et voilà le troisième chapitre
Vivi81 : Elizabeth est là pour de bon, donc pas de soucis à se faire du côté des Anciens ^^
Alia21 et Ely142 : bienvenue et merci, j'espère que cette suite vous plaira
Bonne lecture :)
Chapitre 3 :
Elizabeth était dans le couloir, à la sortie de la cafétéria. Avant, elle aurait sans doute regagné son bureau pour un après-midi de travail acharné qui se serait prolongé jusqu'à une heure avancée de la nuit. Mais, seule au milieu de ce couloir, sans but, l'ancienne leader se retrouvait démunie, ne sachant que faire d'elle-même. Le Docteur Weir opta pour rendre visite à McKay dans son labo. Peut-être pourrait-elle l'aider.
Au détour d'un couloir, Elizabeth aperçut Sheppard qui marchait d'un pas rapide.
- John ! tenta-t-elle.
Mais il passa son chemin comme s'il ne l'avait pas entendu.
Arrivée devant le labo, Elizabeth tomba nez à nez avec Zelenka, marmonnant en Tchèque, deux tasses vides à la main.
- Je vais chercher du café, expliqua-t-il. Il est d'une humeur massacrante, je vous le laisse.
McKay se tenait devant un ordinateur et tapait énergiquement sur le clavier. L'ancienne leader se racla la gorge pour signaler sa présence, faisant légèrement sursauter le scientifique.
- Elizabeth.
- Rodney.
Son regard interrogateur allant de l'écran McKay était sans équivoque.
- Je cherche les coordonnées de l'endroit où le vaisseau de Michael s'arrêtera.
- Bien. Plus rapidement on le stoppera mieux se sera. Je suppose que vous avez un plan d'attaque.
- Oui, répondit Rodney, légèrement surpris. Vous ne savez pas ?
- Non…
- Une fois que nous aurons les coordonnées, Sheppard, Teyla, Ronon et moi-même irons jusque là-bas à bord d'un Jumper occulté. Il se trouve que quand je travaillais avec Todd, je lui ai subtilisé quelques codes. Je peux donc commander l'ouverture du hangar à Darts. Une fois à l'intérieur, on sabote le vaisseau et le tour est joué !
Elizabeth afficha un air ahurit qui le laissa perplexe.
- Je pensais qu'on vous aurait mis au courant.
- Non Rodney. On ne m'a rien dit…
A
Sheppard était assis sur son lit, grattant distraitement les cordes usées de sa guitare. La vérité était qu'il évitait Elizabeth. Les remords qui l'assaillaient ne s'effaceraient pas facilement. Et voilà qu'elle était à nouveau devant lui, bien vivante. La situation était bien plus que déstabilisante pour lui.
A
Keller entra dans le labo, un plateau repas à la main.
- Rodney, je… Docteur Weir ?
Elizabeth sourit en repensant à ce que Teyla lui avait dit sur ces deux là.
- Je ne faisais que passer, dit l'ancienne leader. Je vous laisse.
Elle sortit du labo et se dirigea vers les quartiers de Sheppard, bien décidée à obtenir des explications !
- C'est ouvert ! lança John depuis son lit.
Elizabeth passa la porte et vit le Colonel avec sa guitare. Elle sourit de le trouver ainsi. Sheppard se retourna, et se figea en s'apercevant qu'il s'agissait du Docteur Weir.
- John.
Il se leva, posa l'instrument sur son support et se retourna pour lui faire face.
- Je n'ai jamais eut l'occasion de vous entendre jouer.
- On avait toujours pas mal d'occupations plus importantes.
Elizabeth hocha la tête, cachant du mieux qu'elle put le trouble que lui avait causé l'emploi du passé. Le Colonel ne semblait pas disposé à lui parler. Elle avait pensé qu'il montrerait plus de joie à la revoir. Apparemment, l'ancienne leader s'était trompé sur la nature de leur lien, ce ne serait pas la première fois…
- Je voudrais savoir pourquoi vous m'avez tenu à l'écart de votre plan d'attaque contre Michael.
Son ton était plus agressif qu'elle ne l'aurait souhaité.
- Au cas où ça vous aurait échappé, vous n'êtes plus la dirigeante de cette expédition, répliqua Sheppard sur le même ton. On ne peut pas vous faire entièrement confiance, ce serait contre le protocole.
- Et depuis quand appliquez-vous le protocole ?
John prit une grande inspiration pour tenter de refouler ce flot d'émotion qui le troublait.
- Il s'agit de la sécurité des membres de cette expédition. Je suis sûr que vous comprenez.
- On va dire que oui. Au revoir, Colonel.
En insistant sur le dernier mot, Elizabeth venait de poser la dernière pierre de ce mur inébranlable qui se dressait désormais entre eux. Elle eut du mal à contenir ses larmes.
Une fois dans le couloir désert, elle se laissa aller au chagrin : celui d'avoir était infecté par des nanites, celui d'avoir renoncé à l'ascension pour les prévenir, celui d'avoir perdu John… Une fois sa mission ici terminée, elle rentrerait chez elle, sur Terre et attendrait patiemment que la mort survienne.
A
En tant qu'amie proche, Elizabeth lui avait confié ses craintes quand au comportement des habitants de la cité à son égard. Elles s'étaient longuement arrêtées sur le cas particulier de John, l'ancienne leader lui relatant leurs rares entrevues.
- Il faut être patiente avec lui, avait conseillé Teyla. Il vous a cru morte et l'a très mal vécu. Puis vous êtes revenue… par deux fois ! Et en fait ce n'était pas vous.
- Mais cette fois c'est bien moi !
- Il lui faudra du temps pour s'adapter à la situation.
L'athosienne para un coup porté à son épaule. Tout en répliquant d'un coup de bâton, la jeune femme se demanda s'il fallait emmener John sur ce terrain là. Aider son amie lui tenait vraiment à cœur, et elle et John avaient une relation presque fraternelle. Ils étaient toujours là l'un pour l'autre.
- John… commença-t-elle.
Teyla hésita un instant et se lança :
- Je voudrais vous parler d'Elizabeth.
Le Colonel arrêta son bras en mouvement, surpris qu'ils n'en viennent à ce sujet. Cet instant de trouble lui valu de se prendre un puissant coup dans le genou. Il grimaça.
- Désolé, lui dit la jeune femme.
Sheppard se dirigea vers le banc et se passa une serviette sur le visage.
- En fait, elle ne veut pas que je vous en parle mais je pense que vous devriez vraiment…
- Teyla ! la coupa-t-il. J'ai une réunion avec le personnel militaire et je suis déjà en retard.
- Oui, bien sûr. Vous ne devez pas les faire attendre.
Sheppard rassembla ses affaires et tourna les talons. L'athosienne le regarda passer la porte en secouant légèrement la tête. Il ne pourrait pas éviter le sujet bien longtemps.
Bien sûr il n'avait pas de réunion avec le personnel militaire mais cette piètre excuse lui avait permis d'échapper à Teyla. Comment pouvait-elle espérer qu'il oublie si vite cette sensation de vide ? La jeune femme ne pouvait pas comprendre. C'était lui, John Sheppard qui avait prononcé son éloge funèbre, il se souvenait encore de la cérémonie dans la salle d'embarquement, les gerbes de fleurs et l'estrade sur laquelle il était monté lentement. John avait fixé le cercueil fermé, qui était vide, évidement. Puis, se tournant vers l'assemblé, il avait dit d'une voix étrangement sereine :
- Elizabeth Weir était… une personne unique, généreuse et intègre qui savait nous sortir des pires situations. Elle avait toujours un sourire pour chacun d'entre nous. Elizabeth Weir assurait notre unité, elle était… l'âme de cette cité et je sais qu'elle va terriblement nous manquer.
John était parti juste après la cérémonie, le visage fermé, la gorge nouée, et s'était enfermé dans ses quartiers. Carson, Elizabeth. Combien d'amis perdrait-il encore ? La prochaine fois ce pourrait être Ronon, Teyla ou Rodney.
Il continua à marcher sans but dans les couloirs.
