être?"

"Je dirais plutôt que tu cherches… haampf (nouveau soupir) …les ennuis."

Duo se hissa sur ses genoux, écartant le drap qui recouvrait ses jambes, puis, du bout du nez, il frôla le menton de Heero. Celui-ci n'osait réagir, partagé entre désir, crainte et curiosité.
Le souffle de Duo lui caressait maintenant les joues. Le natté avait remontés ses mains jusque dans ses cheveux. Le bandeau noir n'était qu'à quelques millimètres de ses propres yeux. Il sentit la bouche de Duo à la hauteur de la sienne, s'approcher, puis se toucher.
Oh dieu, quel délice. Quel frisson.

Cela ne dura que l'espace d'une seconde, mais cette seconde avait suffi à lui transmettre milles pensées sensorielles déroutantes: la symbolique qui se dégageait de ce baiser dépassait de loin en puissance toutes les armes qui avaient jamais pu exister.
Duo n'avait pas besoin de couteau pour menacer Heero, il n'avait pas besoin d'oreiller pour le mettre à sa merci, et encore moins besoin d'un fusil pour le prendre en otage.
Il avait des lèvres. Des lèvres délicieusement dangereuses. Terriblement efficaces.

Des lèvres.

Il y eut un silence, après quoi Duo afficha une mine heureuse et enjouée. Il lança sur un ton fort désinvolte:

"Pffoui! Tout ça m'a donné soif…! Tu me passes le verre?"

Un sourire satisfait de vainqueur ornait sa bouche. Heero, encore sous le choc, lui tendit mécaniquement le gobelet d'eau, et resta à fixer les lèvres du natté alors que celui-ci engloutissait avidement son aspirine. Quand il eut finit, il déposa le verre sur la table de chevet, puis dénoua le bandeau qui couvrait ses yeux. Doucement, il ouvrit ses paupières et contempla Heero.

"Je voulais le voir pour le croire. … Mais oui, c'est un fait! J'ai bel et bien embrassé Heero Yui."

"Tu m'as eu par surpris", se défendit le soldat.

"Tu en as drôlement profité", rectifia le natté.

Heero rangea le verre sur son plateau puis tourna les talons en déclarant:

"On oublie ce qui vient de se passer."

"Je me demande comment tu vas y arriver!" Se moqua gentiment Duo. "Je parie tout l'or du monde qui tu en rêveras toute la nuit!"

Heero s'arrêta. Les choses devaient être mises au point avant que la situation ne devienne plus tendancieuse. Toujours de dos, il ferma les yeux, respira profondément, puis déclara:

"Je ne suis pas comme ça, Duo. Je prendrai toujours soin de toi et remplirai cette mission jusqu'au bout, mais ça n'ira pas plus loin."

"Pourquoi?" S'emporta le natté.

Il avait tout misé sur ce baiser: tout. Il priait maintenant pour qu'Heero ne lui retire pas ce rêve; ce rêve qu'il avait secrètement tissé depuis le commencement de sa déchéance. Heero, son prince charmant, qui l'avait sauvé de la décadence, guéri de la drogue… et pourquoi pas aimer?
Son seul souhait se résumait en un mot: Heero.
Heero pour lui seul, et pour toute la vie.
Heero, un corps froid et un cœur chaud.
Heero pour ami, amant, famille, amour.
Sa vie ne tendait plus qu'à cet unique but. Alors, si on le lui retirait, cela revendrait à lui arracher la vie même. Pire que tout; il ne fallait pas qu'Heero lui-même lui enlève cet espoir par quelques mots absurdes, lancé dans cet chambre, à cet instant.

"Pourquoi?" Répéta le natté, la gorge serré. "Je t'en prie, donne moi une raison valable! Ca ne veut rien dire "je ne suis pas comme ça". Moi non plus, je ne suis pas comme ça. Je sais que j'ai tout foiré. Que quand tu es venu me chercher dans cette villa opulente de petit crétin de milliardaire, je n'étais qu'une épave parmi d'autres épaves. Mais j'ai changé…! Grâce à toi! Alors, aujourd'hui, est-ce que je représente encore un poids mort pour toi…?"

"Non."

"Est-ce que tu me détestes, alors?"

"Non."

"Est-ce que je te dégoûte?"

"Non."

"Est-ce que tu pourrais me regarder dans les yeux, et me dire, sans mentir, "Duo, je ne t'aime pas" ?"

"… Non."

"Alors…? Tu m'aimes quand même un peu?"

"…"

Heero avança jusqu'à la porte, l'ouvrit, la franchit, et avant de refermer le battant, dit:

"Oui, un peu."

Et il disparut.


prochain et dernier chapitre le plus rapidement possible

en attendant, vous pouvez vous défouler sur moi en me traitant de tout les noms. Les reviews sont là pour ça, héhé

Tchuss à tous!
Peace and love