Chapitre 3 : petit combat.
Comme à son habitude depuis cinq mois, Magaly montait dans la montagne pour voir les thérianthropes accompagnées de ses loups.
Durant ces quelques mois, le clan des léopards-garous s'était vite habitué à sa présence, même le chef Victor qui voyait en elle une humaine dangereuse pour eux, finit par se lier d'amitié avec elle.
- Thomas, y a Magaly qui arrive. Viens vite, dit la petit Maria
La fillette se mit à courir à travers les arbres pour sauter dans les bras de la jeune femme.
- Salut choupette !!
- Maintenant que tu es là, on va pouvoir jouer à chat.
- Si tu veux, lui répondit la jeune femme.
Les deux filles se mettaient à courir l'une derrière l'autre chacun son tour.
Au bout d'un moment, Magaly s'arrêta et s'installa au pied d'un arbre, puis Maria vint se mettre à ses côtés.
- Tu veux bien rester avec moi ce soir ?, demanda Maria avec les yeux remplis de tristesse.
- Pourquoi cette question ?
- Je dois participer à mon premier rituel ce soir, j'ai un peu peur et j'aimerai que tu sois là avec moi, lui avoua-t-elle sans la regarder.
- Mag ne fait pas partie du village, elle n'est pas comme nous, annonça Thomas qui arrivait à ce moment là, empêchant Magaly de donner la moindre réponse à sa nièce.
- Mais toi tu l'aimes, comme elle est, tu l'as dit à maman, alors pourquoi elle ne peut pas rester ?, interrogea la fillette à son oncle.
Thomas sembla gêné par cette dernière question. Il se mit même à rougir légèrement.
- Maria, je n'ai pas le droit de rester dehors la nuit donc je ne peux pas rester même avec vous, dit Magaly pour venir au secours de Thomas qui ne savait plus quoi dire à Maria.
Magaly voyait d'un coup la gêne de Thomas grandir quand il croisa son regard, elle se leva et se plaça sensuellement contre lui. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour pouvoir poser ces mains sur son torse tranquillement. À travers le fin tissu, elle sentit ses muscles se contracter. Elle se rapprocha de son visage dangereusement et lui déposa un léger baiser très furtif sur ces lèvres. Le rouge monta encore plus aux joues de Thomas qui semblait perdre le contrôle de son esprit.
- Attention à toi, j'adore les tomates !, lui déclara-t-elle avec un grand sourire sur le visage et une pointe d'ironie dans la voix.
Sur ces derniers mots, elle partit, le laissant seul pour qu'il puisse reprendre son calme sans sa présence.
Magaly se dirigea vers le vieil arbre. Elle s'assit à au pied de celui-ci, dans les herbes hautes près du récipient. Elle commença par jouer avec les feuilles mortes puis posa sa main sur l'écorce, se laissant envahir de son énergie mortuaire. De son autre main, elle attrapa la longue chaine d'argent où pendait un médaillon étrange de couleur rouge sang. Le silence se fit autour d'elle, à croire que la vie s'était éteinte autour d'elle.
- J'étais sûre de te trouver ici, déclare Callias qui s'approcha du cercle de rocher en douceur. Mais que fais-tu avec l'arbre ?
Magaly enleva sa main aussitôt, comme si elle avait été prise en faute et lâcha aussi son pendentif qui devint visible aux yeux de tout le monde, mais la jeune femme ne s'aperçut pas de se détail. Elle se leva et vint se placer à côté de son amie qui était assise sur l'un des rochers du deuxième cercle.
- J'essaye de comprendre ce lieu magique.
- Ma fille vient de me dire ce que tu as fait à mon petit frère. Elle répète à qui veut bien l'entendre que tu sors avec lui.
- Quoi ?, s'exclama-t-elle inquiète. Je ne sors pas avec lui, par contre, je ne le laisse pas totalement indifférent.
- Je le sais, comme la puce te l'a déjà dit, elle a entendu une conversation que j'ai eut avec lui, où il disant qu'il t'aimait.
- Il ne devrait pas dire ça à la légère, s'empressa-t-elle de lui dire. Je ne suis pas fait pour lui, il mérite mieux.
- C'est à cause du fait qu'il soit un léopard-garou que tu ne veux pas être avec lui ?
- Pas du tout, j'aime bien ton frère, mais je ne veux pas lui faire du mal. Je suis un trop grand danger pour lui. Et puis j'ai dit qu'il mérité mieux pas que je mérité mieux, lui rappela Magaly.
- Alors tu l'aimes ?
- Je ………….euh………..Je n'ai rien dit de tel, je ne sais même pas ce que je veux. C'est mon ami.
- Tu viens d'avouer pourtant, lui dit Callias comme une gamine de 10 ans, arrêtes de te mentir, ouvres les yeux. Toi non plus tu n'es pas indifférente à lui.
- Je ne peux pas………., murmura Magaly pour elle même principalement.
Elle ne finit pas sa phrase, car un vent rempli d'énergie se fait ressentir autour d'eux, dressant les poils des bras nus de Magaly.
- La pleine lune est de plus en plus proche.
- Je vais vous laisser, je ne veux pas trop jouer avec le feu.
Callias eut soudain le regard attiré par le médaillon rouge qui ressortait sur le tee-shirt blanc de son amie.
- Tu portes un talisman de sang ?
Aussitôt cette question fut-elle posée qu'elle le rangea sous son haut.
- Euh, c'est une protection… euh, contre les morts, bafouilla-t-elle en fixant ses chaussures. Je vais y aller maintenant, ajouta-t-elle en se levant
- Maria aimerait que tu restes ?, demanda une voix grave dans leur dos.
Les deux femmes se tournèrent vers la voix pour apercevoir le chef du clan, Victor.
- Je sais, lâcha Magaly avec tristesse, mais j'espère qu'elle va comprendre que je ne veux pas tout gâcher mais que surtout comme Thomas me l'a si gentiment rappelé, je ne suis pas comme vous, donc pas un membre du clan.
- Peut être qu'avec le temps, bien que tu sois humaine, tu pourras rester avec nous.
- Qui sais ce que le temps nous réserve, il faut profiter de la vie qui s'ouvre à nous, ajouta Callias en lui faisant un clin d'œil discret.
- Je sais une chose, la vie m'apportera toujours la mort, conclut Magaly avec un sourire crispé.
Sur ces derniers mots peu convaincants pour les léopards-garous, Magaly redescendit de la montagne pour aller au village voir le groupe de jeune.
- Salut Mag, hurla à moitié Kévin, y a longtemps que l'on ne t'a pas vu dans le coin.
- Peut être, répondit-elle en essayant d'hurler plus fort que lui, mais maintenant je suis là. Vous alliez faire quoi avant mon arrivée ?
- Qu'est que ça peut te faire, cria-t-il en rigolant.
- Je ne suis pas sourde, pas la peine de gueuler !, murmura-t-elle, histoire d'embêter tout le monde.
- On va faire un tour dans la forêt, s'empressa de dire Alida avant qu'une énième embrouille éclate entre ces deux la.
- Non merci, je n'ai pas envie de crapahuter au milieu des arbres et puis, je dois bientôt rentrer.
Mathieu l'attrapa par la taille et la mit sur son épaule.
- Fais-moi descendre tout de suite ou ça va chauffer pour ton matricule.
Il obéit dans la seconde, sachant de quoi elle est capable pour arriver à ses fins, mais il ne la lâcha pas pour autant.
- Aurais-tu peur des bestioles qui vivent dans les bois ?, lui demanda Kévin.
- Je te rappelle que je vis au milieu des bois, pauvre tache.
- Alors c'est du monstre qui vit dans le coin, annonça fièrement Éric.
- Mais bien sûr, essaye encore, c'est quoi encore cette connerie ?
- De nombreuses histoires tournent autour de la forêt. On raconte qu'un monstre la protège de l'homme et dévore tous les intrus, s'empressa d'expliquer Alida pour montrer toute sa culture.
- On a déjà trouvé de nombreuses victimes étrangères au village dans les bois.
- Ce n'est que des racontars de vieille pour vous empêcher d'aller dans les bois. Ça me rappelle la bête du Gévaudan. Ce ne sont que des conneries, déclara Magaly.
- Prouves le nous, viens avec nous !!
- Tu me fais chier, je ne peux pas venir.
- On va finir par croire, dit Manon, que tu as vraiment peur d'aller dans la forêt.
- Ok je viens avec vous, mais je dois être rentrée……….
- Avant la tombée de la nuit, on le sait !!
- On va finir par croire que tu as peur de la lune, surtout de la pleine lune, rit Guillaume.
- Vous commencez à me faire plus chier avec vos soit disant peur qu'autres choses. On va où ?, ajouta la jeune femme furieuse.
- On va te faire montrer notre planque, notre lieu de rendez-vous.
Magaly tourna la tête avec un grand sourire sadique vers Mathieu qui la tenait toujours par la taille, mais surtout qui profitait un peu de la situation.
- Tu me lâches maintenant avant de recevoir mon poing dans ta gueule pour mains baladeuses.
Ils s'enfoncèrent au fur et à mesure dans les bois. Magaly les suivait malgré le fait qu'elle savait très bien, qu'elle ne respectait pas les règles imposées par son grand-père. Mais au diable les règles.
Ils arrivaient au bout d'une heure de marche près d'un grand sapin. En suivant des yeux, la corde à nœuds, pour atteindre le sommet, Magaly découvrit une cabane avec une plate forme.
- Tu vas voir la vue est superbe de la haut.
Chacun son tour par groupe de deux, ils montèrent à la corde. Magaly décida de fermer la monter, d'être dernière, afin d'éviter les mains baladeuses de Kévin ou de Mathieu.
Arrivé au sommet, ils avaient une vue sur les montagnes et la forêt, mais surtout sur le soleil.
- Alors ça valait le détour ?
- J'ai vu mieux de cette montagne, lui répondit-elle avec un air déçu.
Elle montra du doigt la montagne où se trouvait les léopards-garous.
- Tu es vraiment montée la haut, c'est très dangereux mais surtout interdit, s'étonna Manon
- Je sais escalader.
- C'est là d'où vient l'histoire du monstre. On trouve parfois des cadavres à ces pieds.
- Chouette, mais à première vue, je ne suis pas morte.
Ils entrèrent ensuite tous dans la cabane et s'installèrent sur ce qui servait de chaise pour parler.
Magaly réagit sur l'heure qui se faisait tard quand elle vit le ciel se faire de plus en plus rougeâtre.
- Faut que je rentre.
- On va te raccompagner au cas où, dit Éric avec un sourire qui se devait être ravageur pour certaine fille.
Mathieu passa devant pour ouvrir la descente, il était suivi de près par Magaly alors que les autres décidèrent d'attendre qu'ils touchent le sol.
- Mat dépêches toi, va plus vite s'il te plait.
Mais trop tard, des mouvements et une grande quantité d'énergie se faisait ressentir au niveau des arbres qui les entouraient.
- Mathieu tu ne bouges plus. Vous, restez là haut. Ne bougez pas non plus.
Magaly vint se placer devant Mathieu comme pour faire un mur.
- Tu as confiance en moi ?, lui murmura-t-elle.
- Oui, mais dis moi ce que c'est.
-Ce sont des thérianthrope, à leur force et à leur manière de se mouvoir, je peux même te dire que c'est des loups-garous, lui expliqua-t-elle tant bien que mal dans le plus grand calme.
- Tout compte fait, je n'aurais pas du te poser cette question.
- Il va falloir que l'on coure jusqu'à chez moi.
- Mais ……. les autres ?
- Je suppose que c'est moi qu'ils veulent et toi seul porte mon odeur actuellement à cause de ta connerie tout à l'heure.
Magaly lui prit la main et ils se mirent à courir, slaloment entre les arbres mais surtout en évitant de se faire attraper.
Ils arrivaient enfin devant la maison, mais un des loups-garous plaqua Mathieu sur le sol, le séparant de Magaly. Elle décida de rentrer dans la maison malgré tout.
- C'est à cette heure la que tu rentres ?, demanda Jean-Claude.
Il vit sa petite fille rentrait dans la pièce secrète après l'avoir ouverte, où elle récupéra des armes.
- Mathieu vient de se faire attraper par des loups-garous. Je me suis fait surprendre dans les bois.
- Restes là, je m'en occupe, lui ordonna son grand-père.
- Hors de question, c'est moi qu'ils veulent sûrement.
- Ou moi !!
Magaly lui tendit son fusil à pompe et des cartouches. Ils sortirent ensuite devant la maison, armés jusqu'aux dents, et trouvèrent un homme qui tenait Mathieu et différents loups-garous transformés.
- Nous tenons le gamin. Vient avec nous !!, lui dit l'homme en dévoilant des canines.
- Qui doit venir avec vous ?, demanda Magaly avec ironie.
- Ne joue pas à ce jeu avec moi, c'est toi que l'on veut, Mademoiselle La Mort.
- Y a longtemps que l'on ne m'a pas appelé ainsi. Rends-moi l'humain et je vais réfléchir à ta proposition.
- Mais bien sûr, attrape-le seulement avant eux.
L'énergie des loups-garous augmenta autour d'eux.
- Bon appétit, annonça l'homme en poussant fortement Mathieu au centre, entre les lycanthropes affamés et Magaly.
Jean-Claude chargea son fusil à pompe puis tira sur le premier loup-garou qui se jetait sur Mathieu pendant que Magaly se jeta à son tour sur lui pour le protéger. La balle de gros calibre arriva en pleine tête du lycanthrope qui explosa, éclaboussant certain de sang mais aussi d'une substance très visqueuse. Le loup-garou s'effondra aux pieds de Mathieu qui se trouvait plaqué sur le sol par Magaly.
- Restes allongé sur le sol, surtout ne bouge pas d'un pouce.
Magaly tenait d'un coté son épée et de l'autre son flingue. Pendant que son grand-père tirait avec beaucoup de distance sur les ennemis, Magaly préféra le corps à corps avec eux.
Elle restait auprès de Mathieu, jusqu'au moment, où un loup-garou commença à se battre contre elle, l'éloignant de l'humain.
Elle lui trancha d'abord ce qui lui sert de bras gauche avant de lui couper la tête, qui atterrit face à Mathieu, toujours couché sur le sol.
À la fin du combat, il ne restait plus que le vampire, et quelques lycanthropes. Mais la plus part d'entre eux étaient étalés dans des marres de sang.
- Tu vas me le payer cher, La Mort !
Elle se tourna vers lui avec un sourire sadique
- Je pourrais savoir ton nom avant de te tuer, j'ai envie de m'amuser avant avec toi.
- Je me nomme Vladimir.
- Alors Vladimir, tu es un homme mort. Un de plus sur mon tableau de chasse.
Elle jeta son flingue vers son grand-père.
- Tu me le gardes au chaud.
L'homme sortit à son tour un sabre. Le combat commença enfin, les lames s'entrechoquèrent violemment, provoquant de nombreux bruits métalliques.
Pendant ce temps, Jean-Claude récupéra Mathieu qui était toujours face à la tête et l'emmena dans la maison. Instinctivement, il me mit à la fenêtre auprès du grand-père pour voir le combat, malgré la peur qui était en lui.
- Qui t'a donné l'ordre de me tuer ?, lui demanda-t-elle avec rage.
- Je ne dois pas te tuer, mon maître à besoin de toi en vie. Par contre, tu vas payer pour ce que tu as fait de mes compagnons.
- Va falloir que tu essayes la prochaine fois, dans l'autre monde, lui dit-elle tout en lui faisant lâcher son sabre car elle venait de lui couper la main.
Elle planta ensuite son épée dans le bas de son ventre qu'elle enleva aussitôt. Il poussa un crie de douleur et d'étonne face à la quantité de sang important qui coulait de sa blessure. Car le pouvoir de régénération du vampire ne semblait pas très bien fonctionner face à la quantité de blessures qu'elle lui avait infligées. Elle en profita de la situation pour faire un tour sur elle-même, l'épée à l'hauteur de ces épaules pour prendre de la vitesse, avant de lui couper la tête. Le corps s'écroula aussitôt, et la tête vint rouler dans ces pieds.
- Je t'avais dis que tu étais un homme mort, conclut Magaly.
A peine a-t-elle dit ces mots qu'elle shoota dans la tête pour qu'elle retourne auprès du corps.
Elle rentra dans la maison, essuya aussitôt ses armes avant de se tourner vers Mathieu et son grand-père.
- Il n'y a plus rien à voir dehors, déclara-t-elle toute souriante Par contre, il faut aller chercher les autres pour les faire descendre de leur perchoir. Ils risquent d'avoir encore des loups-garous, car j'en avais compté à peu près une quinzaine et on en à tuer que dix.
- Mathieu, tu restes ici, tu ne touches à rien, tu ne bouges même plus.
- Pas la peine de lui dire ça, il a tellement peur qu'il ne va pas nous suivre dans les bois, annonça Magaly en tapotant sur le crâne de Mathieu.
Ils quittèrent la maison pour se diriger vers la cabane, où ils trouvèrent bien cinq loups-garous qui attendaient patiemment au pied de l'arbre.
Un nouveau combat commença alors. Un loup-garou attrapa Magaly par le poignet, la désarment de son épée et de son flingue.
- J'en ai marre des loups-garous, vous me taper sur le système cette nuit.
Elle lui fila un coup de pied bien placé dans les parties génitales, ce qui eut le don de l'énerver encore plus. Il se releva mais retombe vite sur le sol plaqué par un léopard-garou.
- Il vient d'où celui-là ?, s'inquiéta son grand-père.
- Ne le tue pas, je le connais très bien. On ne risque rien normalement.
- Je n'aime pas le normalement qui suit. Tient, prends ça.
Elle attrapa ce qu'il lui lança d'une main malgré que ce soit lourd. Puis elle regarda son grand-père qui lui indiqua une branche d'arbre qui pourrait lui donner une magnifique vision sur la zone de combat.
- Chouette, j'adore les magnums.
Elle commença à grimper à l'arbre en question. Bien installée, elle commença à vider son chargeur sur les loups-garous, en essayant le plus possible de viser la tête.
Il ne resta plus à la fin que le loup-garou qui se battait l'autre thérianthrope. De sa main déformée, le léopard-garou la plongea dans le ventre de son ennemi pour en ressortir ces entrailles.
Magaly profita qu'il soit moins près l'un de l'autre, pour lui tirer une belle balle en pleine tête créant ainsi une pluie de sang et de substance visqueuse.
Elle redescendit aussitôt pour voir les dégâts, une fois que le loup-garou toucha le sol.
- Ils sont où les mômes ?, demanda Jean-Claude à sa petite fille.
Magaly lui montra la corde à nœud qui courait le long du tronc.
- Ils auraient pu très bien monter !
- Peut être grand-père ils ne semblaient pas très intelligeant.
Magaly s'approcha du léopard-garou qui reprit forme humaine pendant que son grand-père grimpait à la corde.
Elle lui tendit sa veste tout de suite, pour ne pas gêner l'homme.
- Que fais-tu ici, Thomas ? Tu es fou !!
- Je suis venu pour toi, je voulais à tout prix de parler.
- Tu ne pouvais pas attendre demain, je ne vais pas……………
Il l'empêcha de finir de sa phrase en l'embrassant tendrement.
- Écoutes moi, maintenant. Ma sœur m'a parlé après ton départ. C'est vrai que je suis fou voir pire que fou, mais c'est toi qui me rends fou.
Magaly commença à rougir à ces mots, la pleine lune illuminait bien le bois l'empêchant ainsi de se cacher de son regard. Thomas lui attrapa la main, la plaquant contre lui en la bloquant dans ces bras.
- Je t'aime Magaly Allegran que tu le veilles ou non, déclara Thomas avec le plus de tendresse possible dans sa voix et ses yeux. Tu m'as ensorcelé humaine ou non.
Il déposa de nouveau ces lèvres sur les siennes, attendant la moindre réaction de sa part. Une larme coula le long des joues de Magaly. Quand il se sépara, Thomas essuya d'un pouce rapide cette larme.
- L'un pour l'autre, on est un danger. Je sais ce que tu peux ressentir. Profitons de notre vie, du moment présent.
Magaly qui s'était un peu éloignée, se jeta à son cou et l'embrassa. Le baiser se fit plus brusque, plus approfondit, comme si chacun voulait goûter l'autre.
Une personne se racla la gorge, alors ils se détachèrent pour le regarder.
- Je les ai tous retrouvés intactes. On va rentrer voir ce qu'il reste de l'autre, annonça Jean-Claude en regardant bizarrement Thomas.
- Avant je dois récupère mon épée et mon flingue.
- Ils sont par-là, dit Thomas en montrant quelques buissons. Comptes environ cinq pas et tu tomberas dessus.
Ils se dirigèrent tous vers la maison, et ne découvrirent plus aucun loup-garou sur leur chemin.
Jean-Claude se tourna vers Thomas.
- Jeune homme, je vous ai mis sur mon lit de quoi vous habiller plus dignement.
- Merci beaucoup.
- On va faire quoi des corps ?, se dit Jean-Claude à lui même
- Un grand feu de joie, et on danse autour, déclara Magaly toute excité à cette idée, pire qu'une puce.
- Je ne rigole pas Magaly, je croyais pourtant avoir été assez clair avec toi. Tu n'as pas le droit de te balader dans la forêt, seule et sans armes mais surtout après la tombée de la nuit.
- Elle ne le voulait pas, on l'a forcé. Mathieu l'a presque porté durant le voyage, défendit Alida.
- Je ne veux pas savoir, elle connaît les règles.
- J'en ai marre de tes règles débiles, maintenant ils savent la vérité. Qu'est ce qu'on s'en fou des règles !
- Tu es comme eux, tu es un monstre. Tu les as tous tués et tu as joué avec eux…………
- Fallait le dire plutôt, Mathieu, que tu voulais être l'un des leurs. Je ne me serai pas fait chier pour toi.
- Magaly Allegran tais-toi !, hurla le vieil homme. Pour ton information, petit garnement, Magaly est une chasseuse encore plus réputée que moi. Le monstre c'est plutôt moi qui l'ai entraînée depuis son enfance. Alors tu ne la traites plus jamais ainsi. Compris ?
Comme Jean-Claude commença à perdre son self-control, ce qui était rare chez lui, il décida donc de bouger un peu pour les changer les idées.
- Je ramène ces têtes creuses jusqu'au village. Restes sages !
- Je suis toujours sage !, balança Magaly à son grand-père, tout en le regardant avec défi.
- C'est bien ça qui me fait peur.
À peine sont-ils partis que Thomas sortit de la chambre et lui tendit sa veste.
- Ça ne te rappelle pas une autre scène ?, lui demanda le jeune homme en souriant.
- Vous ne pouvez vraiment pas vous balader avec des fringue après votre transformation ?
- Je ne sais pas s'ils resteraient intacts à nos côtés.
Il fit le tour du canapé pour venir se placer à ces cotés. Instinctivement, elle attrapa l'une de ses mains pour être sûr de ne pas la voir disparaître d'un coup.
- Tu crois que ton grand-père va m'apprécier !
- Je ne sais pas mais après tout tu m'as un peu sauvé, lui dit Magaly avec douceur.
Des larmes commencèrent à couler à flot le long de ces joues. Thomas la prit tout de suite dans ses bras pour la calmer. A croire que d'un coup, la grande chasseuse qu'elle était craquée face à cette vie.
- Tout va bien, personne n'est mort, sauf les méchants.
- Peut être mais je vais devoir revivre la même chose que dans mon ancienne ville. Les humains vont me fuir comme la peste, pour eux, je suis un monstre, sanglota-t-elle en s'accrochant fortement à lui. Je tue sans cœur.
- Alors moi je dois être quoi ?, rit-il. Tu sais pour moi, tu es Magaly, ok tu passes ton temps à tuer, tu es la Mort, mais tu restes toi-même malgré tout ça. C'est pour cela que je t'aime et que je suis prés à braver tous les interdis.
Il lui leva le menton, essuya quelques larmes qui restaient sur ces joues avant de l'embrasser.
- Est-ce que je peux dire maintenant que Maria a raison et que tu sors avec moi ?, demanda Thomas après avoir légèrement détacher son visage du sien.
- Je ne sais pas vraiment ce que je ressens, mais comme tu l'as si bien dit, profitons de la vie.
Elle posa sa tête sur son torse, restant bien au chaud dans ces bras.
- Et la cérémonie ?, s'inquiéta Magaly, relevant la tête rapidement, se cognant presque à lui.
- Je ne suis pas indispensable à mon père et puis c'est Maria qui devait découvrir la cérémonie, pas moi. Je suis sûr que mon père va comprendre mon absence.
Jean-Claude revint à la maison et les trouva enlacés sur le canapé.
- Heureux de pouvoir enfin te rencontrer Thomas, j'ai de nombreuses fois entendu parler de toi.
- Moi de même, elle parle souvent de vous.
Il regarda sa petite fille avec un sourire en coin.
- J'ai parlé au juge, il nous a dit de tous les brûler pour éviter le moindre problème avec les policiers du coin.
- Je vais l'avoir mon feu de joie, annonça Magaly toute contente.
- Pour ce qui est de ces cadavres, c'est presque réglé, pour ce qui est de vous, je ne vois pas de problème, on en parlera demain.
Ils se dirigèrent tous les trois dehors pour ramener sur un même point, tous les cadavres et y mettre le feu. Comme l'avait si bien dit la jeune femme, elle attrapa Thomas et se mit à danser avec lui autour de feu en rigolant.
Ensuite chacun alla dormir, Magaly resta seule dans sa chambre, Thomas ayant hérité du canapé sous l'ordre du grand-père.
Les deux adolescents dormirent tranquillement attendant avec impatience le lendemain matin, pour savoir s'il pouvait vraiment être ensemble.
