Hermione regarda sa montre, onze heures cinquante. Il fallait qu'elle prépare rapidement le repas, en plus, elle n'était pas habillée. Elle s'empêtra les pieds dans la couverture et s'affala sur le sol du salon. Harry arriva en courant, et rigola en voyant Hermione.

- C'est pas drôle Harry, mon père arrive dans dix minutes et je n'ai pas préparé à manger.

- T'inquiète pas, je m'en suis occupé. Je ne mange pas à la maison, je vous laisse tous les deux.

- Ta mystérieuse conquête ?

- Mystérieuse … oui c'est ça !

- Pourquoi tu ne veux pas m'en parler.

- Tu le saura le moment venu, aller, file t'habiller, ton père t'a certainement déjà vu en pyjama mais tu es encore plus resplendissante lorsque tu portes tes habits moldus.

Hermione rougit et fila s'habiller. Elle redescendit dix minutes après vêtue d'une jupe courte en jean et d'un débardeur rouge avec des sandalettes à talons noirs.

- Comme je le disais, ravissante.

- Merci Harry.

La sonnette retentit.

- Bonjour Mr Granger, entrez.

- Bonjour Harry, merci. Bonjour ma chérie, tu vas bien ?

- Du mieux que je puisse l'être.

- En tout cas, tu es ravissante.

- Tu vois Hermione, je ne suis pas le seul à le dire.

- De la part de mon père et de mon frère de cœur … Allez file, on ne fait pas attendre une fille.

- Qui te dit que … non rien. Bon appétit.

- Merci Harry, tu ne restes pas ?

- Sa mystérieuse conquête l'attend, en plus, c'est lui qui a préparer à manger, il a peur.

- Merci Harry de nous laisser tester, passe une bonne journée.

- Merci, vous aussi Mr Granger.

- Je t'ai déjà dit de m'appeler Olivier.

Mais Harry était déjà parti. Hermione gagna la cuisine suivie de son père. Elle mit la table et sortit le plat de lasagnes du four.

- Mmm ça a l'air bon.

- Il n'est pas si mauvais cuisinier que ça, suggéra Hermione.

- Bon à marier.

- Papa !

- Quoi ? Un homme qui sait faire à manger, il faut le garder, mais je sais qu'il est comme un frère pour toi !

- Papa, qui sont mes parents biologiques.

- Il s'agissait d'une de mes cousines éloignées. Elle ne pouvait pas te garder car Volmachin

- Voldemort oui

- Voldemort était à ses trousses, elle et son mari. Elle a eu beaucoup de mal à te quitter, elle est tombée enceinte de toi pendant qu'elle étudiait à Poudlard. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur pour toi. Elle savait que je ne pouvais pas avoir d'enfant et que mon rêve le plus fort était d'avoir une petite fille. Lorsque je t'ai prise dans mes bras, tu m'as souri, et j'étais l'homme le plus heureux. Jane et moi t'avons adopté. Elle venait te voir souvent, elle est retombée enceinte, et un an après la naissance de leur garçon, ils sont décédés, tués par Voldemort.

- Attends, tu veux dire que ma mère est Lily Evans ?

- Oui ma chérie, tu es la sœur de Harry Potter.

- Ce n'est pas possible ! Je ne leur ressemble pas.

- Si, Hermione, mais pas extérieurement, mais tu as le même caractère que Lily.

- Mais si tu ne peux pas avoir d'enfants, qui est le père du bébé ?

- Ta … Jane a un amant. Lui peut lui apporter l'enfant qu'elle souhaitait. Je pense que je vais la quitter, elle nous a trop fait mal à tous les deux. Elle m'a fait croire que l'enfant était quand même de moi, après elle m'a dit qu'elle avait quitté cet homme et que elle l'avait draguée pour qu'on ait un autre enfant.

- Si tu veux venir habiter ici, ce n'est pas la place qui manque, et j'en serais très heureuse, même si je retourne à Poudlard en septembre.

- Je veux bien, on va prendre un nouveau départ, tous les deux.

- Mes parents étaient des sorciers.

- Oui, mais ta mère venait de parents moldus, c'est pour ça qu'elle t'a confié à moi, elle savait que tu serais en sécurité, si tout le monde pensait que tu étais une né-moldue. Elle m'a laissé cette lettre pour toi, je devais te la donner quand j'étais prêt à tout de raconter.

« Bonjour Hermione,

Ton père t'a sûrement révélée que James et moi étions tes parents biologiques. Je suis désolée de t'avoir abandonnée ma fille, mais c'était la seule solution, tu dois avoir l'âge que j'avais lorsque je suis tombée enceinte ou lorsque j'ai accouché. Je ne pouvais te faire courir le risque, on vient d'entrer dans l'Ordre. Tu seras à l'abri avec Olivier. Il n'y a que lui, Jane, James et moi qui sommes au courant de ta naissance et de ton identité. Même nos meilleurs amis ne sont pas au courant. Sirius aurait certainement désapprouvé, il aurait dit qu'on ne pouvait abandonner une si jolie petite fille comme toi, et il aurait raison, Remus aurait lui aussi essayé de nous faire changer d'avis. Personne n'a été au courant de ma grossesse alors je préfère que tu sois chez Olivier. Je venais te voir souvent mais au moment où j'écris cette lettre, ce sera ma dernière visite avant un petit moment. Je suis à nouveau enceinte mais là tout le monde l'a remarqué, tu vas avoir un petit frère. Peut être que vous êtes amis à Poudlard, qui sait.

Je t'aime Hermione et James aussi, de tout notre cœur.

Lily Potter. »

Hermione avait les larmes aux yeux. Elle se blottit dans les bras de son père.

- J'aurais aimé les connaître.

- Je sais Mione, mais tu as Harry.

- C'est bizarre.

- Tu disais tout à l'heure qu'il était ton frère de cœur.

- Oui, c'est vrai, mais il ne me fait pas confiance en ce moment, je sais qu'il me cache quelque chose. Je ne peux pas lui dire maintenant que je viens d'apprendre qu'il était mon frère, j'ai besoin de temps pour digérer la nouvelle.

- Je te comprends Hermione, si tu as besoin, je suis là.

- Merci Papa. Il faut que j'aille faire mes achats pour la rentrée, tu viens avec moi ?

- Dès l'instant que tu ne restes pas une heure dans la librairie, c'est d'accord.

- Cinquante neuf minutes ça te va.

- Hermione …

- Bon d'accord, aller on y va.

Ils prirent le métro et entrèrent sur le Chemin de Traverse.

- Les sorciers prennent le métro ?

- Non, ils utilisent la Poudre de Cheminette ou ils transplanent mais je ne pouvais pas le faire avec toi.

- D'accord. Qu'as tu besoin ?

- Il me faut des parchemins, de l'encre, de nouvelles plumes, les livres de 7ème année, et une bonne glace.

- La glace est sur ta liste ?

- Oui, oui. Oh mince, les Weasley.

- Ce sont tes amis non ?

- Ils ne nous adressent plus la parole, à Harry et moi.

- Pourquoi ?

- Bonne question. Un des frères de Ron a été tué dans la bataille et son père n'est pas en très bonne santé.

- Bonjour Mrs Weasley. Bonjour Ginny.

- Bonjour Hermione, répondirent-elles en même temps dans un murmure.

- Comment va Mr Weasley ?

- Qu'est ce que ça peut bien te faire ? répliqua Ginny.

Hermione resta sans voix.

- Que vous a fait ma fille, pour que vous lui parliez ainsi ?

- Demandez lui, elle doit bien le savoir.

- Justement non, Ginny, qu'a-t-on fait Harry et moi pour que du jour au lendemain aucun de vous ne nous adresse la parole ? On était tous les deux près de vous après la mort de Fred, on était toujours là si vous aviez besoin de nous.

- Aucun de votre famille n'a été touché à vous !

- Alors c'est ça que tu me reproches, que mes parents soient en vie ? Les parents d'Harry sont morts, on a ni l'un ni l'autre de frère et sœur, on aimait Fred, on a, tous les deux, envie que Mr Weasley s'en sorte. Lupin faisait un peu parti de la famille de Harry, il a perdu son parrain, Dumbledore est mort sous ses yeux, on a vu Fred se faire tuer et ce que vous nous reprocher, c'est de ne pas avoir perdu de notre famille pendant la bataille, et que dans ce cas, on ne peut pas comprendre ce qu'il vous arrive. J'espère sincèrement que ton père s'en sortira, en tout cas, je retourne à Poudlard, on se verra là bas. Bonne journée à vous deux.

- Oui c'est ça ! lança Ginny, avant de repartir avec sa mère.

Hermione accusa le coup en silence et reprit ses courses avec son père. Elle rencontra plusieurs élèves de Poudlard qui la saluèrent. Elle retint ses larmes en passant devant la boutique de Farces et Attrapes pour sorciers facétieux. Elle vit Ginny et Mrs Weasley en sortirent et quitter le Chemin de Traverse. Elle décida d'entrer dans le magasin.

- Le magasin est fermé !

- Même pour les amis.

- Oh bonjour Hermione, ça fait plaisir de te revoir.

- J'aimerais bien passer te voir plus souvent mais …

- Je sais, je ne comprends pas pourquoi ils agissent comme ça. J'ai vraiment apprécié ton aide à toi et celle de Harry quand …

Georges se mit à pleurer et la jeune fille le prit dans les bras.

- Tu pourras toujours m'écrire, je retourne à Poudlard cette année. On pourra se voir pendant mes sorties à Pré au Lard.

- Merci Hermione, je viendrais te voir.

Hermione lui adressa un petit sourire et quitta la boutique.

- Tu a tout ma chérie ?

- Oui, on va manger cette glace ?

- Allons y !

Hermione prit une glace à la pistache et son père à la vanille, Harry les rejoint et en prit une à la citrouille.

- Tu as les cheveux encore plus en broussaille que d'habitude, Harry !

Le concerné rougit et Hermione explosa de rire.

- C'est dommage que je ne connaisse pas cette personne, ça t'éviterait de rougir à tout bout de champ.

- Laisse le tranquille Hermione, chacun à ses secrets. Je vous laisse, jeunes gens. A plus tard.

- Au revoir Papa.

- Au revoir Mr Granger. On rentre Mione, j'ai envie de passer une soirée tranquille avec ma p'tite soeur.

- Grande sœur !

- Quoi ?

- Je suis plus vieille que toi Harry, ne l'oublie pas !

- Oui c'est vrai. Allez, viens grande sœur.

Ils transplanèrent au square Grimmaud. Ils commandèrent des pizzas et passèrent la soirée à se parler de leur vie avant Poudlard, où ils ignoraient encore qu'ils étaient sorciers. Hermione s'endormit dans les bras de son frère. Elle se réveilla pourtant dans son lit, habillée de son vieux pyjama. Elle n'avait pas cauchemardé pendant la nuit et descendit de bonne humeur, suivant l'odeur de crêpes.

- Je suis gâtée dis donc.

- Bonjour Mione, j'en profite, avant que tu ne retrouves les livres poussiéreux de Poudlard et les succulents repas des elfes.

- Tu es très bon cuisinier Harry, je vais demander qu'il t'embauche comme cuisinier particulier de la préfète en chef.

- Tu es préfète en chef ?

- Oui.

- Félicitations. Et tu sais qui est l'autre préfet en chef ?

- Non, mais c'est quelqu'un qui est de notre année et qui souhaite la refaire. Comme moi.

Harry s'étouffa avec sa tasse de thé.

- Ca ne va pas Harry ?

- Si, si. J'espère que tu t'entendras bien avec lui … ou elle.

Le reste des vacances se déroula à peu près de la même façon et c'est ainsi qu'Hermione se rendit accompagnée par Harry, au quai 9 ¾ .

MARDI 1er SEPTEMBRE 1998

Cela lui fit du bien de retrouver cette ambiance, voir les autres élèves.

- Prends bien soin de toi, Mione, et ne reste pas trop longtemps enfermée dans la bibliothèque.

- Promis Harry. Tu vas me manquer. Tu m'écriras hein ?

- Oui, Mione, toutes les semaines, toi aussi tu va me manquer.

Il la prit dans ses bras.

- Les adieux des amoureux sur les quais de gare, comme c'est mignon !

- Malefoy, tu n'aurais pas pu disparaître de la surface de la terre. Ca éviterait d'entendre des idioties !

- Ce n'est pas moi qui les invente ces idioties, comme tu dis, elles font la une de la gazette, j'ai entendu des élèves en parler.

- QUOI ?!?! lança Harry.

- Ils ont combattu ensemble à quand le mariage ?

- On est … meilleurs amis, bégaya Hermione, manquant de révéler son secret.

- Ce n'est pas moi que ça intéresse. Bon, je ne tiens pas à louper le train.

Il partit.

- Tu devrais y aller aussi, Mione

- Tu as raison. A bientôt Harry.

- A bientôt Mione.

Hermione monta le train juste avant qu'il ne quitte la gare, emmenant les élèves vers une nouvelle année scolaire. Hermione traversa le train afin de rejoindre le compartiment réservé.