Bonjour à tous!

Et non, je ne vous ai pas oublié, mais comme je l'ai précisé en début, je risque d'avoir des rythmes de postage différents^^.

Alors...comme toujours réponses aux reviews.

Memelyne: C'est toujours un réel plaisir que de voir des commentaires, surtout les tiens^^. La mère Annie...oui. Je ne sais pas pourquoi, mais quand j'étais petite, j'ai toujours vu une vieille femme des campagnes garder les portes des orphelinats^^'. Faut pas chercher. Le prêtre garde ses mystères^^. Les mystères du Japon sont nombreux, et beaucoup de ses occupants en font partis et les préservent hahaha. Donc oui, l'histoire est un peu étrange par rapport à celle de Shonen Onmyouji, mais pas de souci, je vous réserve pas mal de petite surprise (surtout dans le chapitre trois, où vous allez être contente de reconnaître certaines personnes huhuhu, je me suis éclatée d'ailleurs).

Sywenn: N'oublie pas de revenir^^". Et bon courage pour ta fanfic, moi aussi j'attends la suite avec impatience. Tu verras, Shonen Onmyouji n'est pas mal dans le genre^^.

Mimikaï: Tiens^^ une vieille connaissance. Je plaisante. Ravie de t'avoir à mes côtés pour de nouvelles aventures. Moi aussi parfois je m'égare parmis les archives d'anciens mangas que j'ai regardé et je ne suis jamais surprise.

MeredithPotter78: Bienvenu parmi nous jeune fille (je présume que tu en es une hein, si tu es un garçon fait le moi savoir que je corrige^^'). Je suis contente que ce début de fanfiction te plaise, personnellement c'est pour moi un commencement comme un autre. Si tu veux en connaître davantage sur ma façon d'écrire et sur les personnages que tu seras susceptibles de rencontrer, je te conseille de faire un tour parmis mes anciennes fanfictions, surtout "Peut être toi" et "Murmure d'un amour éternel" du manga Inuyasha. Même si l'histoire est différente...j'y mets quelque lien fort sympathique mais tu risques de passer à côtés de délirs si tu n'as pas suivi les aventures précédentes. Je te conseille de la lire quand tu as le temps, certains des commentaires que j'ai reçu me disaient des trucs comme quoi cela leurs avaient pris tous le week-end ou encore des "j'ai pas pu m'arrêter". J'en suis contente pour sûre^^.

Bon, maintenant que j'ai un petit public, l'heure est venue de vous raconter une fabuleuse épopée d'amour...et d'amitié (comme je les aime^^ houhouhou, faut que j'arrête de me doper à Disney =_=).

Chapitre 2 : Dernier rendez-vous

Elle ne prit même pas la peine de se signaler auprès de la scolarité. Moins elle se faisait remarquer, mieux elle se portait selon elle.

Reprendre le chemin de l'école tout en faisant semblant d'être bien était pour Tomoe une douleur. Une douleur comme si elle avait marché sur des charbons ardents et non de simples graviers. Au moindre pas, elle sentait sa détermination rompre devant la douleur des souffrances à la remémoration de certains souvenirs dont l'emplacement des précurseurs perdurait.

Avant d'arriver dans l'avenue qui menait à l'école, il y avait un grand arbre utilisé pour afficher de la publicité. Devant cet arbre, sa mère l'avait déposé pendant une longue année, chaque jour s'emplissant de la douce odeur de vanille de sa voiture et de lilas provenant de ses cheveux couleur de blé. Tomoe pouvait même entendre le ronronnement du moteur en passant devant l'endroit en question.

Quelques pas plus loin, il y avait un vendeur de crêpe quand le printemps revenait. Elle et sa petite sœur avaient l'habitude d'en acheter sur le chemin de l'aller, quand elles n'avaient pas eu le temps de prendre un petit déjeuner.

Les crêtes étaient savoureuses et l'odeur attractive. Tomoe aimait prendre des crêpes à la confiture de pêche et sa petite sœur à la banane. Parfois, elles s'échangeaient quelques morceaux. Tomoe aimait savourer l'odeur du fruit glisser le long de sa langue, tout en réfléchissant sur le devoir de mathématique de sa petite sœur. Et quand cette dernière trouvait la réponse, guidé par Tomoe, elle sursautait de joie et la douceur de la banane s'élevait dans les airs.

Tomoe ouvrit ses yeux. Elle ne croisa que l'emplacement vide du camion.

Les feuilles d'automne étaient tombées depuis longtemps et même si elle avait accueillie l'hiver avec joie, son cœur n'était désormais plus que silence et désert glacial.

Il n'y aurait plus de crête dévorée avec sa petite sœur, ni d'odeur de vanille accompagnant sa route.

Pourtant, Tomoe réussit à faire dos à ces souvenirs, sa chevelure traînant derrière comme si ses souffrances n'étaient qu'une simple brise. Au final, elle avait laissé tombé le chignon serré et avait décidé de libérer ses cheveux aussi blond que ceux de sa mère. C'était rare, pourtant c'était bien vrai.

Son arrière grand-père était allemand et son père, chose incroyable, l'était aussi. Alors la chevelure blonde s'était transmise entre les femmes de la famille.

Seule sa première petite sœur ne les avait pas, gardant le brun lisse et caractéristique des asiatiques. Ses pas la menèrent jusqu'à la grande grille du lycée qu'elle fréquentait. De grandes bordures de fer métalliques et forgées s'élevaient en pique vers le ciel, droites et imposantes. Les grilles étaient ouvertes. Tomoe s'avança et pénétra dans l'enceinte de l'établissement. Quelques élèves se retournèrent sur son passage, d'autres encore firent de grands yeux globuleux et à peine le temps d'un soupir, les rumeurs et autres ragots circulaient déjà dans tous les couloirs.

Tomoe les ignora rapidement, abaissant une timide et sombre tête.

Elle avait envisagé de se déclarer à la vie scolaire, mais il y avait trop de monde et tous portait un regard qu'elle n'aimait pas. Le regard de la pitié. Le regard d'une compassion écœurante et sinistre.

Alors elle les évita tout simplement, reprenant sa route et ignorant sa petite conscience suppliante.

Elle erra jusqu'aux casiers. Elle retrouva sans mal le sien et fut surprise de découvrir que personne n'y avait touchée. C'était comme ci son absence n'avait jamais eu lieu. Comme ci elle n'était jamais partie en catastrophe de cours, suite à l'annonce anxieuse d'un des surveillants. Elle eut un pincement au cœur en y songeant, une pensée misérable pour la pauvre victime qu'elle était. Cette pensée fut bien vite balayée par les récentes décisions et elle avait repris une bonne contenance quand un surveillant apparut.

Ce dernier d'ailleurs s'avança dans l'allée. Elle était seule :

« -Suzume-san, fit-il d'une voix nasale. J'ai entendu ce qui s'est passé pour ta famille. »

Elle porta son attention sur lui pendant deux secondes et l'ignora par la suite.

La jeune fille le laissa planter au milieu de l'allée, ignorant totalement ses injures et ses tentatives d'excuse. Elle ne voulait aucunes condoléances, aucune compassion.

Que pouvaient-ils savoir de ce que l'on ressentait ?

Pas grand-chose. Alors elle ignora le reste des tentatives, les mains posées sur son épaule frêle, les regards compatissant.

Elle renvoyait une aura froide et sinistre, antipathique et efficace.

Elle désirait la tranquillité. Et au bout d'une interminable matinée durant laquelle tous firent attention à elle, elle fut enfin tranquille.

A midi la lycéenne ne prit pas la peine de sortir son panier-repas. Elle n'avait pas faim. Elle ne voulait rien…plus rien.

Même quand Marisa et Alice s'approchèrent, son attitude ne changea pas :

« -Tomoe-chan ? Tenta Alice, je…j'ai appris ce qui c'est passé… »

Elle se dandina mal à l'aise et poursuivit :

« -Tu sais, on a une chambre de libre depuis le départ de Nicolas. Si j'explique à mes parents la situation, je suis certaine qu'on pourra t'héberger jusqu'à la faim de l'année… »

Tomoe ne prit pas la peine de répondre.

Elle lui adressa un regard mélancolique, résidus de cendre d'une ancienne joie recouvré maintenant par un désert vide. L'accident avait ravagé sa vision du bonheur. Maintenant elle n'était qu'une conscience à demi vivante.

Pourtant, elle réussit tout de même à rendre à la proposition de son ami, une légère réponse. L'étirement étroit des commissures de ses lèvres aurait pu s'appeler sourire, si son regard ne dégageait pas autant de tristesse et de froideur.

Face au silence, Marisa répliqua d'une voix sidérée :

« -Tu pourrais au moins répondre ! Fit-elle en tapant le bord de la table de sa camarade. On s'inquiète pour toi Tomoe ! Te rends-tu compte qu'on a failli te perdre… »

Sa voix s'éteignit sur sa dernière phrase et voyant le regard toujours aussi froid de Tomoe, Marisa ne put supporter davantage.

Elle se retourna vivement et quitta la salle de cours en versant quelques larmes qui avaient la particularité d'être rare. Alice, devant la surprise du chagrin de Marisa, se précipita vers la sortie elle aussi abandonnant Tomoe à sa solitude.

Cette dernière songea à ses amis, à sa petite vie tranquille et les mots du bonze lui revinrent en mémoire :

« -Il y a quelqu'un dans ce monde qui a besoin de toi, petite renarde… »

Marisa et Alice étaient ensemble depuis la maternelle, ce n'était que plus tard que Tomoe les avait rejoins. Alors elles survivraient certainement à sa disparition. Et puis, ce n'était pas comme ci elle était désirée. Avant peut être, mais maintenant…

Les tentatives de suicide étaient toujours une affaire qui alimentait bon nombre de conversation, et maintenant c'était Tomoe qui en était la victime.

Elle tenta durant le reste de la pause, d'ignorer les murmures mesquins de ses camarades l'avoisinants. Ils se croyaient peut être discrets mais elle entendait tout, absolument tout.

« C'est incroyable comme les gens paraissent honnêtes une fois qu'on a révélé leur véritable nature, songea-t-elle en sortant son classeur d'histoire. »

Le professeur d'histoire avec qui Tomoe s'entendait si bien, entra dans la salle de classe. Il porta un regard confus quand il remarqua sa présence, mais n'en fit pas davantage. Pas même un sourire, pas même un regard compatissant. Juste cette gêne qu'un individu, qui ne devrait pas être, provoque par sa présence.

Tomoe enfonça le fait dans son cœur, saignant mentalement de cet ultime affront.

La seule raison qui lui permettait encore de se sentir « vivante » dans ce bas monde, c'était son professeur d'histoire. Jeune, beau, intelligent, passionné, il avait tout pour plaire mais n'attirait pourtant pas.

Certes, à ses débuts, beaucoup de jeunes filles avaient tentés des aventures avec, mais pour une raison farouche elles étaient toujours éconduites. La gente féminine avait fini par laisser tomber au bout de quelques années…jusqu'à ce que Tomoe ne vienne au lycée.

Elle se souvenait d'ailleurs de ses premières leçons avec ce professeur. Un formidable échange de culture entre l'histoire du Japon féodal et celui de l'Allemagne. Elle avait été enthousiasmée par les approches divers concernant les pratiques occultes des temps anciens et lui avait été charmé par les différents qui avaient opposés et liés l'Allemagne à l'Angleterre.

Et depuis, ils n'avaient cessés d'échanger de brillantes et passionnantes découvertes au fil de leurs recherches. Elle devait son amour pour le Japon au professeur, et ce simple amour passionnel pour l'histoire s'était transformé alors en amour de jeune adolescente.

Deux longues années se sont écoulées depuis les premiers cours, et son cœur n'avait jamais cessé de battre pour lui. Bien sûr, elle prétendait le contraire, faisant semblant de monopoliser son attention sur un garçon coqueluche de la classe ou du lycée voisin, sans pour autant quitter le professeur des yeux…quand elle le pouvait.

Et maintenant…et aujourd'hui…

Il n'y avait plus rien. Plus d'espoir, plus de solution…

Juste un vide immense qui ne cessait jamais d'accroitre avec le temps et la déception.

Sa famille n'était pas seulement partie de son environnement. Elle avait aussi pris son cœur et sa propre vie. Son bonheur incendié dans un terrible brasier, Tomoe ne respirait que pour haleter.

Quand enfin la journée s'acheva, elle remballa toutes ses affaires et quitta la salle de cours, sans même un regard en arrière.

Une voiture noire attendait devant l'établissement, Annie ainsi que le médecin s'y trouvaient à l'intérieur. Tomoe inspira profondément et revêtit son masque d'impassibilité et de froideur.

Le trajet se fit dans le silence le plus total. On emmena d'abord Tomoe à l'orphelinat pour qu'elle puisse revêtir une tenue adéquate, et quand ceci fut achevé, on se dirigea vers le lieu des funérailles.

Etrangement, ces derniers se déroulaient dans un temple. Dans ce temple.

Tomoe savait que son père était chrétien, mais elle savait aussi que sa mère aurait toujours désiré être enterrée selon les coutumes de sa terre natale.

Alors, ils disposèrent le caveau familial dans lequel Tomoe put contempler une dernière fois les formes des corps de sa famille. Ils avaient été enroulés dans un fin tissu blanc, et alignés.

L'incendie avait été puissant, Tomoe ne devait sa vie qu'au hasard et à la chance…

Et tandis que le caveau se refermait, au son des pleurs d'amis de la famille ou de collègue de travail, tandis que les émissaires menèrent le caveau sur le brasier pendant qu'un prêtre chantait les prières mortuaires, Tomoe ne fit rien.

Le regard droit, les yeux froids et inquisiteurs, elle ne laissa aucune expression s'échapper de son petit cœur. Le feu fut alimenté par l'alcool sacré et bientôt le caveau se transforma en poussière, emportant avec lui le reste des corps déjà carbonisés de sa famille, emportant par le vent, le bonheur de Tomoe.

Petit à petit, les amis, les collègues, les parents éloignés…quittèrent le lieu des funérailles. Quand Tomoe se retrouva toute seule, elle ne put alors s'empêcher de constater à quel point le monde était devenu gris et terne.

Elle n'avait plus envie de pleurer. Elle n'avait plus envie de rien.

Pensant qu'elle avait besoin d'être un peu seul, et étant aussi lassés d'attendre, le médecin et Annie se rendirent dans le temple pour se réchauffer.

Tomoe était désormais toute seule. Seule, sans famille, sans avenir sous ce crépuscule hivernal. Elle ferma ses yeux, vida son esprit de toutes pensées nocives, et se dirigea vers la forêt sans un regard vers l'arrière.

Elle avait rendez-vous avec la mort, cette nuit là. Un rendez vous que, pour rien au monde, elle devait rater.