Chapitre 15 : Dispute, fugue ; réconciliation

Kikou tout le monde. Je suis vraiment désolée pour le grandretard, mais c'est un chapitre super long et j'ai le bac qui se rapproche (snif) donc j'ai moins de temps. Alors heu, bon cas exceptionnel le chapitre 15 se trouve être un chapitre assez conséquent aussi je vous poste déjà la première partie que j'ai tapé et je vous posterai la deuxième plus tard quand je l'aurai terminé. Réponse des reviews :

SkyAngel98 : Bah écoutes, je suis contente que tu sois contente (houla) et j'espère encore te faire plaisir. Tu verras il y a beaucoup de choses qui tournent autour de la Promise de Konzen Doji, non seulement par l'hilarité de l'évènement (c'est pourquoi je l'ai posté en premier) mais surtout pour la situation et les évènements qui seront produits. Prends simplement en compte qu'il n'y a pas qu'un seul passé qui sera mis en évidence dans les chapitres qui vont suivre. Sinon, bonne lecture pour la suite des chapitres.

Stef : Toujours ravie que tu aimes ma fiction (je te vois pas souvent parmi les lecteurs des autres fic, serai je une exception ? Oo) et j'espère comme avec SkyAngel98 que tu continueras à l'aimer (malgré mon temps de postage irrégulier mais sache que ça m'énerve aussi).

Et oui, tout le monde n'est pas comme les sorcières, je fige pas le temps malheureusement (dommage sinon j'aurai déjà mon bac et je serais certainement devenu riche en gagnant au loto). Hum trêve de bavardage, je tiens à vous annoncer quand même que le chapitre 15 est en deux parties (non sans blague ) et que le chapitre suivant ne sera pas la suite mais un flashback (Han elle va semer les lecteurs là). En clair, vous aurez la suite de l'aventure dans deux chapitres, le suivant étant un flashback, non pas comme L'aurore et le Lys, mais plutôt comme La missive (Ouai en clair flashback de style Gaiden et non Burial on a compris. Mais tu vas la fermer oui !).

Bonne lecture.

PS : Ce poste fait 10 pages words écrit en Time New Roman 12, histoire que vous voyez quand même la lecture. Ca donne l'équivalent de 18 pages d'un livre de format Eragon.

Chapitre 15 : Dispute, fugue ; réconciliation (partie 1)

Ils étaient repartis à l'aube du lendemain. La jeune fille s'était réveillée bien avant tout le monde et s'était préparée en même temps que le levé du soleil. Si bien que lorsqu'il atteignit de toute sa splendeur, la totalité de l'horizon, la jeune fille était déjà coiffée, habillée, prêté à entamer une nouvelle journée, et une autre façon de se faire voir et de voir les garçons.

Elle sortit de l'auberge doucement, prenant son temps quand à son éveil personnel. Les maisons enchâssées les unes sur les autres, ne laissaient entre elles que de petites avenues très étroites, où sortait une vapeur douce, preuve qu'il y avait eu de l'humidité dans l'air malgré le petit soleil.

L'ombre des maisons ne permettait pas au soleil de faire passer la chaleur, et c'est en prenant son châle gris, reconnaissante par celui-ci, qu'elle sortit de l'auberge, panier d'osier en main. Elle marcha doucement, dans un rythme régulier et doux, ses pas silencieux et semblaient frôler la terre cendrée dans une grâce et une élégance quasi perceptible. Sa robe légère de coton voletait par les petites brises matinales et la jeune fille se surprit à humer l'air, les arômes doux des herbes et de l'humidité matinale, gardant précieusement une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

Ceux-ci, blanc comme de la neige, voletait élégamment dans une danse souple et légère, lissant ceux-ci par une brosse invisible que formaient les sylphides. La jeune fille ferma alors les yeux, ouvrant ses sens à la beauté du monde qui s'éveillait doucement autour d'elle.

Au milieu de la route déserte, elle se mit d'abord à arpenter de son ouï les différents murmures du vent, ses gémissements contre les embouchures, ses impacts frissonnants contre le béton et le bois des habitats, ses langues chaleureuses qui chatouillait son cou et ses cheveux. Puis elle entendit des battements légers et rapides, suivis d'une mélodie magnifique et volatile. Les oiseaux sortaient de leurs nids aussi et battaient frénétiquement de leurs puissants muscles, l'horizon, venant accompagné le merveilleux avènement de la victoire de la lumière sur l'obscurité.

Leurs chants s'élevaient comme une prière de reconnaissance et la jeune fille ne put s'empêcher d'ouvrir les yeux et de contempler ses vols majestueux et mystérieux qui parcouraient l'horizon dans des mouvements fluides et courbés. Elle suivit son chemin distraite, absorbée dans la contemplation de la lumière qui se reflétait sur leurs plumes tantôt marrons, tantôt oranges, tantôt vertes, tantôt jaunes…

Elle arriva sur la place du marché et sans s'en rendre compte, rapprocha son esprit aux bruits qui l'entouraient, comme ci avant même d'avoir eu conscience de son entourage, les cris des vendeurs, les agitations, les sacs, les bousculades, les conversations, les rires et les charmes d'un marché réveillé, ne l'avaient en aucun cas atteint. Elle resta quelques secondes pétrifiée devant cette place, dans laquelle elle s'était retrouvée face à tous puis une seconde plus tard dans la chambre qu'elle partageait avec Sanzo.

La statue, étant sensé représenter la première Yakumo, la déesse, se tenait toujours au centre, droite, écartant doucement et chaleureusement ses bras dans un sourire maternel et bienveillant. Elle était toujours nappée d'une tunique blanche, qui lui couvrait la poitrine et descendait en un long voile pudique jusqu'au sol, malgré le fait que la statue soit surélevée par un piédestal. D'une blancheur de marbre, le soleil illuminait la couronne qu'elle portait : c'était une sorte de tiare qui descendait sur le front en un triangle équilatéral, et qui soutenait des chenailles qui entouraient sa chevelure ondoyante. On disait que les descendantes de la Grande Prophétesse possédaient toutes les cheveux d'un blanc immaculé et les yeux de la même couleur. Certains disaient que c'était parce qu'elle était née de l'aura de la Terre et de la Lune, à la différence du Seiten Taisen Son Goku, qui était née de l'aura de la Terre.

Un homme d'un âge avancé intercepta la jeune fille, rompant alors ses pensées :

Homme : Ola Grande Prophétesse, vous avez bien dormi ?

Yakumo : B…Bonjour.

Homme : Vous cherchez quelque chose Yakumo-sama ?

Yakumo, gênée : Pas vraiment, je pense que nous allons partir alors je suis venue faire des courses pour mes amis…

Homme : Ah mais vous ne comptez pas payer quoi que se soit j'espère ?

Yakumo : Mais je…

Homme : Pas de mais Yakumo-sama ! Vous êtes la représentante de Kanzeon Bosatsu, laissez nous témoigner notre joie de vous avoir reçu en ces lieux.

Il s'inclina et partit vers des stands de nourriture où il parla à trois femmes toutes plus ou moins jeunes. Elles acquiescèrent dans la joie et partirent dans une ruelle arrière, hors de la vue de la jeune fille. Lorsqu'elles revinrent, elles portaient toutes deux sacs remplies à raz bord de nourriture et de produits. Elles vinrent vers Yakumo :

Femme 1 : Bonjour Grande Prophétesse, pardonnez nous du peu que nous disposons mais acceptez ceci en gage de notre reconnaissance éternelle.

Yakumo : Mais je…

Femme 2 : Vous allez être trop chargé, pouvez vous nous indiquer où nous devons les mettre ?

Yakumo : Je vous en prie…

Femme 3 : Onegai Grande Prophétesse.

Yakumo s'arrêta de tenter de contredire leurs actes et regarda cette dernière qui semblait la plus âgée des trois.

Femme 3 : Je suis une vieille femme, de toute ma vie j'ai attendu ce jour tant désiré par mon peuple. Nous avons espéré votre retour depuis tellement d'année. Ceci n'est rien en comparaison à l'espoir que nous entretenions de vous…

Yakumo : Vous ne comprenez pas. Peut être suis-je la Grade Prophétesse, choisie des mains de la Grande Kwannon, mais je n'ai aucun pouvoir ni même droit sur les autres. Je ne peux rien faire pour vous à part vous conseiller des remèdes et des plantes. Je suis désolée, je crois que la déesse s'est trompée, parce que je n'ai aucun pouvoir, aucun moyen de combattre, aucun moyen de faire ce que vous désirez…

Femme 3 : Yakumo-sama, savez vous ce que nous attendons vraiment de vous ?

Yakumo : Chasser les Yokaïs ?

Femme 3 secouant la tête en fermant les yeux : Point du tout. Vous êtes la représentante de Kanzeon Bosatsu. Vous incarnez sa présence parmi nous, l'espoir et la bienveillance. Vous êtes celle qui guide, non pas qui combat et qui pourfend. Les pouvoirs que vous possédez sont bien plus puissants que n'importe quelles armes ou techniques, parce qu'ils ne peuvent vous être ôtés. C'est cela qu'est votre force Yakumo-sama, je le sais, nous le savons tous. Vous êtes la bonne, il n'y a pas d'erreur quand au choix de Kanzeon Bosatsu-sama. Votre mission est bien de guider ces jeunes hommes à l'ouest non ?

Yakumo émue : Oui.

Femme 3 : Alors allez y. Laissez nous vous aider car, en dépit de l'espoir que vous incarnez pour nos misérables existences, vous avez apporté beaucoup à cette ville en venant ici. Bien plus que vous ne le croyez. Maintenant, en route pour l'hôtel d'Ayako, si j'ai bien compris, vos amis dorment encore là bas.

Puis, les trois femmes accompagnées de Yakumo se dirigèrent vers l'hôtel en question. Durant le chemin, la plus jeune posa des questions concernant les plantes pour soigner à Yakumo qui s'empressa d'y répondre pour son plus grand plaisir.

Les fleurs ayant toujours été une grande passion chez elle, elle a donc prit plaisir à les étudier, les regarder grandir, les utiliser, admirer leurs beautés, leurs simplicités.

La félicité avec laquelle elle expliqua les principes fondamentaux de la Phytothérapie rappela à Yakumo combien elle avait négligé certains devoir qu'elle avait envers le groupe et envers elle-même. Sa passion pour les plantes avait été mise de côté, et sans qu'elle s'en aperçoive, cela lui manquait. Elles arrivèrent à l'hôtel tandis que Yakumo terminait son récit sur les plantes à cicatrice :

Yakumo : C'est pourquoi mieux vaut utiliser la lavande quand la blessure est refermée et pour la cicatrice.

Femme 1 : Je comprends…

Yakumo : En attendant, je peux te conseiller la camomille pour tes cheveux si tu veux. L'essence de camomille est très utilisée pour la douceur et l'odeur de camomille est excellente.

Femme 2 : Et bien merci beaucoup Yakumo-sama, votre enseignement nous a beaucoup apporté.

Yakumo : Ce n'était que de simple conseil.

Elles entrèrent et déposèrent les sacs dans un coin où les affaires (et autres dons accessoirement donnés par les habitants pour Sanzo et Yakumo) de Yakumo avaient été mises. Cette dernière remercia chaleureusement les 3 femmes qui s'en allèrent, la troisième hochant de la tête comme pour assurer une question muette de la jeune fille.

Celle-ci regarda tous les paquets et, satisfaite, demanda à Ayako s'il était possible d'utiliser la cuisine. Bien sûr, elle savait qu'Hakkai savait cuisiner, mais elle désirait qu'il se repose, aussi enfila-t-elle un tablier, puis entama une longue série de travaux, allant aux découpages des algues jusqu'à la préparation du poisson, en passant par la cuisson du riz et la préparation des diverses sauces. Elle était dans son environnement et les différents plats, artefacts et ustensiles que proposait la cuisine d'Ayako lui permettait d'aller au devant de ses capacités et de tout mettre en œuvre pour leur préparer un petit déjeuner digne d'elle, chose qu'elle aurait dû faire depuis longtemps.

Se souvenant de la gourmandise intensive de Goku, elle se permit alors de rajouter un peu plus de plats, ajoutant des rouleaux de printemps et des Ninkumans à son menu. Elle s'oeuvrait avec tact, un léger sourire harmonisant son pâle visage épanoui. Elle était heureuse et préparait la table avide et curieuse de découvrir la réaction de ses protecteurs. Elle savait déjà que Goku serait heureux, lui dont la nourriture porte une place de religion. Hakkai serait ravi de cette corvée en moins et Gojô apprécierait peut être sa nourriture. Quand à Sanzo…

Ses pensées vaguèrent vers le moine, qu'elle pensait encore endormi. A son réveil, celui-ci était accoudé au fauteuil et lui avait laissé le lit double sans commenter ni même se plaindre. Et puis, les premiers rayons du soleil venaient de traverser la vitre, dont les rideaux n'étaient pas tirés, et Yakumo avait pu prendre plaisir à contempler le visage serein, ses lèvres épanouies, ses traits assoupis, fins et élégants, ses paupières légères et ces joues douces. Elle avait pu prendre plaisir à observer les premiers rayons entourer son visage d'une auréole de couleurs chatoyantes, couleurs reflétées par le blond de ses cheveux. En regardant ce visage apaisant, les scintillements de ses pointes blondes, cette peau pâle qui devenait pêche à la clarté du soleil, la jeune fille eut un pincement de cœur, comme ci cette image ne lui était pas inconnue. Détournant alors les yeux, elle ferma les rideaux afin de le laisser dormir et le couvrit d'une couverture légère, histoire que la fraîcheur du matin ne lui fasse pas tomber malade. Puis elle était partie prendre sa douche.

Elle avait finit de mettre la table lorsque des pas se firent entendre au niveau des escaliers de bois, qui craquelaient sous le poids de plusieurs personnes. Attirés par l'odeur agréable, Goku s'était réveillé et avec lui, tout le groupe, dont la plupart était déjà réveillé depuis peu.

Le ventre vide, ils se laissaient tentés par cette odeur exquis qui narguait leurs estomacs et titillait leurs narines.

L'esprit tranquille, elle les accueillit avec un chaleureux sourire, les pommettes légèrement relevées, un visage frais et épanoui :

Yakumo: Ohayo Mina!

Hakkai, s'inclinant : Ohayo Yakumo-sama. Je suis désolé, j'aurai dû me lever plus tôt pour t'aider à préparer le petit déjeuner…

Yakumo : D'abord c'est Yakumo-chan, ensuite ce n'est rien tu avais le droit comme tout le monde de te reposer. Et puis j'ai bien dormi et je trouvai que je n'avais pas encore fais quoi que se soit pour tout le monde. Tu t'occupes déjà bien assez de Hakuryu et des autres, occupes toi un peu plus de toi maintenant que je suis là.

Hakkai, sourire aux lèvres : Hi.

Goku : Ouah ! Ca a l'air super bon ! C'est quand qu'on passe à table ?

Gojô : Quand on est poli on dit d'abord bonjour ensuite on va à table ! J'te jure, excuses le Yakumo-chan, quand il a faim, la nourriture passe avant tout, même la raison et la politesse. Comment vas-tu ? Pas trop brusquée par ces brutes ?

La jeune fille était un peu surprise et gênée. Elle leur avait demandé hier de l'aide, les suppliant même, et aujourd'hui c'était comme si elle n'avait rien demandé, comme s'ils avaient agis naturellement. Elle en était heureuse bien sûr.

Sanzo fut le dernier à descendre, il semblait visiblement mécontent et fatigué. Mais la jeune fille ne se laissa pas impressionné par l'expression antipathique du moine et, avec un accord silencieux d'Hakkai, elle s'approcha doucement de lui, mains croisées derrière le dos, timide :

Yakumo : Ohayo Sanzo-sama. Je t'ai préparé le petit déjeuner.

Il regarda la jeune fille d'un air absent, puis quelques minutes plus tard, il grogna et marmonna des paroles que personne sauf Hakkai ne comprit :

Hakkai : Ca veut dire bonjour et merci beaucoup Yakumo-chan.

Gojô : Je me demande si ça veut vraiment dire tout ça…

Hakkai : Ahah…

Ils s'installèrent et dégustèrent ensemble le premier vrai repas depuis que Yakumo s'est jointe au groupe. Elle était plutôt à l'aise. Entre Goku et Hakkai, elle avait en face d'elle Gojô et Sanzo. Ce dernier sirotait un thé vert tout en fumant une clope. Gojô fit de même et bientôt ils se retrouvèrent deux à fumée, savourant un repas.

Et bien entendu, Gojô et Goku, qui avait été placé l'un en face de l'autre, ne purent s'empêcher de désirer le dernier rouleau de printemps :

Goku : Lâches le c'est moi qui l'ai vu en premier !

Gojô : Ya pas marqué ton nom dessus alors fou moi la paix baka saru !

Goku : Me traite pas de baka saru espèce de kappa pervers !

Gojô : Nani ? Je rêve là ! Tu as mangé plus de Ninkumans que moi alors tu peux au moins me le laisser ! Teme…

Goku : Je suis plus jeune et j'ai besoin de plus de force ! En plus les rouleaux de printemps de Yakumo sont les meilleurs alors laisses le moi !

Ils continuèrent à se disputer jusqu'à ce que le cliquetis du chargement de l'arme de Sanzo fasse son effet et ne réduise les deux garçons au silence le plus total sous peine de mort instantanée et sans souffrance.

Puis, Gojô engloutit le rouleau de printemps sous le regard chagriné de Goku. On avait l'impression qu'il allait pleuré tellement il était triste. Alors, Yakumo le regarda tendrement et lui sourit tout en lui tendant son rouleau de printemps :

Yakumo : Tiens prend le mien, je n'ai plus faim…

Goku : Ontoni ? Wha t'est génial Yakumo-chan, j't'adore !

Gojô : Tch, on voit qu'elle a comprit comment amadouer le saru…

Goku : J'suis pas un saru, et d'abord tu dis ça parce que t'es jaloux !

Gojô, rougissant : Qu…que ? Non mais de quoi tu causes encore ?

Goku, engloutissant joyeusement son rouleau de printemps : Tu es jaloux parce que Yakumo m'a donné son rouleau de printemps à moi et pas à toi !

Sanzo : Uruse…

La voix corrosive du moine l'emporta sur la manche et Gojô en fut réduit à garder ses protestations pour son larynx et personne d'autre.

Puis il se leva brusquement et incendia l'assemblée de son regard :

Sanzo : On part dans une heure. Yakumo et Hakkai, vous êtes déjà prêt alors vous chargerez la Jeep pendant qu'on se prépare. Pas de protestation et Goku, pas de plainte sur la faim ou quoi que se soit, sinon je te bute !

Puis il partit le premier vers les escaliers, suivi de prêt par un Goku énergique et un Gojô blasé mais, de toute évidence, habitué à ce genre de situation.

Hakkai se tourna alors vers Yakumo et lui sourit d'un sourire honnête :

Hakkai : Navré que ça tombe sur toi aussi, je vais charger la Jeep.

Yakumo secouant la tête avec un sourire : Ce n'est rien Hakkai-sama, je t'assure, je suis peut être inutile au combat, mais j'ai de la force et je sais chargée une voiture. Alors s'il vous plait, ne m'enlevez pas le peu de corvée que je puisse faire pour vous aider. Je me sentirai inutile sinon…

Hakkai la regarda légèrement surpris, puis sourit à son tour et la rassura :

Hakkai : Je suis désolé pour l'abstraite distance que j'ai témoigné depuis ton arrivé. Je ne me sentais pas encore habitué à ta présence. Gomene.

Il s'inclina légèrement, signe qu'il était vraiment honnête. Yakumo prit quelques rougeurs sur les joues et détourna son regard pour éviter d'être encore plus gênée. Ce genre de situation commençait à être un peu trop régulier, et Yakumo aurait donné n'importe quoi pour pouvoir se transformer en une petite souris et se cacher dans un coin.

Mais elle n'en fit rien, faute de pouvoir, et ne put que répondre un léger « ah », suivi par un « ce n'est rien ».

Hakkai se releva et comprit l'embarras de la jeune fille. Puis ils chargèrent ensemble la Jeep pour aider ensuite à débarrasser la table et faire la vaisselle. Hakkai se montrait d'une compagnie forte intéressante. Avisé, souriant, généreux, il n'hésitait pas à donner des conseils sur la cuisine et l'efficacité de certains plats, surtout quand on doit voyager. Yakumo elle était une bonne élève et écoutait sagement, posant de bonnes questions quand il le fallait.

Elle appréciait la façon dont Hakkai se comportait, et se disait en elle-même qu'elle avait failli rater ce genre d'évènement si elle était restée seule dans son coin.

Puis, Gojô fut le premier à descendre, suivi par Sanzo et Goku, portant tous leurs maigres affaires.

Ils prirent la Jeep peu de temps après et furent salués par la foule en partant. Tous s'étaient attroupés devant les portes de la ville et ils s'inclinèrent en voyage la Jeep arriver et passer. Yakumo entendit des « Bonne chance » et des « Soyez prudent » et, émue, elle ne put s'empêcher de sourire à ces personnes qu'elle ne connaissait pourtant ni d'Eve ni d'Adam.

Ils étaient maintenant partis depuis des heures et aucun village ne s'annonçait. D'après Hakkai, le prochain village était à deux jours de voiture de là où ils étaient, et ils pourraient se reposer dans un cabanon destiné aux voyageurs, se trouvant à une bonne centaine de kilomètres voire plus. Ils en avaient pour la bonne moitié de la journée.

Alors, Goku s'était couché sur les genoux de Yakumo et dormait profondément, bercé par les staccato réguliers de la Jeep et cajolé par les caresses douces de la jeune fille. Elle le regardait tendrement. Goku avait été le premier à l'avoir acceptée dans le groupe et il ne semblait pas émettre de jugement précis quand à sa façon d'être ou de penser. Il ne possédait comme ambition que celle de vivre et semblait dépourvu de toutes malices et de toutes malhonnêtetés. Un garçon étrange mais qui pourtant émettait l'aura de la pureté et de l'innocence, une aura similaire à celle de Yakumo.

Et il était bouillonnant d'énergie et vraiment attendrissant. Dans les yeux de Yakumo, tout comme dans son corps, elle avait déjà adopté le petit Goku comme un ami, voire même comme un petit frère ou peut être comme un fils.

Son regard se détourna alors vers le paysage et ses pensées vaquèrent à des motifs plus vagues, plus abstraits.

Gojô lui aussi avait cédé ses réflexions à l'océan de bleu et de blanc qu'était le ciel. Il n'avait pas vraiment fait un quelconque rapprochement avec la fille et hésitait toujours à le faire. Hakkai l'avait fait lui, il avait mis de côté ses propres ressentiments et en une matinée, il avait adopté la jeune fille sans trop de difficulté. Il fallait dire aussi, Yakumo n'était pas une fille difficile et complexe. Simple, sentimentale, un peu naïve sur les bords, que l'innocence et la pureté rendaient sublime, elle était tout le contraire de ce que Gojô recherchait chez les femmes. Bien qu'elle ait un corps de rêve, un sourire chaleureux et une attirance mystificatrice, l'attraction que Gojô ressentait vis-à-vis de cette jeune fille n'était en rien comparable à celle qu'il avait éprouvé pour d'autre. Il se le redit encore, ce n'était pas de l'amour, c'était autre chose, à la fois existentiel et nécessaire, mais il ne trouvait toujours pas. Et ses pensées s'obscurcissaient en même temps que le ciel se teintait de cumulus grisâtre voire même noirâtre pour certain.

La tension se fit palpable et les muscles se crispèrent doucement, petit à petit au fur et à mesure que l'électricité statique de l'air s'activait.

Hakkai, brisant le silence devenu lourd avec le temps : Je crois qu'il va y avoir de l'orage…

Gojô : On est encore loin de la maison ?

Hakkai : Hélas oui, mais si on continu à rouler comme ça, on a peut être une chance d'y arriver en même temps que les premières gouttes.

Sanzo : Alors pas d'arrêt, nous mangerons en voiture.

Il avait prononcé cela d'une voix calme et autoritaire, si bien que personne n'osa le contester, en dépit du pauvre Hakuryu qui sentait que cette journée allait être bien difficile.

Ils continuèrent leur route, la tempête les talonnant de prêt et ils ne mangèrent que légèrement en cours de route. Gojô avait relayé Hakkai pour qu'il puisse manger et celui-ci avait entamé une petite conversation avec Yakumo sur ce qui la passionnait.

Yakumo : Et bien, j'aime bien les plantes.

Hakkai : Les plantes ?

Yakumo, caressant les cheveux de Goku qui s'était rendormi après son repas léger et les menaces de Sanzo pour qu'il se taise face à l'insuffisance : Oui, principalement les fleurs.

Hakkai : Tu en cultivais chez Oba Chan non ?

Yakumo : Oui, elle m'avait laissé l'atelier de derrière le jardin pour que je puisse fabriquer mes remèdes. J'ai toujours aimé être en contact avec les plantes.

Hakkai : Je crois aussi que tu as des capacités de guérisseuse non ?

Yakumo : Là où je vivais, j'ai appris l'art des plantes et des soins c'est vrai. Cependant ma mémoire est courte et je n'ai que quelques brides de souvenir.

Gojô au volant : Tu as perdu la mémoire ?

Yakumo : Oui, je ne me souviens de pas grand-chose. En fait avant mes 9 ans je ne me souviens de rien, puis après ça vient doucement. Mais je ne saurais dire ce que j'étais et où j'étais avant.

Gojô : Tu as quel âge Yakumo-chan ?

La jeune fille était visiblement surprise de cette attention particulière que lui portait Gojô. Au départ elle ne comprenait pas pourquoi, mais un regard sur Hakkai lui fit comprendre que Gojô avait été dans la même situation que lui. Il avait dû mettre un certain temps avant d'accorder sa confiance à la jeune fille et de l'accepter dans le groupe à part entière. Ce n'est pas qu'elle n'avait pas le droit, mais les habitudes les avaient contraints à certains faits, et celui qu'une femme s'introduise comme ça devait être accepté avec le temps. Seul Sanzo semblait impassible sur ce détail et eut été bien intelligent celui qui aurait pu deviner ses pensées à ce sujet.

La jeune fille reprit de l'assurance :

Yakumo : J'ai 19 ans. J'aurai 20 ans le 26 Octobre normalement.

Gojô : Pourquoi normalement ?

Yakumo : Parce que je ne me souviens pas de ma date de naissance. Je sais simplement que les gens avec qui je vivais fêtaient mon anniversaire un 26 Octobre, alors j'en ai conclu que c'était mon anniversaire. Mais en y repensant, cette date correspondait exactement à celle quand on m'a trouvé…

Hakkai : Tu penses donc qu'ils fêtaient ta venue ?

Yakumo l'air inquiète : C'est possible, alors ça veut dire que je ne sais pas…

Gojô : C'est pas grave, on le fêtera le 26 Octobre comme tout les autres.

Hakkai acquiesça et reprit le volant. La tempête les suivait toujours mais ils n'étaient plus très loin du cabanon. Et lorsqu'ils furent en vue de celui-ci, les nuages les avaient rattrapés et le vent s'était mis à souffler violemment.

Un éclair frappa au dessus de leur tête et la pluie commença à dégringoler, couverte par les bruits du tonnerre qui gronda férocement, ébranlant les arbres et le sol.

Un vacarme assourdissant prit place alors, et les arbres gémissaient, leurs branches ployaient sous la colère du ciel, les arbrisseaux se tordaient, cassaient, volaient en éclat face à la puissance de la foudre et ses feuilles peu attachées, se mirent à chanceler par delà les troncs, entamant une danse étrange et mystique, dans laquelle elle ne touchaient pratiquement pas le sol, tant le vent les fouettait de son martinet impitoyable.

Le groupe arriva quelques minutes plus tard vers le cabanon et s'y réfugièrent précipitamment, prenant le maximum qu'ils pouvaient dans leurs bras et refaisant des retours si nécessaire.

Lorsqu'ils furent enfin tous rassemblés, eux et les affaires, ils allumèrent la lumière et prirent connaissance des lieux : c'était un chalet charmant, construit en un bois solide, qui contenait trois chambres, une salle d'eau et une grande cuisine qui faisait aussi office de salon et d'entrée.

Hakkai et Yakumo chargèrent les sacs de nourriture vers la cuisine pendant que les autres rassemblaient les maigres affaires contre le coin d'un mur, histoire de ne gêner personne.

Lorsqu'ils se répartirent les chambres, Hakkai prit soin de mettre Sanzo à l'écart et seul dans l'une d'elle et de satisfaire le petit Goku qui mourrait d'envie de dormir dans celle de Yakumo. Gojô lui comprenait ce choix et ne prononça mot.

Hakkai : Sanzo, pendant combien de temps penses tu que nous resterons ici ?

Sanzo, d'un ton froid : Quand la tempête aura cessé.

Yakumo, regard étrange dirigé vers la fenêtre : elle va durer pendant quelques jours j'ai bien peur. Ce n'est pas une tempête normale et à moins de trouver la raison de cette tempête, je doute fort que nous puissions sortir avant tout au plus deux à trois jours.

Gojô regardant Yakumo étrangement : Comment tu le sais toi ?

Yakumo : Ce n'est pas des choses qui se savent, ce sont des choses qui se sentent. La nature autour de nous est bien trop calme et tous s'étaient préparés à cette tempête.

N'ayant rien de plus à ajouter, le bonze monta le premier vers l'étage où était sa chambre. Ses pas lourds se firent entendre encore quelques secondes, puis le bruit s'étouffa sous un nouveau coup de tonnerre.

Yakumo ne comprenait pas le changement brutal du comportement de Sanzo. Il y avait une telle tension sur ses épaules, une telle aversion envers les autres, une telle haine envers quelque chose, que toutes ondes qui émanaient de lui étaient forcément de nature mauvaise.

Sa présence empoisonnait l'air d'une lourdeur et d'une oppression indescriptible et chacun de ses soupirs d'expirations étaient une flèche planter dans le cœur de la jeune fille égarée. Voyant sa mine rabattue et inquiète, Goku lui tira légèrement la manche, sourire rassurant aux lèvres :

Goku : Ne t'en fais pas Yakumo-chan. Il est toujours comme ça quand il y a de la pluie.

Yakumo : Vraiment ? Ce n'est pas dur à vivre ?

Gojô : Pff, son excellence est bien trop personnelle pour se confier à nous, alors il se cloître dans son terrier pendant des journées entières s'il le faut et fume de cigarette en cigarette jusqu'à ce que la pluie cesse.

Hakkai : Ce qui m'inquiète c'est qu'il ne mange jamais quand c'est comme ça. Et si cette pluie s'éternise, il risque de tomber malade.

Yakumo : Il n'est pas totalement guéri de sa fièvre. Il reste encore des traces, cela se remarqua dans ses gestes un peu lents et dans les cernes qu'il a encore sous les yeux. Il doit se reposer, je pense que ce temps va nous permettre de dormir.

Hakkai : Si seulement tu avais raison Yakumo…

Yakumo, inquiète : Qu'est ce que tu veux dire ?

Il ne rajouta rien et la regarda d'un regard compatissant et se retourna vers l'escalier avec Gojô :

Hakkai : Je suis fatigué. Je pense que l'on peut se coucher, je ne sens aucune aura maléfique dans les environs et de toutes façons, avec ce temps il n'y a pas un chat dehors. Bonne nuit Yakumo-chan.

Gojô : Un dernier conseil, même si je sais que tu vas pas le suivre, évites de t'approcher de Sanzo pendant qu'il pleut. Il est exécrable et il peut faire des choses qu'il regrettera plus tard. C'est déjà difficile à vivre alors évites de le rendre plus mauvais qu'il ne l'est...

Puis ils montèrent dans la chambre et comme Sanzo, s'effacèrent doucement par le silence. Il ne restait que Yakumo et Goku ravi.

La jeune fille perplexe se tourna vers le garçon aux yeux dorés et lui demanda gentiment :

Yakumo : Goku, qu'a-t-il voulu dire s'il te plait ?

Goku : Ne t'inquiète pas, on a l'habitude. Sanzo ne dort pas quand il pleut, sinon il fait d'horribles cauchemars. Tu sais on a souvent dû dormir dans la même pièce au temple, et quand il y a de la pluie et qu'il s'endort, il me réveillait par ses cris et ses gémissements de peine. Ca me fait un peu mal en y pensant, parce que je ne sais pas pourquoi il a cette maladie, mais…j'espère qu'il trouvera un jour un remède hein Yakumo ?

Il lui souriait. Il avait conscience que l'être qu'il chérissait le plus au monde souffrait certainement dans sa propre faiblesse, et pourtant il dissimulait parfaitement cette douleur par ses sourires attendrissants. La jeune fille resta de marbre devant ce sourire, puis elle s'avança doucement et prit tendrement Goku dans ses bras. Celui-ci d'abord surpris, voulut demander à Yakumo ce qu'elle faisait, mais il se laissa finalement faire, bercé de nouveau par une douce odeur de fleur qu'il ne connaissait pas, et par la chaleur qui l'enveloppait. Il avait déjà ressenti ce genre de chose, son corps s'en souvenait. Les courbes des bras qui serraient nécessairement son dos, cette chaleur qui se dégageait d'une peau de neige, son front chaud sur cette surface lisse et froide, ce parfum secrété par les tissus membraneux, cette respiration lente et douce, caresse de l'expiration sur des narines. Une présence ancienne, manquante, comme un vide que l'on découvre, qui a pourtant été en nous, et qui vient de ce combler par cette seule situation. Goku sentait que si quelque chose manquait à cette scène, une odeur, une forme, une courbe précise, il n'aurait pu ressentir ce bonheur soudain et ce bien de tendresse.

Yakumo l'enlaça doucement puis s'exprima d'une voix douce et limpide :

Yakumo : Mon petit Goku, ne me ment pas s'il te plait. Cela te blesse-t-il de le savoir comme ça ? As-tu mal au cœur Goku de t'inquiéter pour lui ?

Goku ne savait plus trop où il était et ce qu'il faisait là. Il sommeillait entre un demi état, à la fois conscient et endormi, entre le sommeil et la veille. La jeune fille brisa l'enchantement en forçant le garçon à la regarder dans les yeux. Elle n'avait aucune conscience de l'emprise qu'elle avait sur le garçon et, s'inquiétant de son silence, elle avait voulu vérifier sa présence.

Ses pupilles étaient dilatées et sa respiration régulière.

Elle sourit doucement en comprenant qu'il venait de s'endormir debout et retint un rire communicatif de la situation amusante.

Elle déposa Goku sur le canapé et, vérifiant de l'absence de tous, sortit un rouleau d'un de son sac ainsi qu'une palette en bois et des tubes de différentes couleurs.

Elle posa la toile sur un morceau de bois qu'elle avait monté auparavant et prit place sur une chaise sans faire de bruit.

Observant la toile minutieusement, elle entra comme dans une sorte de transe, laissant son esprit dirigé entièrement ses membres. Elle les vit se soulever, prendre plusieurs couleurs, les répandre sur la palette, et assembla des mélanges de formes, de teintes, de textures, poussant toujours plus loin à transparaître ces images qu'elle possédait sur quelque chose de réel, comme si cela était une nécessité, un besoin fondamental.

Elle laissa son poignet décrire des courbes, ses doigts danser sur la toile, sans jamais hésiter, sans jamais trembler, sans jamais s'arrêter pour vérifier un détail. Elle n'était qu'une machine à reproduire les images, une machine bien cordonnée, ou chaque mouvement, chaque soupir, chaque trait, chaque clignement de paupière, chaque détournement des yeux, étaient calculés dans une minutie parfaite.

Au bout d'une heure qui lui semblait être une éternité, la jeune fille sentit ses bras se poser en même temps que le pinceau. Elle ferma les yeux, admirant l'image qui hantait son esprit et les rouvrit, pour faire face à l'image identique recopiée sur la toile. Elle était comme dans ses souvenirs.

Une pièce froide, sombre, teintée de bleu foncé, de noir, de gris, de traits froids et irréguliers, des traits angoissants, des traits qui caractérisaient l'inquiétude des lieux. Puis, au centre encore une fois, dans le fond de cette sombre salle, une fenêtre ouverte, laissant l'aura d'une Lune scintillante éclairé le corps pâle d'un garçon. Il se tenait debout à la balustrade, contemplant la lune sans faire attention à celle qui le regardait, ignorant certainement tout d'elle ou de sa présence. Il se tenait légèrement penché sur la rambarde, le dos voûté, et ses cheveux, blonds, s'auréolaient d'une lumière étrange, tamisé par celle de la lune et pourtant plus clair qu'elle, plus lumineux qu'elle.

La peinture était étrange, alors que tous semblaient croire que l'enfant au centre était porteur d'espoir, celui qui regardait avait la sensation de l'ignorance, de l'indifférence.

Le garçon se tenait de dos, comme un mur à sa conscience de l'autre et ne semblait avoir d'admiration que pour la Lune. Les ombres engouffraient la totalité des bords, comme ci l'obscurité était plus proche de l'observateur que le garçon. La jeune fille regarda la toile, une pointe de peur dans son regard.

Elle avait fait un rêve une fois : elle était dans cette pièce, apeurée, lourde, fatiguée, lente, oppressée par des ombres invisibles. Et il y avait ce garçon, toujours le même, blond, frêle et chétif, portant une tunique courte qui lui arrivait aux genoux. Il était toujours au centre. Et dans ses rêves, il était de dos, dissimulant son visage.

Ils ne laissaient à Yakumo que l'envie et le désir de découvrir, mais à chaque fois qu'elle tendait la main, à chaque fois que ses doigts frôlaient la chevelure d'un blond lumineux, l'image disparaissait, et la jeune fille tombait dans un gouffre interminable, où elle se réveillait ensuite, angoissée et suante de peur.

Depuis qu'elle était petite, ses rêves la hantaient et au fur et à mesure, elle en avait conclu que le garçon de ses rêves la détestait tout simplement.

Alors elle ferma les yeux, laissa tomber une larme, une seule, unique chose, assemblage de molécules sans émotions ni expressions particulières pourtant le symbole d'une immense tristesse refoulée inconsciemment.

La jeune fille avait elle seulement conscience de la raison d'être de cette unicité ?

« Je ne pense pas…et toi Nataku ? Penses tu que au fond d'elle-même, Yakumo verse ces larmes pour épanouir son chagrin doucement dans les flots de la vie qu'elle mène ?...Je me demande quand tu pourras toi aussi verser une larme. Sera-t-elle porteuse d'un message comme Yakumo ? Ou simplement la preuve que finalement tu vis…

Tu sais Nataku, tu sais parfaitement pourquoi il y a tant de chose que je pourrais faire, et que malgré mes pouvoirs je laisse la situation s'envenimer. Déjà ça retirerait le fun de l'histoire, et puis, le temps est le plus grand des remèdes qui puisse exister. Il rassemblera les cœurs meurtries, et sera guidé celui qui guide, comme chaque chose se retrouve envenimer dans ce qu'elles sont sensés être et faire. »

La déesse laissa le silence s'installa tout en scrutant pensive la surface ondoyante de l'étang, regardant la jeune fille s'affairer au repas…

Un sourire s'épanouit sur son visage sublime et la déesse prit un air malicieux, traduisant d'une impatiente évidence, un futur qui promettait divertissant :

« Les choses vont enfin devenir un peu plus amusantes… »