Les rentrée, c'est souvent perturbant.
Voilà la suite!
Le Mensonge
Chapitre 10 :
Se réveiller heureuse est un privilège dont Cuddy comptait bien profiter. Elle s'étira paresseusement et tourna la tête sur le côté, persuadée de découvrir son nouveau compagnon en train de dormir, mais son bras retomba mollement sur le coussin déjà froid. Elle ouvrit les yeux et eut un mauvais pressentiment. Elle se retourna de l'autre côté du lit pour tendre l'oreille et tenter d'entendre des effusions de voix. Elle avait bien vu, House était en train de parler.
-Oh non… Souffla-t-elle en sortant du lit avec précipitation et enfiler une robe de chambre tout aussi vite.
Elle descendit et se stoppa quand les regards noirs de Blythe et de grand-mère Anny se tournèrent vers elle. Elles se reconcentrèrent sur House une fois avoir jugé que Cuddy se sentait suffisamment mal.
-Donc… Vous... Vous n'êtes pas mariés, rien.
Cuddy posa ses yeux sur House qui avait toute la peine du monde à annoncer cette fâcheuse nouvelle.
-Non. Répondit-il entre deux inspirations.
Cuddy vint jusqu'à lui pour lui porter soutient et attrapa sa main pour lui prouver qu'elle était là.
-Et Rachel ? Ce n'est pas votre fille alors ? C'est une petite actrice payée pour ?
-Ne raconte pas ce genre de chose maman ! Rachel est la fille adoptive de Cuddy !
-Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi ! Tu es mon fils et tu m'as menti ! Moi qui pensais que tu avais changé, tu… Tu me rends tout sauf fière de toi.
Elle lui lança un regard apeuré et s'en alla. House, après un instant à ne rien faire et ne rien dire, prit la direction opposée, c'est-à-dire le jardin. Il ne restait donc plus que Cuddy et grand-mère Anny. Cuddy se sentait tellement mal à l'aise qu'elle ne tarda pas à suivre House. Elle savait où il était et elle ne tarda pas à le voir assit sur l'herbe, le regard dans le vague. Elle arriva pas derrière et s'assit à côté de lui.
-Ca va aller… Le rassura-t-elle.
-Je ne crois pas. J'ai tout raté. J'aurais dû m'en douter. Un mensonge pareil ne peut pas ne pas avoir de conséquences…
Ils n'entendirent pas Blythe arriver à son potager non loin de là et écouter ce qu'ils disaient.
-Pourquoi t'as accepté ?
-Je ne sais pas. Je crois que j'avais envie que tu te sentes bien.
-Ne dis pas ça, je suis sûr que c'est faux.
-Non ! Je te jure !
-En attendant, ma mère va mettre quatre ans à me pardonner…
-Quatre ? Pas cinq ? Ironisa Cuddy.
-Haha… Ca ne sert à rien d'essayer de me remonter le moral, il est aussi bas qu'il ne peut être.
-Je suis vraiment désolée…
-Tu n'y es pour rien. Ce sont mes conneries, je dois faire face aux conséquences…
-Sache que je suis là…
-Je sais Lisa. Merci.
Cuddy se colla à lui et lui donna un baiser sur l'épaule. Blythe avait tout entendu, les remords de son fils. Mais elle ne pouvait pas lui pardonner, elle n'était pas prête.
Un long silence s'ensuivit, qui laissait House se morfondre dans ses pensées, jusqu'à ce que Cuddy soupire et se lève.
-Tu es démoralisé, n'est-ce pas ?
-Oui, mais… Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il en voyant Cuddy retirer sa robe de chambre, dévoilant une nuisette horriblement sexy.
-Je croyais que tu adorais te baigner.
Un fin sourire s'afficha sur le visage de House, et doubla Cuddy en retirant plus rapidement qu'elle ses vêtements. Elle le regarda plonger dans l'eau pendant qu'elle retirait sa nuisette.
-Tu as pied ?
-Oui, viens, je vais te tenir si tu veux.
Il savait qu'elle n'était pas à l'aise dans l'eau et il l'aida à se plonger intégralement dedans.
-Tu me tiens, hein ?
-Mais oui…
Blythe sourit, son fils avait toujours été un vrai gentleman qu'importe la situation dans laquelle il se trouvait. Elle les trouvait presque mignons, mignons jusqu'à ce qu'elle entende une succession de baisers, suivit de gémissements. Elle grimaça et s'en alla rapidement.
Une fois leur petite affaire finie, une douche rapide, le déjeuner était prêt. Un repas n'avait jamais été aussi froid et on pouvait entendre une mouche voler, vraiment. Ils désertèrent tous la table rapidement et Cuddy et House s'installèrent sur la pelouse avec Rachel. House se rapprochait un peu plus de Rachel, sûrement sous le coup de la déprime car il avait besoin de soutient. Il retrouvait peu à peu l'envie de se racheter aux yeux de sa famille et se proposa de cuisiner et gouter digne de ce nom.
Une fois House parti, Blythe et grand-mère Anny allèrent discuter avec Cuddy de ce mensonge. Celle-ci fit tout son possible pour redorer le blason de House, mais en vain. Elles lui parlèrent ensuite de Rachel, se demandant pourquoi une femme comme elle n'avait pas eu d'enfants biologiques. Leur discussion fut coupée par le retour de House.
Après le dîner, Cuddy coucha Rachel et était tellement fatiguée qu'elle n'eut pas la force de redescendre. Alors qu'elle était en train de lire confortablement installée dans son lit, elle entendit de forts éclats de voix. Elle résista à l'envie de voir ce qu'il se passait, mais après tout, elle ne faisait pas parti de la famille.
Quelques minutes plus tard, House était arrivé dans la chambre. Il s'assit sur le lit sans vraiment remarquer que Cuddy le fixait derrière ses lunettes. Il soupira en enfouissant sa tête dans ses mains, c'était irrévocablement trop dur… Cuddy posa les lunettes et son livre sur la table de chevet et se glissa derrière House sur les genoux. Elle entoura ses bras autour de son cou et lui souffla une parole réconfortante à son oreille.
-A chaque jour suffit sa peine… Hier, tu étais heureux…
-Aujourd'hui, j'ai envie de changer de famille. Termina House.
-On ne choisit pas sa famille…
-Bon, t'as finit avec ces citations à deux balles ? Dit-il passablement énervé en se retournant.
Cuddy eut un mouvement de recul, et House parut désolé. Il lui captura les mains et l'attira vers lui. Il n'oserait jamais l'avouer, mais elle lui faisait beaucoup de bien, son odeur et sa simple présence le rassurait. Elle avait vécu cette expérience avec lui et donc était la seule à comprendre sa peine. Mais il se demandait tout de même pourquoi elle avait accepté ça, il n'avait jamais compris les enjeux, et ce n'est que maintenant qu'il se rendait compte de sa connerie.
Il la serra encore plus fort contre lui, à l'image d'une bouée de sauvetage et lui donna un baiser sur le haut du crâne. Elle était aux anges, elle se sentait utile et proche de lui. Elle était aussi surprise de ce besoin soudain de câlins, c'était comme si elle avait un autre homme devant elle, mais elle n'allait pas se plaindre, du moins, maintenant.
TBC
