Note de MoiMiniPouce :

Un grand merci à Axelle et Lolly ! Vos reviews sont toujours autant savoureuses =)

Un grand merci à Shimy : je me répète, mais il n'en est pas moins vrai que tu m'as fait énormément plaisir !


Précédemment dans Wicked Game :

* Sirius Black, septième année à Gryffondor est devenu très complice avec Jaina au cours d'arithmancie qu'ils partagent en binôme.

* Plus tactile et plus enclin à sortir facilement, Sirius Black a proposé à jaina d'aller boire un verre en toute amitié : la serdaigle, d'un an sa cadette, a refusé prétextant une peur des ragots.

* Aussi n'a-t-elle trouvé rien à retourner lorsqu'il lui propose un verre pendant les vacances d'Avril…

* Jaina n'arrive cependant à avouer bien des choses à elle-même, et plus particulièrement à ses amis : notamment ce qu'elle ressent pour Sirius – encore tout frais - et ses sentiments contradictoires (encore trop chauds) pour son ex et voisin, Julien.

* Le trajet de retour à la maison pour les vacances d'Avril ne se fera pour Jaina qu'en compagnie de son amie Judith, ex de Jordan, et petite amie d'Amos Diggory.

* Jordan et Jerry ayant, en effet décidé de rester à Poudlard avec leurs petites amies respectives.


Chapitre 8 : De retour à la maison

Les vacances arrivèrent. Jaina était étonnamment nerveuse durant le trajet. Comme si elle s'imaginait que quelqu'un allait venir l'attaquer à tout moment.

- C'est la présence de Black dans le train qui te rend si nerveuse ? la taquina Judith.

- Non, répondit honnêtement Jaina. C'est juste que j'aie comme un mauvais pressentiment…

- Julien n'est pas là pour les vacances d'Avril, non ? s'enquit Judith, se sentant concernée pour son amie.

- Je ne pense pas.

Elle se souvint qu'il ne revenait que pour elle, du temps où ils étaient ensemble.

- Tu ne m'as pas dit : tu te sens mieux, maintenant ?

- Comment ça ?

- Tu disais qu'une période d'intermède te ferait du bien. En célibataire, ajouta Judith voyant que son amie qui ne comprenait toujours pas. Alors je me demande juste. En plus tu t'es trouvé un sex-buddy, alors je m'inquitète un peu, rit Judith.

Jaina sourit à son tour. Vu comme ça, songea-t-elle.

- Je crois. Enfin, j'pense que je devrai m'expliquer avec Julien. Ça me ferait du bien. Je me sens prête à l'affronter, mais je ne sais pas…enfin je me demande si lui a changé suffisamment pour qu'on puisse…Tu sais, s'expliquer.

Judith l'encouragea et elles continuèrent de discuter sur ce qu'elle devrait lui dire. Elles parlèrent longuement relation amoureuse et autres sentiments envers les garçons. Sans mentionner une seule fois le fait que c'était bien Jessie qui n'avait cessé de rabâcher Jaina pour qu'elle s'explique avec Julien.

Le train finit par s'arrêter. Judith rejoint ses parents, Jaina sur ses talons. Sa mère n'était toujours pas là.

- On peut te déposer, chérie ? lui demanda la mère de Judith.

- Non, non ! Allez-y ! Au pire je rentrerai seule, je ne suis pas loin.

Jaina lança un regard explicite à Judith. Il n'était pas bon, pour quiconque, clamer un lien avec les moldus, en ces temps. Ainsi, son père n'était jamais venu sur le quai de la gare. Sa mère tenait à ce que personne ne s'en doute. Allant parfois jusqu'à prétendre être mère célibataire. Paranoïa quand tu nous tiens…

- Tu es sûre, Jaina ? Ce n'est pas prudent, insista le père de Judith, je me sentirai plus en…

- Ne vous en faites pas ! Jain' n'est pas une pacotille de sorcière, assura Judith.

- Mais elle est encore mineure, comment diable…

Au loin, Jaina vit Sirius Black franchir la barrière. Elle se demanda un moment comment est-ce qu'il allait rentrer. Un Black ne devait pas connaître les moyens moldus…

Jaina franchit la barrière avec la famille de Judith et ils croisèrent sur le chemin sa mère.

Jaina vit dans ses yeux la fureur, mais se garda bien de la montrer en public.

Installée dans la voiture, Félicie perdit toute sa colère en voyant un jeune homme s'installer sur une immense moto et décoller devant leurs yeux…

- Qu'est-ce que…Est-ce que les gens sont devenus fous ?

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda son père.

- Tu…tu n'as pas vu une voiture décoller devant nous ? s'inquiéta Jaina, la gorge sèche.

- Une moto voler ? s'étonna son père en regardant de part et d'autre de la route, à la recherche d'une moto volante.

- Voler, papa ! Voler ! Elle ne volerait pas sur la route ! railla-t-elle.

- Comment ? Mais où ?

- Dans les airs, papa, rit Jaina.

- Hum ! reprit sa mère. Bon, je vois que ce jeune homme n'est pas si inconscient, il l'a tout de même équipé d'un sort repousse-moldu.

- Pour des motos ? Enfin, pour que papa ne l'ait même pas remarquée, ça doit être de la magie très puissante !

- Son regard a du être attiré par autre chose quand il l'a vue.

- Hé ! C'est vrai que y'avait un mec avec un costume violet qui se baladait…

- Tu vois ? rétorqua Félicie.

- Mais…et le bruit ? poursuivit Jaina.

- Classique des sorts repousse-moldu, Jaina. Leur attention focalisée, ils n'entendent pas les bruits étranges.

- J'aimerai qu'on parle avec un peu plus de décence des « moldus », si vous n'y voyez pas d'inconvénient…

- T'as loupé quelque chose, papa ! s'enthousiasma Jaina comme une enfant. Cette moto était super classe !

- Je m'étonne tout de même que les Black se soient seulement embarrassés de sorts repousse-moldus, ajouta Félicie méprisante.

- Black ? s'étonna Jaina.

- Oh ! Aucun doute que c'était un Black.

- Je ne t'ai pas dit qu'un Black était à gryffondor ?

Sa mère poussa une exclamation dédaigneuse avant de reprendre.

- Il doit juste être plus malin que les autres pour tromper le choixpeau.

- On ne peut pas le tromper, rationalisa Jaina, très calme.

- Attends, Black ? Comme dans Pollux Black ?

- Qui est-ce ? questionna une Jaina très curieuse en décelant de la nervosité dans les traits du visage de sa mère.

- Ta mère t'a souvent parlé de la famille Black, Jain' ? s'enquit son père méfiant.

- Un peu, oui. Comme elle m'a parlé d'autres familles de sorciers.

- Hein, hein ! En terme très élogieux, j'imagine, ironisa sombrement son père en lançant un regard étrange à sa mère.

- Ils n'ont pas très bonne réputation, de toute manière. Enfin, si on est contre la ségrégation non-sorcier et sorcier…

- Oui, mais ta mère, n'est pas très impartiale, si tu vois ce que je veux dire, renchérit son père, en ne lâchant presque pas sa femme du regard.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'exclama presque Jaina.

- Ta mère est sortie assez longtemps avec un sorcier avant de me rencontrer : Pollux Black.

- Avant de te rencontrer ? J't'en prie, ça remonte à je ne sais combien d'années ! Je ne suis même pas sûre que tu fusses même né ! s'emporta Félicie.

Jaina et son père éclatèrent de rire. Il n'était pas un secret que Félicie avait quelques années de plus que son mari, mais en sa condition de grande sorcière, elle ne faisait guère plus de 40 ans : limite plus jeune que son époux.

- Alors, tu es sortie avec un Black, maman ? C'es dingue ça ! C'est après que tu as mis de côté toute folie sur la pureté du sang ? demanda Jaina qui connaissait une vague partie de la vie sombre de sa mère.

Félicie hésitait visiblement à répondre.

- Plus précisément, quand il l'a larguée parce que son sang n'était pas pur au 3ème degré, c'est ça ?

- Cinquième, marmonna Félicie.

Jaina éclata de rire, mais ne put s'empêcher de penser qu'elle avait révélé à Sirius qu'elle était de sang-mêlé. Qu'allait-il penser d'elle ? Il avait bien quitter sa famille…peut-être était-ce à cause de leur folie sur la pureté du sang. Peut-être pas…

Jaina secoua aussitôt sa tête. Peu devait lui importer ! Elle ne voulait pas sortir avec Sirius Black ! Elle ne voulait pas…elle ne pourrait pas. Elle se consola en se disant, qu'elle aurait au moins quelque chose à lui raconter s'il se voyait durant ces vacances, elle qui craignait de longs silences…

- Pollux, tout de même ! Ce ne sont pas des prénoms !

- Cette famille a une tare, ma chérie, je te le dis !

- Tu les as rencontré ?

- Son grand-père était directeur de l'école quand nous étions ensemble, alors je n'avais pas vraiment le choix !

- Wahou ! C'est dingue ! Vous êtes restés combien de temps ensemble ?

- 13 ans ! répondit aussitôt son père.

- Pardon ? s'égosilla-t-elle.13 ans ? C'est dingue ! Et vous ne vous êtes pas mariés ?

- On a été ensemble durant toute notre scolarité et un peu après avant qu'il ne découvre cette…défaillance génétique, expliqua sa mère agacée.

- Attends, attends…vous étiez donc dans la même maison ?

Sa mère ne répondit pas.

- Tu…Tu étais à…à Serpentard ?

- Ça ne veut rien dire, chérie. Il existe toujours des…cas à part. J'en ai fait partie.

En fond sonore, son mari riait. Mais Jaina n'était plus amusée…

- Alors,…après Poudlard, vous êtes resté ensemble mais vous ne vous êtes pas mariés ?

Sa mère semblait plus que jamais mal à l'aise. Elle n'osa plus regarder quiconque et se plongea dans la contemplation de la fenêtre.

- Elle est assez âgée pour comprendre, chérie, la rassura son mari.

- Nous n'aurions jamais dû commencer cette histoire, ragea Félicie.

- Maman…tu n'as pas à t'inquiéter pour moi, je ne te jugerai pas !

- Oui, mais un jour ou l'autre, tu vas me le renvoyer à la figure, chérie…Et ça…je ne suis pas sûre que je le supporterai.

- Papa te l'a déjà reproché ? demanda Jaina timidement.

Ils échangèrent un regard, non pas gêné, mais amoureux.

- Non. Jamais.

- Maman…tu n'étais pas la même. Tu as changé. Toute cette histoire, c'est bien la preuve qu'on fait des erreurs et qu'on en apprend, quelque chose, non ?

- Je trouve notre gamine plus mature que toi, plaisanta le père de Jaina.

- Bah… Après tout, je devrai être capable de l'assumer, non ?

- Bien parlé, chérie. On arrive, alors dépêche-toi de finir ton histoire.

- Pollux s'est marié, après que nous ayons terminé notre scolarité. Un mariage arrangé. Il ne s'est pas beaucoup démené pour annuler le mariage. Mais j'étais assez désespérée pour me contenter de cette situation…

- Tu veux dire que…

- Oui.

- Avec un homme marié…

- Oui.

- Ah. D'accord. Et sa famille était au courant ?

- Jain' ! soupira sa mère.

- Quoi ? Je demande.

- Bien sûr que non.

- Et je n'ai pas de frères Black cachés quelque part, hein ?

- Bah maintenant que tu le dis, plaisanta son père.

Ils rentrèrent dans l'appartement sous les rires, et les souvenirs les plus déplaisants de Félicie, tournés en gage.

Ce que Jaina préférait dans la semaine de vacances d'Avril, c'était qu'elle avait l'appartement pour elle toute la journée. Ses parents quittaient le matin aux environs de 7h - autant dire que Jaina dormait encore - et ne revenaient que pour le dîner qu'ils prenaient tard – pour des anglais – soit vers 9h.

Mais ils étaient samedi et ses parents ne travaillaient pas. Sa mère était allée faire les courses, son père lisait le journal moldu avant d'entamer celui sorcier, tandis que Jaina écoutait sa musique, dans sa chambre à l'étage, tout en dessinant le visage de Jessie de mémoire.

Leur appartement était en effet sur deux étages : un des privilèges d'habiter au sommet d'un immeuble sans ascenseur.

A l'étage, le toit était bas. Mais Jaina avait eu l'intelligence de ne pas être très grande, aussi, les parents avaient décidé d'échanger leurs chambres. Elle occupait à présent tout un étage, bénéficiait même de sa propre salle de bain, et de ses toilettes.

Seul désavantage, elle était souvent la dernière au courant des visites dans l'appartement. Aussi lorsque son père monta l'appeler, elle ne comprit pas très bien quel était l'enjeu de la visite…

Il était debout. Au milieu du salon. Son père s'était déjà rassit sur son fauteuil et reprenait sa lecture moldue.

- Pas de bruit à l'étage, les jeunes, hein !

Il n'avait pas regard significatif. Jaina en avait le souffle coupé. Elle ne pensa à rien. Ce fut sans doute pour cela qu'elle reprit les mots de son père.

- Oui, l'étage, murmura-t-elle faiblement en le désignant d'un geste approximatif.

Il la suivit. Sans réfléchir, elle se saisit de sa baguette et éteint la musique.

- J'avais toujours trouvé étrange ta radio.

Il était vrai qu'elle n'avait ni antenne ni touche, juste une enceinte principale…

- Qu'est-ce que tu veux ? souffla-t-elle dans un murmure à peine audible.

- Je…j'ai besoin de toi, bégaya-t-il après un moment de silence.

- Je t'écoute, répondit-elle d'une voix posée, cachant tant bien que mal sa curiosité.

Surprit par sa réponse, il la dévisagea un moment. Avant de montrer son plâtre au bras avec un mince sourire qui se voulait adorable mais qui l'exacerba au plus au haut point.

- Pardon ? répondit-t-elle sans comprendre.

- Je…la saison de tennis va commencer et…je…me demandais si tu pouvais faire un truc…tu sais, dit-il en mimant un geste de baguette sur son plâtre.

Jaina ne put s'empêcher de laisser échapper un rire jaune. Elle en avait presque les larmes aux yeux.

- Attends…Attends…laisse-moi récapituler…Je …tu…tu te pointes chez moi pour…pour que je te jette un sort ? Alors que tu m'a jeté parce que…

- Jainie, je sais que…

- Oh ! Oh ! l'arrêta aussitôt Jaina. Maintenant, je suis « Jainie » ? Pourquoi pas « chérie » pendant que t'y es ?

- Ok, c'est bon, je me casse ! dit-il en commençant à descendre les escaliers.

- Je veux, oui ! Tu t'attendais à quoi au juste en venant jusqu'ici ? Tu pensais que j'allais tomber à tes pieds ? Rentrer dans le panneau de tes paroles vides ? Tu ne dois vraiment pas me connaître pour oser venir chez moi ! le pourchassa-t-elle dans les escaliers

- J'en sais assez pour savoir que tu n'es pas une bonne sorcière, rétorqua-t-il arrivé en bas, la regardant méprisamment de bas en haut.

- Esp…

Mais elle ne finit jamais sa phrase.

Elle ne souvint pas avoir lever sa baguette…mais pourtant il s'était retrouvé projeté sur le sol. Le corps tremblant, il regardait s'avancer vers lui, Jaina brandissant, menaçante, sa baguette.

- Tu viens chez moi…après tout ce que tu m'as dit ! Tout ce que tu m'as fait ! Comment peux-tu encore oser toquer à ma porte ! rentrer chez moi ! rentrer dans ma chambre ! Essayer de faire la conversation comme si l'on venait juste de se quitter ? Tu crois donc que j'ai oublié – non, que je t'ai pardonné ! – de m'avoir accusé de t'avoir ensorceler, alors que…

- JAINA !

Sa mère était rentrée, et n'en croyait pas ses yeux. Ses courses en étaient tombées à ses pieds sans qu'elle y prête le moindre regard.

- Range ta baguette immédiatement, grinça-t-elle entre ses dents. Quant à toi, Julien, tu devrais rentrer chez toi. Je passerai chez toi après avoir parler à ma fille. File. Maintenant.

Julien n'en attendait pas moins pour déguerpir. Félicie attendit que sa porte claque. Comme toutes celles de l'appartement, elle était insonorisée de l'intérieur.

Elle regarda dans un premier temps son mari. Sa posture n'avait pas changé. Seule sa tête avait basculé de 90° et sa bouche était grande ouverte.

- Est-ce que quelqu'un peut me dire ce qu'il s'est passé ? lui demanda Félicie.

- Je…je l'ai invité à rentrer, expliqua son mari.

Choquée, Jaina avait lâché sa baguette et ne se préoccupait pas de la voir au sol. Une de ses mains était plaquée sur sa bouche, tandis que l'autre s'était posée son ventre.

- Jason ! s'insurgea Félicie.

- Quoi ? se défendit-il.

- Pourquoi est-ce que tu as laissé ce gamin rentrer chez nous ?

- Mais…mais je croyais que vous étiez encore ensemble ! retorqua-t-il. On ne me dit jamais rien, dans cette maison ! Comment voulais-tu que je devine ?

- Je croyais que tu lui avais dit, maman, souffla Jaina.

- C'était à toi de le lui dire, enfin !

- Depuis quand est-ce que vous n'êtes plus ensemble ? s'interposa Jason.

- Depuis un an, bientôt…

- Un an ? s'éberlua-t-il. Mais je continue de le saluer ! Il reste toujours très cordiale avec…oh ! le petit con, je vais en faire de la chair à pâté !

- Personne ne va rien lui faire du tout ! s'énerva Félicie. Je crois qu'il a eu suffisamment peur comme ça ! Jaina, est-ce que tu es inconsciente ? Tu as attaqué un moldu ! Est-ce que tu sais ce que tu risques ?

- Ils…ils ne le savent pas, hein? Je veux dire, on n'a pas encore reçu de…

Mais elle ne put continuer sa phrase, un hibou venait d'entrer dans le salon. Une lettre lui était destinée.

Ses parents retinrent leur souffle tandis qu'elle soufflait lourdement avant de l'ouvrir. Son cœur fit un bond en reconnaissant l'écriture de Sirius. Elle froissa la lettre sans même l'avoir lue et la mit dans sa poche.

- C'est un camarade de classe.

- Très bien, soupira Félicie. Quoi ? Non ! Non ! Ce n'est pas très bien, chérie. Ce que tu as fait est grave ! Très grave !

- Je sais, je sais ! Mais il…enfin, maman tu sais très bien ce qu'il m'a fait, non ?

- Moi, je ne sais pas ! s'empourpra son père.

- Oui, et il vaut mieux que tu ne saches pas, répliqua sèchement sa femme. Je sais très bien ce que tu lui ferais si tu savais, et je t'interdis formellement de toucher un cheveu de ce garçon, c'est compris ?

- Attendez une minute…il sait ? Il sait, n'est-ce pas ? Il sait que vous êtes des sorcières !

- En fait, non. Il sait juste que j'en suis une. Je ne lui ai pas dit que maman…enfin, il croit que je suis la seule de la famille.

- Ce qui n'est pas plus mal. Et tant que ton père et lui continuent de bien s'entendre, peut-être que ça le dissuadera de…oh ! Je ne sais pas. Peut-être que je devrai en parler au ministère.

- Non ! supplia Jaina. Maman, s'il te plait ! Tout ce qu'il veut c'est qu'on guérisse son bras, guéris-le lui et…

- Jaina…tu ne comprends donc pas ? Les sorciers ne doivent pas interférer dans la vie des moldus !

- Hé ! interjeta son mari.

- A des fins personnelles et aussi malsaines que celle-là. Ne vois-tu pas que si ça commence comme ça, il finira par nous demander à chaque fois de le soigner ? Et s'il commence à en parler à son meilleur ami ? et que le bruit se poursuit ? Nous ne pouvons pas intervenir dans ce monde, Jaina. C'est contre nos lois. Tu comprends ?

- Je sais…mais tu veux le raisonner, alors ?

- Je vais essayer. Mais il est fort possible que le ministère doive intervenir…Mais ne t'en fais pas. Ce n'est pas la première fois que ça arrive – et non, ça ne m'est pas arrivé !

Jaina et son père restèrent deux longues heures à attendre le retour de Félicie.

- Il fait du tennis, c'est ça ?

- Heu…c'est bien le sport avec des raquettes, un filet et une balle jaune ?

- Oui.

- Oui, c'est ça.

- Hum…sacré gamin. Je lui aie toujours trouvé un air de ressemblance avec Hewitt. (*)

- Hewitt ?

Son père rit.

- Avec toutes ces ondes magiques, je ne peux même pas avoir de télévision.

- Je suis désolée…

- Ne le soit pas. En échange je n'ai pas de lessive ou de repassage à faire…

Félicie rentra. Père et fille se levèrent d'un bond.

- Alors ? s'enquit Jaina.

- Il ne parlera pas. J'ai bien discuté avec lui.

- Tu lui as réparé son bras ? demanda suspicieusement son mari.

- Non. Mais...mais j'ai dû lui modifier la mémoire, ajouta-t-elle la voix tremblante.

- Tu as quoi ? s'insurgea son mari.

- Je n'avais pas le choix ! se défendit-elle.

- Alors…il ne se souviendra pas de moi...de nous ?

- Non. Je lui ai juste enlevé le passage de ton attaque avec ta baguette. Tout ce dont il se souvient c'est d'être venu, toi qui t'énerve, lui qui s'en va, moi qui vous interrompt et le suit dans son appartement.

- Mais tu n'as pas eu besoin de te servir de ta baguette pour ça ? s'enquit son époux.

- Je…je l'ai modifiée alors qu'il me faisait dos, expliqua Félicie voyant où son mari voulait en venir.

Plus que tout ce qu'elle avait fait, il semblait que ce fut ce dernier geste qui lui avait couté le plus.

Après deux nouvelles bonne heures de dialogue avec sa mère, Jaina monta finalement dans sa chambre. Elle ne mit pas la musique, et s'endormit. Fatiguée.

Le lendemain, en rentrant dans la salle de bain, elle portait des vêtements rapiécés, les mêmes que la veille. Il avait du la voir dans cette tenue…

Elle se souvint qu'elle les avait déjà portés devant lui. Elle se souvint qu'il lui avait dit un jour qu'il l'aimait même lorsqu'elle dormait dans ses vêtements informes…Et aujourd'hui ? Que ressentait-il vraiment ? Pourquoi - comment – ses sentiments avaient-ils aussi vite changé ? Elle aurait aimé avoir une conversation, une vraie, avec lui. Mais c'était comme si, depuis qu'elle lui avait avoué être une sorcière, ils n'avaient rien pu se dire. Ils ne pouvaient que se crier dessus.

La main dans la poche alors qu'elle se brossait les dents, elle toucha ce qui était visiblement un parchemin.


Mais où sont parties les promesses ?

Où vont tous les serments ?

Faut-il toujours qu'ils disparaissent ?

Qu'ils filent avec le temps

Les rêves quand on est grand

Et dans nos cœurs sur nos visages,

L'amour n'est pas différent.

Vox Angeli – Les promesses


Le groupe va rester en retrait de la narration pour mieux revenir après la semaine qui attend Jaina…

Va-t-elle maitriser sa colère suffisamment pour ne pas aller arracher des mots à Julien ?

Félicie va-t-elle continuer à faire confiance à sa fille ? Comment va-t-elle réagir en apprenant qu'elle est amie avec un Black ?

Son père va-t-il maitriser son calme ? Julien va-t-il survivre à cette semaine ?

Jaina va-t-elle appeler ses amis à la rescousse ?

Rien n'est moins sûr.

La suite au prochain chapitre !

Merci de me donner votre avis sur ce chapitre en attendant =)