Into the Fire, the end which's never coming.

Disclaimer : Les personnages sont à Stephenie Meyer, je ne fais qu'emprunter ses personnages. L'histoire m'appartient, elle sort tout droit de mon cerveau =)

Résumé : Bella, dans une tentative désespérée pour échapper à la vie qu'elle a, essaye de se suicider. Sauvée et transformée par la famille Cullen contre son gré, elle va faire vivre un enfer à ses sauveurs. Entre haine et amour qui remportera?

J'ai finalement décidé de continuer l'histoire car elle semble plaire. Je ne serais pas contre si vous pouviez me dire ce que vous penser de l'intrigue de l'histoire et ce que vous voudriez que je rajoute, cela m'aiderait énormément à poster la suite ou au moins améliorer les points négatifs que vous trouvez à la fiction. Même si je n'ai que quelques reviews pour l'instant (je remercie d'ailleurs les reviewers, vous m'avez donné le courage nécessaire pour faire ce chapitre ainsi que tous ce qui vont suivre si cela continue), le nombre de visites me fait plaisir, c'est d'ailleurs pourquoi je continue. Cela m'a beaucoup étonné le nombre de personnes qui sont attiré par le début de ma fiction. Je vais essayer de vous satisfaire du mieux que je peux. Je rappelle juste que je suis débutante, donc l'erreur est compréhensible, enfin je pense =). Je l'ai écrit avec la Chanson Come Back Down, de Life House, très belle chanson au passage, qui m'a aidé à écrire le chapitre, en couvrant les bruits de la musique de sauvage de ma sœur ^^. Bon assez parlé :

Voici donc le deuxième chapitre. Il n'est pas gai, je préviens tout de suite. De toute façon, le sujet de la fic est assez dur (le suicide et la perte d'êtres chers, la rancune et la vengeance) donc pour l'instant, Bella vivra des choses assez dures. Je suis désolée pour ceux qui voudraient que Bella tombe directement dans les bras d'Edward, mais ce n'est pas réellement ce que je prévoie dans les prochains chapitres.

Bref, je vous souhaite quand même une Bonne lecture.

Fin du chapitre précédent : Je mourrai de la même façon que Candice, plongeant dans la surface qui s'étendait à l'infini pour m'y reposer à jamais… Je ne me débattis pas, me laissai couler peu à peu, désireuse d'atteindre le fond qui m'accueillerait à jamais. L'air commençait à me manquer. Je ne paniquais pas. J'étais préparée.

Alors que mon corps suffoquait, mon esprit s'embrumait doucement, et je fermai les yeux, tranquillisée et apaisée par le sommeil éternel qui m'embarquait à jamais…

Chapitre 2. Quand la fin vous fuit, c'est le commencement qui se pointe…

Depuis que j'avais sombré, j'entrevoyais un tunnel, dont je voyais à présent la fin, insensible à tout élément extérieur. L'engourdissement m'avait envahi, prenant place sans gêne aucune, à l'aise. Cela me soulageait. Je ne ressentais plus aucune peine ou douleur. C'était tellement confortable, que je serais restée dans cet état éternellement. C'était peut-être d'ailleurs ce qui allait m'arriver. Je ne me déplaçais pas, la lumière émanant de l'embouchure du tunnel venait à moi, toute seule. Elle avançait rapidement, comme si elle voulait me prendre le plus vite possible. Je me sentais attirée par elle, inextricablement. Je ne savais plus pourquoi j'étais là mais cela ne me dérangeait pas. Je savais que j'avais fait quelque chose pour en arriver là, que je voulais être là. Le reste je m'en fichais. J'étais tranquille, le temps n'ayant aucune prise sur ce qui se passait. Et cela me convenait parfaitement. La lumière était maintenant à porter de main. J'entendais des rires, des paroles et des bruits qui me faisaient sourire, soudainement envieuse d'aller rejoindre la provenance de ces bruits. Les cris s'intensifiaient, et j'étais persuadée qu'ils m'étaient destinés, m'appelant. Je tendis alors la main, curieuse de savoir ce que j'y toucherais.

Mais, subitement alors que je ne m'y attendais pas, on me sortit de ma torpeur. Je vis alors la lumière partir peu à peu, et le bout du tunnel disparaître totalement. Je réintégrai mon corps alors que j'avais tout fait pour le quitter. Je ne voulais pas, je voulais retourner près de la lumière, elle qui était si réconfortante et douce, mais j'étais piégée. Je ne savais pas ce qui m'arrivait, et je commençais à paniquer. La douleur, physique et morale, revint abruptement, me paralysant. A ce que j'avais pu deviner, j'avais quitté l'eau, car le vent brutal me frappait. J'avais aussi recommencé à respirer, dans un souffle désordonné. Je protestais intérieurement, incapable de parler, trop faible pour faire le moindre geste. Cela ne servait à rien ! Pourquoi ne me laisse-t-on pas rejoindre la lumière ? Des bras m'entouraient, comme pour me protéger. Je pouvais deviner que la personne courait, ou tout du moins était en mouvement. Je devais me concentrer pour entendre le moindre bruit extérieur. Pour l'instant je ne percevais rien. Le monde était pour une fois silencieux, et cela eut le pouvoir de me calmer quelque peu. Que m'arrivait-il ? Etait-ce ma punition pour avoir voulu porté atteinte à ma vie ? Car, dans tous les cas, c'était un châtiment. Peut-être étais-je en enfer, car je n'avais jamais eu autant mal de ma vie. Si je n'étais pas morte, j'en étais alors très près. Elle ne voulait pas venir, elle me rejetait. Qu'avais-je pu bien faire pour mériter cela ? La mort me fuit, comme si elle avait peur de moi. Je lui avais tellement couru après qu'elle avait pris peur…

Je n'avais jamais eu de chance dans ma vie. Alors pourquoi en aurais-je dans ma mort, dans l'état où j'étais actuellement ? Je voulais crier ma peine, ma douleur et ma frustration. Tout cela était inaccessible. Je n'étais plus qu'une poupée de chiffon. Je pris mon courage à deux mains et j'essayai de me concentrer intensément, pour sentir, entendre la moindre chose pouvant m'indiquer ce qui m'arrivait. Je savais parfaitement qu'il était inutile de vouloir ouvrir les yeux, cela demandait une volonté que je n'avais pas. De toute façon, revoir le monde extérieur était pour moi une chose insupportable. Trop horrible.

Plus le temps passait, plus j'étais convaincue que j'étais encore dans un semblant de corps : le mien avant la chute et ma tentative de suicide qui s'était résolu à un échec. Toute ma vie avait été un échec, il fallait en plus que je n'arrive pas à en finir. J'étais vraiment nulle. Après ce qui me sembla des heures, je réussis à percevoir un flot continu de paroles.

Bella, tiens le coup, je t'en supplie, tu n'as pas le droit de me faire ça ! Pourquoi as-tu fait cela ? Bella, je sais que je t'ai abandonné depuis deux ans, mais j'ai pensé que tu survivrais… Je n'avais pas d'autre choix, cela t'aurait mise en danger. Bella, mon dieu, tout ce sang ! J'entendis la voix se troubler, ému par une émotion que je ne compris pas. Il faut que je te sauve, Bella, sinon je m'en voudrais toute ma vie. Tu m'entends ? Putain, ne meurs pas, c'est la seule chose que je te demande…

Je perdis le fil des mots prononcés, que je n'avais pas compris, trop épuisée pour interpréter les paroles, à cause de l'effort intense que j'avais fourni. Il me semblait tout de même reconnaître cette voix. En tout cas, la personne me connaissait. Je devais d'abord me reposer quelques minutes. Je mourrai après avoir trouvé qui me tenait dans ses bras. Si je pouvais, vu que l'on n'arrêtait pas de m'en empêcher. Je pensais avec difficulté, mon cerveau en compote me faisant très mal. C'était une voix d'homme, sans aucun doute. En y réfléchissant, je connaissais la voix depuis très longtemps, j'aurais pu y mettre ma main à couper. J'avais vraiment du mal à remettre mes idées au clair, un voile s'était déposé sur mes souvenirs. Ce n'était donc pas facile d'y accéder. Je revoyais bien un garçon que je connaissais depuis longtemps, mais cela faisait deux ans que je n'avais plus de nouvelles de lui…

J'eus alors une illumination. C'était Sam. (NDA : je suis sûre que vous avez pensé que c'était Eric ^^. Et non ! peut-être le verra-t-on plus tard dans le récit ;)

Sam Uley et moi avions été dans la même classe durant toute notre scolarité. Depuis que je suis entrée à l'école, Sam m'avait toujours accordé une attention particulière. Il partageait son repas avec moi, quand on avait huit ans, parce que mon père oubliait toujours tous les matins de me faire un sandwich. Au fil des années j'avais commencé à l'apprécier, à le considérer comme un ami. Il avait continué à m'apporter un sandwich, même si on avait une demi-douzaine d'années en plus. Il m'avait toujours intrigué. C'était le seul garçon à ne pas tourner autour de Candice, elle qui attirait tous les garçons même à l'âge de huit ans à peine, avec la moitié de ses dents dans la bouche. A force, je m'étais habituée à sa présence, flattée par l'attention qu'il me portait. Ma meilleure amie avait tendance à le trouver collant, voir agaçant. Moi, je le trouvais juste gentil. Quand à l'adolescence, Candice et moi eûmes notre cercle d'amis qui vint manger avec nous et qui nous suivait partout à part pendant les cours, Sam s'était éloigné peu à peu. Il était resté tout de même avec moi pendant les courtes pauses entre chaque cours, où il en profitait pour parler avec moi de tout et de rien et rigoler. Ma meilleure amie plaisantait en disant qu'il en pinçait pour moi depuis qu'on était haute comme trois pommes. J'avais toujours nié, rigolant, persuadée alors qu'il m'appréciait à force d'être dans ma classe et non par quelconque attirance. Je n'avais jamais été habituée à ce genre de comportements, au contraire de ma meilleure amie.

Je n'y avais pas pensé jusque là, mais Sam s'était réellement éloigné voir avait carrément disparu, quand Candice fut morte. J'étais tellement obnubilée par Eric, que j'avais oublié mes anciens amis, et je n'avais pas prêté attention à l'absence de Sam. Quand mon ex- petit ami m'a quitté, j'étais devenue un zombie, ce que j'étais encore à présent, et je ne faisais plus du tout attention à la population extérieure. Maintenant que je m'en rendais compte, je trouvai cela bizarre. Lui qui avait toujours été présent… Par contre, ce que je trouvai encore plus bizarre, c'était d'être dans ses bras. A force de continuer mes réflexions, je sentais mes forces m'abandonner. Peut-être que finalement mon vœu s'exaucerait. Peut-être lâcherais-je avant qu'il ne puisse me sauver de quelque façon ? L'espoir gonflait mon cœur presque mort. Je le sentais d'ailleurs battre d'une façon anormale. Mon corps recommençait à s'engourdir, mais plus lentement, et je pouvais toujours réfléchir et ressentir le monde extérieur qui m'entourait. C'est d'ailleurs qu'à ce moment-là je le sentis ralentir la cadence. J'entendis le bruit d'une porte coulissante comme dans les supermarchés qui s'ouvrait. Je devinais facilement que la porte en question s'ouvrait sur un hôpital. Géniale. Demandez à mourir et on vous emmène là où on vous remet sur pied. Ne pouvait-il pas me laisser me noyer tranquillement celui-là ?

Apparemment non. Il commença à crier, d'une voix paniquée. Il me fatiguait à crier de la sorte, il ferait mieux de faire comme moi, ne plus parler, se calmer, déstresser... je ne pensais d'ailleurs plus qu'à une chose… Me reposer… Je n'entendais plus que sa voix qui demandait de l'aide, le reste se noyant dans le nuage m'entourant qui insonorisait le reste du monde.

HEHO ! Il faut un docteur ! S'il vous plaît mon amie va mourir si on ne l'opère pas de suite ! Dépêchez-vous, elle meurt… Elle s'est jetée d'une falaise haute de plusieurs dizaines de mètres… Oui, elle a eu de la chance de ne pas mourir sur le coup, mais elle en aurait encore plus si vous daignez lui trouver un docteur compétent !

Je ne l'avais jamais entendu parler comme ça, lui tellement calme, serein et gentil à chaque fois que j'avais l'occasion de lui parler. Après tant d'années à le côtoyer, il pouvait encore me surprendre… Dommage que cela soit trop tard pour le connaître davantage…

Peu importe le nom du médecin, je veux le meilleur !... Je m'en contrefiche que tous les médecins soient en chirurgie, ce n'est pas votre problème d'effectif qui… Mais que faites-vous, putain ? Les urgences, ce n'est pas fait pour cela, justement, traiter les accidents graves et imprévus ? Je ne savais pas qu'ici on laissait les patients mourir pour faire de la paperasse… Vu votre niveau d'incompétence, je ne prendrais pas le risque de vous confier les soins de mon amie… Je ne vous insulte pas, je suis réaliste ! Dépêchez-vous, je vous en supplie, c'est tout ce que je vous demande, son cœur ralentit… Si on ne la prend pas en charge tout de suite, elle est foutue…

Je souris intérieurement. Je ne lui connaissais pas un franc-parler d'une telle ardeur. Je commençais à manquer d'air, la voix de mon sauveur inopportun se perdant dans le nuage à son tour… Je n'avais pas peur de ce qui allait m'arriver… J'étais juste un peu contrariée par la tournure des événements. Le lieu de ma mort avait changé, pas l'acte en soi. Sam m'avait empêché de reposer en paix là où je voulais… Personne ne semblait vouloir m'écouter… Alors je n'écouterais personne. Je mourrais coûte que coûte. Personne n'avait vécu ce que moi j'avais vécu. C'était trop dur de vivre quand toutes les personnes auxquelles on tenait étaient parties. La survie n'était pas agréable, j'avais plus l'impression d'être une proie qu'un être humain… La proie des malheurs… C'est alors que le nuage m'engloutit à son tour, tandis que je mettais fin à mes dernières pensées.

. . .

J'émergeai doucement, encore une fois. Je n'avais pas vu le tunnel, cette fois-ci. J'étais bloquée dans mon subconscient depuis déjà quelques heures, me semblait-il. D'un autre côté, la notion du temps était devenue obscure pour moi depuis mon retour à la vie. Donc finalement, Cela pouvait très bien faire quelques secondes, quelques heures, quelques jours… Je m'en fichais. Je ne comprenais plus rien. Tout le temps où je fus dans les vapes, J'avais eu la nette impression d'être sur un fil. Je me souvenais encore de la sensation de déséquilibre et de mes interrogations sur le pourquoi du comment j'avais pu atterrir dans une situation pareille. Je me rappelais que j'étais convaincue que dans tous les cas, j'allais tomber. Cela ne m'étonnait pas tellement, vu que je ne faisais que cela depuis que j'étais petite. Je devais juste choisir de quel côté : A droite, il y avait ma mère, la figure joyeuse tendant les bras pour me prendre. J'aurais tellement voulu sentir les bras de ma mère me serrer comme elle ne l'avait jamais fait. A gauche, j'avais le visage de Sam, strié de larmes, me suppliant de revenir à la vie. Quand je voulus tomber du côté droit, pour rejoindre ma mère, je sentis une main invisible m'agripper et me tirer vers la gauche… Et je me suis en quelque sorte réveillée. Je n'arrivai toujours pas à ouvrir les yeux, et je n'étais toujours pas morte.

Me voilà encore une fois à la case départ. Mes sens reprenaient droit sur moi, en dehors de la vue. Je n'avais toujours pas le contrôle de mon corps… Je commençais à me dire qu'il y avait un problème. Peut-être des dommages irréversibles. Peut-être était-ce à cause de cela que je ne sentais plus aucune partie de mon corps ?

Je ne pouvais décrire l'intensité de la colère noire qui me submergeait. Si c'était pour me sauver, au moins fallait-il le faire correctement ! Je ne voulais pas finir en légume. Si la seule activité que je pourrais faire était de penser, je préférerais supplier à genoux n'importe qui pour que la personne me tire une balle dans la tête. Enfin, je ne pouvais même plus faire cela apparemment. Entre la vie et la mort, voilà le destin que l'on me prévoyait. La vie et la mort, tels deux compères, s'étaient entendues pour me faire vivre un supplice.

J'entendais un petit bruit agaçant dans la pièce, me mettant encore plus en rogne. Cela ne pouvait-il pas s'arrêter ? Je compris par la suite que cela venait de la machine de l'électrocardiogramme, le bruit indiquant le rythme de mon cœur. A ce que je pouvais entendre ils étaient assez désordonnés…

Une main avait entrelacé ses doigts aux miens. Son propriétaire respirait lentement, presque difficilement comme l'attestait la régularité de chaque expiration. Je soupçonnais la personne de pleurer. Je ne méritais pas que quelqu'un pleure pour moi… Je me demandais qui cela pouvait être. Peut-être Sam, après tout on s'entendait assez bien avant. La personne ne parlait pas, tenant juste ma main sans prononcer un seul mot.

J'étais allongée sur un lit, sûrement situé dans l'une des chambres de l'hôpital où Sam m'avait amené. Je me rendis compte que je ne respirais plus de ma propre volonté : on m'avait mis sous respirateur artificiel. Je sentais le tube dans ma gorge, et cela était très inconfortable. Je sentais des micros aiguilles me percer à divers endroits de mon corps. Bizarrement, la douleur physique s'était apaisée, comme endormie. Morphine, pensai-je.

Ma situation était plutôt dramatique. Je n'étais pas morte comme je le voulais, mon corps était tellement abimée que je ne pouvais plus rien faire avec lui et qu'il avait adopté le mode végétatif, je ne pouvais même plus respirer par moi-même. Et moi qui pensais il y a quelques heures que cela ne pouvait pas aller plus mal. Tu parles, comparée à maintenant c'était de la rigolade. Avant, je trouvais toujours une échappatoire quand les mauvaises pensées débarquaient, mais là c'était impossible. Enfermée avec lui dans ma tête sans arrêt. Mon enfer personnel.

Je ruminai quand j'entendis des pas se rapprochant de plus en plus de la pièce où j'étais. La porte s'ouvrit, puis se referma. Alors que je me concentrai pour savoir si la personne était entrée ou non, la main de la personne se tendit brusquement, me broyant les doigts au passage. J'entendis alors vers ma droite, un froissement puis des déplacements d'objets, les roues de l'électrocardiogramme couinant à chaque mouvement de l'appareil. Cela devait être un docteur, vérifiant mes fonctions vitales.

Docteur Cullen, elle est si immobile…

Quand la personne qui était là depuis mon réveil avait parlé, je fus surprise. C'était mon père.

Je n'y avais pensé pas avant, mais il était évident de prévenir la famille. Quelle conne pouvais-je faire parfois ! J'avalais difficilement la pilule, ingurgitant avec horreur la nouvelle.

Il ne fallait absolument pas que je me réveille. Affronter la peine de mon père serait trop pour moi. J'avais conscience maintenant de lui briser le cœur en voulant me suicider, mais à l'instant où je sautais, mon départ n'avait pas la moindre importance. Pour moi, il allait s'en remettre. Maintenant que je réfléchissais, je me rendais compte que cela n'était pas un acte anodin, il y avait des conséquences pour chaque chose que l'on faisait. Mon père en était une. J'en avais marre. J'aurais tellement voulu lui expliquer les raisons de mon choix, le serrer dans mes bras, le rassurer et lui dire que tout irait bien pour moi s'il me laissait partir, sans protestations… Je ne supporterais pas d'être la cause du malheur de mon père. C'est pourquoi je ne voulais pas ouvrir les yeux pour voir les dégâts provoqués.

Il n'était plus question de vivre à présent. C'était foutu, perdu, j'avais choisi ma destinée et je savais qu'elle s'accomplirait. Tout n'était plus qu'une question de temps. Temps qui se faisait long.

Il faut que l'on parle de votre… fille, Mr Swan, commença le dit Docteur Cullen, d'une voix gentille qui se voulait compatissante.

Je sais très bien, ce que vous allez me dire, docteur, murmura mon père. Je ne suis pas stupide… J'ai pourtant parfois l'impression qu'elle est toujours là, avec nous…

Elle n'est pas morte, pour l'instant. On ne peut être sûr de rien, mais il se peut que votre fille nous entende au moment où on parle. Elle est encore vivante, même si elle est dans une situation très délicate…

N'essayez pas de me rendre les choses plus faciles, rétorqua Charlie, à l'heure actuelle, la situation ne peut être pire.

Aie. Un coup de couteau dans mon cœur déjà troué. Il ne supportait déjà plus grand-chose, il allait bientôt s'arrêter si l'on m'en plantait encore un.

Je comprends, dit le docteur calmement, j'ai vécu la même chose, avec ma première femme et ma fille… Je ne vais donc pas passer par quatre chemins, cela ne servirait à rien, les choses resteront les mêmes. Je l'entendis souffler doucement alors que Charlie continuait à me briser la main. Bella va mourir. Le choc et la noyade a été trop dur à supporter pour son corps. Même si elle se réveillait maintenant, elle n'aurait que quelques heures devant elle… Sa colonne vertébrale a subi des dommages irréparables, elle ne pourrait d'ailleurs plus bouger à présent. Un œdème cérébral s'est développé… On a essayé de le traiter mais il semble que cela ne réagit pas, car sinon elle se serait réveillée. Son cœur s'affaiblissant peu à peu et son rythme irrégulier ne nous laissent pas grand espoir… Je suis désolé, Mr Swan.

Subitement, Charlie me lâcha la main, la respiration entrecoupée de sanglots. Je voulais frapper ce docteur. Je ne l'aimais pas, il m'énervait avec ses manières et son jargon médical, et il ne semblait pas avoir appris la diplomatie. De quel droit se permettait-il de dire d'une telle façon une nouvelle qui le bouleversait ? Il ne fallait pas écouter mon père, les choses dites en douceur étaient toujours plus faciles à digérer… Les deux personnes se turent un moment, le silence juste brisé par les pleurs de Charlie.

Je ne devrais pas être surpris…, reprit mon père, comme si il avait un besoin de s'expliquer, de se confier. Cela faisait déjà quelques temps que cela n'allait plus avec ma fille. Je la voyais dépérir un peu plus chaque jour. Elle ne voulait plus manger à part quand on la forçait, allait au lycée parce qu'il le fallait, mais elle n'avait plus aucune interaction sociale. Elle semble d'ailleurs plus tranquille, sereine sur ce lit… de mort, que dans la vie de tous les jours. C'était dur pour moi, de la voir comme ça. Mais j'étais impuissant. Je ne pouvais rien faire : rien que le fait de parler de psychologue pour qu'elle surmonte le départ de son ancien petit-ami, la rendait agressive et renfermée sur elle-même. J'avoue que chaque soir, après que je rentrais du travail, j'allais regarder dans sa chambre, pour voir si elle était toujours là. Je savais que cette situation ne pouvait pas durer, un jour elle devait craquer. Alors quand j'ai vu sa lettre sur la table de la cuisine il y a quatre jours, j'ai su tout de suite ce que qu'elle contenait… Ma petite fille… La vie ne l'a pas épargnée… Mon dieu, pourquoi m'infliger cela ? Ma toute petite fille…

Cela me déchirait totalement. C'était cela que j'avais voulu évité depuis un an, et c'est maintenant que la confrontation avait lieu, sans que je puisse intervenir. Mon père a été plus perspicace que ce que je pensais. Il savait tout depuis le début, clairvoyant en ce qui concernait sa pauvre fille. Il pensait qu'il n'avait rien fait, mais sa seule présence m'avait empêché de me flinguer dès le début. Je détestais le fait qu'il prenne la responsabilité de mes actes. J'étais la fautive dans l'histoire, pas la victime. Tout était de ma faute. Le départ d'Eric, la mort de ma mère et de Candice… Il était donc indispensable que je meurs à mon tour. Il ne serait pas juste que je vive, et cela m'arrangeait en quelques sortes. Il était trop tard.

Ainsi cela faisait quatre jours que j'avais sauté de la falaise. Le temps passait plus vite qu'à la normale, ce qui se révélait être un avantage. J'allais mourir dans peu de temps… Je le sentais au fond de moi-même, comme si le peu d'instinct de survie m'indiquant bientôt la fin, pour me prévenir du danger imminent.

Mr Swan, il faudrait que vous vous reposiez un peu dans la salle de repos que dispose l'hôpital… Il ne sert à rien d'attendre sa fin, cela ne ferait qu'empirer la situation de stress pour vous. Dormir est le meilleur moyen d'oublier un peu certaines choses.

Je n'ai pas envie de la quitter, répliqua mon père. Pas maintenant.

Cela ne changera rien que vous restiez, s'exclama le docteur. Ecoutez, je peux vous promettre de rester dans la chambre, comme ça, au moindre changement qui se produit, je viens vous réveiller. Mais vous devez dormir un peu, cela fait bientôt trois jours que vous n'avez pas dormi… La caféine ne marchera pas toujours…

J'espérai que mon père aille se reposer un peu, m'inquiétant pour lui et sa santé. Ironique en soi quand on était dans mon état… Tout de même, Il n'était pas à un âge où il pouvait enfiler nuits blanches sur nuits blanches. Je devais bien avouer que Dr Cullen avait raison : le sommeil le tranquilliserait au moins pendant quelques heures, l'oubli ne pourrait lui faire du mal.

D'accord, mais promettez-moi de me prévenir si… la situation s'aggrave, céda Charlie. Pouvez-vous rester dans la chambre de Bella ? Je sais que vous devez avoir mieux à faire mais…

Aucun problème. Je veillerais sur elle comme si c'était ma propre fille, dit-il murmurant les derniers mots. Allez-y.

J'entendis mon père se lever, puis piétinant quelques secondes, je le sentis s'approcher de moi. Il m'embrassa longuement le front, puis la joue et finit par me glisser quelques mots à l'oreille :

Je ne te l'ai jamais dit, Bella, mais je voulais que tu saches que je t'aime… Je suis si fière de toi… Je suis désolé de ne pas avoir pu te sauver…

Puis il partit, les sanglots s'estompant à force qu'il s'éloignait. Ses mots avaient une certaine note d'adieu… Il m'avait fait ses adieux… J'eus la soudaine envie de pleurer, même si je savais que j'en étais incapable. Le docteur Cullen, quant à lui prit la place de mon père, se taisant pendant quelques secondes, puis au moment où il semblait vouloir prendre la parole, il s'interrompit à l'arrivée d'une nouvelle personne.

Je n'entendis alors plus rien. Comme si les deux personnes avaient disparu. Mais le silence fut rompu.

Qu'est-ce que vous faites là ?

Sam. Il était revenu finalement. Son ton avait été si froid et distant, menaçant presque. Tellement loin de ce qu'il était d'habitude…

Je suis le médecin en charge de Bella, je l'ai opéré, répondit le docteur, empruntant le même ton que son interlocuteur.

Je ne savais pas qu'un monstre tel que vous pouvait se retenir d'abreuver sa soif, surtout dans un endroit pareil… N'est-il pas déconseillé pour votre espèce de vous tenir éloigné de ce genre de lieux ? Je n'en reviens pas que l'infirmière puisse parler de vous quand elle disait confier Bella aux mains du meilleur médecin de l'hôpital…, ricana-t-il, amer. Elle s'est bien foutue de ma gueule ou alors elle est complètement aveugle et stupide ! Dans les deux cas, cela ne m'étonnerait pas…

Je ne sais pas ce que tu sous-entends, mais sache que je sais me contrôler contrairement à ce que tu penses, je me prive depuis tellement longtemps… Ma famille n'a jamais trahi le traité, alors arrête les piques, ce n'est pas la peine.

On n'est jamais trop sur ses gardes avec des gens comme vous…, prévint Sam, furieux. Vous me rendez nerveux à rester près d'elle. Laissez la mourir en paix, il n'y a rien d'autre à faire, c'est vous- même qui l'avez dit à Charlie. Faites attention, nous veillons. Vous savez qu'au moindre écart, il vous arrivera la même chose qu'aux autres…

Je ne comprenais rien à ce qu'ils racontaient… De toute façon, même si je ne savais pas de quoi ils parlaient, je tenais avec Sam. Le médecin ne m'inspirait pas confiance. Il parlait comme si il tramait quelque chose, ce qui n'était sûrement pas bon pour moi…

Il y a bien un moyen de la sauver… mais tu sembles tellement dégouté par notre nature, que tu ne veux même pas l'envisager, tu préfères la laisser mourir en paix, imita le docteur, sarcastique. Cela la sauverait, Sam… Elle est si jeune… et elle n'a plus que quelques heures à vivre. Tu as la possibilité de changer la donne…

Comment osez-vous me dire cela ? Je ferais tout pour elle, vous m'entendez ? Tout !, hurla-t-il, hors de lui. Cela fait deux ans, que je la surveille de loin, ne pouvant l'approcher de peur de lui faire du mal… Vous ne savez rien ! Et vous osez me juger ?

Bon dieu, que se passait-il ? Je savais qu'ils parlaient de moi, mais je n'avais pas compris la cause de la discorde. Il ne pourrait pas me sauver, malgré tout ce qu'ils disent… Il faudrait un miracle, qui n'en serait pas un finalement. Une malédiction. Je me rassurai. S'il trouvait un moyen de me sauver, je trouverais un moyen à mon tour pour en finir pour de bon et réellement cette fois-ci. La mort ne pourrait pas me fuir éternellement…Enfin, je crois…

Tu ferais tout pour elle ? Vraiment tout ? Prouve-le-moi. Prouve-le à Bella. Si tu l'aimes vraiment comme tu le prétends, tu dépasserais ta répugnance. Elle est de toute façon condamnée… Elle pourrait vivre. Me donnerais-tu l'autorisation pour pratiquer la transformation, sans que cela n'ait des répercutions sur le traité ?

Sam avait une respiration saccadée, comme déchiré en deux par un choix cornélien. Il semblait réellement hésiter à accepter la proposition inconnue du Dr Cullen me concernant. Et moi alors ? N'avais-je pas droit au chapitre dans cette histoire ? L'irritation m'envahissait. Je n'avais jamais supporté que l'on décide pour moi, ce n'était pas maintenant que ça allait changer. Je sentais que pour moi, la fin serait tragique… Le happy end n'était et ne serait jamais pour moi. Quand je repensais à mes anciennes ambitions, cela me faisait presque rire jaune: elles étaient si simples, si facile d'accès à l'époque... A l'époque. Des images de maisons et d'enfants courant me traversèrent l'esprit, puis repartirent comme elles étaient venues, laissant derrière une traînée marquée au fer rouge...

Pourquoi feriez-vous cela ? Quel est votre intérêt dans l'histoire ?, cracha-t-il finalement, perdu.

Cela me regarde, répondit-il après plusieurs secondes, d'un ton froid comme la glace. Je ne crois pas que cela t'avancerait plus si je te le disais. Je ne me répèterais pas. C'est maintenant ou jamais… Il sera trop tard pour regretter après. Et tu auras cela sur la conscience. Tu pourrais la revoir au moins quelques instants. Tu saurais que Bella irait bien tout le restant de son existence. Les humains n'en sauraient rien, même pas Charlie. Et tu auras sauvé une vie précieuse. Elle serait morte aux yeux de tous, mais pas aux tiens. Tu es le chef, Sam. La décision repose sur tes épaules. Fais le bon choix.

Je commençai réellement à paniquer. Non ! Sam ne devait pas accepter, quelque soit le plan fou de ce docteur déjanté et étrange. Que voulait-il dire par « Bella irait bien tout le restant de son existence » ? Je ne voulais justement pas vivre ! Je voulais me lever et me planter un couteau dans le cœur, sans que personne n'interfère dans mes décisions. Une tentative de suicide n'était pas assez explicite de mes intentions ? Qu'il me laisse tranquille, merde !

Tandis que je m'emballais contre les deux adversaires, l'électrocardiogramme fit des siennes, les bruits s'accélérant subitement à une allure très rapide. Très bien.

VITE, Sam !

D'accord, cria-t-il, effrayé, la panique et la peur s'entendant dans sa voix.

Tu as fait le bon choix, murmura le docteur, alors que je le sentais se rapprocher de moi.

Mon cœur ralentissait rapidement maintenant, peut-être trop. Comme fatigué de son effort, il semblait ne plus vouloir battre… je sentis sa bouche effleurer mon oreille, doucement. Il était froid, terriblement froid.

Je te demande pardon, Bella. Je dois te sauver, il en va de ma santé mentale… Je ne supporterais pas ta perte… Tu ne comprendrais pas si tu m'entendais, ou si c'est le cas, murmurait-il tout doucement. Ne m'en veux pas… Je te demande pardon…

Alors que mon cœur allait vers son dernier battement, je sentis sur mon cou la morsure de sa bouche, de ses dents… J'entendis en bruit de fond la porte se claquer sur Sam, effondré. Si ce docteur avait trouvé le moyen de me sauver, s'il le faisait… Je jurais alors qu'il n'aurait pas pire ennemie que moi sur Terre. Je lui ferais vivre l'enfer que moi je vivais en ce moment.

Dans ses paroles, il y avait un sens définitif, comme un non-retour, aucune possibilité d'échappatoire. La réalité me frappa en même temps que le commencement d'une sensation très désagréable, là où il m'avait mordu. Comme celle d'une brûlure… La fin me fuyait, et elle avait trouvé le moyen de s'assurer que je ne pourrais jamais l'atteindre…

La vérité faisait mal quand on en prenait conscience. Ceci n'était pas une fin, je le pressentais… Ce n'était que le commencement, celui d'une nouvelle ère…

. . .

Voilà, voilà, un nouveau chapitre. Comme je vous ai dit, il n'est pas joyeux… J'espère réellement qu'il vous a plu. J'y ai passé du temps, et le résultat ne me déplait pas trop. Mais bon, mon avis n'est pas vraiment objectif, je suis l'auteure. Si vous pouviez me dire ce que vous en pensez, cela m'encouragerait à écrire la suite plus vite =) Ce n'est pas grand-chose et ça fait plaisir à l'auteure !

Sur ce, je vous laisse,

Karine.