Danse avec moi…
La suite de la Fic... Plus heureuse, avec touches de romance par ci, par là…
Rita :
Il est minuit. Le dortoir est sombre et le bruit est inexistant. Enfin, presque inexistant. Il y a le son sourd de la musique en haut de nous. Le Bal devait finir à minuit tapant, mais les professeurs doivent encore avoir perdu le contrôle.
Je soupire. J'aurai bien voulu y aller, mais il est trop tard. De toute façon, j'aime mieux être proche de Narcissa. Je l'adore. Et pas qu'en amie. Je rêve de l'embrasser, mais ce n'est vraiment pas le moment.
Quand elle avait 11 ans, je la trouvais mignonne. À 12, jolie. Puis à 13, belle. Mais à 14… séduisante.
Je n'ai jamais voulu croire que c'était de l'amour. Quand je m'émerveillais devant son sourire, je me disais que l'amitié était parfois forte. Puis, la voir marcher… Bon, d'accord, un peu de désir… Mais quand je l'ai vu nue ce soir… Mon Dieu… Je savais que c'était plus que du désir. Je voulais la protégée, l'aimer…
Je trouvais affreux ce que Rodolphus lui avait fait subir… Mais… Je m'imaginais à la place de l'homme, et j'aimais l'idée. Pas pour la violée, non! Sauf que je savais qu'avec moi, elle serait en sécurité. Avec moi, elle serait bien. Dans mes bras, elle n'aurait pas peur. Dans mes bras, elle l'est présentement.
Elle était toute nue, et je ne me sentais pas bien par rapport à la situation. Je suis en amour par-dessus la tête avec elle. Cissy n'en a aucune idée, et après ce qui vient de se passer, je me sens comme si j'abuse d'elle… Comme si je la viole du regard…
Je l'ai donc laissée seule un instant, un tout petit, pour aller lui chercher un truc à se mettre, dans mon propre dortoir. Je savais qu'elle avait des vêtements à elle quelque part ici. Mais je savais aussi que si je faisais du bruit pour les trouver, je la réveillerai. Et pour rien au monde, je n'aurai voulu troubler son sommeil.
C'est pourquoi elle porte présentement une vieille chemise d'homme, toute effilochée, mais adoucie avec les nombreux lavages qu'elle a subie.
Elle bouge un peu, se rapproche de moi. Je suis couchée dans son petit lit simple, son corps entier s'adapte à la courbe du mien. Ses fesses contre mon sexe, son dos sur mon ventre et ma poitrine, sa tête appuyée sous mon menton. Elle me tourne donc le dos. Et puis ses jambes… Elle les a repliées contre son propre ventre, les retiens avec ses bras. Narcissa semble vouloir se protégée… Quoi de plus normal, après tout…
Elle remue encore, gémit dans son sommeil. Finalement, ses yeux s'ouvrent tout grands. Elle a l'air effrayé, ne sais pas où elle est, avec qui elle se trouve.
- Bon réveil, mon cœur.
Cissy reconnait ma voix, et se détend immédiatement. Je sens les muscles de son dos frêle se relâcher contre ma poitrine, ses jambes se déplier pour se coller contre les miennes.
- Merci pour la chemise… Elle est confortable, murmure t-elle dans le silence de la chambre, de sa voix fatiguée. Où l'as-tu dénichée?
- Dans mon dortoir, elle m'appartient. Je l'ai toujours trouvée parfaite pour… les moments plus durs de la vie.
- Je suis d'accord… En plus, elle a ton odeur, chuchote ma belle en respirant une grande bouffée du col usé de la chemise. Attend un peu… Tu es sortie? Il… il ne peut pas être entré, hein?
Sa voix tremble, elle commence à ramener ses jambes vers elle mais j'arrête son geste en posant ma main sur sa cuisse, nue car la chemise ne l'a couvre pas entièrement.
- J'ai pris les mesures nécessaires. Je viens de faire changer le mot de passe de ton dortoir. Personne n'est encore au courant. J'ai envoyé un Patronus corporel à Minerva McGonagall. Il est renvoyé. Bellatrix n'a même pas versé une larme. Il vient tout juste de quitter l'école, j'ai entendu la voix de son père tonnée de rage il y a quelques instants…
- Tu es trop bonne avec moi, tu le sais ça? Oh non, tu as ratée ton Bal! Je me sens tellement coupable… Je suis tellement désolée…
- Arrête mon ange, calme-toi. J'étais 100 fois mieux ici que là-bas. Je ne t'aurai jamais laissée toute seule, de toute façon.
- Quel dommage… J'aurai bien voulu danser avec toi… Entendre une douce valse dans mes oreilles…
- Il n'est jamais trop tard… Allez, lève-toi!
Je repousse les couvertures lentement, l'aide à se relever. Elle n'a rien sous sa chemise, et ça la gène. Mon amie tire sur les bords de la chemise nerveusement, cherche à camoufler le haut de ses cuisses légèrement visible.
- Ne t'inquiète-pas, on est seules.
Elle se détend. Je sens qu'elle sera sur les nerfs pour un moment encore…
Et elle me regarde finalement.
Je porte encore ma robe de soirée blanche. Le devant est assez décolleté, mais sans manches. Le haut est bouffant, resserré à la taille, et s'élargit au niveau des hanches. C'est une robe mi-cuisses, qui dénude complètement le haut de mon dos. Le tissu reprend place sous mes omoplates.
Narcissa me sourit, touche la peau nue de mon cou délicatement. Je fais tout mon possible pour ne pas frissonner à son contact, car je sais qu'elle fait ça en toute amitié.
- Tu es magnifique…
Je souris, et, en attendant l'air d'une chanson qui commence, je pose ma main contre sa taille fine, l'autre dans la sienne. Elle dépose à son tour sa belle petite main sur ma taille, et me regarde. Je reconnais la chanson qui joue en en haut, au Bal. Maybe this time, Cabaret.
Je fredonne l'air aux oreilles de ma douce, en bougeant lentement au rythme de la musique calme, l'entrainant avec moi. Mais notre position de danse serait pour une vraie valse. Pour le moment, c'est un peu inconfortable. Je prends les mains de Cissy dans les miennes, et les guident jusqu'à mon cou. Elle joint ses mains derrière ma nuque, me sourit timidement quand je place mes mains sur ses hanches.
Notre position est plus appropriée, plus agréable. Nos corps se touchent beaucoup, j'essaie de faire comme si toutes les amies du monde dansaient présentement comme nous, que c'est parfaitement normal… Mais j'échoue.
- Maybe this time, I'll be lucky… Maybe this time, she'll stay…
Je chante les paroles à son oreille, ne me rend compte que par la suite que j'ai changé le «he'll» de la chanson habituelle, pour un «she'll». Je me mords les lèvres. Elle connait la chanson, elle aussi. Elle sait très bien que je l'ai modifiée. Je rougis en essayant de garder le contrôle de moi-même. Je dois être forte. Être LA parfaite amie dont elle a besoin en ce moment. Pas la femme qui se meurt d'amour…
Encore 2 minutes, et la chanson s'achève, le Bal aussi. Je relève ma tête, penchée pour être capable de lui chanter les paroles à l'oreille.
Narcissa me regarde. Un regard bourré d'amour et d'amitié. Tant de sentiments dans un même regard. Tout ça pour une petite danse, une toute petite attention.
- J'adore ta voix…
Nos mains sont toujours à la même place. Les miennes sur sa taille, les siennes derrière ma nuque. La chanson est finie. On devrait se dégager, mais on en est incapables. On est bien. Peut-être trop…
Je suis trop grande. Plus grande qu'elle. Vraiment plus grande qu'elle.
Malgré tout, il lui suffit de se percher sur la pointe des pieds pour parvenir à atteindre mes lèvres, pour les caresser lentement des siennes, dans un premier et tendre baiser…
Fin du chapitre. Trop crevée pour écrire plus.
Reviews?
Anna Bella
