Chapitre 3

Spencer Reid se réveilla avec un énorme mal de tête. Il ouvrit les yeux et le regretta dès les premières secondes. Tout lui était flou et tournait autour de lui. L'étourdissement s'estompa et ce qui l'entoura devint de plus en plus clair. Il resta couché sur ce qui lui semblait être un lit et il regarda autour de lui. La panique s'empara de lui lorsqu'il ne reconnut pas l'endroit où il était. Il n'était plus dans son appartement. Il ne comprit pas ce qu'il faisait dans cet endroit mais le souvenir de la nuit précédente lui revint en tête. Quelqu'un c'était introduit dans son logement et l'avait enlevé. Reid ne savait pas qui cette personne était ni pourquoi elle l'avait enlevé. Il regarda autour de lui et constata qu'il se trouvait dans une petite chambre où il n'y avait qu'un lit pour seul meuble. La pièce était beige et il n'y avait aucune fenêtre ni de décoration que ce soit sur les murs ou que ce soit des meubles. Il y avait porte brune en face de lui, à l'autre bout du lit. Il essaya de se lever du lit mais il constata qu'il y était attaché. La seule chose qu'il put faire fût de s'asseoir, bien que la position dans laquelle il était désormais placé lui fût énormément inconfortable. Il avait les mains attachées aux poteaux du lit, au-dessus de sa tête. Reid tenta à maintes reprises de se défaire des liens qui le retenaient au lit, mais en vain; ils étaient trop solidement attachés. Alors qu'il était toujours en train d'essayer de s'échapper la porte de la chambre s'ouvrit lentement.

Vincent Garner venait de se réveiller après avoir passé une bonne nuit de sommeil. Il avait hâte de rendre visite à son nouvel invité. Jamais il n'avait été autant impatient. Garner se leva et commença à se préparer. Il voulait se mettre beau pour son invité tant attendu. Une fois lavé et habillé, il se rendit au sous-sol où il y avait installé Reid. Il lui avait été très facile d'enlever le jeune homme. Il ne lui avait pas longtemps résisté et d'ici peu il n'allait plus essayer de résister du tout. Il allait lui obéir après ce que Garner avait de prévu pour lui. Et il le posséderait corps et âme.

Dans le sous-sol de la maison, il n'y avait aucun meuble, aucune décoration. Le sous-sol ne semblait pas terminé même s'il paraissait vieux et mal entretenu. Les murs étaient en bois et étaient mal isolés. Le sol était recouvert d'un tapis gris. Au fond de la pièce, il y avait une porte de bois avec plusieurs verrous. Garner s'en approcha et déverrouilla la porte. Il ouvrit, lentement, la porte. Il ne pénétra pas immédiatement dans la petite chambre. Il admira quelques minutes Reid qui était assis sur le lit, les mains attachées au-dessus de sa tête. Garner se sentit plus qu'attirer par la vulnérabilité de sa nouvelle acquisition. Doucement, il se rapprocha du lit et de Reid qui était terrifié. Reid ne savait pas ce qui l'attendait et cela lui faisait peur. Il ne savait rien sur la personne qui l'avait enlevé, ce n'était pas comme avec Tobias Hankel. Cette fois-ci serait bien différente et Reid s'en doutait. Il ressentait que son agresseur était en contrôle et qu'il savait ce qu'il faisait, ce n'était pas son premier enlèvement.

Garner se rapprocha de plus en plus de Reid. Reid ne trouva rien à dire. Il avait trop peur pour dire quoi que ce soit. Garner quant à lui semblait prendre plaisir à voir sa victime se tortiller pour se défaire des liens qui la retenaient prisonnière. Garner s'arrêta en face du lit et regarda Reid avec intensité. Ce dernier se sentait de plus en plus mal à l'aise sous le regard de son kidnappeur. Finalement, Reid réussit à trouver la force de parler.

- Que me voulez-vous? demanda Reid d'une faible voix qui tremblait légèrement.

- Ce que je veux? demanda Garner et Reid hocha la tête. C'est toi que je veux Spencer Reid et je te l'ai déjà dit. Alors tu vas être un gentil garçon et obéir sinon tu risque de souffrir. Et je suis persuadé que n'aimerais pas ça.

Spencer Reid ne savait comment réagir à ce qu'il venait d'entendre. Cet homme allait le faire souffrir et il en était plus que conscient maintenant. Il se sentait si vulnérable et impuissant face à cet homme si imposant. Il le regarda, dans les yeux, craintif. Malgré toute cette peur, il devait analyser la situation ainsi que son agresseur ce qui n'était pas facile vue la situation dans laquelle il était. Ce n'était pas comme au bureau où il était en sécurité.

- Tu vas commencer par me faire à manger comme le gentil petit esclave que tu es et après on verra comment les choses se passe, lui dit Garner en s'approchant de Reid pour le détacher. Mais si tu essais quoique ce soit tu vas le regretter amèrement.

Vincent Garner défit les liens de Reid et il le traina par le bras jusqu'à la cuisine. Reid n'offrit aucune résistance ne voulant pas être foudroyé par la colère de Garner. Il ne savait comment ce dernier pouvait réagir. Et puis faire la cuisine n'était pas pour le moment une si grande torture même s'il n'était pas très doué. Garner lui montra tout le nécessaire pour cuisiner. Il l'avertit que s'il tentait quelque chose, il aurait mal, affreusement mal. Pour être sûr qu'il ne tente rien, il sortit un revolver de l'un des tiroirs d'un meuble de cuisine. Il s'assit sur l'une des chaises et fit signe avec le revolver de commencer à préparer quelque chose et vite.

Reid ouvrit le réfrigérateur d'une main tremblante et regarda son contenu. Il en sortit quelques légumes. Il les déposa sur le comptoir et sortit du garde-manger de la sauce tomate ainsi que des pâtes. Une heure plus tard, Reid déposa une assiette de spaghettis devant Garner. Il avait fait de son mieux avec ce qu'il avait pour faire un repas à l'homme. Garner le regarda et lui dit de s'en servir une assiette, de cette façon il pourrait voir s'il avait empoisonné la nourriture ou s'il y avait fait autre chose. Garner prit une bouchée méfiant et en prit une autre et une autre jusqu'à ce que l'assiette fut vide. Quant à Reid, il ne toucha pas à l'assiette trop préoccupé à observer la réaction de Garner.

- Mange, lui ordonna Garner qui se leva pour se resservir une assiette de spaghettis.

Lentement, Reid prit une fourchette et commença à manger. Rapidement, il réalisa qu'il avait très faim. Lorsqu'il eut terminé, il attendit que Garner termine de manger pour faire le moindre mouvement.

- Maintenant, tu vas me laver toute cette vaisselle, lui dit Garner qui terminait sa dernière bouchée.

Alors que Reid toujours silencieux lavait la vaisselle, Garner observait ses moindres mouvements toujours le révolver en main. Puis, un verre glissa des mains de Reid et vint s'écraser sur le sol. Le verre se brisa en plusieurs morceaux et Reid se figea craignant le pire. D'un mouvement vif, Garner se leva de sa chaise rouge de colère et agrippa Reid par le cou. Surpris, ce dernier lâcha ce qu'il avait en main. L'assiette s'écrasa elle aussi au sol pour se briser sous l'impact. La colère de Garner ne fit qu'augmenter. La poigne qu'il avait sur le cou de Reid se serra. Il poussa Reid au sol avec sa main et il vint s'étendre dans les morceaux coupants des restants du verre et de l'assiette. Il se coupa les doigts et quelques égratignures apparurent sur ses joues.

- Tu vas me ramasser ce dégât au plus vite! Espèce de bon à rien! Aller ramasse! Et avec tes mains! cria Garner.

Reid fit ce que Garner lui demanda malgré la douleur qu'il éprouvait. Le verre le coupa à maintes reprises. Il tenta de prendre dans ses mains sanglantes le restant de verre, mais il avait tellement mal qu'il le laissa tomber au sol alors qu'il approchait de la poubelle. Garner bouillait de colère. Il lui donna un coup de pied au ventre alors que Reid se pencha pour ramasser le dégât. Les minutes s'écoulèrent lentement pour Reid et finalement il réussit à tout nettoyer. À peine avait-il terminé de tout nettoyer que Garner le saisit avec une pogne de fer par le bras et le traina au sous-sol dans sa nouvelle chambre. Dans la chambre, il le poussa violement au sol et commença à le battre. Les coups de poing et les coups de pied s'abattirent sur Reid qui tentait aussi bien qu'il le pouvait de se protéger. Il supplia Garner de cesser mais ce dernier n'entendit rien. La colère qu'il éprouvait était trop forte. Garner lui lança toutes les insultes qu'il pouvait avant de se calmer.

Garner sembla réaliser ce qu'il avait fait et s'arrêta net dans son mouvement pour frapper Reid. Il tomba à genou aux côtés de Reid qui était à présent inconscient. Il le prit doucement dans ses bras et commença à le bercer tout en murmurant des mots de réconfort. Après plusieurs minutes, Garner se leva et prit Reid dans ses bras pour le déposer sur le lit. Il lui attacha les mains et sortit de la pièce. Il ferma la porte derrière lui et la verrouilla.