Disclaimer : Le monde de Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Je ne gagne donc rien à écrire cette petite histoire.
Note de l'auteur : Voici un petit OS sur Bill et Fleur. C'est la première fois que j'écris sur ces personnages mais j'ai été inspirée, alors je me suis lancée. Voilà, j'espère que ça va vous plaire. N'oubliez pas de laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé (même si vous n'avez pas aimé, les critiques constructives sont acceptées et appréciées). Merci et bonne lecture !
L'effet Fleur Delacour
C'était une belle journée d'été et malgré les temps sombres qui présageaient, Bill ne put s'empêcher de sourire ce matin-là en se rendant à Gringotts. Le soleil et cette chaleur caniculaire lui rappelaient l'Egypte. Ce pays, avec ses pyramides, son désert, ses habitants, lui manquait beaucoup, mais il ne regrettait pas de l'avoir laissé derrière lui au profit de l'Angleterre. Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom était de retour et l'Ordre avait besoin de Bill pour sonder le terrain auprès des gobelins. En somme, il était plus utile enfermé dans un bureau que batifolant avec des momies.
Bill entra dans le grand bâtiment blanc. Il se dirigea vers une porte au fond de l'immense hall à droite, ne s'arrêtant que pour saluer les quelques personnes qu'il connaissait. Il parcouru le long couloir dans lequel il se trouvait puis tourna à gauche avant d'entrer dans la deuxième pièce à sa droite. C'était la salle de repos que les gobelins mettaient à la disposition de leurs employés humains. Bill et ses collègues s'y retrouvaient pour prendre un café pendant les pauses et le matin avant de commencer à travailler.
Comme tous les matins, tout le monde était massé autour de la machine à café et discutait joyeusement. Bill avait déjà pris ses marques après les deux premières semaines qu'il avait passées à Gringotts. Il essaya de se frayer un chemin pour aller se servir un café mais il fut arrêté par une petite tornade brune qui l'empêcha d'aller plus loin. Bill retint un soupir.
« Bonjour, Marta ! dit-il d'un ton enjoué. Belle journée, n'est-ce pas ? »
La dénommée Marta ne prit même pas la peine la peine de le saluer et l'entraîna à l'écart, dans un coin de la pièce où la rumeur des conversations était moins présente.
« Tu es au courant de la dernière nouvelle ? » chuchota-t-elle.
L'air interrogateur du jeune homme sembla lui fournir une réponse satisfaisante. Elle s'approcha un peu plus de lui avant de murmurer d'un ton rageur :
« Il y a une nouvelle recrue. »
Rien de plus normal. Depuis l'arrivée de Bill, pourtant récente, il y avait eu deux autres arrivées à la banque. Gringotts embauchait beaucoup et plusieurs de ses employés londoniens avaient été mutés dans des filiales à l'étranger ces derniers temps. Il fallait reconnaître qu'en ce moment, le marché international se portait merveilleusement bien côté sorcier. Bill ne comprenait donc pas la mauvaise humeur apparente de sa collègue. Il s'apprêtait à le lui faire remarquer mais il fut interrompu alors même qu'il ouvrait la bouche.
« C'est cette fille. Si tu l'avais vue ! Elle a débarqué ce matin dans le hall comme si la banque lui appartenait. Rien qu'à sa façon de marcher, on voit qu'elle est vulgaire. Et puis, tout le monde la regarde, telle une princesse. Même les Gobelins, pourtant oh combien sérieux, ont levé les yeux de leur pupitre à son passage. Non, mais elle se croit où celle-là ? A un défilé de mode ? En plus, il parait qu'elle est Française. Ceci explique cela. » ajouta-t-elle avec dédain.
Marta était l'une de ces personnes qui tenaient en grippe les Français à cause de l'augmentation des taxes sur l'importation de chaudrons anglais qui avait été décidée une dizaine d'année auparavant, faisant ainsi chuter les actions de la firme Cauldron Maker. A en juger par son aversion pour leurs voisins d'outre-manche, Bill était prêt à parier que Marta avait investi une partie de ses économies là-dedans.
Mais cela n'expliquait qu'à moitié le mépris dont elle faisait preuve envers la nouvelle recrue. L'aîné des Weasley ne comprenait pas vraiment sa réaction, apparemment typiquement féminine. Il avait d'ailleurs cru déceler une pointe de jalousie dans la diatribe de la jeune femme. Sans doute se sentait-elle en danger. De toute façon, Bill ne s'intéressait absolument pas aux problèmes de ses collègues féminins. Trop compliqué. Sauf si l'on voulait attraper un mal de tête en moins de cinq minutes, ce qui n'était pas son cas. Il décida alors de se débarrasser de Marta avec diplomatie. Une fois surmonté l'obstacle majeur qui le séparait de son café du matin, Bill alla se servir une tasse bien méritée.
La salle s'était peu à peu vidée alors que chacun rejoignait son bureau pour commencer à travailler. Le roux jeta un coup d'œil à sa montre. Il était temps qu'il aille lui aussi se mettre au travail. A peine s'était-il décidé que la porte de la salle de repos s'ouvrit. Un gobelin entra suivi par une magnifique créature tout droit sortie des rêves les plus fous de Bill. Il lui fallut tout ce qui lui restait de volonté pour garder la bouche fermée alors qu'il observait la nouvelle venue. Chaque détail de sa personne s'imprima dans sa tête : de sa longue chevelure d'un blond argenté à ses jambes galbées, en passant par sa poitrine généreuse et ses hanches saillantes. Alors qu'il se faisait plaisir avec les yeux, il sentit une tension dans son pantalon. Gêné, Bill essaya de reprendre contenance en portant nonchalamment sa tasse à ses lèvres, mais il rata son effet et se renversa du café encore brûlant sur sa chemise, ce qui calma instantanément ses ardeurs. Il poussa un juron d'une voix forte. Un toussotement lui rappela qu'il n'était pas seul, ce qui activa l'un de ses gènes Weasley. Ecarlate, Bill s'excusa, mais le gobelin n'en tint pas compte et commença les présentations.
« Weasley, voici Fleur Delacour, dit-il en désignant d'un vague geste de la main la jeune femme qui semblait se retenir de pouffer de rire. Elle vient d'intégrer le service et tu t'occuperas d'elle le temps qu'elle s'acclimate. »
Sans un mot de plus, il sortit, laissant Bill et la jeune femme seuls. Cette dernière, quelque peu remise de son hilarité, s'avança vers lui.
« Bonjour, je suis Fleur Delacour, dit-elle avec un sourire éclatant et un charmant accent français.
- Bill Wealsey. » répondit-il en essayant d'éviter que son regard ne s'attarde trop là où il ne devrait pas.
Malheureusement, où qu'il posa les yeux, que ce soit sur ses lèvres appétissantes, ses yeux bleus couleur saphir ou son petit nez en trompette, Bill menaçait de perdre toute pensée cohérente. Il réussit à trouver une échappatoire en fixant son regard sur un point derrière la jeune femme.
« Enchantée. » fit-elle en se rapprochant.
Alors qu'elle se trouvait de plus en plus près, Bill commençait à perdre ses moyens. Lui qui pensait seulement lui serrer la main, la voilà qui était à une distance pas du tout raisonnable. Il se figea tandis que des pensées se bousculaient dans sa tête sans qu'il puisse les contrôler. Quant à Fleur, elle s'éleva sur la pointe des pieds et embrassa son nouveau collègue sur les deux joues avant de se reculer, toujours souriante. Bill ne bougea pas, trop abasourdi par ce qui venait de se passer. Elle sembla alors remarquer son embarras et décida de se justifier :
« Ah oui, je suis désolée. C'est vrai que vous ne faites pas la bise, ici, en Angleterre. »
Bill hocha la tête, trop heureux qu'elle lui ait trouvé une excuse apparemment valable à ses yeux pour le sortir de cette situation des plus gênantes. Ce n'était pas le moment de fantasmer sur sa nouvelle collègue, aussi ravissante soit elle. Déjà qu'il avait l'air malin avec la moitié de son café sur sa chemise.
« Oh, mais vous avez renversé votre café, » remarqua-t-elle.
Et il fallait qu'elle s'en aperçoive ! Encore un peu rouge, Bill s'apprêta à sortir sa baguette pour réparer les dégâts mais Fleur fut plus rapide. D'un geste vif, elle tira la baguette de son sac à main et la remua tout en murmurant un sort de nettoyage.
« Voilà ! » s'exclama-t-elle en français, visiblement très fière d'elle.
Elle ajouta ensuite quelques mots dans sa langue maternelle tout en souriant. A ce moment précis, Bill regretta de ne pas comprendre le français. Il possédait certes quelques notions d'arabe qu'il avait acquises après toutes ces années de travail avec des collègues Egyptiens, mais le français restait une langue inconnue à ses oreilles. A part de simples mots à l'image de « bonjour » (qu'il prononçait sans doute avec un accent épouvantable), il était incapable d'articuler quoique ce soit d'autre dans la langue de Molière.
Fleur continuait de lui sourire. Il bredouilla quelques remerciements, se traitant mentalement d'idiot, tout en évitant de la regarder directement. L'horloge de la salle de repos sonna. Bill reprit alors conscience de l'endroit où il se trouvait. Il entreprit alors de se reprendre en main et de faire ce pourquoi il était payé.
« Venez, Fleur, je vais vous faire visiter. »
Elle accepta de le suivre, sans cesser de sourire étrangement. Quant à Bill, il se demanda comment il allait faire pour remplir sa mission avec une distraction pareille à ses côtés…
