Salut à tous. Bon pour le moment il n'y a pas trop d'action et beaucoup de descriptions, mais c'est fait exprès. Parce que plus tard des actions vous allez en avoir. Là j'introduis quelques points de vue personnel, donc si vous trouvez que le caractère des personnages (sauf Yakumo) ne sont pas respecté, n'hésitez pas à m'en faire part, je modifierai à l'occasion.
Bonne lecture et encore merci de me lire.
Chapitre 8 : Patience…
(Point de vue Hakkai)
La lumière était déjà présente depuis dix bonnes minutes mais je n'en avais que faire. A dire vrai, j'ignorais totalement où je me trouvais, ni dans quelles circonstances j'y étais. Simplement, j'étais bien. Il ne faisait pas froid, ni chaud, le sol était moelleux et la couverture qui me recouvrait jusqu'au milieu du torse était douce. Mais la curiosité me frappa quand doucement, les évènements me revinrent en tête. Je revis alors les corps de Goku et de Gojô par terre, et les yeux rouges du Yokaï s'approcher inexorablement de moi.
Il y a donc deux options : soit je suis en enfer, ce qui signifie que nous sommes tous morts, soit nous sommes vivants, donc Sanzo a réussi à nous sauver.
Je restais sceptique, Sanzo, arriver à battre un Yokaï que même Goku et Gojô n'avaient vaincu ensemble…
Même s'il ne fallait pas le sous-estimé, principalement en raison de son caractère des plus rageurs et de son fort taux d'adrénaline, je crois qu'il n'aurait pas pu le vaincre.
Alors j'ouvris mes yeux. La lumière n'abord m'aveugla, puis j'attendis qu'ils s'acclimatent au fur et à mesure.
A en juger par l'éclairage, nous étions au début de l'après midi. Le soleil était à une heure passé du zénith. Je regardais alors autour de moi, histoire de prendre un maximum d'information.
J'étais allongé à côté de Gojô qui dormait toujours, dans la même position que moi, c'est-à-dire sur le dos, les bras le long du corps. Il avait un bandage autour de la tête et sur le bras droit ainsi que dans le bas du ventre. La chambre où nous étions était assez petite et comportait un lit double, une armoire, une commode et un bureau vide avec une chaise.
Je me redressai doucement et chercha mes affaires du regard : il n'y avait que mes chaussures et Hakuryu non loin du bureau, à côté de l'arme et des chaussures de Gojô.
Je me levai doucement et remarqua que j'étais en chemise de nuit, une longue chemise avec des manches, grise, qui m'arrivait jusqu'aux genoux.
Je réveillai Hakuryu qui sauta de joie en me voyant, poussant des cris à tue tête.
Hakkai : Que s'est il passé Hakuryu ?
Hakuryu : Ky !!
Le dragon vola alors à travers la chambre, m'intimant à le suivre, ce que je fis sans plus attendre. Nous traversâmes un petit couloir dans lequel se montraient deux portes puis nous arrivâmes au niveau du salon. Il y avait une porte ouverte vers l'extérieur et on y entendait une voix mélodieuse chanter. Je m'approchai alors doucement de notre hôte sans la déranger pourtant. C'était une jeune fille aux cheveux longs, blancs. Je ne la voyais que de dos et sa robe grise volait avec douceur. Elle étendait des vêtements que je reconnus être les miens. Ceux de Goku étaient déjà en train de sécher avec ceux de Gojô, et la robe du moine trempait dans une cuve remplie d'eau.
La jeune fille chantait toujours :
Pourquoi a-t-on décidé de vivre, quand l'autre n'est plus.
Pourquoi a-t-on choisi d'aimer, quand on sait que l'autre ne désire pas.
J'aurais pu offrir ma vie à celui qui n'est plus.
Sans jamais savoir qu'il l'avait déjà fait pour moi.
Peut être que les secrets qui dorment dans ton regard d'améthyste flamboyant,
Révélerons la froideur de ton cœur,
Qui n'appartient qu'au son des murmures de tes amants
Que tu n'as connu que dans l'horreur
Bois mon espoir, amant de martyr
Bourreau de ma liberté,
Etranger que mes yeux ne peuvent lire
Sens encore une fois le chant de ton aimé
Au soupir que tu n'as pas pu satisfaire
Car moi j'ai jurer toutes les prières
A celui dont le nom est encré dans mon agonie
Qui n'est autre que la perte de ta vie…
Bois mon espoir, amant de martyr
Bourreau de ma liberté
Etranger que mon cœur ne peut lire
Parce que aujourd'hui encore tu ne puis existé…
Elle s'arrêta alors, baissant les yeux vers un point invisible.
Elle soupira doucement, puis se retourna, me regardant avec surprise. Ses joues prirent une légère rougeur puis elle s'empourpra :
Yakumo : Je…je suis désolée. Cela fait longtemps que vous êtes réveillé Monsieur ?
Hakkai : Non pardonnez moi, je n'aurais pas du m'introduire sans avertir, c'était impoli de ma part. Mais puis je me permettre de vous complimenter : vous avez une voix magnifique.
Yakumo : Merci beaucoup (elle rougissait tout en détournant les yeux), l'on me l'a dit aussi. Mais je ne chante jamais devant les autres. Sumimasen.
Hakkai : Ye, ce n'est rien. Pardonnez mon impolitesse, je me nomme Cho Hakkai.
Yakumo : Et moi Yakumo. Vous sentez vous mieux Cho Hakkai dono ?
Hakka : Vous pouvez m'appeler Hakkai et oui merci. Pourrais je savoir ce qu'il s'est passé ?
Une vieille femme arriva alors derrière moi, appelant la jeune fille qui avait les yeux d'un blanc pur, un blanc de neige.
Oba Chan : Bonjour jeune homme, vous êtes le premier à être réveiller parmi vos amis.
Hakkai : Je suis Hakkai !
Oba Chan : Nanami, mais tout le monde m'appelle Oba Chan, alors faites comme tout le monde.
Hakkai : Hi.
Oba Chan : Je viens de faire du thé si vous voulez.
J'acquiesçai, cela me permettrait par ailleurs d'en connaître plus sur notre situation.
Oba Chan : Toi aussi Yakumo tu devrais en prendre !
Yakumo : Merci Oba Chan, je finis de laver les affaires du blond puis j'arrive.
Elle se remit alors à l'œuvre, frottant la robe de Sanzo avec ferveur et concentration. Oba Chan m'invita à m'assoire sur la marche de l'escalier qui nous menait au jardin puis me servit un bon thé.
Hakkai : Que s'est il passé ? Je me souviens simplement que Sanzo et moi étions parti chercher nos amis. Nous les avons découvert par terre et sans vie, puis nous avons été attaqué…
Oba Chan : Vous avez eu de la chance ! La créature en question était un chasseur. C'est une créature dangereuse, qui utilise la vitesse pour s'emparer des proies et sucer le sang de ses victimes. Elle a un venin très puissant et mortel pour tout être normalement constitué. Il existe bien sûr un remède, mais il est assez difficile à concevoir et la personne qui reçoit les soins en a pour un bon petit moment. Parce que c'est un venin que l'on combat par un autre poison, pas mortel mais qui provoque une fièvre de cheval !
Hakkai : Pourtant je me sens bien ! Comment avons-nous atterri ici ?
Oba Chan : C'est Yakumo qui vous a ramené avec le petit Goku. Il était mal en point mais il y avait tant de tristesse et de détermination dans son regard. D'après ce que j'ai compris, Yakumo rentrait de la ville quand elle a entendu un cri provenant du chemin de l'autel destiné à la Grande Prophétesse. Alors elle a prit le chemin puis elle est tombée sur vous. Elle a tout de suite remarqué la blessure de votre ami le blond…
Hakkai : Sanzo ?
Oba Chan : C'est un Sanzo en plus ? Et bien ! Vous avez entendu Yakumo-sama ?
Yakumo-sama ? Serait ce une personne plus honorable qu'une grand-mère ? Impossible…A moins qu'elle ne fasse partie de l'ordre religion, auquel cas elle serait comme un moine ou quelque chose dans le genre…
Mais les femmes ne sont pas admises, alors pourquoi ?
Yakumo : Oba Chan, s'il te plait cesses de m'appeler ainsi…
Oba Chan : Désolé Yakumo chan…
Yakumo : Alors c'est un Sanzo ?
Hakkai : Oui, le 31eme Sanzo de Chine, Genjo Sanzo.
Yakumo, tout en étirant la robe : En effet, c'est une robe que porte les Sanzo, je n'avais jamais fait attention. Je suppose donc que le rouleau que je prenais pour une peinture n'est autre que son Sutra ? Je me trompe ?
Hakkai : Où est il ?
Yakumo : N'ayez crainte, il est avec ses effets personnels sur la table de chevet à côté de lui.
Hakkai : D'accord, donc Yakumo dono a tout de suite remarqué la blessure de Sanzo et ?
Oba Chan après avoir siroté son thé : Et bien elle vous a emmené ici et vous a soigné. Depuis, elle ne fait que guetter l'état du blond, parce qu'il était le seul que le « Chasseur » a mordu.
Hakkai : C'est pour ça que nous n'avons aucune maladie…
Yakumo en prenant son thé : Oui, mais vos blessures sont assez profondes. J'ignore ce que vous faisiez en ces lieux, mais vous devrez attendre au moins une semaine de repos pour pouvoir poursuivre votre route.
Hakkai : Hi de toute façon vu l'état actuel de Sanzo, on ne peut rien faire.
Yakumo : Je vais vous paraître impoli, mais que faisiez vous dans la forêt ? Vous êtes des étrangers n'est ce pas ?
Hakkai : Hum, on peut dire ça. Nous nous rendons vers le Tenjiku.
Yakumo : Vous n'y êtes pas loin en tout cas. Ici, il y a beaucoup de créatures que vous n'avez jamais rencontrez. Les Yokaïs sont encore plus nombreux aussi et le paysage plus dense. Pourquoi vous rendez vous au Tenjiku ?
Hakkai : Et bien…
J'hésitai. Après tout, cette jeune femme n'avait rien à voir dans toute cette histoire, cependant nous lui devions la vie, et ne pas répondre à ses questions serait une impolitesse remarquable.
Hakkai : Et bien, Genjo Sanzo a reçu une mission par la trinité bouddhique. Nous devons nous rendre au Tenjiku afin de faire cesser la résurrection de Gyumao, le démon Taureau. Là bas, une personne utilise le mélange tabou de la sorcellerie avec la chimie, provoquant des ondes néfastes, pour le ressusciter.
Yakumo : N'en dites pas plus. C'est une mission de très haute importance, je ne dois rien savoir d'autre.
Oba Chan : Mais enfin Yakumo-sama, vous…
Yakumo : Oba Chan !
La jeune fille avait haussé la voix, catégorique. Elle plongea ses yeux de cendre dans ceux de la grand-mère qui baissa la tête, montrant un front honteux.
Hakkai : Pardonnez moi Yakumo-dono, mais j'ai la sensation que vous occupez une place importante dans la société, je me trompe ?
La jeune fille parut soudainement nerveuse. Mais elle reprit son masque de léthargie qui traduisait sa normalité et me répondit tout en se levant :
Yakumo : Je suis la guérisseuse du village. Comme j'ai sauvé des vies il me considère comme une prêtresse. C'est tout.
Puis elle rentra dans la maison sans faire d'histoire, nous laissant seuls Oba Chan et moi.
(Point de vue Goku)
Je ne savais plus combien de temps ça faisait. Mais depuis que le jour s'était levé au moins. Je n'avais pas envie de bouger. Alors je restai assis sur la chaise, et je regardai Sanzo dormir. Il n'était toujours pas apaisé, aucun sourire, rien. Je n'en revenais pas.
Elle avait tenu sa promesse et Sanzo était toujours vivant. Certes dans un état assez comateux, mais vivant !
J'étais heureux mais quand même anxieux. Il avait énormément de fièvre et sa respiration était parfois irrégulière.
Dans un soupir, je lâchai un Sanzo presque inaudible.
Yakumo : Il lutte Goku.
Je ne l'avais pas entendu arriver. Pourtant d'habitude, je fais attention à tout ! Mais là, impossible, cette fille était aussi silencieuse qu'une brise légère traversant les plaines. Seuls les frottements farouches de sa robe nous informaient de ses déplacements.
Même quand elle posait son pied sur le parquet, l'impact ne faisait aucun bruit. Aucun craquement de plaque ni d'os rien.
Elle me prit par les épaules et me caressa doucement la joue. Elle était froide, et je sentais une pointe de fatigue dans sa voix.
Yakumo : Il a été gravement empoisonné et le seul remède qui existe provoque une grosse fatigue ainsi qu'une fièvre importante. C'est un état qu'il faut surveiller.
Goku : Comment vous avez fait pour le sauver ?
Elle se mit à mon niveau en s'agenouillant à côté de moi. Elle chercha mon regard, chose qu'elle trouva, et me laissa plonger dans le sien, si blanc, si doux…
Yakumo : Je vais te dire quelque chose d'important Goku. La véritable personne qui l'a sauvé, qui vous a sauvé tous, c'est toi. Je n'ai fait qu'accomplir la volonté des Dieux. J'ai entendu ton cri par delà la forêt, et j'ai vu avec quelle force tu le serrais dans tes bras. Saches que tu as empêché le poison de se répandre dans son corps et ça m'a permis de le sauver à temps. Seule, je n'aurai pas pu prendre tous tes amis avec moi et tu l'as fait malgré tes blessures. Je ne les ai pas sauvé Goku, tu l'as fait tout seul. Je les ai juste soigné.
Goku : Ya…Yakumo…
Je n'en revenais pas. Alors, je les avais vraiment sauvé ? C'est grâce à moi que Sanzo était encore vivant ?
Je sentis un sourire naître à la commissure de mes lèvres et je ne fis rien pour l'en empêcher. Mais face à ce compliment, je me sentis rougir et je me grattai le nez avec mon pouce, histoire de dissimuler ma gêne quelque part.
Yakumo : Oba Chan a préparé un bon bouillon. Cela va faire des heures que tu surveilles alors vas te reposer. Je prends la relève. En plus, ton ami Hakkai s'est réveillé, donc vas le retrouver…
Goku : Hakkai Chan est réveillé ?
Je me levai sur le champ et remercia Yakumo encore une fois avant de partir en courant à travers le couloir pour rejoindre le salon où Hakkai et Oba Chan mettait la table.
Lorsqu'il me vit, il fut aussi heureux que moi et je me jetai dans ses bras avant de me reprendre et de m'excuser.
Hakkai : Il n'y a pas de quoi. Ta fougue légendaire est toujours d'actualité. C'est une chose plutôt rassurante. Ca signifie que rien n'a changé…
Oba Chan : Comment va Sanzo ?
Goku : Son état est pareil. Il délire de temps en temps et il a toujours autant de fièvre.
Hakkai : Ca va aller ne t'en fais pas. Tu connais Sanzo. Il en a connu des pires, comme voyager avec vous deux depuis plus de 7 mois…
Goku : Pas faux. On passe à table alors ?
Hakkai : Oui bien sûr, je vais voir si Gojô va mieux.
Oba Chan : Je ne crois pas que se soit la peine.
En effet quand je me retournai, Gojô était debout, à l'encadrement de la porte sourire au coin.
Gojô : Yo !
Puis il se ramena doucement, main dans les poches et s'assit sur une chaise.
Hakkai : Il va falloir rajouter un couvert dans ce cas.
Oba Chan : Ce n'est pas un souci, j'ai fais du bouillon pour tout le monde.
Goku : Du bouillon youpi !!
Gojô : Hoy baka saru !
Goku : Gné !! M'appelle pas baka saru !
Déjà réveillé qu'il commençait à m'énerver celui là. Je me tournai alors vers lui, histoire de lui en coller une, mais il me regarda gentiment, une pointe et fierté dans l'iris de braise :
Gojô : Merci.
Ce fut tout. La grande dame arriva avec un gros chaudron et nous servit le bouillon dans chaque assiette. Gojô remarqua qu'il y en avait une remplie, alors que pourtant personne n'y était installé :
Gojô : Qui donc dois encore manger avec nous ?
Hakkai : Je suppose que c'est Yakumo-dono. Vu l'état de Sanzo, je ne pense pas qu'il va pouvoir manger.
Gojô : Que s'est il passé au fait ?
Oba Chan : je vais vous laisser. Je vais apporter la nourriture à Yakumo.
Elle nous quitta, assiette et serviette en main, tout en se dirigeant vers la chambre de Sanzo, où Yakumo guettait éventuellement sa santé.
Hakkai se mit à raconter les évènements.
(Point de vue Yakumo)
8. C'était sa tension actuelle. Elle était trop faible. Son cas était encore bien trop risqué. Je pris la serviette qui lui recouvrait le visage et essuya la sueur qui perlait. Je la trempai dans l'eau chaude et la déposai sur son front. Ce n'était pas bon. Il fallait qu'il se réveille, au moins pour boire quelque chose…
J'eus un petit vertige, mais je me repris très vite. Ce n'était pas le moment de flancher…
Alors, j'entendis des coups à la porte.
Yakumo, murmurant : Entrez !
Oba Chan apparut alors à travers l'ombre de la chambre, avec une assiette et une serviette.
Oba Chan : Je sais que tu tiens ta promesse à cœur Yakumo, mais manges au moins quelque chose.
Yakumo : Tu sais que je ne mange pas beaucoup Oba Chan…
Oba Chan : Je sais oui, mais d'habitude tu dors beaucoup. Et là, ça va faire deux nuits de suite que tu n'as pas fermé l'œil. Alors manges au moins un peu, ça va te permettre de tenir. Si jamais cet homme se retrouve dans une mauvaise posture et que tu es dans l'incapacité d'agir, tous tes efforts n'auront servis à rien. Pensez y, Yakumo-sama.
Elle déposa la serviette et l'assiette sur la petite table à côté de moi, et sortit en s'inclinant tout doucement. Je n'aimais pas quand elle faisait ça, même si c'était dans l'ordre naturel des choses qu'elle me traite avec autant de ferveur et autant de respect, je détestais quand elle me considérait pour ce que j'étais et non pour ce que j'aurais voulu être.
C'était étrange, mais l'ordre naturel des choses voulait que les êtres humains (ou Yokaïs) prennent du grade pour être respectés. Moi je voulais simplement être une jeune fille normale, sans grande importance…
Mais bon…
Je décidai de prendre quand même un peu de son bouillon qui était délicieux au passage, tout en me concentrant sur le blond.
Sa fièvre n'avait pas baissé et comme le disait Goku il commençait à délirer. Il n'avait pas bu depuis deux jours ; ni manger, et bien que le poison avait réussi à sortir, son état ne semblait pas s'améliorer.
Je pense qu'en dernier recours, je les utiliserai. Je n'aimais pas trop faire appel à eux, mais quand je n'avais pas d'autres choix…
Et puis, ce visage, ses cheveux, cette peau. Tout cela me ramenait inévitablement à des brides de mon passé que j'ai oublié.
Je revois des images, des arbres en automne, des feuilles par terre, ramassée en paquet.
J'entendis un grelot sonner régulièrement et des frottements d'un balai sur les feuilles.
Un garçon un peu plus grand que moi balaye par terre, mais ne me voit pas. Il est frêle et semble chétif mais ses cheveux brillent comme les blés au soleil.
Et à chaque fois, je n'arrive pas à me souvenir de son visage. Cette image me reste toujours en mémoire, comme une douleur lancinante dans mon cœur, comme ci j'avais fait quelque chose de mal et que la culpabilité me rongeait de plus en plus.
Je décidai de ne plus y penser, revenant petit à petit dans le monde réel. Et là j'eus un saut de surprise. Il s'était réveillé d'un coup, mais ses pupilles dilatées m'informaient qu'il n'était pas en état de faire grand-chose. Peut être délirait il encore ?
Il détourna son regard vers moi et mon cœur se transforma en une cible que mille couteaux transpercèrent. Son regard était d'un violet ténébreux, pourtant si pur et si beau. Ses yeux tombant tremblaient légèrement, signe qu'il ne délirait pas, plutôt qu'il souffrait intérieurement.
Il tenta de se redresser, je l'intimai à rester couché. Il me repoussa avec une force que je ne soupçonnais pas, puis il ôta les couvertures pour se lever. Il n'y réussit pas. Il s'écroula par terre lamentablement, à mes pieds et attendit un peu avant de ramper vers le bureau où étaient posées ses affaires.
J'attendis qu'il ne puisse plus bouger avant de m'assoire à ses côtés et de l'informer :
Yakumo : Je suis Yakumo. J'ai soigné tes blessures et je t'ai épargné du venin mortel qui te rongeait. L'antidote nécessaire est à l'origine de la fièvre et des délires que tu as. Tu es en sécurité ici, tes amis vont bien, ils mangent.
Il releva la tête et embrasa de nouveau mon corps sous le poids de son regard, devenu encore plus brûlant avec la fièvre qui le rendait si mal.
Des goûtes de sueur perlaient doucement sur ses cheveux et je le voyais bien, il serrait les dents pour ne pas flancher de nouveau devant moi.
Ses poings serrés, il tenta de se redresser en s'aidant de ses coudes, mais il lâcha. Avant qu'il ne tombe, j'enlaçai son torse et le soulevai. Il protesta au début mais la fatigue le prit de nouveau.
Alors il me laissa faire.
Je le remis dans le lit, retrempai la serviette que je déposai sur son front, puis pris un verre d'eau et l'assiette de bouillon.
Yakumo : S'il te plait, je ne sais pas quand tu vas te réveiller mais ta tension est faible et tu as perdu beaucoup d'eau.
Il me regarda alors, toujours silencieux et me laissa lui donner de l'eau. Il but tout le verre d'une traite, puis il accepta deux cuillères de bouillon avant de s'endormir de nouveau.
J'avais cependant fait une découverte des plus importantes : ce moine était un homme à l'esprit de feu. Son caractère devait être des plus incendiaire.
Il va me falloir de la patience…
