Disclaimer : Le monde de Harry Potter appartient à J.K. Rowling. Je ne gagne donc rien à écrire cette petite histoire.

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Note de l'auteur : Voici le quatrième chapitre de L'effet Fleur Delacour ! La fin se rapproche à grands pas. Plus que deux chapitres. En attendant, j'espère que celui-ci vous plaira. N'oubliez pas de laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé (même si vous n'avez pas aimé, les critiques constructives sont acceptées et appréciées). Merci beaucoup à tous ceux qui ont pris la peine de me laisser une review pour les chapitres précédents. Bonne lecture !


L'effet Fleur Delacour

Chapitre 4

Août arriva bien vite. Bill n'avait pas vu défiler le mois de juillet, entre son travail à la banque, les réunions de l'Ordre, ses gardes au Ministère et son souci perpétuel d'éviter Fleur Delacour. En effet, il n'avait constaté aucun changement encourageant depuis la mise au point que la jeune femme avait tentée. Il lui était toujours autant impossible de pouvoir converser normalement avec elle. Cela le désolait, mais il devait rester ferme et ne pas dévier d'un iota de la décision qu'il avait prise :

« Entretenir des relations strictement professionnelles », se répéta Bill à mi-voix pour la énième fois de la journée.

Il soupira et posa sa plume. Il repoussa le livre de compte qu'il consultait et se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Il s'étira tout en réprimant un bâillement. C'était le signe qu'il était l'heure pour lui de prendre sa pause-café.

Il se leva et sortit de son bureau. Fleur était assise et travaillait consciencieusement, comme à son habitude. Lorsqu'elle entendit le bruit de la porte qui se refermait, elle leva soudainement la tête. L'aîné des Weasley lui fit un signe de tête poli avant de reprendre le chemin de la salle de repos.

Il n'alla pas bien loin. La jeune Française s'était en effet levée et s'approchait de lui. Il était trop tard pour l'éviter : elle s'était placée entre lui et la porte qui donnait sur le couloir. Il fut alors contraint de lui accorder son attention.

« Bill, je… euh… j'ai un service à vous demander, commença-t-elle alors que ses joues viraient à l'écarlate.

- Qu'y a-t-il, Fleur ? Un problème avec le classement des dossiers ? s'enquit-il, désireux d'en finir au plus vite.

- Non, ça n'a rien à voir avec le travail, c'est plus… personnel. »

Elle avait murmuré ce dernier mot et si Bill n'avait pas été aussi près d'elle, il ne l'aurait pas entendu.

« Comment ça ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.

Il n'était pas sûr d'aimer la tournure que prenait la conversation.

« Cela va faire deux semaines que je travaille ici et, voyez-vous, je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter le Londres sorcier. Enfin, j'ai bien essayé le week-end dernier, mais j'ai un sens de l'orientation épouvantable et donc… je me suis perdue. Bref, en fait, je cherche quelqu'un pour me faire visiter et m'aider à me repérer, ce qui faciliterait drôlement ma vie. »

Bill ne voyait pas du tout où elle voulait en venir. Il attendit donc qu'elle explicite ses propos, en vain. Fleur semblait avoir décidé de se taire, tête baissée et les joues rose. Le silence qui s'était installé était bien lourd et rendait Bill mal à l'aise. Il entreprit alors de le briser tout en gardant ses distances.

« Qu'est-ce que vous attendez de moi au juste, Fleur ? »

Il s'était exprimé d'un ton presque froid et il le regretta lorsque l'embarras de la jeune femme sembla augmenter. C'est pour la bonne cause, se répéta-t-il, c'est pour la bonne cause.

« En fait, je… je ne m'entends pas très bien avec mes collègues. La plupart des femmes ne sont pas très agréables avec moi. Quant aux hommes… (elle s'arrêta un instant, comme si elle cherchait ses mots avant de reprendre avec un frisson) ils se comportent bizarrement. Il n'y a que vous qui agissez normalement avec moi. Et puis, je ne connais personne d'autre en Angleterre, alors je me disais que, peut-être, vous… vous pourriez me servir de guide. »

Cette dernière phrase laissa Bill pantois. Lui qui espérait garder de strictes relations professionnelles avec la jeune Française ! Il retint un soupir, de peur de paraître impoli. En d'autres circonstances, il aurait été ravi d'accepter. Il lui aurait même proposé d'être son guide dès son premier jour chez Gringotts. C'était ainsi que le vrai Bill aurait agi d'habitude. Malheureusement, il devait garder ses distances avec elle.

« Je suis navré, Fleur, mais j'ai…

- Du travail qui vous attend, finit-elle à sa place. Oui, je sais. Je suis désolée de vous avoir dérangé. Ce n'est pas grave, j'arriverai bien à me débrouiller. »

Elle lui fit un petit sourire qui se voulait rassurant mais qui n'eut pas l'effet escompté. Bill s'en voulait, mais c'était pour son bien. Il retourna dans son bureau, dégoûté de son comportement. Il n'avait même plus envie de boire de café. Il soupira avant de s'asseoir et d'essayer de se mettre au travail. Mais il ne put se concentrer. La mine triste et contrite de Fleur l'obsédait. Il la voyait partout : entre les lignes de chiffres, sur la porte, à la place de sa plume ou de son encrier. C'était intenable, d'autant plus qu'il lui était désormais impossible de sortir de son bureau, de peur de rencontrer à nouveau son regard déçu.

Il passa le reste de l'après-midi enfermé dans son bureau, incapable de travailler. Il ne se décida à sortir que lorsque vint l'heure de rentrer chez soi. Il trouva Fleur en train de ranger ses affaires. Pris d'un remords soudain, il s'avança vers elle. Surprise, elle lui jeta un regard interrogateur.

« Fleur, fit-il après avoir pris une grande inspiration, j'ai réfléchi et au final, je crois pouvoir me libérer pour vous servir de guide. Ce samedi, ça vous va ? »

Sa mine s'éclaira. Elle accepta sa proposition vivement et sembla soulagée. Elle le remercia en souriant, ce qui rendit Bill tout joyeux. Il se sentait agréablement bien et une douce chaleur s'était propagée dans tout son corps. Il ne put se retenir de sourire lorsqu'elle lui dit au revoir. Il ne s'en départit pas de la soirée, ce qui provoqua les railleries de ses frères pendant le dîner. Il avait relégué sa conscience au fin fond de son esprit. Il aurait tout le temps de regretter plus tard.


La semaine passa à une vitesse affolante et, sans que Bill s'en rende compte, il était déjà samedi. Il faisait toujours aussi chaud et le soleil brillait en maître sur Londres. Pas un nuage ne menaçait de ternir sa course. Bill attendait devant chez Gringotts. Il était arrivé en avance, nerveux, et jetait de temps en temps un coup d'œil à sa montre. Il se sentait idiot, là, debout, tout seul, devant l'immense bâtiment blanc, alors que tout autour de lui, les sorciers s'affairaient, sans se préoccuper de lui.

Depuis qu'il s'était levé, Bill n'avait cessé de penser que c'était une mauvaise idée. Il n'aurait pas dû lui proposer d'être son guide mais il était conscient qu'il était bien trop tard pour se désister. Pourtant, il avait un florilège d'excuses pitoyables à lui servir : maladie, urgence familiale, travail. Pitoyables, en effet. Le pire, c'est qu'il s'était surpris à changer cinq fois de tenue avant de revenir à son premier choix. C'était stupide. Il n'allait pas à un rendez-vous galant avec Fleur Delacour. Il s'était seulement dévoué à l'aider à se repérer dans cette fourmilière qu'était le Londres sorcier, voilà tout. Pas de quoi en faire toute une histoire.

Il en était là de ses réflexions lorsqu'il aperçut Fleur au loin. Elle essayait de se frayer un chemin parmi la foule de passants pressés. Il ne put s'empêcher de la trouver magnifique dans sa tenue d'été avec le soleil qui se reflétait dans ses cheveux argentés. Elle lui fit un petit signe de la main dès qu'elle le vit et s'empressa ensuite de le rejoindre. Elle était essoufflée et ses joues avaient cette jolie teinte rose qu'il aimait beaucoup.

« Bonjour Bill ! le salua-t-elle en souriant. Je suis désolée d'être en retard, je me suis encore perdue.

- Il est grand temps d'y remédier alors ! » plaisanta-t-il pour cacher la gêne qu'il commençait à éprouver.

La visite commença par les environs de Gringotts. Bill lui indiqua l'emplacement de divers magasins utiles : la librairie Fleury et Bott, la boutique de Madame Guipure, l'apothicaire ou encore la papeterie. Il prit aussi soin de la mettre en garde contre l'Allée des Embrumes. Fleur écoutait très attentivement son guide et tentait de retenir toutes les nouvelles informations qui lui parvenaient.

Une fois l'essentiel du Chemin de Traverse parcouru, Bill invita sa collègue à manger une glace sur la terrasse de Florian Fortarôme. Ils eurent alors l'occasion d'aborder d'autres sujets. Bill interrogea Fleur à propos de sa famille et de sa vie en France. Il apprit qu'elle avait une petite sœur, Gabrielle, qui n'avait pas encore l'âge d'entrer à Beauxbâtons. Ses parents, Apolline et François Delacour, possédaient une demeure en Provence où Fleur avait passé toute son enfance. A l'entendre parler de cette région, elle semblait être chère à son cœur. Elle lui raconta certains souvenirs qui firent rire le jeune homme. Puis, elle voulut en savoir plus sur la famille Weasley. Bill se prêta alors au jeu et décrivit sa grande famille.

« Votre mère a eu bien du courage pour élever sept enfants, surtout avec les jumeaux qui m'ont l'air bien turbulents, s'exclama-t-elle en posant sa petite cuillère.

- C'est vrai. Je me demande encore comment elle a fait », avoua-t-il en riant.

Bill se sentait à l'aise avec Fleur. Toutes les craintes qu'il avait quant à une trop grande proximité entre eux s'étaient évaporées durant cet après-midi en sa compagnie. La jeune femme était charmante et drôle. Elle avait l'art de la conversation et elle s'intéressait à ce que Bill racontait. Elle ne ressemblait absolument pas à la description qu'avaient pu faire les jumeaux et Ginny. La Française n'avait rien d'une princesse hautaine. Bien au contraire, il avait découvert que sous cette image de jolie poupée se trouvait une jeune femme avec de la profondeur et non pas une pâle copie sur du papier glacé. Et son accent français quelque peu prononcé était très mignon.

La journée touchait à sa fin lorsque Bill proposa de raccompagner Fleur chez elle. Elle accepta, sans pouvoir cacher son ravissement. L'immeuble dans lequel elle habitait se trouvait non loin du Chemin de Traverse, à quelques rues de la banque. Un silence s'installa. Elle fut la première à le briser.

« Et bien, Bill, merci beaucoup pour cette visite. Je crois que maintenant, je me perdrai moins souvent.

- Mais de rien, ce fut un plaisir, dit-il avec sincérité.

- En tout cas, cet après-midi avec vous a été très sympathique. J'espère que l'on pourra se revoir comme ça de temps en temps, en dehors de la banque. »

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur sa joue en guise d'au revoir.

« Comme en France », se justifia-t-elle avec un clin d'œil avant de disparaître à l'intérieur de l'immeuble.

Bill mit quelques minutes avant de pouvoir se ressaisir. Il porta la main à son visage qu'il effleura à peine, de peur de se réveiller d'un doux rêve. Il avait l'impression d'être redevenu un adolescent. Il sourit. Après tout, il pouvait bien se comporter comme un adolescent pendant une soirée, pensa-t-il alors qu'il rentrait chez lui en sifflotant.


Voilà, c'est la fin de ce chapitre. Le prochain arrivera le week-end prochain, comme d'habitude. Merci beaucoup d'avoir lu et n'hésitez pas à donner votre avis (bon ou mauvais) en laissant une review !

Princesse Guilty, militante du Front d'Incitation aux Commentaires (FIC).