Stef : Et bah dit donc, ça fait plaisir ce genre de surpris. Surtout ne t'excuse pas, ce genre de commentaire est bienvenue. Quand à tes préférences, moi je n'aime pas trop les fics Yaoi ou autre, je préfère rester dans le réalisme et respecter au maximum ce que je sais des personnages. En tout cas, je suis contente de voir que tu suis ma fiction et je suis navrée du temps qu'il m'a fallut pour poster ce petit chapitre, nécessaire.
Mais j'ai une bonne explication ! Simple : je passe mon bac . Alors bon, c'est assez difficile de garder du temps pour soi et de pouvoir écrire et poursuivre ses passions.
En attendant bonne lecture.
PS : Ce chapitre n'est pas aussi anodin et vous ne comprendrez le sens du titre qu'à la fin. Je précise, pour ceux qui ne comprendraient pas, que ce chapitre se situe 500 ans avant, donc comme les premiers chapitres, avec Konzen Doji et les autres, dans le royaume céleste.
Chapitre 16 : La semence
Trois jours. C'étaient le temps qui s'était écoulé depuis l'annonce officielle. Trois lunes passées à contempler les fleurs sauvages des cerisiers royaux, tomber dans une danse que le vent chantait en une symphonie secrète.
Et depuis, ni Goku, ni Tempo, ni Kenren, ni même Konzen ne savaient où était passé la jeune fille. A dire vrai, c'est peu si ce dernier s'en souciait. Il passait ses journées dans son bureau à pester sur tout ce qui bougeait et à maudire le nom de sa tante, dont l'espérance de vie venait de diminuer de façon exponentielle. A chaque tampon qu'il utilisait, chaque mouvement qu'il faisait, il imaginait une scène dramatique, où sa tante se retrouvait dans des situations des plus inimaginable et atroces, ou sa souffrance et sa douleur rendait le dieu ivre de joie et de plaisir malsain.
Et la jeune fille, étrangement avait échappée à sa conscience, alors qu'au fond même de ses souvenirs, elle en était la gérante et la gardienne. Durant ces trois journées passées, confiné à patauger dans sa colère et sa propre fureur, il n'avait cessé de penser à elle, et à la douceur du moment qu'ils avaient passé ensemble. Etrangement, le contact doux et chaud revenait en lui sans cesse, et c'est dans une autre fureur noire, qu'il chassait ces pensés. Il ne pouvait tout simplement pas se permettre de laisser cette vieille mémé revêche gagner la partie sans qu'il ait eu son mot à dire !
Trois jours, durant lesquels Goku avait passé la majeure partie de son temps avec Tempo, lisant des livres de toutes sortes et s'inquiétant pour son maître. Il avait vadrouillé entre autre dans tout le palais, rendant même visite à la Kwannon durant une de ces nombreuses séances d'observation intensive de l'étang. Elle souriait avec plus d'enthousiasme et de joie, illustrant parfaitement les évènements qui prenaient un avantage envers elle. Et ce dernier sourire, adressé d'une façon aussi mesquine et ce regard, chargé de sous entendus, de complicité et d'impatience, rendait la chose encore plus hilarante. Et Goku était reparti à la quête d'une activité, avec une légère intrigue au milieu de son front, intrigue trop complexe pour son pauvre cerveau enfantin.
Trois jours plus tard, la déesse en personne ouvrit les portes de son bureau, franchit le pallier d'un mouvement serein et assuré, puis brava le regard foudroyant de son neveu, regard qui aurait déjà pu carboniser bon nombre d'âme faible, s'il n'avait s'agit de la déesse de la miséricorde en personne.
Kanzeon : Et bien mon neveu, je t'ai connu plus…joviale.
Konzen serrant les dents : Qu'est ce que tu veux ?
Kanzeon : Je suis venue te rendre une petite visite de courtoisie et accompagnée comme tu ne l'as pas encore remarqué.
Elle s'effaça et laissa la jeune fille entrer. Elle était vêtue d'une robe de satin blanche, longue, qui lui couvrait les bras en de vastes manches ouvertes en failles, cousues entre elles par un fil d'argent. Elle portait le long voile de sa classe social, dissimulant par sa longueur et par son opacité, la totalité de son visage et de sa chevelure, descendant jusqu'aux hanches en un fin dégradé, blanc comme ses yeux et le reste de son corps. Ses mains, jointes au milieu de son ventre, étaient dissimulées par les manches et sa tête baissée, en un signe distinctif de respect et d'honneur dû à son rang. Elle resplendissait de lumière et de grandeur et Konzen se sentit immédiatement submergé par la gêne et la frustration de ne comprendre ces étranges sensations qui parcouraient son corps en cet instant.
Et il maudissait encore plus sa tante qui jouissait intérieur de voir son neveu en conflit avec lui-même, lui qui semblait tellement ennuyé à son habitude.
Il se reprit pourtant vite et dissimula la plus grande partie de sa gêne derrière ses sourcils frustrés et sa pose défensive :
Konzen : Et qu'est ce que tu viens faire avec ?
Kanzeon, faisant semblant d'être interloquée : Allons Konzen ! Il s'agit de ta fiancé, tu devrais l'accueillir avec plus de modération !
Reprenant son sérieux : enfin, je suis venue ici pour t'annoncer que désormais sa charge t'est conviée et elle restera dans ce palais avec toi et Goku.
Konzen : Le singe t'a pas suffit, faut en plus que tu me colles une femme ! J'en ai marre de jouer les nourrices pour l'amusement de son altesse Kwannon ! C'est pas garderie ici !
Kanzeon : En attendant, je trouve que tu t'amuses bien toi aussi, tu sembles moins colérique.
Konzen : Parfait, je garde la fille ici, mais compte pas sur moi pour faire quoi que se soit de plus !
Kanzeon repartant et laissant les deux seuls : Tu devrais avoir honte de dire cela Konzen. Remarque, même si tu es un dieu, ton corps est fait de chaire et ton cœur de glace. Finalement, je ne suis guère étonné de voir ce comportement de ta part. Je pensais simplement…que tu avais un peu changé…
Konzen, balançant un rouleau à la porte : Dégage vieille sorcière ! J'en ai rien à foutre de ton avis de merde ou même de tes sarcasmes !
Il n'entendit plus rien d'autre. Fulminant de rage, il avait complètement oublié la présence de la jeune fille, toujours debout, non loin du pallier de la porte.
Et la scène qu'elle avait vu, venait de balayer en une tempête puissante, les maigres espoirs qui lui restaient. Mais elle était forte. Née avec la puissance et l'honneur, elle savait se contenir. Aussi, garda-t-elle la douleur de l'humiliation et de l'indifférence, dans cette part d'elle-même complètement bouleversé et meurtrie, et attendit patiemment un ordre, un regard, un soupir, un espoir.
Il n'y en eu aucun. Le dieu se rassit et déchira quelques documents avant de mettre à terre dans un élan de colère, tout ce que contenait son bureau. Il ne sembla alors remarquer la jeune fille qu'une dizaine de minutes plus tard, après avoir tenté tant bien que mal de se calmer.
Son excès de colère ne venait pas de ce qu'il pensait : contre sa tante. C'était contre lui-même qu'il était ainsi, contre lui et son manque de tact…
Il détourna le regard et toisa la jeune fille, tête baissée, mains jointes sur le ventre, droite et timide.
Depuis son arrivé elle n'avait pas bougé.
Il soupira. Bruyamment, négligeant toute pudeur qu'il devait montrer au rang de la Grande Prophétesse. Il toisa la déesse, comme si elle n'avait été qu'un vulgaire objet, emprunt d'un ennui mortel, inutile et juste décoratif et dont le propriétaire n'était qu'un dieu colérique et incapable de voir la beauté autre part que dans son inconscience refoulée.
Goku apparut alors sur le pallier, souriant, tenant des fleurs dans sa petite main dont le poignet était entouré d'une menotte lourde et froide.
Il croisa le regard de fureur de Konzen, puis dans une insouciance innoffensive, il se tourna vers la jeune fille :
Goku : Salut, moi j'm'appelle Goku ! Et toi c'est quoi ton nom ?
Konzen, soupirant et se calmant : Goku, laisses la tranquille…
Jeune fille : Je te reconnais, tu es l'enfant qui est venu rejoindre Maître durant la cérémonie avec deux autres dieux. Goku…
Elle abaissa la tête, suffisamment pour qu'elle puisse voir sans être vu, et plongea son regard dans les traits opaques de l'enfant. Elle ne voyait pas plus que les autres, mais s'était ainsi pour préserver son pur regard de la souillure extérieur. Elle reconnut ces yeux dorés, cette chevelure folle, ces traits enfantins et si doux, cette peau de pêche, ce tonus et cette vitalité qui caractérisait si bien cet enfant, et toute la pression des récents évènements, toutes ses peurs, s'envolèrent pendant quelques secondes, évaporées par le sourire d'une aberration. Elle se souvenait de cet instant, alors qu'elle croisait le groupe qu'ils formaient, ses yeux s'arrêtant sur cet ensemble d'être hors normes, qui n'avaient de philosophie de vivre que le jour même et comme religion eux même. Elle avait croisé l'amour qu'ils vouaient pour cet enfant et l'espoir d'être un jour considérée comme tel et non comme une créature magnifique qui ne mérite aucun regard ni même sentiment, seulement de l'honneur et du respect de par une naissance qu'elle n'avait jamais désiré.
Jeune fille : Je m'appelle Yakumo no Hana. Et (ton un peu triste) je suis la future femme de ton père.
Goku : Haha, Konzen n'est pas mon père !
Konzen : Je suis son maître.
Yakumo : Pardonnez moi, je croyais…
Konzen : Qu'importe. Je suppose que tu as des affaires…
Yakumo : Tout a déjà été mis dans un des appartements de votre château Maître Konzen Doji. J'ignorais que Kanzeon Bosatsu-sama vous avait caché ce…transfert.
Goku : Yakumo-chan va habiter ici ? Youpi !!
Et le petit, de par son enthousiasme, se mit à gambader partout dans le bureau, fière d'avoir enfin un nouvel ami, en l'occurrence, une nouvelle amie.
Il s'approcha d'elle, ignorant totalement la fureur de Konzen, et lui prit la main :
Goku : Vient Yakumo-chan, je vais te montrer le jardin !
Il voulut l'emmener dehors, mais deux vieilles femmes apparurent au pallier du bureau, pour le plus grand mécontentement de Konzen :
Femme 1 : Je suis désolé Yakumo-sama, vous ne pouvez pas sortir du château.
Yakumo, ton triste : Je suis désolée Goku, j'ai des choses à faire…
Goku, yeux pleins d'espoir : Après alors ?
Yakumo, hésitante : Nous verrons. Va donc si tu désires et si ton maître te l'autorise…
Femme 2 : Yakumo-sama, vous ne devriez point traîner avec cet enfant, cela est mal pour votre luminescence et pour votre teint ! C'est une aberration tout de même.
Yakumo, tranchante : Comme moi !
Les deux femmes se turent et inclinèrent la tête honteuse. Yakumo se tourna alors vers Konzen et abaissa la tête, tout aussi coupable que les deux autres :
Yakumo : Pardonnez moi, je n'aurai point dû agir ainsi. Je ne salirai plus votre honneur.
Puis, elle se retourna, et sortit du bureau, laissant le dieu complètement seul. Il se laissa tomber sur son fauteuil, un pied sur l'autre sur le bureau en bois d'acajou, et se massa les tempes de sa main droite, tout en laissant la main gauche pendre dans le vide.
Décidément, trop d'émotions pour lui, beaucoup trop…
« A bien y réfléchir, je me demande pourquoi il a agi comme ça ce jour là. Même si l'annonce était officielle, il ne s'était pas préparé à la voir débarquer chez lui comme ça. N'empêche, ça m'a bien fait rire après. L'assurance qu'il montrait d'habitude venait de fondre comme une glace au soleil, lorsqu'elle est apparut derrière. Il a tout de suite compris qu'il avait perdu la partie, à l'instant même où il avait senti son cœur battre trop fort et sa respiration devenir plus irrégulière. C'est peut être pour ça qu'il était en colère après. Haaa mon neveu, tu avais bien un cœur de glace à cette époque, et bien que tu aies été les rayons de soleil d'une aberration, il était assez amusant de constater qu'une autre est devenu le tien. Ou devrais je dire, est devenu la lune qui t'a guidé durant les sombres nuits que tu as vécu. Tu sais quoi Nataku, je me demande si les sentiments qu'il éprouvait ce jour là, n'était pas les semences de ce qui a plus tard germé. Je me le demande encore aujourd'hui, ce qu'il a trouvé à cette âme, ce qu'il a éprouvé à ce moment. Je ne suis pas en lui, et je le regrette assez en fait. Lui qui guidait l'enfant de la Terre, le Sage céleste, le voila maintenant qu'il recherchait sans cesse l'infant de la Lune. Quelle drôle de famille tu ne trouves pas Nataku ? »
La déesse se retourna vers l'enfant assis sur le trône, le visage couvert d'un fin voile, les yeux d'un vivant dépourvu de désirs.
« Celui qui est guidé, souvent se retrouve en être le guide d'un autre. Nous sommes tous liés à cette chaîne intangible et invisible qu'est la vie, et même pour nous autres dieux, nous dépendons de cette chaîne. Regardes Nataku. Toi aussi tu en fais parti de cette chaîne. Et bientôt l'extrémité viendra à toi, et ce moment sera alors le plus beau pour toi. Tu sais…je me pose une question. »
La déesse s'agenouilla auprès du garçon et lui murmura à l'oreille :
« Que penses tu qu'il va se passer, quand la Lune rencontrera le Soleil à nouveau, et que la Terre, témoin de leurs amours, réclamera son dû ? Dis moi enfant du Ciel, penses tu que la raison qui a failli coûter la vie autrefois reviendra ? Où les choses qui n'avaient pu germer, suffiront elles à les sauver ? J'aimerai savoir Nataku, j'aimerai connaître ton avis sur la question… »
Elle se leva et regarda à nouveau son étang.
« Que de souvenir, pour ceux qui ne dorment jamais. Que de douleurs, pour ceux qui n'accepte pas. Regardes Nataku, il est temps pour certains, de se soigner par le suc de la fleur de Lys… »
