Tout d'abord, un énorme merci à tout le monde… Ainsi qu'un énorme pardon ! J'ai flanché pour une certaine scène, ce qui m'a ralentit vitesse grand V…
J'espère faire mieux pour la suite !
Melior : je suis très heureuse que tu te souviennes de Lida ! Désolée, mais oui, il va lui arriver des crasses. En effet, puisque Nanaki a été retrouvé seul dans la Tour Shinra… Les humains, ignobles avec Nanaki ? Attend de lire la fin de ce chapitre ^^ tu en seras dégoûtée à vie ! lol
Lunastrelle : Heureuse que le premier chapitre t'ais plu ! Merci beaucoup d'avoir dis que tu le trouvais très bien ^^ je suis désolée, mais je crois que pour l'émotionnel, dans ce chapitre, je me suis un peu chi** dessus ^^ je te souhaite une bonne lecture !
Dragonnedufantastique : voici la suite ! Je serais très heureuse que tu me suives ^^ j'espère que la suite te plaira !
Passé d'un fauve dans un laboratoire
Chapitre 2
« Lida ! »
C'était un murmure et un cri du cœur à la fois. Devant lui se trouvait une fauve qu'il avait bien connu par le passé. Une fauve qu'il avait trop regardée, s'attirant les foudres du frère protecteur… Une fauve dont il avait vu le cadavre, suite à la bataille contre les Gi.
Son pelage autrefois rouge orangé et strié de noir était désormais d'une couleur terne : ses poils avaient perdu leur texture soyeuse, ils étaient couverts de boue et de sang séchés. Sa tête avait perdu son fier port altier : l'éclat autrefois vif de ses yeux semblait s'être éteint. Sa mâchoire formait un angle peu courant : cassée ? Déboîtée ? Sa patte arrière gauche avait été remplacée par un membre métallique aux griffes terriblement acérées. Sa démarche malhabile, due à son boitement, lui donnait l'impression d'avoir face à lui un jeune chiot de quelques heures à peine.
La fière, tendre et douce Lida n'était plus qu'une loque.
Son bonheur de la revoir fut vite coupé quand il entendit un ordre qui lui glaça le sang :
« Numéro 14, tue numéro 13. »
Non ! Non, non, non… Tout mais pas ça ! Pas toi, Lida !
Elle leva la tête, le regarda d'un œil torve puis elle chargea. La vitre blindée servant de cage à Nanaki se brisa sous les assauts répétés de la fauve.
Désespéré, il n'eut pas d'autres choix que de se défendre… et la neutraliser.
Il bondit alors de sa cage afin d'être libre de tout mouvement. Il esquivait, ne faisait que ça : il espérait qu'elle se fatiguerait.
Mais non, elle était increvable. Sa force et sa vigueur restaient de marbre, elle était inébranlable… Invulnérable.
Il grogna de douleur lorsqu'il sentit un liquide chaud couler de son œil droit. Il ne voyait plus que d'un côté…
Déboussolé par la perte d'informations visuelles du côté droit, il ralentit la cadence.
Elle en profita pour le mordre violemment à l'épaule droite, puis elle enchaîna sur un plaquage au sol.
A bout de force, l'esprit tiraillé entre la vengeance, la douleur, la haine et la pitié pour cette espèce de zombie qui lui faisait face, Nanaki n'eut d'autres choix que d'enclencher « coup de griffes » pour se sortir de ce mauvais pas.
Son ultime attaque fut meurtrière, car l'autre fauve en face de lui s'effondra dans un dernier râle. Ses chairs se décomposaient à une vitesse affolante et l'air ambiant qu'il respirait porta rapidement une odeur putride.
Ce n'était pas Lida, ce n'était pas Lida… C'était… C'était juste une morte-vivante, juste une zombie… C'était juste le cadavre de Lida… Lida… Je te demande pardon…
Il s'assit sur le sol chaud et poisseux, recouvert de sang. Il regarda d'un œil torve les scientifiques s'agglutiner… Les scientifiques ou autres, il n'en avait que faire… Dans tous les cas, ce n'était que des blouses blanches… Des blouses blanches qui emportaient les restes de Lida… D'autres blouses blanches qui le poussaient afin de nettoyer le sol ensanglanté… D'autres blouses blanches qui s'affairaient afin de cicatriser du mieux possible son œil droit crevé… Et Hojo, son fidèle calepin en mains.
~oOo~
Les semaines défilèrent sans qu'il ne s'en rende compte. Les soldats qui étaient chargés de le mettre hors de ses gongs changeaient également… Peut-être qu'il devenait lassant. Peut-être Hojo avait-il trouvé un autre jouet. Ou peut-être était-ce tout simplement la profonde apathie dans laquelle il s'était plongé qui faisait « fuir » les autres.
La vie continuait tout autour de lui. Mais il n'y faisait plus attention. Il se contentait de regarder de son unique œil avec un air désintéressé les autres.
Depuis quelques temps, il y avait un petit jeune... Il lui parlait, il essayait de le faire parler. Il s'était présenté : il s'appelait Damien, et il était nouveau dans ce laboratoire. En fait, il était « nouveau tout court ! » (selon ses propres termes). Il débutait dans le métier. Il avait la passion de l'inconnu, ce qui incluait le fauve roux. Selon Damien, Nanaki était terriblement intéressant : en effet, ce dernier descendait d'un peuple aujourd'hui éteint, il possédait une intelligence quasiment surhumaine, il avait un passé probablement passionnant...
Damien était en quelques sortes un « fanatique ».
Jour après jour, Damien revenait : et tous les jours, il tentait de faire parler le fauve, de mener une conversation avec lui.
Le jeune humain avait repéré un changement dans l'attitude de Nanaki : ce dernier se montrait chaque jour un peu plus attentif que la veille (il dressait ses oreilles ainsi que son ?il valide quand Damien arrivait, c'était tout de même un bond phénoménal !).
-Salut Nanaki ! J'ai une super bonne nouvelle pour toi !!! La dernière fois qu'un humain me l'a annoncé, je l'ai très peu appréciée... J'ai obtenu l'autorisation de te laisser sortir dans la salle d'entrainement ! Et j'imagine que je n'ai aucune chance de m'enfuir... Tu sais, celle qui est blindée ! Bon, tu pourras pas t'enfuir mais au moins tu pourras bouger un peu ! Je n'en vois pas l'intérêt ! Cool non ? Tu es le seul à le penser, jeune innocent...
Malgré tout, le fauve suivit l'humain à travers les couloirs. Ils avaient croisé un grand nombre de soldats : ces imbéciles le craignaient-ils tant ? Malgré ce qu'il en pensait plus tôt, Nanaki était heureux de marcher... La liberté lui manquait.
-Et voilà la salle ! Elle est grande, tu pourras te défouler autant que tu veux. Mais euh... Pas sur moi hein s'il te plait ! Et dis-moi je voudrais savoir, c'était comment là où tu vivais ? Vous aviez pas trop de difficultés pour vivre là-bas ? Et est-ce que vous côtoyiez des humains aussi ? Est-ce que vous pouviez tomber amoureux ? Non parce que tu vois, nous les humains quand on tombe amoureux, pour la plupart c'est plus le physique du partenaire qui compte ! Comment ça se passait chez vous ? Parce que vous deviez vachement vous ressembler les uns les autres, non ? Ça vous arrivait de manger des humains quand vous aviez trop faim ? Et sinon vous mangiez quoi ? Des chocobos sauvages ? Parce que les monstres devaient pas être très appétissants !!! Vous aviez des fêtes, vous aussi ? Elles consistaient en quoi ? En quel honneur ? Ouah la vache ! Tu souris ! J'ai jamais vu un fauve sourire ! Alors, alors, alors ???
Nanaki rigola doucement, amusé par la fougue et l'envie d'apprendre de ce jeune humain hyperactif.
Il stoppa alors ses mouvements (qui consistaient à galoper dans toute la salle afin de se délier les muscles) et s'assit sur son arrière-train.
-Tu parles trop, jeune humain ! Si tu veux tant en apprendre sur moi, laisse-moi donc le temps de te répondre !
Face à lui, se tenait Damien, la bouche grande ouverte et des étoiles dans les yeux.
Nanaki le regardait d'un air douloureux, puis il lui dit :
-Cette odeur de terre brûlée… Terre aride, trop touchée par le soleil… Tu la portes. Tu portes l'odeur de ma terre natale.
L'humain se tut, bouleversé malgré lui. Il ressentait la peine du fauve, ce qui lui fit oublier – uniquement quelques instants – sa bonne humeur habituelle.
L'ambiance s'était alourdie, tous deux restaient dans leurs pensées. L'un car il ressentait une peine immense en repensant à son village natal, et l'autre car l'être en face de lui n'allait pas bien… Damien était de nature empathique : il réagissait selon les émotions des personnes en face de lui. Les autres n'allaient pas bien, il n'allait pas bien… Et inversement.
-Mon enfance… a été des plus banales… Un père… Une mère… Des amis, des cours… Une amourette… Morts… Tous morts au combat… Et moi qui n'ais rien pu faire… Juste les regarder… Les voir mourir…
Son enfance défilait dans sa tête au fil de son monologue. Son cœur se serrait de douleur, son unique œil s'humidifiait. Sa gorge se nouait. Il fut pris de l'envie de hurler… Lever sa tête, et hurler à la lune toute sa douleur… Hurler dans l'espoir de dire aux morts « je ne vous ai pas oublié »…
Damien, quant à lui, tentait de déglutir sans faire trop de bruit. Il était très gêné, il voulait quitter cette salle au plus vite… L'ambiance était devenue trop oppressante. Il voulait fuir, fuir la réalité même s'il n'en était pas le premier concerné.
Il fut soulagé quand les soldats vinrent les chercher en leur disant que la pause donnée à l'expérience était terminée. Il se sentait coupable…
Il se promit qu'il retournerait voir Nanaki et qu'il lui rendrait son sourire.
~oOo~
Les mois s'étaient écoulés. Le jeune fauve reprenait peu à peu le moral grâce aux multiples visites de Damien, cet humain déjanté toujours prêt à toutes les bêtises pour faire rire le protecteur de Canyon Cosmo. A plus d'une reprise, Damien s'était fait taper sur les doigts car il « maintenait des relations amicales et non professionnelles » avec le sujet d'étude…
Damien est en retard… Etrange, il a toujours tenu à être à l'heure… Tiens ? Qui est-ce ?
-Sujet d'étude numéro 13… Trouvé à l'ouest de la ville Canyon Cosmo… Âge approximatif : inconnu… Note : dernier spécimen en vie… Bien, bien… Intéressant…
-Qui êtes-vous ?
Le nouveau venu regarda à peine le fauve : il se contenta d'écrire, et il ne lui répondit qu'à la dérobée.
-Je suis nouveau à ce poste… L'ancien occupant a déserté, j'ai été appelé en urgence pour suivre son travail… Tiens ? L'heure du repas du spécimen a été avancée… Bien, bien… Je reviendrais dans une heure.
Il rangea son stylo dans sa poche de blouse et quitta la pièce. Un chariot était avancé vers Nanaki. Celui-ci, n'ayant pas mangé depuis 3 jours (négligence du personnel ?), se rua sur la nourriture.
Elle avait comme un arrière-goût… comme l'odeur d'une terre aride.
