Coucou

Voici un nouveau chapitre un peu en avance finalement!!! Le troisième n'étant pas du tout commencer il faudra attendre un peu.

Bonne lecture.

Chapitre 2 : Rouge Sang

Vallée de Mojave, ferme Johnson, scène de crime de Samantha Redding – 13H

Ils arrivèrent sur les lieux aux alentours de midi. Chacun enfermé dans un silence tendu. Rigsby, Cho et Van Pelt s'échangeaient des regards discrets pour évaluer la situation entre leur boss et Jane. D'après ce qu'il voyait c'était loin d'être réjouissant…

« Rigsby et Cho vous passez les lieux au peigne fin. Van Pelt, vous allez trouver le chef de la police locale. » Lança Lisbon.

Comme d'habitude, sans qu'elle n'est eue besoin de le préciser, Jane la suivit.

Ils entrèrent dans la maison chichement meublée mais propre. C'est en arrivant vers le salon que tout commençait. Une mise en scène qui aurait pu être magnifique dans d'autres circonstances. Mais pas là. C'était macabre, glauque.

Des pétales de roses blanches s'étendaient sur le parquet ciré, elle perdait de leur blancheur au fur et à mesure qu'ils avançaient… on les aurait dits soigneusement disposés… Jane regardait et s'aperçut que les fameux pétales de roses devenaient Rouge, Rouge Sang. Cho le regardait et confirma d'un hochement de tête à peine perceptible : c'était du sang. Probablement celui de la victime.

Jane pensa à juste titre que la mise en scène était encore une fois à la hauteur de ce dingue, de ce psychopathe… mais il songea également que quelque chose devait avoir rapport avec ces pétales étalés partout. Il ne comprenait pas pour le moment mais c'était trop soigné trop bien étudié pour le laisser passer.

Les pétales devenaient Rouge Sang, plus de dégradé cette fois. Et la victime gisait au sol, dans une position précise, là encore savamment orchestré. Il étudia alors la réaction de Lisbon, il la suivait des yeux depuis qu'ils étaient entrés dans la maison. Elle était encore plus nerveuse et le fait de voir les roses blanches devenant rouges au fur et à mesure la faisait pâlir elle. Pourtant elle avait vu des choses bien pire elle connaissait donc cette scène de crime, comme si cela était un élément de son passé. Elle devait connaître la victime mais ne l'avait pas dit. Elle voulait être sure. Il lui demanderait elle ne pouvait lui cacher cela, pas à lui, pas dans ces circonstances. Il porta attention au corps.

Lisbon sentit le regard de Jane s'éloigner d'elle, enfin. Elle n'en pouvait plus vraiment. Les roses, les pétales de rose … Blanches puis Rouges… elle avait eu la confirmation qu'il avait bel et bien pris son dossier, il avait fouillé dans sa vie à elle. C'était un cauchemar. Elle voulait se réveiller, en sortit mais non que se soit son passé ou son futur, elle serait poursuivi et en plus par John Le Rouge. Elle se demandait vaguement ce qui pourrait arriver de pire …

Les roses blanches et rouges … Le cadeau de son père à sa mère pour leur anniversaire de mariage juste avant l'accident… Il y avait sur chacun des pétales une lettre, sous forme de code que seule leur mère pouvait déchiffrer… elle se souvenait de son parfum de son sourire et due contenir les larmes de rage et de tristesse qu'elle éprouvait. Il faudrait qu'elle examine les pétales plus tard à moins que quelqu'un ne le fasse avant. Elle resterait ainsi discrète aux yeux de Jane surtout.

Puis elle vit le corps. Et là nouveau choc. Il lui avait fait porter une robe bleue, le même modèle que le jour de l'accident de sa mère. C'est elle qui lui avait dit de la porter : elle avait la même couleur que ses yeux. Elle se sentit très mal, elle devait sortir car il n'y avait pas que la robe on avait déplacé le corps. Il l'avait tué dans un accident de voiture, les blessures étaient les mêmes. Tout était similaire. Elle se mit à courir hors de la maison.

Jane regardait attentivement Lisbon et comprit lorsqu'il la vit courir que non seulement elle connaissait bien la victime, mais que tout ceci était pour elle, une scène de son passé. Au vu de ce qu'il savait d'elle et de la robe qui datait de deux décennies environ, ce devait probablement être la reconstitution du meurtre de sa mère. Mais comment a-t-il pu savoir de manière aussi précise tout ceci ? Il devait lui demander, il courut après elle, mais surtout il voulait la réconforter, être là pour elle. Il s'inquiétait pour elle, peut être plus qu'en tant qu'ami ou que collègue, il commençait enfin à le réaliser.

Lisbon ralentit le pas une fois arrivée dans le coin le plus éloigné du jardin. Elle avait des frissons et des sueurs froides par plus de trente degré à l'ombre. Ce n'était pas forcément bon signe. La nausée la gagnait. Elle ne se retint pas. Jane arriva pour lui tenir les cheveux. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas fait ça pour elle. Peut être même jamais en fait … depuis sa mère. Elle retint un sanglot et Jane la prie dans ses bras. Elle s'appuya contre lui elle avait l'impression d'être une épave, d'être au bout. Pourquoi ? Elle était près de lui, proche. Trop proche. Elle s'accrochait c'était sa bouée de sauvetage contre la folie qui la gagnait contre ses démons. Et paradoxalement c'était à cause de lui qu'elle revivait ça. Elle était lasse de lutter, elle le serra de toutes ses forces.

« Chuuuuuut, Lisbon, ça va aller. Je ne le laisserais pas te faire de mal. Je te le jure. Relâches-toi ce n'est rien je suis là. Tout va bien, d'accord ? » Dit-il d'un ton hypnotique.

Cela continua pendant cinq bonnes minutes, on aurait dit un père berçant son enfant. Mais là c'était un agent du CBI et un consultant dont la femme et la fille avait été tuées par un serial killer…

Lisbon se reprit enfin, s'écarta. Les sentiments qu'elle éprouvait pour Jane devait être contenu sinon cette fois c'était sur, elle allait vraiment craquée et Jane la jugerait irrécupérable. Oui, même lui. Il faut dire que depuis quelques temps elle et lui s'étaient rapprochées. Surtout depuis les décès de Bosco et le départ de Minelli, à dire vrai. Il la taquinait dépassait parfois les limites mais surtout il résolvait des affaires et la faisait rire. Et de ça, elle ne pouvait pas se passer. Elle évitait de penser à ce qui se passerait si John Le Rouge n'était plus là… car une fois sa vengeance accomplit il partirait surement. Elle se disait qu'aussi dingue que cela paraisse, si elle avait rencontré Jane, c'était à cause de lui, et que c'était à cause de cela qu'ils étaient ensemble. Ce qui les faisait souffrir les unissaient en même temps. Belle ironie du sort.

C'est vrai qu'il passait du temps ensemble tous les deux … un café par ci, un dîner par là. C'était souvent Jane qui le proposait à la fin d'une enquête. Il se séparait souvent beaucoup plus tard que le reste de l'équipe. Aucun des deux ne souhaitant rentrer chez lui. L'un à dormir sur un matelas sous un smiley peint du sang de sa femme, et elle dans son appartement vide et solitaire. Quelle belle équipe de vainqueurs ils faisaient à eux deux : Monsieur et Madame pathétique en personne…

Jane l'observait, elle semblait amère et désappointée, seule. Si simplement elle savait que tout ce qu'il disait quant il lui parlait n'était pas que des paroles en l'air, qu'il éprouvait des sentiments pour elle mais que depuis la mort de sa femme il n'était pas sur de supporter tout ça. Il avait donc multiplier les rendez-vous informels avec elle, sans aller plus loin ou alors détourner des marques d'attention en plaisanterie moitié sincère moitié taquinerie pour qu'elle ne s'en aperçoive pas, ou pas trop. Car s'il arrivait au bout de sa vengeance, qu'il le tuait il irait en prison, il le savait et qu'est ce qu'un homme détruit ou en prison, pourrait faire pour une femme de la trempe de Lisbon ? Il ne pouvait prendre le risque de la faire tomber avec lui comme il avait laissé tomber sa femme.

Il attendait sagement que Lisbon se mette à parler, bien qu'il ait a peu près tout compris à ce qui se passait l'attitude la jeune femme lui semblait relativement claire. Seule le lien exact avec cette personne le laissait sur sa faim. Elle leva les yeux vers lui et commença alors son récit.

« Je suppose que tu te demandes pourquoi je me suis enfuie comme une jeune débutante sur sa première scène de crime? » fit-elle dans une sorte de mouvement de rébellion propre à celle-ci. Il fit un simple signe de la tête.

Soupir de la part de Lisbon. Elle s'assit finalement sur un tronc d'arbre et commença nerveusement son récit :

« Mon père avait pour habitude de fêter l'anniversaire de leur rencontre, puis de leur mariage en offrant une surprise toujours différente à ma mère. Cette année là, il avait décidé que je pouvais l'aider. Il disait que j'étais en âge de comprendre et que je devrais garder mes frères. En échange je lui avais demandé si je pouvais l'aider. Il m'a sourit et a dit oui. J'étais folle de joie. On était heureux à cette époque. Bref mon père avait pour projet de prendre des pétales de roses et de les parsemer jusqu'au salon ou un diner aux chandelles les attendraient. Une autre surprise attendrait notre mère lorsqu'elle aurait résolu le puzzle que constituaient les pétales. L'autre surprise je ne la connaissais pas. J'ai choisi la robe avec ma mère. Ce soir là se déroulait bien mais à un moment l'un de mes frères est tombé malade. J'avais fait la cuisine ce soir là. Il était allergique à l'un des ingrédients. Cela m'est complètement sorti de l'esprit à ce moment. Quelle idiote. J'ai appelé mes parents. Ma mère a décidé d'aller à la pharmacie quant mon père prendrait soin de mon frère. Elle a eu un accident. Les freins de la voiture ont lâché. La chaussée était glissante. Elle est … tombée … dans un ravin. Les secours ont mis du temps à la retrouver et j'ai entendu dire par l'un des policiers qu'elle … qu'elle avait mis plusieurs minutes avant de mourir en perdant tout son sang. Mon père m'a regardé à ce moment là et je n'oublierai jamais son expression. J'étais coupable. J'avais tué ma mère, ce jour là. Je l'ai tué. Indirectement mais tout de même. Et ensuite mon père à chaque fois qu'il posait les yeux sur moi m'envoyait ce regard, même lorsqu'il était complètement saoul. Ça a duré un an… ensuite il est mort lui aussi. L'un de mes frères m'en veut toujours, les autres ont compris je crois mais cela reste de ma faute… c'est tout ce qu'il y a à dire. »

« Lisbon, ne sois pas stupide !!! Ce n'est pas de ta faute tu avais quoi 10 ans ??? 10 ans, Lisbon. Tu étais toi aussi une enfant. Une enfant responsable mais une enfant !!! C'était un accident les freins auraient pu lâcher plus tard tu n'y es pour rien ! John Le rouge sait parfaitement que ça te touche. Ne le laisse pas gagner !!! D'accord ? »

« Tu crois que c'est uniquement de ça qu'il s'agit ???!!! J'ai TUE ma mère !!!! Tu comprends ? »

« NON Lisbon tu ne l'as pas tué » dit il en l'attrapant. Celle-ci était au bord de la crise de nerf et hurlait contre Jane. Sans savoir pourquoi ni comment il l'attrapa et l'embrassa. Il se dit que c'était le seul moyen de la calmer et le fait de la voir là au bord du gouffre lui donnait envie de l'embrasser.

Le baiser prit fin laissant Lisbon désemparée tout comme Jane d'ailleurs. Ils venaient de se rendre compte que leur attitude pourrait les mener très loin ou nulle part.

« Pardon je suis désolée, je ne savais plus quoi faire pour te calmer… je… je suis désolée Lisbon »

Elle le regardait attentivement. Puis avec un soupir elle réussi à enchainer trois mots après le micro cataclysme qui venait de s'abattre sur elle.

« Ce n'est rien Jane, je, hum, c'était un moyen comme un autre de me calmer d'ailleurs c'est plutôt à moi de m'excuser. »

Jane gêné finit par reprendre le fil de l'histoire.

« Revenons-en à l'affaire si tu veux bien. Je suppose que John Le Rouge a fait coïncider la scène de crime en te rappelant ta mère mais ce que je ne comprends pas c'est tout simplement qui est Samantha Redding ? Pourquoi elle ? Tu la connais n'est ce pas ? Qui est ce pour toi ? »

Elle regardait Jane attentivement et finit par lâcher : « c'est la psychologue qui s'occupait de moi après la disparition de mes parents lorsque je voulais ensuite m'occuper de mes frères. Elle faisait plus figure de seconde mère pour moi. Nous avions un peu repris contact dernièrement. C'était l'une des seules personnes en qui j'avais confiance. Elle m'a aidé à remonter la pente, à tenir le coup. Et je lui parlais par téléphone de temps en temps, lui racontait le travail. »

Jane la fixait. Cela devait aussi facile pour elle que la fois ou il avait été obligé de dire qu'il avait été dans un hôpital psychiatrique … décidément.

Il comprit également un autre point essentiel. Cette fois il avait visé Lisbon à travers lui. Sa Lisbon. S'en prendrait il aussi à Rigsby, à Cho, à Van Pelt, comme à Bosco.

Lisbon suivit le cheminement de ses pensées et dit d'une voie ferme et forte : « ne te torture pas l'esprit Jane ! Ce type est un dingue ce n'est en rien ta faute ! OK ? On est une équipe, on va le retrouver et on l'enfermera. Alors ne fait surtout pas l'erreur stupide de jouer solo sur ce coup là. Sinon tu auras à faire à moi. »

Ils se regardaient tous les deux se firent un pâle sourire et ensemble côte à côte repartir vers la scène de crime d'où les attendaient leur collègues.

Prochain chapitre avant la fin de la semaine !!!! Une petite review fait toujours plaisir ...