Chapitre 5 : Nécromancie.

Son corps lui semblait si lourd pourtant Magaly était très bien installée dans ce lit. Elle essaya de bouger un peu, mais la douleur de son dos meurtri lui rappela pourquoi elle était allongée là dans ce lit. Elle ouvrit ensuite les yeux, c'est alors qu'elle découvrit qu'elle n'était pas dans sa chambre. Grâce à la lumière de la pleine lune, elle put parfaitement admirer le lieu. C'est une grande pièce totalement drapée de rouge avec beaucoup de finesse, il y avait même des gravures du bois du plafond. Elle se trouvait face à la porte dans un lit à baldaquin, lui aussi drapé de rouge. À sa gauche, il y avait une grande cheminée avec des pierres taillées et à sa droite, se trouvait une grande porte-fenêtre donnant sur un balcon, qui laissait entrer les rayons de la lune. Elle trouvait aussi une porte dérobée non loin de son lit, près de la table de chevet où était posées ses affaires et ses armes.
Malgré la douleur, elle commença à s'habiller, puis se dirigea vers la fenêtre pour voir le paysage mais surtout pour savoir où elle était.
Du balcon, elle put voir un parc qui s'étendait du pied du bâtiment jusqu'à un mur d'enceinte, le tout entouré par la forêt et les montagnes. Elle reconnut aussi la montagne où se trouvait le village des léopards-garous. D'un coup, tous ces informations se lièrent et elle comprit où elle était. Elle était dans le vieux bâtiment qu'elle avait vu sur la route lors de sa venue ici. Sur sa droite, un petit cimetière attira son attention. Grâce aux rayons de lune, elle put voir un homme, drapé d'une cape noire, debout au milieu des tombes. Au début, il était de dos, mais très vite, il se tourna vers Magaly et la regarda fixement.
Malgré la distance qui les séparait, Magaly eut l'impression de se noyer quand elle croisa son regard et elle comprit tout de suite à quoi elle avait faire.
Le lien fut rompu quand une personne rentra dans la pièce et se dirigea vers elle sur le balcon, la forçant à se tourner.

La jeune femme regarda attentivement l'homme blond aux yeux gris qui se trouvait face à elle.
- Vous ne devriez pas être levée, vos blessures sont assez graves. Venez-vous remettre au lit, s'il vous plait, dit l'homme calmement pour ne pas lui faire peur.
Mais elle ne bougea pas d'un pouce, au contraire, elle le défit de ses yeux noirs, car il l'énervait avec toute sa gentillesse.

- Où suis-je, mais surtout qui êtes-vous ?, demanda Magaly avec une pointe d'énervement dans la voix.
- Vous vous trouvez dans un ancien château, transformé en manoir nommée La Rose de Lima, lui répond-il. Je me nomme Nicolas, je vais vous servir de serviteur durant le temps de votre guérison.
- Merci, mais je n'ai pas besoin d'être servie, je veux juste rentrer chez moi, pour revoir mon grand-père.
- Je suis désolé, mais on a retrouvé le corps inerte de votre grand-père dans la forêt, l'informa-t-il s'en prendre de pincette.
Ces yeux noirs commencèrent à briller et une larme prit le chemin de sa joue.
- Comment ?, demanda-t-elle au bord de la crise de larme.
- Nous l'avons retrouvé mort avec une balle d'argent dans la tête mais surtout de nombreuses morsures de loups-garous.
- Sortez !, hurla Magaly en lâchant de l'énergie sans le vouloir autour d'elle.
- Non, j'ai l'ordre de rester auprès de vous, dit-il en essuyant une goute de sang qui perlait sur sa joue.
Magaly prit son magnum et tira au-dessus de la tête de l'homme à quelques centimètres d'écart.
- La prochaine ne vous passera pas au-dessus de la tête, l'informa-t-elle en armant son arme. En plus c'est de l'argent, alors sortez tout de suite !
Cette fois l'homme lui obéit tout de suite, la laissant seul avec sa colère et sa tristesse. Mais elle ne sut pas si c'était à cause du mot argent ou de l'énergie qu'elle dégageait.

Magaly s'assit sur le lit et commença à fondre en larme avant de se reprendre en laissant place à sa colère. Elle se dirigea vers le balcon, car elle sentait la présence du lycanthrope derrière la porte, et elle entreprit de descendre la façade à l'aide des vieilles pierres irrégulières du mur, malgré la douleur qui lui meurtrit le dos. Elle se retrouva très vite dans le parc à la recherche d'une sortie potentielle. Elle tomba sur une petite porte, sauf que cette dernière donnait sur le cimetière et non sur la forêt comme elle l'espérait. Magaly se trouva alors face à face avec l'homme qu'elle avait vu du balcon.
- Bonsoir, Melle Allegran. Heureux de voir qu'après quatre jours sans le moindre mouvement vous vous rattrapez.
Bien qu'il utilisait un ton neutre, Magaly crut entendre comme une pointe de moquerie dans sa voix.
- Qui êtes-vous ?, lui demanda-t-elle en sortant son magnum de l'étui.
- Je suis le maître de ces lieux, je me nomme Alexander. Vous pouvez ranger votre arme, personne ne va vous faire de mal, ajouta-t-il en lui montrant ces mains vides.
- Je sais ce que vous êtes, mais comment me connaissez-vous ?
- Qui ne connaît pas la grande chasseuse La Mort dans notre milieu, répondit Alexander avec un grand sourire qui ne dévoilait rien de sa nature.
L'homme blond qui était tout à l'heure dans la chambre arriva en courant vers eux. Il vint se placer à côté de l'autre homme.
- J'ai bien cru que je l'avais perdu, avoua-t-il à son maître.
- Tu avais l'ordre de rester avec elle et de la surveiller. Tu as raté à ta tache.
Contre toute attente, Magaly vint se placer entre les deux hommes pour éviter tout dérapage.
- On se calme Cros blanc, gueula-t-elle sur le soi-disant maître. Il a reçut un autre ordre en cours de route. Celui de vivre ou de recevoir de l'argent. Alors on lui fout la paix.
- Comment m'as-tu appelé ?, demanda l'homme avec un ton à la fois énervé et amusé.
- Cros blanc, après tout vous êtes un vampire, ça vous va très bien !, finit par dire Magaly avec un grand sourire.
Le vampire se mit à rigoler laissant ces canines à la vue de tous.
- C'est bien la première fois qu'une humaine ose me nommer ainsi, exposa le vampire. Tu es blessée et entourée d'être surnaturels et pourtant tu prends le risque de te moquer de nous.
- Y a un début à tout !, dit-elle en regardant autour d'elle. Et puis vous m'aviez bien dit que personne ne me ferait de mal, conclut Magaly en commençant à partir.

- Tu comptes aller où, comme ça ?, interpella le jeune blond.

- Comment puis-je avoir confiance en vous, alors que normalement vous êtes les méchants et qu'en plus vous avez des loups-garous pleins le manoir, demanda-t-elle sans se retournant, recherchant toujours une autre porte de sortie.
- Nous t'avons sauvez la vie, ça devrait te suffire comme preuve, expliqua Alexander en s'approchant d'elle. Et puis mes hommes ne semblent pas avoir de croix marquée au fer rouge sur leur front.
- C'est bien gentil tout ça, je vous suis redevable, mais je compte rentrer chez moi maintenant. Alors à la prochaine fois, peut être.
Mais Alexander ne l'entendit pas dans ce sens, il lui attrapa le poignet, l'obligeant même à le regarder droit dans ces yeux bleu ciel. Magaly ferma les poings, ces oncles s'enfoncèrent dans sa chair, la douleur lui permit de revenir à la réalité. Loin de l'illusion de confiance créée par le pouvoir du vampire à travers ses yeux.
- Ne recommencez plus jamais ça avec moi, ou vous ne commencerez plus rien !, hurla Magaly en essayant d'enlever son poignet de sa poigne puissante.
- Est-ce une menace ?, demanda-t-il en resserrant sa main autour de ce fin poignet.
- Ça dépend de vous ! Lâche-moi maintenant, cria-t-elle une dernière fois avant de tenter l'impossible. Elle sort de la poche de son short, sa chaîne avec sa croix et la place devant les yeux du vampire.
- Tu me fais bien rire, les croix n'ont pas d'effet sur nous. Je pensais que la célèbre chasseuse le savait, rigole Alexander.
- Je le sais très bien, mais elle n'est pas pour vous, explique-t-elle la lançant dans la direction du thérianthrope, qui malgré sa vitesse, fut touché par l'argent.

Face à cette réaction, le vampire la lâcha tout en restant à une distance assez proche en cas de problème. Face à son geste, il espérait ainsi un peu de coopération de la part de la jeune femme. Il voulait lui faire comprendre qu'il n'était pas son ennemi.
- Que veux-tu ?, demanda une nouvelle fois Nicolas en posant sa main sur sa petite brulure.
- J'ai l'impression de jouer au perroquet, informa Magaly, je veux juste rentrer chez moi, ce n'est pas si compliqué que ça.
- Ces loups-garous vous veulent, avertit le maître des lieux. En rentrant chez vous, vous mettez en danger le village d'humain.
- Mais pourquoi les loups-garous du Vatican m'en veulent ? interrogea la chasseuse. Je ne me souviens pas avoir fait de bêtise, je n'ai donc pas besoin d'être puni.
- Il y a des rumeurs qui circulent chez nous, disant qu'un maitre vampire a volé les lycanthropes du Vatican.

- Pourquoi je n'en ai pas entendu, alors que je travaille pour eux.

- Ils essayent d'étouffer l'affaire pour le bien de leur image.
- Je n'ai jamais pu supporter le Vatican, mais la c'est pire, dit Magaly en marchant en rond.
- Ils risquent de revenir, si vous êtes si importante à leurs yeux, rajouta le vampire.
- Chouette, je les attends, j'ai une affaire à régler avec eux, conclut la chasseuse en rigolant.
Des hurlements de loups familiers pour la jeune femme se firent entendre derrière la palissade. Un large sourire se dessina sur son visage, car elle savait qui venait la chercher.
- Des loups et les léopards-garous, lâcha Nicolas avec une expression étrange.
- Merci par tout, mais ça c'est mon taxi pour rentrer, informa Magaly avant de porter deux doigts à ses lèvres pour siffler le plus fort possible. Les hurlements se firent de plus en plus présent mais surtout de plus en plus proche.
Un loup blanc apparut dans l'encadrement de la porte du cimetière.
- Comment est-il rentré ici ?, demanda le lycanthrope.
- Par la porte comme tout le monde, dit Magaly ironiquement. Et puis c'est elle et non il !
Elle s'approcha de sa louve, lui posant la main sur la tête, avant de mettre sa tête au même niveau que celle de son animal.
- Maya, emmène-moi à eux.
Elle la suivit jusqu'à un tas de bois près du mur, laissant en plan les deux hommes. Elles grimpèrent sur le tas puis elles passèrent toutes les deux de l'autre coté du mur. Magaly arriva directement dans les bras de Thomas.

- Que c'est-il passé ?, demanda le jeune homme en la serrant le plus fort possible On était tellement inquiet pour toi.
Il la lâche quand celle-ci pousse un léger gémissement à cause de la douleur de son dos.
- Surtout après la découverte dans le village du corps sans vie de ton grand-père, ajoute le chef du clan.
- On s'est fait attaquer par les mêmes loups-garous que dans la forêt. Tout ce que je sais, c'est que c'est moi qu'ils veulent.
- Je suis trop content de te revoir et surtout de voir que tu vas bien. J'ai bien cru t'avoir perdu.
Ils ne restent pas longtemps seuls, ils sont vite rejoints par le maitre du lieu.
- Bonsoir Victor, y a longtemps, dit le vampire.
- Merci de l'avoir soignée et protégée jusque là, informa Victor.
- Je ne crois bien que je ne vais jamais mis faire. Voir les méchant être gentil, c'est bizarre et surtout déroutant.
- Il va falloir la surveiller, expliqua Alexander.
- C'est bien ce que je comptais faire, avec ton aide bien sur !

- Ce n'est pas que ça me dérange que l'on pense à moi mais j'ai autre chose à faire. À plus !, conclut-elle en s'éloignant d'eux.

Mais elle se fit vite rattraper par Thomas qui ne semblait pas vouloir la lâcher maintenant qu'il l'avait retrouvé.
- C'est la mode ici, de retenir tout le monde.
- Où tu vas ?, demande le léopard-garou en lui attrapant la main.
- J'ai des questions à poser à mon grand-père. Alors pour ça, je dois aller le voir.
- Tu risques d'avoir du mal à lui parler, dit le vampire sur un ton ironique.
- On tient le parie, conclut-elle en faisant le v de la victoire avec ces doigts.
Elle recommença à partir, mais avant de disparaître dans la nature, elle se tourna vers eux, une dernière fois.
- Vous ne venez pas ?, lança Magaly avec un grand sourire. Je pensais qu'il ne fallait pas me laisser seul !

Le groupe composé des trois thérianthropes, du vampire et de Magaly arrivèrent vite au village qui était désert à cause de l'heure tardive car il était près de minuit.
Après avoir fait le tour du cimetière pour trouver la tombe de son grand-père, Magaly retourna furieuse à l'entrée du lieu sacret. La colère se notait sur son visage, car elle venait de comprendre ce que les habitants de ce coin perdu avait fait avec le corps de son grand-père. La jeune femme sortit le magnum de son grand-père et tira en l'air, annonçant ainsi sa présence. Le son retentit dans la ville, des lumières s'allumèrent dans toutes les rues, certains sortirent même pour savoir d'où provenait se bruit.
- Gros problème, gros moyen !, expliqua-t-elle à ses compagnons qui la regardaient étonnés face à son étrange comportement.

Il ne fallut pas longtemps aux villageois les plus proches du cimetière pour rappliquer devant la lourde grille, face à la petite chapelle. Les membres du conseil étant présents, Magaly s'approcha d'eux, l'arme toujours à la main.

- Qu'est ce qu'il vous prend ?, demanda le maire dont le regard passait de la jeune femme à l'arme.
- Désolé pour le bruit mais j'avais une question à poser, informa Magaly avec un grand sourire. Pourquoi la tombe de mon grand-père est-elle située à l'écart des autres ? Auriez-vous peur de quelque chose ?

Tous les personnes présentes la regardaient étrangement, soit parce qu'ils ne connaissaient rien à l'histoire, soit à cause de la peur qu'ils ressentaient face à la jeune femme.

- Dépêchez-vous ou je joue avec tous vos morts. Pour une fois ma réputation d'être sans cœur va se fonder !, conclut-elle à bout de nerf.
- Il est maudit, il fallait le mettre à l'écart pour le bien de notre village, répondit un homme qui lui est inconnu.
- Trop gentil à vous, maintenant, vous pouvez aller redormir, je ne…
- Qu'allez vous faire ?, coupa le maire.
- Une chose très simple, poser des questions à un mort !

Elle n'écoutait déjà plus les membres du conseil qui ne comprenaient rien à ces dires, d'un coté ceux qui l'accompagnaient ne la comprenaient pas non plus.
Ils arrivèrent tous rapidement devant le mur qui délimitait la fin du cimetière. Presque tous les villageois qui s'étaient réveillés, l'avaient suivi
- Trois tombes fraîches, laquelle est la bonne ?, demanda Thomas à l'homme qui a parlé tout à l'heure.
Magaly n'attendit pas la réponse, elle posa sa main sur la terre et laissa aller un peu d'énergie.
- Celle à côté de la cabane, dit Magaly avant la moindre réponse.
- comment…, bafouilla le maire.
- Plus de question, j'en ai marre !, coupa-t-elle le visage tiré par l'énervement et l'excitation. On regarde, si vous voulez comprendre ou vous partez. C'est clair ?
Elle se dirigea vers la bonne tombe, fraîchement retourné. Elle s'accroupit devant.
- Je suis désolée grand-père mais je vais devoir le faire.
Elle porta sa main à son cou et enleva sa chaîne avec le médaillon bizarre qu'elle posa sur le sol tout près d'elle.
Une grande quantité d'énergie se fit alors ressentir dans l'air, tout autour d'elle. Un vent glacial produisit des frissons chez les villageois qui restaient de marbre, ne comprenant pas ce qui leur arrivaient.

- Impossible !, lâcha Alexander en la regardant différemment, ces yeux semblent remplis de peur.
Magaly prit un des couteaux qui était accroché à ces bottes et s'entailla un peu le poignet. Elle serra la main pour laisser le sang couler sur la tombe.
L'énergie dans l'air était de plus en plus forte et se concentrait autour d'elle avant de foncer sur la terre en passant par le sang. Les gouttes rouges furent aspirées par la terre qui commença tout doucement à bouger toute seule. Comme si une pelle invisible la retournait.
Elle ferma les yeux pour essayer de retenir les larmes qui montaient et qui la brûlaient.
- Magaly Allegran, comment as-tu osé ?, demanda une voix remplie de colère avec une légère point de tristesse.
Elle ouvrit les yeux aussitôt et vit son grand-père qui se releva avant d' ces vêtements pour enlever la terre.
- Je sais que je ne respecte pas tes règles, expliqua-t-elle en essuyant ces larmes qui coulaient tranquillement sur son visage. Mais j'ai des questions à te poser te j'ai besoin de ses réponses pour continuer à avancer. Et toi seul peut me les donner, conclut Magaly.
Le vieil homme regarda autour de lui les personnes qui accompagnaient sa petite fille, puis s'assoit sur sa propre tombe.
- Je t'écoute, si je peux y rendrons, je le ferais, dit le vieil homme.

- Pourquoi pendant l'attaque, tu as dis que ça n'aurait pas du se passer ainsi ?

- Je ne sais plus enfin je crois que c'est dû… non ça doit être autre chose…

- Qu'est ce que tu crois ? Dis-moi le fond de ta pensée.
- Je pense que ça à un lien avec ton père et ta mère Améntya.

- Tu es la fille d'Améntya ?, s'étonna fortement Alexander suite au choc ressentit à cause de cette nouvelle.

Magaly ne fit pas attention à cette question à la place, elle préféra en poser une autre à son grand-père.

- Pourquoi je ne me souviens de rien avant mes sept ans ?, s'informa-t-elle en venant s'asseoir à ces côtés.

- C'est à toi de trouver la réponse au fond de toi, expliqua Jean-Claude en posant une main protectrice sur l'épaule de sa petite fille, c'est toi qui as voulu oublier, pas moi.
- C'est de maman que je tiens mon pouvoir, ça tu me l'as déjà dit, mais je ne comprends pas tout ce qui arrive dans ma vie, dit-elle avant de faire une pose pour réfléchir. A croire que tous les réponses à mes questions sont dans mon passée

- Je ne sais plus pourquoi mais une part de moi, me dit que tout ce que tu veux savoir est en toi.

- J'ai une dernière question, sais-tu par hasard pourquoi le Vatican envoie ces loups-garous pour moi ?
- Tout ce que je me souviens, c'est que le Vatican n'a plus de contrôle sur ces loups-garous, qu'un vampire se les a appropriés. Mais je ne sais plus pourquoi, avoua l'homme en penchant lentement la tête sur le côté. Pourquoi je ne m'en souviens pas ?
-C'est à cause de l'attaque des loups-garous et du fait que tu t'ais tiré une balle dans la tête, expliqua-t-elle en essuyant une des ces larmes. Même si je viens de te relever en tant que zombie, je ne peux pas tout réparer. Je suis désolé.

- Promets-moi de ne pas les rechercher, demanda-t-il en la regardant droit dans les yeux. La vengeance n'apaise jamais les cœurs au contraire elle les rend plus froid.
- S'ils viennent à moi, je les tuerai, mais je ne les chercherais pas, promis, conclut Magaly en se relevant, car elle savait que toutes ces questions n'auraient pas de réponse vu l'état de son grand-père.
- Je suis prêt ma puce, renvoie-moi là bas.
La jeune femme rouvrit à l'aide de ces ongles sa blessure au poignet qui commençait à coaguler, laissant ainsi de nouveaux son sang couler. Jean-Claude ferma les yeux et se coucha sur la terre qui semblait l'englober avant qu'il ne disparaisse à jamais.
Les larmes se mettaient à couler sur ces joues, sa colère était passée, maintenant c'était sa tristesse qui revenait au gallot. Thomas décida donc de l'approcher, il la porta jusqu'à la voiture. Malgré ces larmes, elle pouvait lire sur le visage des villageois présents la peur de ce qu'ils venaient de voir. D'un côté, elle savait que son pouvoir de nécromancie faisait peur à tout le monde, elle la première.

Le jeune homme déposa délicatement sa petite amie sur le siège passager. Mais il ne la lâcha pas pour autant, au contraire il tenait fermement sa main de peur de la voir s'évaporer une fois de plus. Au bout d'un moment pour rompre le silence, il décida de poser la question qui lui brulait les lèvres depuis peu.
- Qui est Améntya ?, demanda Thomas à Magaly.
- Une puissante nécromancienne et d'après ce qu'on vient d'apprendre, c'est aussi sa mère, expliqua Victor face au silence de Magaly. Mais à première vue, Mag est encore plus forte, vu qu'il lui à fallu peu de sang et aucun artifice pour ramener son grand-père à la vie.
- Ta mère m'a permis de devenir libre autrefois, lâcha Alexander sur un ton neutre, avec une légère pointe de nostalgie dans ses yeux. D'être maître de ce territoire. Tu vas venir vivre avec moi, si bien sur Victor est d'accord.
- Je pense que ces mieux, à cause de l'arbre, il risque d'avoir des accidents, conclut le chef de la meute.

- je n'ai pas le droit d'avoir mon mot à dire ?, demanda Magaly.

- Non, disent d'une même voix les deux maîtres décidant ainsi pour elle.

- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, car je peux faire joujou avec les vampires, les thérianthropes et certains démons à faibles pouvoirs, expliqua-t-elle avec ironie. Mais grâce à ce médaillon aucun risque pour vous, enfin normalement ajouta-t-elle en montrant son collier.

- Il est fait avec quoi ?

- mon sang !

- As-tu déjà relevé des vampires ?, demanda Thomas en serrant toujours contre lui un peu plus fort, car ils sont aussi mort.

- Oui une fois, avoua Magaly après avoir réfléchit. C'est arrivé durant la phase de sommeil de celui-ci, mais c'était un accident. Depuis je n'ai pas réessayé car grand-père me l'a interdit, clôt-elle.

- Comment lui as-tu rendu sa liberté ?

- Je lui ai planté mon épée dans le cœur et coupé la tête, car c'était un vampire que l'on devait éliminer.

- Je prends le risque de te faire vivre dans mon manoir, dit Alexander avec un grand sourire. C'est quand même moins dangereux que de vivre sur la montagne.

- Et puis on pourra toujours se voir en tête à tête quand tu viendras au village, dit Thomas en déposant un baiser sur son front.

- Mais vous ne resterez jamais seul, corrigea le vampire.

- Pas super les rendez-vous galants. J'accepte vu que je n'ai pas trop le choix.

Après cette petite discussion, Ils prirent enfin la direction du manoir car le soleil allait bientôt pointer le bout de son nez. Les deux léopards-garous partirent de leur côté vers leur montagne.

Une nouvelle page de la vie de Magaly allait commencer dans ce manoir. Peut être pourra-t-elle se souvenir un jour ou l'autre ce qu'elle a oublié ?