Réponse des reviews :
Stef Ca faisait longtemps que je ne t'avais pas vu dans les parages m'enfin c'est toujours un plaisir de savoir que vous me suivez. J'espère que tu continueras à aimer.
SkyAngel89 : C'est clair que moi aussi de mon côté je marche beaucoup avec la motivation. En fait, quand j'ai un reviews j'ai énormément envie d'écrire. Aujourd'hui j'ai fais ce chapitre qui possède 12 pages words. Je suis tellement contente que ça vous plaise. Au fait, pour ce chapitre je suis sûre aussi que vous l'aimerez et si je pouvais te conseiller une musique, se serait God' Will de l'OST de Naruto le film (elle est trop belle). Dernière chose, je n'ai toujours pas ton adresse MSN. A moins que tu m'aies entré mais j'ai pas fait attention alors. Kiss
HANNNNNNNNN, le big chapitre de ouf. J'avais dit que je ne ferai que quelques pages mais j'avoue que là j'ai fais fort. Enfin vous verrez bien, j'espère que ça vous plaira.
Chapitre 13 : Le festival
Il n'y avait pas de mot pour décrire cette haine qui me hantait. Cela faisait maintenant une semaine que nous avions quitté la maison d'Oba Chan, et nous étions attaqué pratiquement tous les jours durant. Nous longions pourtant les villages, prenant soin de toujours arriver aux prochains avant la tombée de la nuit, mais rien à faire ils étaient toujours là, toujours prêt à bondir une nouvelle fois, pour répondre à ma misérable faiblesse, pour repeindre la honte sur mon visage, honte qui avec les jours, me devenait quotidiennement lourde.
A chaque fois s'était pareil, et les garçons l'avaient bien remarqués. Ils apparaissaient de par d'épais manteau de feuillage dense, les menaçaient, se jetaient dessus et voyant qu'ils n'arriveraient pas à les battre, ils se dirigeaient vers moi en tentant de me prendre pour otage.
A force, Goku ne s'éloignait plus de moi, même de nuit, il se chamaillait avec Sanzo et Gojô pour pouvoir dormir dans la même chambre que moi.
A l'origine, j'étais venue pour veiller sur eux, pas pour leur offrir une tâche déplaisante en plus. J'étais peut être la Grande Prophétesse, mais je ne sentais en moi rien qui puisse offrir la force dont ils avaient besoin, ni même l'espoir que Kanzeon Bosatsu avait pourtant promis en m'ordonnant de les suivre.
Non, je ne comprenais pas. Je n'avais aucune capacité de combat, simplement de la connaissance sur les soins et de la patience.
Et ma honte était cuisante, très cuisante, si douloureuse que j'en avais éprouvé de la rage en me regardant le matin dans le miroir.
Mais me morfondre dans ma solitude, n'allait pas arranger les choses, bien au contraire. Après tout, nous commençons tous par être faible avant de nous épanouir et de grandir. Et à chacun sa façon d'apprendre et de grandir.
Moi elle n'était guère bien différente des autres, enfin je pense. A dire vrai je n'en ai aucune mémoire bien définie. Je ne me souviens que de quelques brides, des images floues, des paysages qui se modifient tout le temps, des sourires qui se changent en pire cauchemar, et des sons comme des odeurs qui apparaissent et qui disparaissent, narguant mes sens d'un sentiment de déjà que je ne peux à chaque fois éclairer.
Alors au final j'avais renoncé à tenter de me souvenir d'un passé incertain, et m'étais dirigée vers un avenir que je pourrais construire avec ce que j'avais déjà, puisque je ne possédais rien.
C'est pourquoi, plutôt que de continuer à rester dans mon coin tout le temps, observer ce groupe qui se débrouillait si bien sans moi, je me décidai, tout en prenant compte que peut être le regretterai je, de m'avancer et de tenter tant bien que mal de nouer un lien avec ces membres dont j'avais pour la plupart sauvé la vie.
Nous étions en milieu d'après midi lorsque la Jeep se gara devant une auberge assez chaleureuse, construite en bois de cèdre et de pin. Il devait y avoir deux étages au moins et les clients étaient nombreux au vu des véhicules différents qui étaient garés dans un petit parking non loin de l'entrée.
Lorsque nous fûmes tous debout, chargés de nos effets personnels, nous entrâmes et nous fûmes accueillis par une jeune et très belle femme, souriante et habillée d'un kimono en soie.
Femme : Bonjour et bienvenu dans notre humble demeure. Je suis Ayako, la maîtresse de maison, permettez moi de prendre vos noms.
Hakkai tout en s'inclinant comme la maîtresse de maison : C'est un honneur Ayako-sama. Mes compagnons et moi-même désirions prendre quelques chambres pour cette nuit.
Femme : Oh. Malheureusement il ne nous reste que très peu de chambre, à cause du festival qui a lieu en l'honneur de la Grande Prophétesse de Kanzeon Bosatsu.
Hakkai : Ah je vois, et combien en reste-t-il ?
Femme : Et bien, nous avons une chambre de trois et une chambre de deux. Les deux sont bien entendus équipées de salle de bain personnel mais nous pouvons vous offrir le luxe des bains.
Hakkai : Je vais voir ça avec mes amis.
Puis il recula légèrement et s'adressa à l'ensemble du groupe :
Hakkai : Il ne reste que deux chambres, une de trois et une autre de deux personnes. Il y a un festival ce soir et j'ai bien peur que se soit la seule auberge qui ai encore des chambres de libres…
Sanzo : Tch on prend les chambres, mais je veux pas de ce kappa minable dans ma chambre !
Gojô : Mais va te faire bonze de merdre ! J'ai pas envie non plus que tu viennes squatter mon air !
Hakkai : Le problème c'est qu'on ne va pas laisser Yakumo Chan dormir avec deux hommes, ce ne serait pas très galant.
Goku : J'veux dormir avec Yakumo Chan moi !
Hakkai : Mais si tu dors avec Yakumo, les deux autres resteront ensemble avec moi dans l'autre chambre et ça va finir en un massacre…
Yakumo : Que pouvons nous faire ?
(Point de vue externe)
L'entendre se mêler des affaires de groupe jeta un froid dans l'assemblée, non pas parce que Yakumo se mêler de ce qui ne la regardait pas, mais plutôt parce que de nature timide, elle n'osait pas. Alors l'entendre intervenir avait surpris l'assemblée, bien que certains n'en montra aucunement la surprise sur ses traits :
Hakkai : Et ben soit tu dors dans la même chambre de Sanzo, soit dans la même chambre de Gojô.
Goku : Ah ça pas question ! Gojô va la violer pendant la nuit et si elle dort avec Sanzo, elle mourra d'une intoxication parce qu'il aura trop fumé et qu'il aura oublié d'ouvrir la fenêtre. Surtout qu'il serait bien capable de lui planter deux balles dans le dos juste parce qu'elle sera en chemise de nuit devant lui ! Non, non, non ! Je veux pas !
Sanzo : Uruse !
Gojô : Nan mais quel con ce singe ! J'te jure, il va pas s'en sortir comme ça !
Hakkai : J'ai une autre idée sinon.
Tous s'arrêtèrent et regardèrent Hakkai qui demanda quelque chose à la maîtresse de maison. Il revint avec des brindilles de pailles, toutes de la même longueur dans les mains.
Hakkai : On va tirer à la courte paille. Celui qui aura la paille la plus courte dormira avec Yakumo.
Puis, ils attrapèrent chacun une paille et attendirent le signal pour la tirer.
Lorsque Hakkai donna le signal, ils retinrent tous leur souffle et tirèrent simultanément.
Goku, voyant que sa paille était très grande s'exclama :
Goku : Cool ! Vous avez vu, ma paille est petite nan ! J'suis sûr que j'ai gagné.
Gojô : Désolé mon vieux mais regarde, ma paille est plus courte que la tienne.
Hakkai : Heu Gojô je crois que tu n'as pas gagné non plus, ma paille semble être plus petite regarde.
Sanzo : Tch fais chié !
Ils se tournèrent tous vers Sanzo qui brandissait un petit morceau de paille pas plus grand que son pouce.
Goku : C'est lui qui a gagné. Adieu Yakumo je t'aimais.
Sanzo, en frappant Goku : Tu vas arrêté tes conneries oui ?
Yakumo très gênée : Sumimasen. SI vous ne voulez pas de moi j'irai ailleurs.
Puis elle s'inclina et disparut derrière la porte, sans laisser de traces.
Gojô : Tu peux être fier de toi bonze merdique, maintenant t'as la chambre pour toi tout seul !
Sanzo : Tch.
Puis, ils partirent s'installer chacun dans les deux chambres, pensant certainement au mal être de la jeune fille et à sa localisation.
(Point de vue Yakumo).
« Mais quelle abrutie je fais moi des fois. Bien sûr, il a fallu que je ramène mon grain de sel et maintenant l'autre blond congénital va me faire la peau parce qu'il peut pas blairer la présence d'une femme dans un environnement de 15 kilomètres, mais qu'est ce que j'y peux si ce foutu bonze corrompu est mal foutu ?
De toute façon, j'irai pas dormir avec lui point final et il peut se brosser les quelques neurones qui lui reste s'il veut que je lui pardonne !
Non seulement il est rancunier, mais en plus il est ingrat et grossier ! J'ai passé 4 journées épuisantes à m'assurer qu'il vive tout cela pour récolter de la haine et du dégoût ! S'il voulait mourir il aurait dû me le dire, au moins je n'aurais pas à être traitée ainsi ! »
Et je continuai ainsi, dévalant les routes sans vraiment savoir où j'allais, pourvu que se soit loin d'eux et loin de lui. Je m'en voulais un peu pour mon petit Goku, il était si adorable avec moi. Pas comme ce crétin de bonze !
J'aurai mieux fait d'accepter de dormir avec lui et Hakkai, au moins il aurait continué à m'ignorer tout simplement.
En marchant encore, je me rendis finalement compte que je m'étais enfoncée dans les ruelles désertes et au vu des odeurs, assez mal famées…
Pour le moment il n'y avait personne, mais l'inquiétude s'empara de moi lorsque je vis l'ombre de 5 grands gaillards se tenir autour de moi, trois d'un côté de la ruelle et deux de l'autre côté.
Et en prime avec ça, j'étais toute seule, essoufflée, et incapable de me battre…
Je me repris cependant et poursuivis ma route comme ci de rien n'étais, ignorant superbement la menace dans laquelle je fonçais tête droite. Ils me virent arriver et leurs visages affichèrent un sourire à faire peur à un mort dans sa tombe. Un sourire pervers, un regard qui en disait long sur leurs désirs et leurs ambitions, une langue qui passait sur leurs lèvres, tels des loups affamées qui se léchaient les babines avant de savourer la proie qu'ils observaient, se délectant de chacun de ces gestes vains, puisque la proie était l'objet du prédateur. Sauf qu'ils me sous estimaient amplement. Je n'étais pas une proie facile et j'allais leur montrer de quoi je me chauffais.
Forte heureusement, j'avais eu la bonne idée de garder ma ceinture d'herboriste autour de mes cuisses, si bien que arrivée devant les trois j'étais prête :
Homme1 : Salut beauté, tu t'es perdue ? Tu veux qu'on t'aide à retrouver ton chemin ?
L'autre à côté de lui ricana et fit craquer ses phalanges.
Yakumo : Non merci je sais où je vais, par contre vous êtes trop volumineux pour cette petite ruelle, poussez vous s'il vous plait.
Homme 2 : T'a entendu vieux ? Elle te trouve trop gros.
Homme 1 : T'as du courage petite souris, si j'étais toi je me tiendrais à carreau si je voulais rentrer chez papa et maman en entier.
Yakumo : Poussez vous !
Je forçai un peu le passage, m'exposant ainsi à leurs carrures imposantes. Le troisième ricana aussi puis le premier s'empara de mon épaule avec une force douloureuse.
Homme 1 : Doucement ma belle, faut payer le droit de passage !
Yakumo : Je n'ai pas d'argent alors laissez moi tranquille !
Homme 2 en me regardant avec perversité : Oh tu sais, dans ta situation tu peux payer autrement.
Il s'empara de ma hanche et je ne pus réprimer un cri et le repoussai avec haine. Les deux derrière moi s'élancèrent dans ma direction et j'attendis qu'ils soient tous près de moi pour prendre une fiole précise de ma ceinture et pour l'exploser par terre tout en me tenant le nez et la bouche couverts par mon châle gris. Ils furent surpris et se prirent la fumée dans les yeux, me laissant une longueur d'avance sur eux. Je bousculai le premier et m'enfuyai en direction de la lumière, là où j'allais très certainement pouvoir me faufiler dans les mailles que représentaient la foule et disparaître de mes ravisseurs. En effet, au bout d'une minute de course folle où je sentais chaque battement de mon cœur aller toujours plus loin dans mes limites, je me faufilai dans la foule et attendis que mes ravisseurs sortent pour les éviter. Ils sortirent les yeux rougis et en larmes et me cherchèrent. Croyant m'apercevoir, ils prirent la direction qu'empruntait une petite vieille avec un châle gris comme le miens et des cheveux blancs.
M'étant assurée qu'ils ne reviendraient pas, je sortis de ma cachette et observai la foule en effervescence préparer un festival. J'arrêtai une passante curieuse qui transportait une statue que je connaissais bien parce qu'était celle de l'autel qu'il y avait non loin de chez Oba Chan :
Yakumo : Excusez moi, mais en quel honneur est ce festival ?
Femme : C'est en l'honneur de la Grande Prophétesse. Nous fêtons aujourd'hui le 10eme anniversaire de sa dernière renaissance ! Et les prophètes disent qu'en plus, Kanzeon l'a envoyé pour qu'elle arrive exprès aujourd'hui ! J'ai hâte de la voir pas toi ?
Yakumo : Oui…certainement.
Je laissai la jeune femme partir en direction de ce qui semblait être la place centrale et suivis le chemin distraite par les paroles de ce qu'elle disait : « Le dixième anniversaire de sa renaissance ? »
Pourtant je n'avais pas dix ans mais 19, alors comment pouvait elle dire cela ? Et puis maintenant que j'y pensais, mes souvenirs les plus anciens remontaient à mes 9 ans. Je me souviens que j'étais perdue encore une fois dans une grande, très grande maison et que tous les gens qui me croisaient m'ignoraient comme ci je n'existais pas, comme ci mon existence leur était futile, anodine…
Je secouai la tête, résignée de ne pas laisser le passé envahir mes pensées alors que j'étais dans une situation peu recommandable. Je le retrouvais à la rue, sans avoir d'endroit où dormir ce soir et comble du comble, je n'avais strictement rien à me mettre sous la dent alors qu'il n'y avait que restaurant, festin et nourriture dans les alentours.
Enfin, je m'arrêtai devant la place : il y avait une grande statue de la Grande Prophétesse, les cheveux détachées le long de son corps fin et élancé, les bras ouverts dans une accueil chaleureuse.
Devant cette statue et vers le Nord, était dressé un grand autel, autour duquel avait été mis des fleurs qui avaient toutes des pétales blanches. Inquiète, je dissimulai alors mes cheveux dans mon châle et baissai le regard, de peur qu'on ne me reconnaisse. Je ne voulais pas que les garçons, par le bruit que la Grande Prophétesse était venue, me retrouvent et encore moins dans une situation ou tous attendaient de moi un miracle dont je n'étais capable que dans leurs rêves les plus fous. Je me dirigeai vers un restaurant terrasse et regarda la nourriture avec envie. La jeune fille de toute à leur me vit et vint vers moi :
Femme : Tient tu es la jeune fille de tout à l'heure, comment ça va ?
Yakumo : Heum…bien…
Femme : Je m'appelle Soukie, maos tout le monde m'appelle So ici alors toi aussi. C'est quoi ton nom ?
Yakumo : Je m'appelle…Yaku.
So : Yaku ? Quel nom bizarre…Ah désolé je pensais fort. Dis moi Yaku, tu sembles perdue nan ?
Yakumo : Oui, je viens d'arriver et je n'ai pas trouver de chambre où dormir et j'ai perdu en chemin mon argent. J'ai un peu faim aussi, mais ce n'est rien, je pense que je vais trouver du travail pour la journée, vu l'agitation ça ne devrait pas être trop difficile…
Soukie me regarda dans les yeux puis une idée germa dans son esprit :
So : Je sais ! Attends moi ici Yaku je reviens !
Elle partit en courant vers l'intérieur du restaurant et je la vis parler avec une femme au teint sérieux et à l'uniforme très carrée. Elle revint toute joyeuse et me prit par la main :
So : C'est bon, c'est arrangé, tu logeras et tu mangeras ici. En échange tu m'aideras à faire le service pour les clients de ce soir. On te libèrera juste avant l'annonce et les feux d'artifices.
Yakumo : Merci beaucoup Soukie-sama, vous m'avez beaucoup aidé.
So : Han ! Surtout ne répète jamais ça ! J'ai l'impression de n'être qu'une vieille grand-mère. J'ai à peine 16 ans !
Yakumo : Merci beaucoup So…
So : Viens je vais t'expliquer comment il faut faire et ce que tu devras faire.
Elle m'emmena vers la cuisine où elle me remit un tablier et m'expliqua les différentes tâches de la soirée.
Le travail commencé, il me fut aisé de laisser mes pensées voguer certainement auprès des garçons, ci bien que je ne me surpris pas à me demander s'ils allaient bien et s'ils s'inquiétaient pour moi…
(Point de vue externe)
Les garçons étaient en effet en train de penser à Yakumo, mais chacun à sa manière. Goku et Sanzo arpentaient les rues bondées de monde tout en cherchant un tabac pour que Sanzo et Gojô puissent se stocker en clope. Hakkai lui était partit dans les différentes étables afin de préparer les réserves de nourriture pour la suite du voyage et Gojô était parti chasser les jolies demoiselles.
Hakkai pensait que Yakumo devait en avoir marre de toujours supporter Sanzo et sa mauvaise humeur, et il s'en voulait lui-même de n'avoir pas été assez proche d'elle depuis le début. Il avait pourtant tendance à s'entendre avec tout le monde, mais l'aura que cette fille dégageait lui rappelait les instants tendres qu'il avait vécu auprès de son ancien amour maintenant disparu pour toujours. Son sourire n'était pas le même, mais la douceur qui caractérisait ces traits, spécifiques à sa tendresse et à ses traits efféminés, le ramenait sans cesse à ce sourire qui le hantait. Mais le passé ne devait pas perturber le présent et il se promit en achetant un kilo de pomme qu'il se rapprocherait plus de la petite Yakumo, en ne voyant que ce qu'elle était, et non pas ce à qui elle ressemblait.
Gojô de son côté, errait dans les rues, pensif. Non il n'était pas parti chasser, simplement comprendre un fait qu'il ignorait totalement. Il songeait à Yakumo, à ces sentiments qu'il éprouvait pour elle. Ce n'était pas de l'amour ou du désir comme il pouvait éprouver chez d'autres femmes, c'était quelque chose de plus important, de plus profond et de plus secret. Il ignorait ce qu'il désirait chez Yakumo, mais son attirance n'était pas physique. Il ne la voulait pas comme un homme voulait une femme s'était autrement mais il se rendait compte qu'à force de s'éloigner de la jeune fille par crainte de découvrir ce qu'il désirait, au final il la perdrait, sans jamais vraiment pouvoir faire marche arrière. Aussi, se décidait il, tandis qu'il empruntait la voix commune pour rejoindre les autres, qu'il se rapprocherait d'elle, et qu'il mettrait de côté son manque d'intention subit.
Goku et Sanzo marchait côté à côté, perdus dans leurs pensées respectives. Un tableau fort amusant, mais tout aussi magnifique. Deux êtres que tout opposaient, l'un grand, élancé, coléreux, le regard renfermé dans ses secrets, dont la chevelure se teintait d'une aura lumineuse et étincelante, l'autre petit, enfantin, le regard emplie de l'innocence qui caractérise celui qui est née de l'aberration, celui qui n'a de semblable que dans ses rêves. L'un le guide, l'autre le guidé, lequel était vraiment celui qui guidait et qui était guidé ? Telle était la question que se posait Kanzeon Bosatsu lorsqu'elle remit le petit Goku à Konzen.
« Celui qui guide la foi est guidé par celle-ci sans le remarquer. Celui qui n'a de religion que soi même trouvera sa force et sa volonté de vivre dans le regard d'un autre. Celui qui se meurt d'un éternel et angoissant ennui, rencontrera l'autre qui le mènera sur le chemin de la réflexion et de l'importance. »
Il n'y avait aucun doute que Goku était cet autre personne, cette personne qui avait guidé Konzen et Sanzo aujourd'hui, tout comme avant, s'était trouvé être le soleil de Goku. Etrange tableau alors qui se promenait dans les rues d'un village quelconque, festif et joyeux.
Etrange que ces deux êtres, mélangeant tout du mariage entre deux opposés originels, se retrouvent côté à côté, chacun dans ses pensées, préférant mourir sans jamais avoir existé plutôt que de vivre l'un sans l'autre. Deux êtres, enfants et adultes, qui se guidaient mutuellement dans une seule et unique vie, qu'ils menaient à deux, non pas par un amour fusionnel, mais plutôt par leur présence d'esprit et par leur envie.
Ils s'enviaient chacun, sans pour autant désirer l'autre physiquement. Goku n'était pas amoureux de Sanzo, et Sanzo n'était pas amoureux de Goku. Non. Goku avait besoin de Sanzo comme un enfant aurait besoin d'une famille et Sanzo avait besoin de Goku, comme un adulte n'ayant aucune famille.
Tel était l'identité de ces deux énergumènes que le destin avait rallié, même 500 ans après, sans qu'ils le sachent.
Et ce même destin frappait de nouveau la réunion de ce groupe, qui se croisa au carrefour d'une rue. Hakkai portait des sacs assez lourds, qu'il donna à Gojô toujours l'air déjanté, détendu et son mégot coincé entre son sourire ravageur.
Goku vit les deux autres et son sourire refit surface, chassant des doutes sur le comportement de Sanzo vis-à-vis de Yakumo. Sanzo cracha un nuage de fumée et tourna la page quand à ses pensées. Bien habile aurait été celui qui put les lire.
Hakkai : Le festival va bientôt commencer d'après ce que j'ai entendu dire. On pourrait aller à un restaurant ?
Gojô : Ma foi pourquoi pas. J'espère que les serveuses sont mignonnes.
Goku : On ne devrait pas attendre Yakumo ?
Cette question jeta un silence sur l'assemblée, silence que Sanzo prit un honneur particulier à répondre de sa voix qui ne trahissait aucune émotion :
Sanzo : Elle s'est barrée s'est tant pis pour elle. Je crève la dalle alors tout le monde au resto, sinon tant pis pour vous, il en restera plus pour moi.
Puis il partit en direction de la place centrale, là où ils trouveraient certainement un restaurant. Avant de le suivre, Hakkai se permit de murmurer aux deux autres :
Hakkai : Je crois qu'il s'en veut d'avoir été comme ça avec Yakumo.
Goku : C'est vrai la pauvre, elle n'a pas vraiment choisi d'être avec nous, alors si en plus on lui rend la vie impossible.
Gojô : Mais il n'a pas été le seul à s'être comporté ainsi.
Hakkai : Je crois que nous avons tous une part de responsabilité quand à son absence.
Sanzo : Hoy ! Vous venez où je vous laisse tomber !
Goku : On arrive !
Puis ils partirent en direction de la place centrale.
Il y avait beaucoup de monde, et pas mal de personne en bonne tenue qui regardait avec admiration la grande statue qui faisait étrangement penser à Yakumo :
Goku : Ne Sanzo, tu ne trouves pas que la statue ressemble à Yakumo ?
Sanzo : Vous allez arrêter de me parler d'elle oui ou merdre ?
Goku : Gomene je voulais juste avoir ton avis pas la peine de t'énerver pour si peu !
Puis ils s'assirent sur la terrasse d'un restaurant et apprécièrent les festivités en attendant les serveurs.
Il y avait des jongleurs, des danseurs, des maîtres d'arme aussi, des tournois, des joueurs de feu, des musiciens qui alimentaient les danses nombreuses et complexe auxquelles venaient s'ajouter de nombreuses saltimbanques et bohémiennes. Les gens dépensaient, souriaient, les enfants couraient de partout, s'amusant sans insouciance, les filles rigolaient entre elles et se faisaient belles, les hommes regardaient les femmes avec envie et désirs, les amoureux s'aimaient, les couples se formaient, le tout dans le mouvement régulier des flammes des torches qui s'allumaient au fur et à mesure que le soleil se couchait.
Une jeune fille brune, d'une quinzaine d'années environs s'approcha alors de la table et interrompit les profondes analyses du groupe :
Serveuse : Bonjour qu'est ce que je vous sers ?
Goku : Alors je veux….
Elle eut du mal à tout noter mais finalement elle réussit tant bien que mal. Avant de partir, Gojô lui attrapa le poignet délicatement et s'adressant à elle, avec un regard dont les flammes dansaient dans une transe quasi irréelle :
Gojô : Dites moi jeune fille, qu'elle est votre nom ?
Femme : Je m'appelle Soukie, mais on m'appelle So. Enchantée !
Puis elle partit, les joues quelque peu roses, plateau à la main.
Elle arriva en cuisine et se permit une remarque à Yakumo qui était en train de se préparer à servir d'autres clients :
So : Tu devineras jamais ce qui vient de me tomber dessus.
Yakumo : Non qu'est ce qu'il y a ?
So : Un homme Yaku ! Un bel homme avec des yeux et des cheveux de feu !
Le cœur de Yakumo rata un battement. Ce ne pouvait être… ?
Yakumo : Et cet homme était il seul ?
So : Ah je te vois venir, non il n'était pas seul et c'est moi qui l'ai vu en premier. Il était accompagné d'un beau jeune brun avec des yeux d'un vert magnifique, un garçon aux cheveux châtains clairs et aux yeux dorées avec un appétit féroce et une sorte de moine bizarre avec des cheveux blonds et des yeux violets.
Yakumo pâlit en entendant cette dernière. Non seulement ils étaient là, mais en plus dans son restaurant.
Elle inspira profondément pour tenter de contenir sa peur et demanda d'une voix faible :
Yakumo : So, s'il te plait, peux tu faire les services de la terrasse ? Je me charge du restaurant si tu veux, je n'ai pas très envie de sortir, les cérémonies me mettent sur les nerfs.
So : Bien sûr Yaku pas de souci ! On n'a qu'à échanger. D'ailleurs la commande de la table trois est prête tu devrais aller les servir tout de suite.
Yakumo : J'y vais. Merci So, je te dois une fière chandelle…
So : C'est moi qui te remercie, grâce à toi je vais pouvoir profiter un peu de la cérémonie.
Puis elle partit en direction de la terrasse pendant que Yakumo s'empara de divers plats qu'elle mena jusqu'à la table trois. Elle les déposa chacun son tour et ce ne fut que lorsqu'elle reprit le plateau dans ses bras qu'elle reconnut les clients en question : ils étaient 5, tous des hommes, et leurs yeux étaient encore rouges, à la fois de fureur et de douleur. Ils ne reconnurent pas tout de suite Yakumo et ne firent pas attention à elle dans leur discussion :
Homme 1 : J'vous jure les mecs si cette nana a le malheur de me croiser, je lui fais sa fête !
Homme 2 : T'vas pas gâcher un si bon morceau vieux ! Elle est bonne en plus !
Homme 3 : On s'amusera un peu plus avec elle c'est tout !
Homme 5 : Ouai, j'ai déjà quelques petites idées derrière la tête…
Yakumo n'en attendit pas plus pour s'éclipser doucement de la table, essayant au maximum de faire le moins de bruit possible. Manque de chance, l'un des 5 hommes l'interpella :
Homme 2 : Hey serveuse, apportez nous de la bonne bière, pas de la merde !
Puis il balança la chope par terre et les autres ricanèrent avec. Les autres clients regardèrent la scène outrés :
Homme 1 : Vous avez un problème ?
Ils détournèrent tous le regard, reprenant leurs conversations tout en ignorant les hommes.
Homme 1 : Quand à toi, tu n'as pas entendu mon ami ! Va nous chercher une bière meilleure !
Puis il lui saisit par le bras et la força à le regarder. Son regard demeura d'abord neutre, puis des vaisseaux de colère éclatèrent :
Homme 1 : Mais t'es l'emmerdeuse de tout à l'heure ?
Yakumo : Lâchez moi !
Homme 3 : J'y crois pas, la chance est de notre côté on dirait ! On va pouvoir régler une petite affaire depuis le temps !
Puis ils s'approchèrent menaçant de Yakumo.
Pendant ce temps, Soukie venait d'apporter le dernier plat à la bande de Sanzo :
So : Et voila, j'espère que ça va vous plaire, c'est moi-même qui les ai préparé.
Goku : Ouah ça à l'air super bon ! Itadakimas !
Hakkai : Mais vous n'êtes pas débordé par le service ?
So : Oh, non nous sommes deux ! Une jeune fille très gentille nommée Yaku qui vient d'arriver en ville est arrivé vers la fin de l'après midi. Elle n'avait pas d'endroit où dormir ni même d'argent alors je lui ai proposé de m'aider pour le service.
Gojô : Comment disais tu qu'elle étais ?
So : Bah elle est au service dans le restaurant, donc vous la verrez pas mais…
Soudain ils entendirent un cri de jeune fille et So se dirigea avec crainte vers le restaurant. Lorsqu'elle y entra, 5 hommes tenaient fermement Yakumo et l'emmenait vers la sortie du restaurant. Elle tentait d'y résister mais rien n'y faisait, ils étaient trop nombreux. Alors So se dirigea vers elle :
So : Mais enfin que faites vous à mon amie ? Lâchez là tout de suite !
Homme 1 : Mêles toi de ce qui te regardes toi ! Cette fille va payer pour ce qu'elle a fait !
Yakumo : Si vous m'aviez laisser passé comme je vous l'ai gentiment demandé alors tout cela ne serait jamais arrivé ! Maintenant lâchez moi !
Mais ils la maintinrent fermement. Et plus elle protestait, plus ils la maintenaient. So voulut intervenir, mais l'un des hommes la repoussa avec un coup de pied dans le ventre et elle s'effondra, sa tête se cognant contre une table.
Yakumo : Soukie !! Espèce de…
Elle reçut une gifle. Mais ça ne la calma pas au contraire, elle se débattit tant qu'au bout d'un moment, son bras rougit glissa et elle administra une claque royalement au premier homme, qui s'effondra sous le choc.
Pour le venger, l'un des 4 autres lui tira les cheveux et la gifla de nouveau.
Alerté par les cris des clients et des serveuses, les garçons s'étaient rapatriés vers l'intérieur du restaurant et quelle fut leur surprise lorsqu'il découvrir Yakumo, la robe à moitié déchirée, en train de se faire violenter par 5 hommes.
Goku : Yakumo ?
La jeune fille lui adressa un regard apeuré et chargé de douleur, puis elle se débattit encore, plus par nécessité de fuir que par nécessite de se défendre.
Homme 1, s'essuyant la joue rouge de la claque de Yakumo : Te mêles pas de ça toi non plus morveux, sinon tu vas finir comme elle.
Ce disant il montra du menton Soukie, dans les bras d'une femme âgée.
Gojô : T'a osé faire du mal à une aussi belle fille ? Tu vas le regretter mon gars.
Homme 2 : Si tu veux te battre alors viens je t'attends !
Yakumo : Yamete ! Partez ! J'ai pas besoin de vous pour m'en sortir ! Alors arrêter de vous prendre la tête d'accord ? Je sais que je suis bonne à rien alors foutez moi la paix, laissez moi crever avec le minimum d'honneur et repartez pour votre foutu voyage !
Les garçons s'arrêtèrent. C'était donc ça. La distance qui les séparait d'elle n'était pourtant pas des plus grandes, mais en cet instant, ils se sentaient à des kilomètres d'elle. Goku était très attristé par ce qu'elle venait de dire et Hakkai et Gojô se mirent à culpabiliser d'avoir manqués d'attention envers elle. Alors que des larmes perlèrent au creux des yeux de Yakumo, Sanzo s'avança doucement, cigarette au bec, le regard flamboyant d'un feu destructeur et purificateur :
Sanzo : Quand est ce que tu vas arrêter tes gamineries Yakumo ? Arrête de rejeter la faute sur les autres ! Je t'ai dis que se serais pas un voyage de tout repos et je te considère autant inutile que les trois autres boulets que je me trimballe depuis déjà un an. Alors si tu as quelqu'un à détester ici c'est moi ! Goku a cherché à être ton ami et les deux ringards de derrière ne sont pas mieux quand à leurs émotions ! Alors détestes moi si tu veux, mais je t'interdis de penser que ces trois gogols sont tous des grands méchants qu'il faut ignorer !
La jeune fille resta silencieuse devant ce que venait de dire Sanzo. Il avait raison, elle baissa la tête.
Depuis le début, elle s'était enfermée dans son petit cocon protecteur, n'osant s'approcher véritablement du groupe, espérant être rejeté et se retrouver toute seule. Pourquoi seule ?
Parce qu'elle l'avait toujours été. Et ce comportement était la preuve que Yakumo, comme Sanzo, craignait de s'attacher à quelqu'un parce qu'elle avait perdu elle aussi, elle avait perdu sa raison de vivre, et le moyen de s'en souvenir. Finalement elle était plutôt assez ressemblante de Sanzo, vis-à-vis de ces choix.
Et malgré cela, elle ne pouvait tenter de haïr qui que se soit, ni même et surtout pas Sanzo. Non pas parce qu'il avait raison, mais parce qu'elle ne pouvait tout bonnement pas haïr…
Elle était la Grande Prophétesse, la miséricorde incarnée, et la haine ne pouvait régir dans l'obscurité de sa personnalité, sinon elle serait anéantie.
Yakumo : Gomene…
Des larmes se mirent d'autant plus à perler sur ses joues.
Trouvant que la situation ne tournait pas à leur avantage, les hommes reprirent de l'assurance et celui qui maintenait Yakumo dans ses bras lui tira les cheveux, lui faisant arraché un cri de souffrance. Goku sur le qui vive, s'apprêtait à réagir mais fut stoppé par un mouvement de bras furtif de Sanzo. Il regardait le visage tordu par la douleur de Yakumo qui combattait en elle.
« Celui qui guide la foi est guidé par celle-ci sans le remarquer. Celui qui n'a de religion que soi même trouvera sa force et sa volonté de vivre dans le regard d'un autre. Celui qui se meurt d'un éternel et angoissant ennui, rencontrera l'autre qui le mènera sur le chemin de la réflexion et de l'importance.
Celui qui désire vivre dans la solitude, doit voir ses jours baignés par la camaraderie et l'amour. Celui qui désire oublier, connaîtra le savoir. Celui qui désire abandonner se verra courir de toutes ses forces et de toute son essence vers celui et ceux qu'il a abandonné. Tel furent les mots qu'une personne qui comptait chère m'a légué. Qu'en penses tu toi Nataku ? Trouveras tu un jour celui où celle qui sera cet autre que tu désires tant ? A moins qu'il existe déjà et que tu n'attendes son retour… En attendant, je vais te laisser mon petit prince, je dois me rendre au Togenkyo retrouver ton ancien ami. Là bas, le vent murmure qu'une jeune fleur a besoin d'eau pour vivre… »
Yakumo ferma alors les yeux, et s'écria :
Yakumo : J'ai besoin d'aide ! Daskete ! Onegaï ! Daske…te.
Un sourire naquit sur les lèvres de Sanzo qui brandit son flingue et tira sur l'épaule de l'homme qui maintenait Yakumo. Celle-ci tomba à la renverse, vite récupéré par le moine qui lui murmura à l'oreille discrètement pendant que les trois autres réglaient le compte des complices :
Sanzo : Le vrai courage ne fut pas de tenter de te débrouiller toute seule, mais plutôt d'avoir oser avouer que tu ne pouvais t'en sortir sans nous. Tu viens de nous prouver que nous pouvons compter sur ta confiance, parce qu'en nous demandant de l'aide, tu as remis ta vie entre nos mains, cela prouve que tu as confiance en nous. Pour cela, et pour cette unique raison, j'accepte ta présence dans le groupe, mais ne me fais pas chié !
Puis il aida la jeune fille à se lever. Aussitôt elle se dirigea vers Soukie qui se réveillait doucement :
So : Yaku, que s'est il passé ?
Yakumo : Je suis désolée Soukie, je ne m'appelle pas Yaku, mais Yakumo.
Puis Yakumo détacha ses cheveux devant le regard de plus en plus éberlué des clients et de Soukie. Ses cheveux dégringolèrent doucement, silencieuse symphonie que le frottement onduleux des mèches d'un blanc de neige sur une peau douce et dénudée. Il y eut un silence, puis Yakumo ajouta avec un sourire de résignation :
Yakumo : Pardonnes moi de ne pas m'être présentée convenablement. Je suis Yakumo no Hana, Grande Prophétesse de Kanzeon Bosatsu, Bodhisattva de la Miséricorde.
Sanzo : Je suis Genjyo Sanzo, 31eme Sanzo de Chine, protecteur du Sutra du Ciel maléfique.
Goku : Son Goku.
Gojô : Je suis Sha Gojô, le protecteur des jolies demoiselles.
Hakkai : Et moi Cho Hakkai, le protecteur de cette bande de malade qu'est Sanzo Gojô et Goku.
Les gens autour s'inclinèrent devant Sanzo et Yakumo, vouant dans de longues prières, des bénédictions. Les 5 hommes avaient pris la fuite en entendant le nom de Yakumo.
Soudain, des personnes importantes apparurent sur le pas de la porte et s'inclinèrent respectueusement :
Vieil Homme : Je suis Chin, le représentant de la cité. C'est un honneur d'accueillir en même temps la Grande Prophétesse et un Sanzo, et ce pour la fête que nous dédions à cette dernière. Mais votre présence était prévue Grande Vierge Sacrée. Nous attendions votre venue avec impatience.
Yakumo : Je ne peux faire quoi que se soit…
Chin : N'ayez crainte, vous ne devez que nous suivre.
Dans un accord ils suivirent le vieil homme jusqu'à la place centrale où tous s'étaient regroupés. Ils montèrent doucement les premières marches de l'autel, puis Yakumo fut emmené ailleurs pour mettre une tenue de cérémonie, tandis que Sanzo et ses compagnons furent amenés à une table garnie.
Enfin, la flamme centrale s'alluma et le vieux annonça, un sourire aux lèvres :
Chin : Regardez ça commence…
Toutes les torches s'éteignirent et le silence se fit dans la place centrale. Pas un bruit, pas un murmure, pas un soupir trop bruyant, tous était silencieux et calme. Alors, Yakumo apparut de derrière l'estrade, vêtue d'une longue robe blanche, faite de voile et de tissu fin, brodé de fils d'argent. Elle éclairait la nuit d'un pâle halo lumineux et bientôt, la Lune apparut en son dos, à travers l'horizon. La jeune fille attendit en haut de l'estrade que la Lune dans sa plénitude ai dépassée entièrement l'estrade pour lever les bras en l'air et invoquer la présence de la déesse.
Kanzeon Bosatsu apparut alors, dans sa tenue traditionnelle, éclatante et bienfaitrice. La voir ainsi, fit rire intérieurement Sanzo qui ne pouvait s'empêcher de trouver la situation forte amusante. Cependant son sourire disparut lorsque la déesse rompit le silence cérémonieux :
Kanzeon : Selon les lois qui ont dictés chaque chose et chaque nature, Yakumo no Hana, Grande Prophétesse, l'heure est venue pour toi d'éveiller le pouvoir qui demeure et qui se cache. Jures fidélités à la miséricorde et au pouvoir de la lumière, ainsi je te rendrais ta force.
Yakumo : Je jure devant les lois de la nature, d'offrir mon âme aux ordres de Kanzeon Bosatsu, de servir ses intérêts et ses obligations dans le monde du Togenkyo. Je jure et ne renoncerais à aucuns serments !
Kanzeon : Qu'il en soit ainsi Yakumo, réveilles toi désormais et répand la bannière de la paix et de la prospérité en mon nom !
La déesse toucha légèrement le front de la jeune fille et une lumière aveuglante brilla dans la nuit noire. La lumière au début se trouvait à l'endroit où la déesse avait touché la jeune fille, puis petit à petit celle-ci se répandit entièrement dans son corps, si bien qu'elle devint bientôt une source de lumière en elle-même. La lumière se dissipa quelque peu et la jeune fille arbora alors un visage paisible, impassible, une étrange odeur de fleur de Lys envahit l'assemblée et son regard gris devint tristement blanc. Les traits humains qui la distinguaient des autres disparurent, ses cheveux voletaient comme poussés par une force invisible au dessous d'elle. Son regard se posa sur celui de Sanzo et un instant durant lequel monde et existence n'avait aucun sens, il sentit comme une étrange sensation de déjà vu, comme un appel lointain, une douceur et une chaleur envahissant son cœur de glace.
Il plongea dans le regard de la jeune fille, pétrifié par sa beauté et par le souvenir qu'elle évoquait.
Il revoyait la femme de ses rêves, portant une fleur étrangement blanche dans ses mains, sur un pont, avec des pétales de fleurs tombant comme une pluie silencieuse. La femme était de dos à lui, mais il pouvait y sentir sa solitude et le sentiment qu'il éprouvait en cet instant, fut qu'il se serait volontiers jeter dans ses bras…si la main de Goku ne l'avait pas retenue et rompue le lien de son regard avec celui de la jeune fille.
Il regarda les autres qui lui adressaient des mimiques surprises et reporta son regard vers Yakumo qui ferma les yeux et dans un soupir, fit disparaître le halo de lumière autour d'elle.
Fatiguée de cette prestation, la jeune fille s'effondra dans les bras de la déesse qui, sourire narquois au visage, amena la jeune fille jusqu'à la table de Sanzo :
Kanzeon : Le courage ne fut pas de se sortir seul de situation dangereuse, mais d'oser avouer qu'on a besoin d'autrui pour s'en sortir.
Elle déposa la jeune fille dans les bras de Sanzo sans le quitter des yeux :
Kanzeon : Je me demande Sanzo, a qui tu t'adressais vraiment en disant ça…
Puis elle disparut, laissant Yakumo profondément endormie dans les bras de Sanzo qui répondit à la question dans un murmure que seul les sylphides purent entendre :
Sanzo : Bonne question…
Et doucement au lointain, le sourire d'une déesse murmura aux gardiens des secrets, dans le pollen d'une fleur de lotus que « tout commençait maintenant ».
Prochaine épisode : Une nuit silencieuse, une mémoire qui traverse le temps et l'espace, déchirant le doute et l'incertitude dans un cœur esseulé.
Prochaine épisode L'aurore et la fleur de Lys, les réminiscences d'un passé oublié, qui hante les rêves d'un soleil.
