Into the Fire, the end which's never coming.

Disclaimer : Les personnages sont à Stephenie Meyer, je ne fais qu'emprunter ses personnages. L'histoire m'appartient, elle sort tout droit de mon cerveau =)

Résumé : Bella, dans une tentative désespérée pour échapper à la vie qu'elle a, essaye de se suicider. Sauvée et transformée par la famille Cullen contre son gré, elle va faire vivre un enfer à ses sauveurs. Entre haine et amour qui remportera?

Coucou tout le monde ! Voilà un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira. Je vous remercie tous à nouveau pour les reviews qui me font énormément plaisir. Continuez surtout =).

Je sais, je sais que j'ai un retard inadmissible, mais j'ai une excuse. Je suis partie en vacances et vu que je ne pouvais pas emporter mon ordi, (Hey, je ne suis pas magicienne, et comme vous le savez les ordis fixes c'est très dur à transporter et très chiants =), cela a décalé d'une semaine la publication du chapitre. Et oui, je sais, c'est nulle, mais je ne suis pas une machine et en plus l'écriture intensif et les sorties ne sont pas compatibles ^^. Je vous promets que j'essayerai de m'améliorer.

Bon je parle, je parle, mais je suis sûre que vous en avez rien à faire donc, laissons place à l'écriture, la vraie ;)

Pour ce chapitre, j'ai écrit avec Lovers in Japan de Coldplay et Full Moon de the Black Ghosts.

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture,

K.

Fin du chapitre précédent : Quand je clignai une nouvelle fois des yeux, tout cela disparut et je revins à moi. J'étais à nouveau prisonnière. Que s'était-il passé ? La déception et la réalité me frappa immédiatement. Comment avais-je pu croire que quelque chose de bien m'arrivait… J'attendis quelques heures, comme sonnée par ce qui venait de me prendre. Devenais-je folle ?

Une question m'obsédait tout de même : Avais-je rêvé ? Rêve ou réalité, il me fallait une réponse…

. . .


Chapitre 5. Entre rêve et réalité, elle prend le luxe de rêver… ou pas

L'immobilité me prenait à présent, ne voulant faire l'effort d'essayer de me déchaîner. Je n'avais plus rien d'autre, mon esprit étant vide. Les derniers événements m'avaient complètement chamboulé : que s'était-il passé ? Cette question tournait dans ma tête depuis maintenant quelques jours. J'étais toujours sur le lit, prisonnière de cette famille que je détestais de tout mon cœur. Bien sûr, vu que je n'avais rien d'autre à faire, je pensais sans cesse. Le sentiment d'injustice me prenait souvent. J'avais toujours pensé que j'étais quelqu'un de bien, pas de très méchant en tout cas. Et voilà comment on me récompensait.

Mille questions se bousculaient. Ça commençait à devenir une habitude malsaine. Pas de réponses et personne pour m'écouter. Non que je veuille me faire des amis, surtout dans cette maison de fous.

Le seul contact que je m'autorisai avec eux, c'était quand ils m'apportaient à manger. J'avais essayé pendant un moment de résister à l'appel du sang, en signe de révolte, mais cela m'avait tellement obsédé que je m'étais littéralement jetée dessus. Ma volonté s'effaçait quand je voyais le petit bol de sang. Je ne me posais pas de questions sur sa provenance, trop dégoûtée. J'étais devenue un monstre à mon tour.

Le reste du temps, je m'appliquai à les tenir loin de moi. A force de les rembarrer, ils avaient commencé à comprendre. Commencé seulement. Parce que Carlisle était tenace. Il était tellement exaspérant que parfois, il m'arrivait d'hurler après lui. Il me demandait sans cesse de mes nouvelles, voulant faciliter le plus ma vie, comme il disait. Il résistait quand je lançais les pires insultes de ma connaissance, me souriait tout en voulant rester compatissant quand je me déchaînais en criant et en bougeant de toute part. La culpabilité le rongeait, et il essayait comme il pouvait de la soulager. Pitoyable. Heureusement pour lui qu'on m'avait attaché, parce que sinon je ne pensai pas pouvoir répondre de mes actes.

Le reste du temps, ils ne se préoccupaient pas de moi. Un jour, j'entendis tout de même en bas une dispute. N'ayant rien d'autre à faire, j'y prêtais attention :

-Quand vas-tu cesser d'être gentil avec elle ? Elle ne le mérite pas, tes efforts ne servent à rien, entendis-je de la part d'Edward.

Depuis la confrontation, je ne l'avais pas revu, ni même entendu. Je pensai qu'il était parti pour de bon. J'aurais mieux fait de ne pas prendre mes rêves pour une réalité…

-Arrête un peu, tu sais très bien ce qu'elle représente à mes yeux, tu sais que cela compte pour moi, s'exclama Carlisle. Et puis cela me regarde après tout. Tu n'es pas là en ce moment donc tu n'as rien à dire. Je me demande d'ailleurs pourquoi tu prends cette histoire tant à cœur… Emmett ou encore Esmée ne font même plus attention. Bon, bien sûr ses excès de colère tapent les nerfs à tout le monde, mais ce n'est pas facile dans sa situation. Je ne comprends pas ta colère contre elle. Elle t'a rien fait.

Il resta muet quelques instants.

-Je ne sais pas vraiment, elle m'énerve. Je ne contrôle pas, c'est psychologique. Elle débarque comme ça, et chamboule tout mon univers… Je ne comprends pas forcément non plus. Elle attise un tel sentiment que je ne pourrais qualifier que par la haine. C'est vraiment hors de contrôle.

Bizarrement, c'est aussi ce que je ressentais à son égard. Au moins un point commun que j'avais avec lui. Dans notre haine commune, on trouverait peut-être un terrain d'entente… Je souris. Oh que non. Je me ferais un plaisir de l'énerver le plus possible.

-Et bien, essaye de te contrôler, et de l'accepter. Ou tout du moins d'arrêter les assauts perpétuels contre sa personne, ou les absences prolongées. Esmée te veut près d'elle, tu le sais. Elle n'aime pas quand tu pars sur plusieurs jours.

-Et c'est pour cela que je suis revenu. Mais compte pas sur moi pour jouer l'hypocrite.

Je décidai d'intervenir. De là haut, il pouvait m'entendre tout de même.

-T'inquiète pas, tu n'auras pas besoin, j'ai très bien compris, dis-je sarcastique. Je sens qu'on va devenir les meilleurs amis du monde, si tu continues à m'être aussi sympathique.

Il grogna puis sortit de la maison en claquant la porte. Quelques minutes plus tard, Esmée débarquait. Avec une expression de douceur sur le visage, elle s'assit face à moi. De tous les membres de ce clan, Esmée en était la plus respectable. J'avais beaucoup de mal à la détester, et à lui faire subir mes attaques incessantes. Au fond, je savais que la figure maternelle qu'elle représentait me touchait. La mère que tout le monde rêvait d'avoir. Ce doux rêve qu'elle représentait pour moi me rappelait à chaque fois ce que j'avais manqué avec l'absence de ma mère. La blessure m'affaiblissait, m'attendrissait. Il fallait que cela s'arrange.

-Que voulez-vous ?, l'attaquai-je méchamment.

-Juste te voir, prendre de tes nouvelles. J'avoue n'avoir pas fait beaucoup d'efforts. Vaut mieux tard que jamais.

-A d'autres. Que voulez-vous ?, reformulai-je.

Elle soupira.

-Ne peux-tu pas penser que les gens puissent venir te voir sans qu'ils aient une idée derrière la tête ? Je ne te veux aucun mal. Tu sembles tellement blessée par le temps et les événements que je ne me permettrai pas d'en rajouter une couche. Carlisle aussi ne veut que ton bien. Il s'inquiète pour toi. Il est d'ailleurs désolé que tu aies due assister à l'altercation d'en bas. Edward est un peu…brute, mais très gentil quand on prend la peine de le connaitre.

-Même pas capable de se défendre tout seul, il envoie sa femme, ricanai-je. Passons. Pour Edward, il me tape aussi sur les nerfs. Non que pour le reste de la famille ce n'est pas le cas. Mais c'est plus flagrant chez lui. Alors qu'il aille au diable, je n'en ai que faire… Pour vous, l'hypocrisie ne vous va pas. Prétendre se préoccuper de moi alors que vous souhaitez seulement faire entrer dans mes grâces des personnes que je déteste…c'est bas.

La mère de famille devint livide, muette, mais tranquille. Elle était bouleversée, apparemment.

-Jamais je ne ferais ça. Tu ne sais pas ce que cela me fait du mal de te voir dans cet état. Je n'ai pas aimé voir chacun de mes enfants dans la même situation que la tienne. Mais ils étaient tous moins têtus que toi. Emmett a tenu deux jours avant de promettre qu'il se tiendrait tranquille. Le plus fut Edward, Jasper ayant tenu seulement deux semaines. Lui a tenu deux mois entiers. Ils ont tous eu la même réaction que toi. Le dégoût, la colère, le rejet aussi. J'ai vu Carlisle les transformer tous les trois, pour des raisons diverses, mais jamais cela ne l'a autant blessé que quand toi tu l'as rejeté. Cela fait déjà trois semaines que ta transformation est achevée. Il suffit juste que tu deviennes raisonnable, et on te libère de tout cet attirail horrible. Est-ce vraiment trop te demander ?

Elle était vraiment désespérée. C'était beaucoup trop me demander, en effet. Je me tus, consciente qu'elle avait compris ma réponse muette.

-Fais comme tu veux après tout, ce n'est pas moi qui suis enfermée vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans la même pièce avec aucune possibilité de bouger… Tu vas vraiment réussir à faire le vide autour de toi. Et je sais parfaitement ce que c'est. Tu trouveras le temps long si tu n'arrêtes pas cela tout de suite.

Elle sortit de la pièce, une figure impassible mais les yeux tristes.

Comme elle l'avait dit,Le vide était parfois véritablement pesant. Je ne pouvais dormir, préoccupée par ses paroles, mais je me surprenais à entrer dans un état léthargique, où je n'entendis plus rien, isolée. C'était un peu mon échappatoire à cette existence. Je passais virtuellement du temps avec les gens que j'aimais, imaginant des retrouvailles possibles avec eux. C'était reposant pendant quelques heures. Je n'arrivai plus pourtant à revenir dans ce monde si particulier.

Que s'était-il passé la dernière fois ?

Ce n'était pas un rêve, ce n'était pas possible. Malgré tout, il y avait peu de chances pour que cela se soit réellement passé. Je ne voulais pas en parler aux Cullen, qui eux, ne s'étaient aperçus de rien. C'était mon petit secret, mon espoir. Même si l'espoir, dans ce cas précis, me rendait totalement folle. Je ne pouvais plus supporter cette impression de déséquilibre…

Il fallait donc que ça change. Que je fasse quelque chose. Tout mais pas cette situation. Il fallait que je sache si c'était bien ce que je pensais. Je réessayai encore une fois, voulant à tout prix réussir.

Je fermai les yeux, me concentrant sur ce que je voulais le plus, comme la dernière fois. L'oubli. Peu à peu, je n'entendis plus rien toujours en me focalisant sur mes désirs. Au moment où je fus insonorisée, complètement étrangère à tout élément extérieure, je rouvris les yeux.

Et avec joie je me retrouvais à nouveau dans ce paysage irréel. Je le contemplai quelques instants, toujours autant émerveillée par cette endroit magique. Cette fois-ci j'étais tout de même bien décidée à bouger et ne pas rester sur place. Profitant de ma liberté factice retrouvée, je commençai à explorer les alentours. Je me rendis compte que je n'étais finalement pas seule : la faune et la flore se révéla à moi : les oiseaux de diverses couleurs qui ne s'effrayaient pas quand j'arrivai, les ours, les renards, les biches et d'autres animaux que je connaissais défilaient devant mes yeux ébahis. Il y en avait d'autres qui m'étaient inconnus et prenaient toute sorte de forme et d'allure qui me fit sourire, alors que cela ne m'était pas arrivé depuis un petit bout de temps.

Ce lieu avait vraiment un effet apaisant et optimiste sur mon moral. Je me rappelai alors de l'époque où je prenais mon appareil photo et que je partais voir le coucher de soleil dans la mer qui encadrait ma région. Souvenirs, souvenirs… Cela faisait mal. Mais qu'importe, vivre l'instant présent était la seule chose importante.

Sortant de ma tête, je me décidai alors à me nourrir. La soif me brûlait la gorge, quémandant les mets appétissants qui m'entouraient alors. Si à mon retour à la réalité, à mon cauchemar, je me sentais repue, j'aurais alors la preuve incontestable que je ne devenais pas folle. Ou du moins pas complètement. A une vitesse surhumaine, je repérais un animal d'une grandeur satisfaisante dont l'odeur ne me révulsait pas. Après quelques secondes d'attente, l'animal se rendit compte de ma présence. Alors que je bondissais avec vélocité et élégance, mon repas ne sembla pas effrayé le moins du monde, attendant l'heure de sa mort comme si il la savait proche, presque comme si cela était prévisible.

Bizarre. Je vidais de son sang peu à peu la bête, ma faim s'amenuisant à chaque gorgée. Contente et dégoûtée, ma première fois s'était déroulée mieux que je ne le pensais. Mes instincts primitifs avaient juste pris le dessus.

Rêvais-je ?

Ce monde semblait correspondre à mes envies vampiriques, me donnant tous ce dont j'avais vraiment besoin pour ma santé physique. Il semblait s'adapter à moi, comme créé sur mesure. Je courus pour atteindre la bute qui surplombait la vallée, voulant m'y poser afin de réfléchir. Arrivée, je m'assis, posant ma tête sur mes mains libérées, et laissant mes yeux divaguer.

Etrangement, l'oubli avait pris le dessus. Mon souhait s'était réalisé. Même si je savais que j'avais des problèmes, et quels étaient-ils, le contentement prenait le dessus, effaçant les peines et les déceptions.

Combien de temps cela allait-il durer ? Quand reviendrais-je ?

Je ne souhaitai pas revenir. Ici tout était largement plus facile.

Malheureusement, je ne comprenais pas le fonctionnement de cette sorte de « voyage » dans un monde inconnu. Les humains ne semblaient pas prendre part à mon rêve, comme disparus de la circulation. Je ne savais vraiment pas si je pourrais revenir à mon réveil. Tout semblait être dirigé par mes sentiments. A chaque fois que je venais ici, il me semblait que le besoin d'oubli m'avait pris juste avant. En tout cas, c'était ce qui s'était passé cette fois-ci.

Alors que je continuais à réfléchir à tout et à n'importe quoi, une sensation de fatigue m'envahit, ne me laissant pas d'autres possibilités que de fermer les yeux, plus de trois secondes.

Cela suffit pour que je change de paysages. Ma vision troublée tout d'abord, s'adapta à son nouvel environnement. Le visage de Carlisle et d'Edward apparut alors que je m'y attendais le moins. Leurs expressions m'auraient presque fait rire si j'en avais eu le cœur.

-Bon sang, où étais-tu passé ? Comment, comment as-tu pu disparaître ? cria Carlisle, plus en colère que je ne l'avais jamais vu.

-Et comment as-tu pu réapparaître comme par magie ?demanda Edward, effaré. A croire que tu possèdes réellement des pouvoirs… Pour une fois que tu prouverais que tu es douée pour quelque chose.

-Si j'avais vraiment des pouvoirs, j'aurais trouvé le moyen de te faire partir…, répliquai-je, haineuse. Et puis, tu ne me connais pas. Je n'ais pas à te prouver ce que je suis capable de faire.

-Bella ! Tu t'imagines la peur que tu nous as procurée ? Alors que je pensais te trouver dans ta chambre, je ne trouve que tes attaches vides !, reprit Carlisle. Comprends-tu les conséquences de tes actes ? Je t'ai retenue dans cette position pour une raison, pas pour mon bon plaisir ! Il grogna, frustré, la voix entrecoupée par la rage. Et puis vas-tu te décider à nous dire où tu es allée ? Qu'on sache au moins si tu n'as pas tout fait foiré…

-Hey, c'est bon, ne montez pas tout de suite sur vos grands chevaux ! Je ne comprends pas non plus ce qui se passe alors épargnez-moi cette scène ! Et en plus vous m'attaquez alors que je viens juste de reprendre mes esprits !

Carlisle reprit son souffle, les paupières tombées.

-Bon tu vas m'expliquer tout depuis le début, sans omettre un seul détail. J'en ai assez de tes sautes d'humeur. Je trouve que j'ai été assez patient depuis le début et tu ne montres aucune amélioration dans ton comportement. Alors, pour une fois, je t'ordonne de me dire ce que tu sais.

-J'y croyais plus… Enfin quelqu'un de d'accord avec moi sur le comportement de la capricieuse, s'exclama Edward, un sourire ironique qu'il m'adressait particulièrement.

Je lui lançais un regard noir, emprunt de tout le dégoût que je pouvais y mettre.

-Je ne vais pas non plus afficher un grand sourire.

-Peut-être, mais maintenant j'ai compris. Tout est de ma faute et je l'admets, mais on ne peut pas retourner en arrière, alors il faudrait que tu avances un minimum à présent dans ta nouvelle vie, tu te punis toi-même, rajouta le docteur.

Je réfléchis aux paroles de Carlisle. Il était vrai que je me comportais réellement comme une gamine. Si je voulais leur faire endurer la douleur qui me consumait chaque instant, ce n'était vraiment pas de cette manière que j'y arriverais. Il fallait que j'ai toutes mes capacités, non être estropiée de la sorte. De toute façon il fallait absolument que je comprenne ce qui m'arrivait. Et les Cullen connaissaient l'univers paranormal depuis beaucoup plus de temps que moi. Ils pourraient m'aider, même si cela serait exceptionnel. Je compte bien me passer de leur compassion après les avoir amadouer à ma façon. Après tout, si je me comportais bien juste avec les aînés du clan, j'aurais un peu plus de liberté..

Vengeance, il y aura, je le promets…

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POV Carlisle.


Cela faisait maintenant un mois que Bella s'était vu transformée. Et son attitude n'avait pas changé par rapport au premier jour. S'acharnant encore et toujours sur moi, chacune de ses paroles me blessait profondément. Si elle savait seulement…

Je ne regrettai alors pas de l'avoir fait vivre. J'espérais réellement au départ qu'elle apprécierait sa nouvelle vie. Je savais au moment de ma décision de la sauver qu'elle avait vécu des évènements terribles. Son père m'avait tout raconté, le poids qu'il portait sur les épaules étant trop lourd. On ne pouvait s'étonner qu'elle ait craqué… Je ne regrettais alors pas de l'avoir laissé à son triste sort, non.

Cependant, les regrets de n'avoir pas pu la sauver à temps pour qu'elle reste humaine, je les avais à présent constamment. La peine et la culpabilité me rongeaient un peu plus chaque jour. Elle souffrait à présent de notre condition irréversible…

Je me rappelais encore quand je l'avais vu la première fois à l'hôpital. Elle lui ressemblait tellement… A telle point que Sa survie devait avoir lieu, la folie aurait pris sur moi si je n'avais pas tout fait pour œuvrer dans ce but. Elle était vraiment dans un état pitoyable. Les membres disloqués, la colonne vertébral touchée, des œdèmes, plus une hémorragie interne, elle avait peu de chances de s'en sortir, voire aucune. Je n'avais pas parlé de tous les détails à son père, lui étant déjà au plus bas. Mais je n'avais pas pu m'empêcher par contre, d'être sincère sur la possibilité pour sa fille de survivre. Je ne voulais pas qu'il soit dans l'état que je connaissais que trop bien… L'attente et l'espoir pourtant vains. Bella n'avait alors à ce moment plus que quelques heures à vivre, tout au plus et le père devait se préparer.

Mon plan germa à cet instant : et dans le feu de l'action, cela me semblait la chose la plus juste à faire. Et je le mis sur pied. Je n'aurais peut-être pas dû après tout…

A l'heure actuelle, elle pensait vraiment que je n'avais agis que par méchanceté ou sadisme, j'en étais sur. La piètre opinion qu'elle avait à mon égard ne pouvait s'arranger sans explication, mais elle la refusait. Dans le fond, je savais que j'en étais soulagé. Je n'étais pas prêt à la lui donner.

Alors je subissais toutes ses sautes d'humeur sans broncher, espérant qu'elle se soulagerait une bonne fois pour toute puis qu'elle me pardonnerait de mon égoïsme.

Je n'avais toujours pas postulé à l'hôpital de Forks, voulant seulement me consacrer à ma protégée. Esmée avait trouvé dans le centre de Seattle une petite organisation de bénévoles pour aider les pauvres et y travaillait en attendant que les choses se stabilisent. On ne savait que faire. Emmett et Jasper avaient repris les cours dans le lycée. Ils s'ennuyaient et Jasper voulait absolument battre cette addiction du sang humain qui le guidait depuis tellement de temps. C'était dur pour lui, mais il survivait. Il était devenu une source de fierté, comme l'aurait été un vrai fils. Mes trois fils.

Il était vrai que notre famille manquait de composantes féminines. Bella avait représenté pour moi l'espoir de voir l'un de mes fils se trouver une compagne. Avec Edward, j'avais vite compris que cela n'était pas possible. Au premier regard, ils n'avaient pu se voir. Etrangement d'ailleurs. Leurs caractères semblaient pourtant tellement complémentaires…

Je connaissais Edward maintenant depuis plusieurs dizaines d'années, ayant passé tous les jours du siècle passé avec lui. Et je n'avais alors jamais vu quelqu'un le mettre dans un état pareil.

Il avait toujours été tumultueux, sentimental, torturé. Instable. Mais les gens ne lui tiraient jamais aucune réaction. La famille que l'on représentait était la seule chose qui comptait réellement à ses yeux, avec ses livres, sa musique et sa liberté. Le reste lui était invisible. Et pourtant…

Il l'avait jugé directement comme une intruse. Sa réaction violente nous avait tous laissé quelques peu abusés. Il ne venait à la maison que rarement, comme si cela l'intoxiquait de rester. Si j'avais pu comprendre, il s'était installé dans un petit hôtel pas loin, dans l'état d'à côté si je me souvenais bien.

Je ne cherchais pourtant pas à en savoir plus, trop occupé par la nouvelle arrivante pour comprendre les tumultes de l'esprit de l'aîné de mes fils.

Bella était toujours enfermée et prisonnière dans la chambre du dernière étage. La culpabilité me reprenait. Je voulus donc savoir comment elle allait. Je montai tranquillement les quelques marches, à une allure à peine plus rapide que celle d'un humain.

Quand j'arrivai devant la porte, une chose me surprit tout de même. Je n'entendais plus rien. Plus de respiration, plus de mouvement, plus de râlements comme elle savait si bien le faire. Rien.

J'ouvris la porte en catastrophe. Et ce que je pensais fut confirmé. Elle n'était plus là. Panique à bord.

Comment avait-elle réussi à s'enfuir ? Même Emmett gorgé du sang de nouveau-né n'y était pas arrivé. C'était un ami proche de la famille, vampire de surcroit et spécialiste dans la fabrication dans le domaine de l'acier, qui m'avait bien affirmé que personne ne pourrait les briser par la force.

Je regardai plus précisément. Les chaînes étaient intactes.

Il fallait que je la retrouve. Je ne pouvais contacter Esmée, ni les garçons à l'école. Ma femme travaillait à Seattle et Jasper et Emmett ne pouvaient pas partir en catastrophe. Il ne restait qu'une personne. Edward. Bien sûr, il fallait que cela soit la plus réticente…

Je pris mon téléphone et composai son numéro.

-Qu'est-ce qui se passe Carlisle ?

-Edward, tu es où ? J'ai absolument besoin de toi. Bella s'est enfui.

Il grogna.

-Je savais qu'elle allait nous attirer des ennuis. J'arrive je ne suis dans l'Etat d'à côté, je peux débarquer dans dix minutes tout au plus.

-Ok. Ne tarde pas, j'ai vraiment besoin de ton aide. Je vais commencer à chercher dans les environs.

-Non attends-moi dans sa chambre. Vaut mieux s'organiser. Je prêterais attention. Avec un peu de chance, je la retrouverai en chemin.

-A tout de suite alors.

J'attendis comme il était prévu dans la chambre. Depuis combien de temps était-elle partie ? Je ne croyais pas à la probabilité qu'Edward la retrouve sur le retour. Elle a prouvé qu'elle était intelligente. Alors que je commençais à paniquer, mon fils débarqua à vitesse vampirique dans la pièce. Son expression représentait toute l'inquiétude qui me perturbait à l'intérieur.

J'en avais marre. Assez de cette condition. La colère commençait à monter peu à peu dans mon corps, comme une fièvre qui parcourrait mon corps par de grandes vagues.

-Son odeur n'est nulle part autour de la maison. Si on n'avait pas sa fuite devant les yeux j'aurais pu croire qu'elle est encore dans sa chambre. Vraiment bizarre, commença Edward. Les odeurs auraient dû la trahir, on ne peut les effacer. On dirait qu'elle s'est…volatisée. Je ne sais pas comment elle a fait.

-Plus rien ne m'étonne d'elle. Elle est tellement différente de vous tous. Elle montre une telle détermination à nous détester. Même toi qui as eu vraiment beaucoup de réticences à nous accepter, tu n'as pas montré autant de haine.

Je soupirai, complètement dépassé par les évènements.

Au moment où l'on débutait la création de notre plan de recherche en attendant la rescousse des autres, un drôle de changement se fit dans la pièce. L'espace d'une seconde, ce fut comme si la Terre s'était arrêté de tourner. Les feuilles qui tombaient dehors se stoppèrent dans leur course, plus aucun bruit ne se fit entendre… Et Bella apparut. Comme si elle n'avait jamais quitté la pièce. Si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux, je ne crois pas que je l'aurais cru. Extraordinaire.

-Bon sang, où étais-tu passé ? Comment, comment as-tu pu disparaître ? Criai-je, la colère remontant à la surface.

-Et comment as-tu pu réapparaître comme par magie ?demanda Edward, effaré. A croire que tu possèdes réellement des pouvoirs… Pour une fois que tu prouverais que tu es douée pour quelque chose.

Elle semblait alors complètement déboussolée, voir déçue. Je ne savais plus quoi penser. Pour Edward, la réaction de Bella ne se fit pas attendre.

-Si j'avais vraiment des pouvoirs, j'aurais trouvé le moyen de te faire partir…, répliqua-t-elle. La haine envahissait ses yeux, comme deux flammes. Et puis, tu ne me connais pas. Je n'ais pas à te prouver ce que je suis capable de faire.

-Bella ! Tu t'imagines la peur que tu nous as procurée ? Alors que je pensais te trouver dans ta chambre, je ne trouve que tes attaches vides !, repris-je. Comprends-tu les conséquences de tes actes ? Je t'ai retenue dans cette position pour une raison, pas pour mon bon plaisir !

Je laissai échapper un grognement. Je ne pouvais décidément pas rester de marbre.

-Et puis vas-tu te décider à nous dire où tu es allée ? Qu'on sache au moins si tu n'as pas tout fait foiré…, continuai-je.

-Hey, c'est bon, ne montez pas tout de suite sur vos grands chevaux ! Je ne comprends pas non plus ce qui se passe alors épargnez-moi cette scène ! Et en plus vous m'attaquez alors que je viens juste de reprendre mes esprits !

Je retins quelques grossièretés. Elle était vraiment culottée. Elle disparaissait, comme ça, et ne daignait même pas nous expliquer la cause. Je m'en fichais. Je ne lâchais pas le morceau tant que je n'aurais pas réponse à ma question.

-Bon tu vas m'expliquer tout depuis le début, sans omettre un seul détail. J'en ai assez de tes sautes d'humeur. Je trouve que j'ai été assez patient depuis le début et tu ne montres aucune amélioration dans ton comportement. Alors, pour une fois, je t'ordonne de me dire ce que tu sais.

-J'y croyais plus… Enfin quelqu'un de d'accord avec moi sur le comportement de la capricieuse, s'exclama Edward, un sourire ironique. Je fis un signe à Edward que seul lui put voir afin qu'il arrête.

C'était déjà assez difficile.

-Je ne vais pas non plus afficher un grand sourire, dit Bella.

-Peut-être, mais maintenant j'ai compris. Tout est de ma faute et je l'admets, mais on ne peut pas retourner en arrière, alors il faudrait que tu avances un minimum à présent dans ta nouvelle vie, tu te punis toi-même, rajoutai-je.

Pendant quelques instants, elle sembla réfléchir. Aucun sentiment ne trahit son impassibilité. Elle devenait maître dans la matière de cacher ses ressentis. Il fallait qu'elle s'explique, cela était essentiel. Elle reprit enfin la parole.

-Depuis quelques temps, j'ai découvert une chose qui m'est arrivé par deux fois. Je ne pourrais l'expliquer précisément. Cela arrive souvent quand j'ai besoin d'oubli ou de liberté. Tout devient bizarre. Je n'est plus qu'à fermer les yeux. Et la chose se passe.

-Quelle chose ?

-Je ne sais pas. J'atterris dans un endroit que je ne connais pas. A chacun de mes « voyages » en quelques sortes, c'est toujours le même lieu.

-Combien de fois y es-tu allée ?

-Je vous l'ai dis, deux fois !, s'exaspéra-t-elle. La colère traversa ses yeux. Puis elle sembla se calmer. Deux fois. La première fois il y a une semaine tout au plus. Je ne sais plus la notion du temps. Peut-être il y a seulement deux trois jours, je ne pourrais pas vous dater. Comme vous avez pu voir, la deuxième, j'en reviens juste.

-As-tu un contrôle particulier ? Je veux dire les déclenche-tu ? Ou cela arrive-t-il à l'improviste ?

-Non. Quand j'ai des émotions fortes surtout.

Cela était complètement fou. Je n'avais jamais vu cela auparavant, aucun vampire ne possédait jusque là ce genre de caractéristiques. Ce pourrait-il que…

-Pourquoi tu ne nous l'as pas dit plus tôt ? Tu étais consciente de t'enfuir en cachette, je ne sais où, et cela fait une semaine que tu le sais, et tu ne daignes même pas nous prévenir ! Bon sang, tu pourrais réfléchir un peu au lieu de tout nous cacher sous prétexte que l'on te martyrise. Arrête de faire l'enfant brimée, intervint Edward.

Sur le moment, j'ai bien cru que j'allais devenir violent. Mais quel idiot ! Je sentais la catastrophe venir. Il n'avait pas réfléchi. Bella venait juste de faire un énorme effort en nous expliquant de quoi il en retournait et il venait de tout foutre en l'air. Elle avait dit précédemment que c'était les émotions fortes qui déclenchaient sa transportation dans un endroit inconnu… Si je croyais ce qu'elle venait de dire, la remarque d'Edward risque de provoquer certaines choses…

Elle se figea. Puis tout doucement, d'une façon presque effrayante, elle tourna la tête vers lui.

-Ne me dis pas des choses que tu ne comprends pas, Edward Cullen, murmura-t-elle. Plus je te connais, plus tu me montres ce que je ne puis accepter. J'ai tout perdu, et ça tu ne pourras réellement comprendre ce que cela fait que quand tu le vivras, rajouta-t-elle.

Puis comme si elle était fatiguée, elle ferma ses paupières, aussi doucement qu'elle avait parlé. Alors que le temps s'arrêta de nouveau, tout se bouscula. Edward, se mit à courir. L'image de Bella s'effaçait peu à peu.

-Oh non, tu ne partiras pas ! cria Edward.

Posant sa main sur son bras, je ne compris pas la suite des événements. Alors que le temps reprit son cours, je rouvris les yeux que j'avais fermés par mécanisme. La vision me glaça d'horreur.

Ils avaient disparu. Seul, je contemplais la pièce vide de ceux qui avaient tout emporté.

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Note :

Alors je me suis assez rattrapée =) ? Voilà, voilà, c'est la fin du chapitre. Pour le point de vue de Carlisle, je tiens à préciser que ce n'était alors mais vraiment pas prévu. Je ne sais pas ce qui m'as prit cela m'est venu tout seul. Au moins, il a le mérite de préciser certains points.

Comme vous avez sûrement dus vous rendre compte, les filles Rosalie et Alice, ne sont pas encore incorporés à l'histoire. Mais je leur réserve un rôle bien particulier. Enfin si je reste dans la même optique. J'écris la fiction au jour le jour et je n'ai aucun chapitre de réserve, donc l'inspiration vient comme elle peut.

Pour l'instant, en ce qui concerne l'état d'esprit de Bella, il est tout à fait normal. Cela me permet de continuer l'histoire comme je le prévois. Je sais qu'elle a vraiment un caractère de garce, mais personnellement, je l'aime bien comme ça =). Au moins elle ne se laisse pas faire ! Etvous qu'en pensez vous ? Faudrait-il que je chage certaines choses ? Toutes les remarques sont bonnes à prendre =)

Bon, j'en assez dis pour les jours à venir =). Merci encore pour toutes les reviews du dernier chapitre, sachez que c'est vraiment cela qui me donne envie de continuer ! Alors ne réprimez pas vos envies de me dire ce que vous pensez, cela m'aide à avancer dans la progression de l'écriture !

Sur ce, je vous laisse, chers lecteurs, bonne journée à tous,

Karine.