Chapitre 2 : superbe découverte.

Trois mois avaient passé depuis leur arrivée, Magaly s'était à peu près habituée à avoir une vie presque normale. Malgré tout, de temps en temps, elle partait avec son grand-père en chasse, comme pour enlever en elle cette soif de sang ou de vengeance. Mais heureusement, pour elle, jusque là personne ne connaissait la vérité, même pas ceux qui se disaient ces amis.

Ce matin, à peine levée qu'elle se prépara déjà pour faire une excursion dans la forêt.
- Tu vas où à cette heure là ?, lui demanda son grand-père légèrement inquiet.
- Le soleil est levé depuis cinq heures et je vais juste dans la forêt.
- Tu comptes vraiment chercher ces loups ?
- Je veux voir la meute et surtout voir celui qui est le père des petits attendus par Maya.
- Tu es une vraie tête de mule.
- Je sais mais j'ai besoin de savoir, ajouta-t-elle pour sa défense.
- Tu as pris une arme au cas où ?
- J'ai ma courte épée dans le dos et mes couteaux et une arme à feu, lui expliqua-t-elle avec un grand sérieux, comme pour le rassurer.

Mais ce n'est qu'après quelques échanges vocaux peu catholiques, pour s'expliquer d'un côté et de l'autre éviter une balade, qu'elle réussit à faire entendre raison à son grand-père.
- Va-y mais revient avant la tombé de la nuit, finit-il par répondre au bout de nerf face à la victoire écrasante de sa petite fille.
- Je sais, lui dit-elle avant de lui déposer un gros bisou sur la joue.
Elle partit dans la forêt accompagnée de Maya et Léto, armée jusqu'aux dents.

Après quelques heures de marcher, ils arrivaient enfin au sommet de la montagne.
- Qu'est ce que c'est que ce truc ?, se demanda-t-elle, curieuse.
Le sommet de la montagne ressemblait à un plateau entouré d'arbres. En fait la forêt formait une clairière, et dans son centre, se trouvait un vieil arbre, immense mais surtout majestueux, entouré de pierres. Un autre cercle de pierres formait un rond plus loin autour de l'arbre comme pour délimiter le territoire de la forêt sur la clairière. Magaly ne remarqua pas tout de suite, la présence d'un récipient en pierre au pied de l'arbre. Quand elle s'en approcha, elle vit qu'il contenait du sang séché.
- Putain, c'est le lieu de rendez-vous de thérianthrope, s'exclama-t-elle, en se souvenant aussi que quand il y avait de telles créatures, il y avait du danger, que les deux étaient liés.
Elle posa sa main sur l'écorce de l'arbre. Les poils au niveau de son avant bras se redressèrent. Elle enleva donc aussitôt sa main, comme si elle venait de se prendre une décharge électrique.
Soudain, Maya et Léto se mirent à courir, obligeant Magaly à s'éloigner de l'arbre.
- Bordel, non ne partez pas !, leur hurla-t-elle dessus avec une pointe d'énervement.

Elle se mit à courir derrière ces loups, essayant de les suivre sans se prendre les pieds dans des arbres morts.
Les deux loups s'arrêtèrent aux pieds d'une petite fille avec des nattes blondes.
- Maya, Léto revenez i…………..
Elle ne finit pas sa phrase, car elle était étonnée de voir cet enfant ici, toute seule. Elle s'approcha d'elle en douceur.
- Bonjour !, lui lança la jeune femme avec un grand sourire.

La petite fille prit peur en voyant Magaly et aller partir, mais Maya la retient par la manche alors que Léto lui aboyait dessus.
- N'ait pas peur, je ne vais pas te faire de mal, lui dit-elle avec la voix le plus calme possible. Léto, arrêtes. Comment tu t'appelles ? Moi, c'est Magaly.
- Je…….. Je m'appelle Maria, finit-elle par arriver à prononcer.
- Tu sembles bien connaître Maya et Léto à ce que je vois ?
- Je ne connaissais pas leurs noms, mais ils viennent souvent jouer avec la meute et avec nous.
- Quel âge tu as ?, demanda Magaly pour assouvir sa curiosité.
- Sept ans bientôt, dit Maria toute fière d'elle.
- Tu es bien jeune pour être seul ici.
- Je ne suis pas seule. Et toi pourquoi tu es là ?
- Je cherche la meute de loup, pour savoir qui est le papa des bébés de Maya.
- Elle va avoir des petits ?, demanda-t-elle avec une grande joie dans ces yeux. C'est trop bien. C'est Moskau le chef de la meute, le papa.
- Qu'elle veinarde cette Maya, tu ne trouve pas ?
Une personne arriva derrière le dos deux filles. Magaly se tourna très vite malgré le fait que la personne ne faisait pas de bruit.
- Maria, éloigne-toi, on t'a déjà dit de ne pas parler aux humains, s'exprima la femme sur un ton dur en appuyant bien sur le dernier mot.
- Mais maman, elle est gentille la madame. En plus c'est la maman de Maya et Léto, essaya tant bien que mal d'expliquer Maria à sa mère.
- Ce n'est pas une raison. Elle n'est pas comme toi, alors on ne peut pas être avec eux. Rentres maintenant, je vais devoir lui parler.
- En revoir Magaly.
- J'ai été très heureuse de savoir qu'ils viennent jouer avec toi, conclut Magaly avec un grand sourire.
La fillette rentra un peu plus dans la forêt et sortit vite du champ de vision de Magaly.
- Je ne sais qui vous êtes pour avoir des loups mais vous n'avez pas le droit d'être là. C'est trop dangereux pour vous, les humains.
- Qui vous a fait croire que j'étais humaine ? Et puis je sais me battre, mais merci quand même pour l'information, ajouta-t-elle avec ironie.
- Vous ne serez pas vous battre contre eux !!
- Au contraire. Dites à vos chers compagnons que s'ils ne veulent pas tous mourir, ils se dépêchent de reprendre forme humaine et de rentrer chez eux. Je ne promets pas de me retenir s'ils m'attaquent.
- Comment vous pouvez le savoir ?, demanda la femme inquiète mais surtout surprise par cette annonce.
À peine la question était-elle posée que l'arme à feu de Magaly arriva comme par magie dans sa main après un mouvement fluide dans son dos.
- Je suis une chasseuse de rebelle à la base. La tension que dégage leur énergie est tellement palpable que même en se cachant, on les sent à 100 kilomètres à la ronde. Je peux même vous dire que vous êtres des léopards-garous, ajouta Magaly avec calme, comme si tout était normal.
- N'attaquez pas, rentrez, on ne risque rien, hurla la femme à l'attention des thérianthrope.
L'énergie diminua puis commença à s'éloigner, la femme se rapprocha de Magaly.
- Ils sont partis, c'est finit. Je me nomme Callias. Je suis la fille du chef de la meute.
- Je me nomme Magaly Allegran.
- La chasseuse du Nord, la jeune femme qui tue sans cœur ? La Mort ?, s'empressa-t-elle de lui demander.
- Oui, si on veut. Je savais qu'il y a avait une meute dans le coin, mais je suis tombée par erreur sur votre lieu sacré et surtout sur l'hôtel.
- Comment avez vous fait pour rentrer dans ce lieu sacré, les humains sont toujours pris de peur avant de rentrer.
- J'ai toujours été intéressée par les choses étranges, avoua Magaly.
- En plus nous avons inventé une légende ici, ce qui permet de leur fait encore plus peur et qu'il ne rentre pas dans la forêt.
- Je suis nouvelle dans le coin, ça m'aide beaucoup.

- Malgré tout ce qui vient de se passer, vous ne devez pas rester ici et rentrer chez vous. Mais surtout ne jamais revenir ici.

Magaly ne l'écoutait plus, elle se tourna, cherchant quelque chose entre les arbres.
- Quelque chose ne va pas ?, demanda-t-elle comme si de rien n'était.
- Ça dépend de la chose. Ils ne sont pas tous partis, il en reste un.
A peine avait-elle prononcé ces mots, qu'un léopard-garou sortit d'entre les arbres.
- Thomas, arrêtes tout de suite, hurla la femme à l'attention du nouveau venu.
Mais le dénommé Thomas ne l'écoutait pas, au contraire, il se jeta directement sur l'inconnue. Mais elle réagit vite et tira tout de suite. Le bruit de la détonation retentit dans la forêt ainsi qu'un hurlement de douleur.
- Il faut lui enlever la balle, c'est de l'argent.
Les deux femmes s'approchèrent de lui pour le soigner, mais le léopard-garou ne restait pas en place, malgré la douleur, il voulait encore se battre.
- Il faut qu'il arrête de bouger, si non je ne vais pas pouvoir l'enlever.
- Obéit lui, c'est une chasseuse, elle sait quoi faire, lui dit Callias avec autorité.
Magaly sortit un couteau de sa manche droite, comme par magie.
- Il faut qu'il reprenne forme humaine, je ne vois pas grand chose sous cette forme.
- Mais ………… c'est……….., bégaya Callias avec un visage qui virait vers le rouge.
- La nudité ne me fait plus peur depuis longtemps.
En disant ces mots, Magaly donna sa veste à la femme pour qu'elle puisse couvrir les parties intimes du thérianthrope après la transformation.
Les os du léopard-garou se mirent à craquer, puis à se rétracter voir même pour certain à disparaître. Ces mains rétrécirent et les griffes disparurent. La fourrure disparut ensuite pour laisser place à un corps d'homme très musclé, à la peau matte.
- Je suis désolé, mais ça va faire très mal, annonça Magaly pour essayer d'expliquer ce que allait subir le jeune homme.
Elle rentra le couteau dans la plaie, après quelques minutes de recherche, elle sortit la balle. Une odeur de grillé montait aux narines, la peau rougit puis commença à cicatriser.
- Normalement tout va bien aller maintenant. Il va se régénérer normalement.
- Merci, dit Callias, merci d'avoir fait ça pour mon abruti de petit frère, malgré le fait qu'il vous ait attaqué,
- Je suis l'intrus, un danger pour votre sécurité. Je comprends très bien.
- Merci jeune demoiselle, ajouta le garçon après être passer dans son dos.

Magaly se tourna pour regarder un peu mieux le jeune homme. Si au début, elle n'avait fait attention qu'à sa musculature, à sa peau matte et à ses cheveux brun, très court. Elle remarque maintenant ses yeux d'un magnifique vert avec une pointe de jaune, des yeux comme ceux des félins.
- C'est bien la première fois que l'on m'appelle comme ça, annonça Magaly avec un grand sourire au coin des lèvres.
- Tu sembles si jeune, plus jeune que ce que disent les histoires sur toi. Quel est ton âge ?, demanda la femme.
- Je vais sur mes dix-neuf ans.
- Tu es un tout petit peu plus jeune que moi, annonça Thomas.
Magaly ne l'écoutait pas, elle suivait des yeux, Maya qui recommençait à partir en courant.
- A non Maya revient, j'en ai marre de te courir derrière. Tu fais chier, lui gueula-t-elle furieuse.
Une fois de plus Magaly se mit à courir pour rattraper la louve qui s'arrêta vite auprès d'un loup noir qui semblait très affectif avec elle.
Magaly tenta d'approcher le loup en douceur, mais celui-ci n'était pas de cet avis.
- Attention, il n'aime pas les humains, lui expliqua le jeune thérianthrope.
- Je sais quoi faire.
Elle continua de s'approcher de lui tout en douceur. Le loup noir se calma aussitôt. Magaly plaça ensuite sa main à plat devant la gueule du loup, celui-ci vient la renifler avant d'accepter de se laisser caresser.
- Je suppose que c'est toi Moskau, félicitation futur papa.
- Comment tu as pu l'approcher ?, demanda la femme.

Elle n'était pas la seule à se poser cette question, on pouvait presque la lire sur le visage de Thomas.

- J'ai l'odeur de Maya sur moi, c'est plus facile comme ça.
- Je suis sûr que tu as fait autre chose, mais je n'arrive pas à savoir quoi, s'empressa de dire Thomas.
- C'est parce que je n'ai rien fait d'autre que tu n'arrives pas à savoir ce que c'est.
Le jeune homme lui tendit ensuite sa veste. C'est à ce moment qu'elle remarqua qu'il portait maintenant un bas de survêtement, qui était arrivé sur lui comme par enchantement.

- Je retire ce que j'ai dit tout à l'heure, vous êtes la bienvenue ici, annonça Callias.
- Merci beaucoup, mais pour l'instant je vais rentrer car il ne reste pas beaucoup de temps avant la tombé de la nuit. Je viendrais plus tard, leur expliqua Magaly après avoir regarder sa montre.
- Je suppose c'est à cause des risques de méchants autour de toi, demanda Thomas.
- Non, c'est à cause de mon grand-père. Je tiens à la vie moi.
Cette dernière phrase eut le don de faire rire les deux léopards-garous.
- Et puis la nuit, tous les chats sont gris, conclut Magaly avant de partir.

Heureusement pour Magaly, elle rentra avant la tombée de la nuit. Mais elle se fit quand même engueuler par son grand-père qui c'était inquiété pour elle.
À partir de ce jour, elle décida de monter les voir, deux fois par semaines.

Mais à la naissance des petits de Maya et Moskau, elle passait tous les jours. Ce qui ne déplaisait pas du tout aux léopards-garous qui apprenaient à la connaître.